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dimanche 30 avril 2023

[ROMAN] Les eaux tumultueuses - Aharon Appelfeld (1988)

La dernière fois que je suis allée à la médiathèque de la Canopée, il était tard et il ne me restait que peu de temps pour chercher des documents à emprunter. Mon choix s'est porté sur Les eaux tumultueuses d'Aharon Appelfeld simplement parce que le nom de l'auteur me disait quelque chose : j'avais écouté une émission de France Culture qui était peut-être celle-ci. Honnêtement je n'en ai plus grand souvenir, sinon qu'elle était intéressante et que j'étais en train de courir au canal lorsqu'elle s'est présentée dans ma playlist.      

L'histoire 

Nous sommes à la fin des années 1930, en Bucovine, une région qui n'existe plus sous ce nom, mais qu'on pourrait aujourd'hui situer à cheval sur l'Ukraine et la Roumanie actuels. Tous les étés, de jeunes gens riches à l'esprit festif se retrouvent dans une pension de famille sur les rives du Pruth ; pendant quelques semaines, loin du monde, libérés de leurs familles oppressantes et des contraintes professionnelles (pour ceux qui bossent), ils peuvent se laisser aller à l'insouciance et aux excès. Jeux d'argent, alcool, drague... tout est permis, sous l'oeil parfois inquiet mais toujours complice des propriétaires, les Zaltzer. Précisons que ces vacanciers turbulents sont juifs pour la plupart ; à cette époque, évidemment, ça a son importance. 

Mais cette année, tout est différent : si Rita, le personnage principal, est fidèle au poste, beaucoup d'habitués des lieux semblent avoir oublié le rendez-vous de débauche annuel. Accompagnée de trois autres irréductibles, Zoussi sa rivale, Van le taciturne et Benno l'alcoolique, elle se rend tous les soirs à la gare du village pour guetter l'arrivée du train, dans l'espoir de voir sortir d'autres gais lurons. Mais personne n'arrive, et une angoisse sourde monte en elle et gagne l'ensemble de la pension. Pour un peu que la nature s'en mêle... On boit pour se détendre plus que pour oublier... et plus que de raison, surtout. Les langues se délient. Où sont les autres ? Le désordre du monde a-t-il contaminé le havre de paix ? Est-il temps de passer à autre chose ? Tout le monde a les réponses à ces questions, mais personne n'a envie de les formuler. 

Ce qui se passe chez les Zaltzer reste chez les Zaltzer.

Le temps ne s'arrête pas, il vous happe aussi goulument que le fleuve Pruth (qu'on appelle aussi le "Prout" en français, apparemment, ahah, désolée mais ça va me faire la semaine !) va emporter un nageur bourré, à un moment de l'histoire. Et non, je ne spoilerai pas plus, promis. On a alors besoin de se mettre à l'écart, d'ouvrir une parenthèse dans un endroit où les frontières spatio-temporelles deviennent élastiques. De rester derrière la cascade pour quelques instants. C'est ce qui arrive aux personnages des Eaux tumultueuses. Bien sûr, me direz-vous, avec la montée du fascisme et l'antisémitisme ambiant qui s'assume chaque jour un peu plus, on se doute bien que le temps qu'ils ont d'autres sources d'angoisse. 

Pourtant, la conscience du temps qui file entre leurs doigts est omniprésente : Rita a 35 ans et dit toujours "qu'elle n'est pas si vieille", tandis que son fils tyrannique lui rappelle qu'elle "n'est plus toute jeune". Ses compagnons de jeux et de beuverie sont célibataires et se comportent comme des jeunes premiers. Ici, on a le droit de se bourrer la gueule et de miser sa maison dans une partie de poker. Ils deviennent injoignables pour leurs proches inquiets ou culpabilisants : ces derniers savent très bien que la pension Zaltzer va être le théâtre de tout un tas de conduites à risques. Leur fils, leur mari, leur femme rentrera de vacances les poches vides pour le mieux, dans un état lamentable pour le pire.

Si la vieille Maria, cuisinière et conseillère spirituelle de tous les clients, écoute sans juger les démons des uns et des autres s'exprimer, année après année, elle ne fait pas figure d'exception : pour se consacrer à son travail, elle a tiré un trait sur sa famille pourtant située dans un village proche de la pension et a fini par se sentir aussi juive que les pensionnaires. Quant aux patrons, imperméables aux questions religieuses, ils vieillissent à vue d'oeil en constatant que leur fille fait toutes les conneries indignes de leur éducation mais propres à son âge. 

Je ne sais pas pourquoi, ce roman m'a replongée dans l'ambiance d'un week-end en Bourgogne complètement hors du temps et WTF organisé avec des collègues, il y a quelques années.
En fait, si, je sais pourquoi.
J'en garde un souvenir aussi flou que leurs faces sur cette photo, mais néanmoins bon.

La saison de trop

Zoussi, Van, Benno et Rita ont l'impression de vivre la fin de quelque chose sans trop savoir quoi. Si on comparaît leur été à une poule, on dirait qu'elle est en train de pondre les derniers œufs de sa grappe, ceux qui sont tout petits, avec une coquille irrégulière et parfois dépourvus de jaune. Pourtant, ils n'ont guère envie de renoncer à leur délicieux débordements, et ils en ont plus besoin que jamais par les temps qui courent. 

S'ils n'ont même plus ce défouloir pour être eux-mêmes et oublier les dures années qui s'annoncent, que vont-ils faire ? Comment vont-ils survivre ?  

C'est vraiment cette question du temps qui m'a le plus troublée dans ce roman qui l'est à bien des niveaux. Sans doute parce que ça me parle bien en ce moment ; peut-être que ce n'est pas ce qui vous frappera le plus dans votre lecture des Eaux tumultueuses, si vous vous lancez dedans (ce que je vous conseille). 


Rare cliché de mes collègues bordelais d'il y a dix ans, lorsque j'étais surveillante dans un collège privé de petits connards de bourges. Inutile de préciser l'état dans lequel j'étais ; l'avantage, c'est que j'ai pas eu besoin d'ouvrir Photo Filtre. 

Aharon Appelfeld y évoque notamment, aussi, les addictions et l'importance de l'entourage dans leur gestion _ cf l'alcoolique qui aimerait se soigner mais à qui ses potes disent en gros "profite t'inquiète, tu feras des efforts après la fête, tiens voilà un verre c'est cadeau", la difficulté d'être soi-même dans un univers où on vous définit par une facette de votre identité. On reconnaîtra enfin la tendance universelle à fuir une réalité qui nous gêne, comme si ça pouvait la gommer.  

Les eaux tumultueuses est un roman d'un abord accessible que je l'ai lu dans le train intégralement (en ramenant Mochepoule de son escapade nantaise), c'est dire... N'étant ni juive ni forte en histoire-géo, j'ai sûrement loupé par mal de références, mais il me semble avoir compris le propos de l'auteur. Je dirais qu'il peut être mis entre les mains des 15 ans et plus. Après, si ça se trouve, je suis passée totalement à côté et il est probable que je ne mesure pas pleinement sa richesse ! 

Si vous voyez des erreurs dans l'interprétation de l'oeuvre ou si je suis maladroite dans la formulation, merci de me l'indiquer en commentaire !

Aharon Appelfeld. Les eaux tumultueuses, Points (2013). Traduction de l'hébreu par Valérie Zenatti. ISBN : 978-2-8236-0014-8. 187 p. Le livre a été écrit en 1988. 

samedi 11 janvier 2020

[COMICS] Iron Man - 1 - Croire - Kieron Gillen / Greg Land (2013)

Message aux puristes qui passeraient par là : je vais essayer de parler comics alors que je suis en train de faire mes premiers pas dans cet univers foisonnant. Par conséquent, je vais sûrement dire des conneries grosses comme moi. Si jamais vous repérez des boulettes qui font mal aux yeux, laissez-moi simplement un commentaire, et j'essaierai de rectifier le plus efficacement possible !



Rattrape le virus avant qu'il ne t'attrape 

C'est une soirée arrosée parmi tant d'autres pour Tony Stark, talentueux concepteurs d'armures dotées d'intelligences artificielles. Il est en train de draguer une blonde à gros seins en vidant des cocktails, tandis que son amie / secrétaire /nourrice / agent / psychologue Pepper Potts veille sur lui discrètement. Elle s'est posée dans le même bar, à quelques tables du couple, prête à intervenir en cas de dérapage.

Alors qu'il vient de ramener sa nouvelle conquête dans son somptueux appart _ Iron Man est un gros bourge semble vivre dans l'aisance _ et qu'il n'est pas loin de conclure, il reçoit un message vocal des plus inquiétants : son amie généticienne Maya Hansen vient de perdre la vie dans une rue de Buenos Aires, et le virus Extremis qu'elle tenait gentiment sous clef a été libéré. C'est une catastrophe : si jamais le puissant Extremis tombe entre de mauvaises mains, la Terre entière va le sentir passer. Elle a confié à Iron Man la lourde mission de le récupérer. 

Hélas, l'engrenage s'est déjà mis en route. Tony Stark va devoir revêtir ses armures les plus efficaces et s'affairer aux quatre coins du monde pour récupérer le précieux. Ses pérégrinations vont le mener à d'anciennes connaissances qu'il aurait préféré oublier...


Je sais, on voit pas bien le contenu des bulles.
Sachez simplement qu'ils sont bourrés tous les deux et que leur conversation n'a aucun sens.

Décors et armures  

L'Avenger va successivement voler vers la Nouvelle Avalon, la Colombie, Paris et enfin dans l'espace ; j'ai un peu galéré pour retracer son parcours car, d'une part, l'action exige une grande mobilité spatiale du héros, et d'autre part, la narration est entrecoupée de flash-backs. Certes, ils sont nécessaires pour les novices, mais ils rendent la lecture difficile. Enfin, c'était ça ou des notes de bas de page à n'en plus finir, j'imagine, alors je me garderai bien de faire la fine bouche.

Deux décors m'ont paru vraiment réussis, dans le sens où ils créent une ambiance qui nous permet d'apprécier au maximum les scènes de combat :

  • La Nouvelle Avalon - Comme l'indique son nom, cette île a voulu recréer la société médiévale des légendes arthuriennes. Le maire s'appelle Arthur, on cherche toujours le Graal _d'ailleurs, on l'aurait trouvé...?, les chevaliers de la Table Ronde sont drivées par une jeune femme nommée Merlin. Au sommet des buildings quelques oriflammes flottent au vent.. Cela n'empêche pas les résidents de vivre avec leur temps : les épées ont été remplacées par des lasers, on n'a plus besoin de chevaux puisqu'on peut voler. Fort de ses projections de flammes et de rayons lasers, l'affrontement aérien "Iron Man vs les chevaliers masqués" prend une teinte Star Wars. 


  • Les Catacombes de Paris - Iron Man doit buter des espèces de succubes emprisonnées dans les souterrains par des illuminés qui se disent scientifiques. Il s'agit en réalité de jeunes femmes à qui on a injecté le virus Extremis ; elles sont donc devenues terriblement agressives et dangereuses. Iron Man débattra avec son armure pour savoir s'il doit sacrifier la dernière. Il choisira de l'épargner et de l'emmener aux Etats-Unis, histoire de la soigner (et d'éviter tout coup de dent malencontreux). Une vignette nous montre qu'elle est enceinte, ce qui peut laisser présager son retour dans un prochain volume. Le combat à la chandelle dans les catacombes a travers les galeries tapissées de signes mystérieux et de crânes humains est surprenant.   

Iron Man prend toujours soin de sortir une armure différente à chaque bataille. Trois m'ont particulièrement étonnée, mais c'est sûrement parce qu'il ne m'en faut pas beaucoup.

  • L'armure translucide - Toute fine, à peine visible, transportable dans une mallette, elle nous rappelle la cape d'invisibilité de Harry Potter. Parfaite pour voyager, elle passe le plan Vigipirate au calme. A la différence, de l'accessoire préféré de l'apprenti sorcier, elle prend une consistance _et quelle consistance ! lorsque Iron Man la revêt. 

  • L'armure hologramme - Celle-là aussi, elle est pas mal. Lorsqu'on veut être sûr de passer incognito la porte d'entrée d'une bâtisse gardée, soit on s'arrange pour être invisible, soit on prend l'apparence du vigile. Tony Stark a opté pour la seconde option, faisant usage de son lumiflexeur intégré. 
  • L'armure canon - Les petits effets, ça va bien deux minutes, mais là on a plus le temps ! Au bout d'un moment, si tu veux arriver à tes fins, tu prends ta plus grosse armure, la balèze, la "canon", et tu défonces tout ce qui t'incommode. Yolo ! En fait, l'armure canon aurait pu s'appeler l'armure Roundup. 

Tony Stark n'est rien sans les carapaces qu'il crée ; fragile, en proie à ses vices, l'homme a su s'"augmenter", construire la puissance qu'il n'avait pas naturellement, et en même temps se créer une protection. L'album s'ouvre et se termine sur la même scène : Iron Man, seul dans sa coquille, volant au-dessus de la ville, est en train de laisser le champ libre à l'introspection, à ses réflexions philosophiques, à ses névroses.

Iron Man nouvelle génération 

Je ne sais pas si c'est aussi le cas dans les anciennes versions d'Iron Man, mais le modèle 2010 du Tony Stark prend la forme d'un play-boy fragile intérieurement, assez chanceux pour avoir une pote à l'écoute et déterminée à le libérer de ses démons _l'alcool notamment, et en même temps assez con pour passer ses nerfs sur elle à coups de vannes et de mépris. Bon, on devine que l'inventeur est plus attaché à elle qu'il ne veut bien le montrer _n'appelle-t-il pas une IA "P.E.P.P.E.R" ? Du coup, j'ai du mal à m'y attacher. Maintenant que j'arrive à la fin du billet, je me dis que j'aurais dû faire un "Roux Cool" sur Pepper Potts, tiens, cette bonne samaritaine qui l'accompagne au quotidien et avec qui il entretient une relation difficile à déterminer.  



Pas évident de revisiter le mythe Iron Man à la lumière de l'an 2000 ! Kieron Gillen et Greg Land ont visiblement su le faire, même si seuls les connaisseurs peuvent en juger. Restent à lire les quatre prochains albums _ Croire est le premier d'une série de 5, et surtout les nombreux précédents ! Graphiquement, les planches sont propres, soignées, presque plastiques ; peut-être un peu trop parfaites à mon goût, justement. Greg Land peint ses personnages de façon tellement réaliste qu'on se croirait presque dans un roman photo. J'ai dû tourner quelques pages avant d'adhérer, mais on va pas cracher dans la soupe : c'est esthétiquement très réussi. 

Kieron GILLEN ; Greg LAND. Iron Man 1 - Croire. Panini Comics, 2013. Coll. Marvel Now ! 128p.  ISBN 978-2-8094-3630-3


vendredi 12 juillet 2019

Téma la bibliothèque ! L'attente infinie - Julia Wertz (2015)


Ce n'est pas sans une certaine émotion que j'évoque ici L'attente infinie de Julia Wertz, car cette BD m'a été offerte récemment par mon pote Xavier pour mon anniversaire. Même si on avait pas mal parlé de ce livre plein d'humour dans lequel l'héroïne entretient des rapports délicats avec l'alcool _un peu comme moi !, ce cadeau a été une vraie surprise. Je ne suis pas sûre d'avoir encore trouvé les bons mots pour le remercier. 
  


L'histoire

Dans ce petit pavé de planches (pas loin de 250 pages), la dessinatrice américaine Julia Wertz raconte son parcours personnel et professionnel en trois chapitres intitulés "Au turbin", "L'attente infinie" et "Un endroit bien singulier". Le premier parle de son expérience du monde du travail, depuis les représentations construites pendant l'enfance jusqu'à sa réussite artistique à New-York, en passant par une succession de petits boulots dans le domaine de la restauration. Dans la deuxième partie, elle aborde plus longuement l'entrée dans l'âge adulte, à travers une poignée d'années d'errance post-secondaire à San Francisco ; c'est au cours de cette période dissolue qu'elle découvrira qu'elle est atteinte d'un lupus érythémateux systémique, maladie grave qui l'épuisera mais qu'elle parviendra à combattre. Enfin, "Un endroit bien singulier" clôture cet album de "nouvelles dessinées" : l'auteure y rend un vibrant hommage à la petite bibliothèque qu'elle fréquentait dans sa jeunesse.




La bibliothèque de Julia Wertz 


Le dessinateur revient toujours sur les lieux du crime. Quand, en 2012, Julia fait un tour dans la bibliothèque de sa ville d'origine, elle consulte le catalogue informatisé et constate que l'un de ses romans graphiques y apparaît : pour celle qui rêvait lorsqu'elle était petite d'écrire un livre et de le voir en rayon, la boucle est bouclée. 

Les nombreux souvenirs de lectures qu'elle nous fait partager le temps de quelques vignettes _ce dernier chapitre est nettement plus court que les deux précédents_ nous permettent de constater que Julia avait facilement accès aux livres, même à la maison, même s'il s'agissait surtout d'ouvrages religieux... et que la culture n'était pas laissée de côté. Lire des histoires pouvait être une source de tensions avec Josh le grand frère, comme un moment de partage avec Jonathan le petit dernier : dans tous les cas, c'était un moment significatif et jamais vain. Plus tard, Julia a choisi ses livres en fonction de ses questionnements, de ses fréquentations, de ses problèmes, de sa santé... et à découvert pas mal de choses auxquelles elle ne s'attendait pas. On remarquera avec étonnement que la dessinatrice a été maintes fois choquée par les images et les textes sur lesquels elle est tombée dans sa jeunesse, à peu près autant qu'un gosse de douze ans sur la page de résultats de Google Images après qu'il a tapé "syphilis" dans la barre de recherche. Enfin plutôt un gosse de 8 ans, d'ailleurs. Au-delà, ils ont déjà tout vu...

Malgré tout, si elle ne devait en retenir qu'une, ce serait celle qui l'a vue grandir. Avec son bazar... 


ses mystères... 


son fichier ... 


qui deviendra un espace informatisé beaucoup moins à son goût... 

En bref, Julia Wertz estime que si elle est ce qu'elle est aujourd'hui, c'est parce que ce lieu clé de son environnement a su nourrir son imaginaire d'enfant et lui servir de refuge quand elle en a eu besoin. Un point de vue intéressant et inspirant au possible sur l'impact des livres sur une vie ; tous les professionnels œuvrant au développement de la lecture publique devraient jeter un oeil sur ses propos. 

J'en profite pour dire aux bibliothécaires et documentalistes de passage sur ce blog que L'attente infinie mentionne très clairement et à deux reprises la classification de Dewey, chose relativement rare en littérature ! A peu près aussi rare qu'un hommage à une médiathèque de quartier... 



Il y aurait encore beaucoup à dire sur L'attente infinie... 

... mais pour cela il faut d'abord que je la relise avec plus d'attention. Comme elle se plaît à le revendiquer, Julia Wertz appartient à la mouvance d'auteurs américains des années 2000 qui se sont lancés dans une sorte de "one man show" version BD, en partant de leur vie quotidienne et en tournant en dérision leurs galères. Ces trois histoires courtes, qu'elle a choisi de présenter sans suivre d'ordre chronologique, pourraient donc être fort ennuyeuses ; pourtant, elle parleront à beaucoup de monde. Maladie, alcoolisme, relations familiales, conversations sans queue ni tête entre frères et soeurs, colocations compliquées, séchage de cours, boulot de merde et avenir tellement flou que c'en devient angoissant... qui n'est pas passé par là ? On se reconnaît tous à un moment ou à un autre dans le personnage de Julia, et ça ne fait pas de mal. 

L'illustratrice nous fait partager la naissance de sa vocation, sa vision de la bande dessinée et de l'art, sa manière d'être artiste, son besoin de liberté sur lequel elle ne fera aucune concession. Ok, je n'ai pas lu ses autres publications, mais je pense que ce n'est pas prendre un mauvais départ qu'entrer dans l'oeuvre de Julia Wertz par L'attente infinie. Après, personnellement, je suis assez séduite par ce trait à la fois épuré et sûr de lui qui rappelle les dessins animés d'il y a quelques années ! 

Julia Wertz. L'attente infinie. L'agrume, 2015. 233 p. ISBN 979-10-90743-28-1



jeudi 31 juillet 2014

Festival du Titre à la con : Banana Spleen - Joseph Incardona (2006)



Comme à chaque fois que je viens passer quelques temps en Dordogne, je me cale une journée pour faire les boutiques à Périgueux avec ma soeur. Après moultes concertations, nous avons décidé de nous retrouver samedi dernier _jour de passage du Tour de France dans la ville. Autant dire qu'on n'avait pas choisi la meilleure date pour être au calme. 

Avec le site qui va bien, s'il vous plaît !


Tour de France ou pas, le passage à Marbot était inévitable. On y est resté deux bonnes heures en fin de matinée, alors qu'à l'extérieur l'ambiance montait en même temps que le soleil, les Périgourdins commençant sérieusement à se fixer aux barrières de sécurité. Marine est allée voir le rayon Rap/RnB, tandis que je me suis mise à faire un truc que j'adore : repérer les titres à coucher dehors sur les couvertures des livres. Une fois n'est pas coutume, l'exercice à donné lieu à quelques craquages, dont celui-ci :     


Banana Spleen, mais quelle idée !
D'entrée, un coup de sécateur aux mauvaises langues : c'est le titre qui m'a accrochée, pas la couverture. Quoique, au vu du contenu, ça aurait valu la peine d'y accorder un peu d'attention avant de me lancer dans la lecture...


L'histoire

Genève, 2000.
André Pastrella, un écrivain trentenaire alcoolique et agile de la queue, avait presque réussi à se ranger grâce à la belle Gina. Elle lui avait donné la force de lâcher la bouteille de temps en temps, la motivation pour s'accrocher à son boulot de prof remplaçant, l'envie de faire des projets et de se poser au milieu d'une belle famille chaleureuse. C'était trop beau pour durer. Un matin, on lui apprend la mort de sa copine dans un accident de la route. Alors forcément, André perd pied et retombe dans la spirale infernale, entraîné par ses vieux démons.

Banana spleen nous raconte la réaction d'un homme après un choc de taille : comment peut-on continuer à vivre ? à quoi peut-on se raccrocher pour éviter le dérapage malencontreux qui peut nous détruire et laminer notre entourage ?  



Regardez le petit Suisse qui s 'embourbe !


André Pastrella va successivement perdre son travail, se brouiller à moitié avec sa belle famille, faire n'importe quoi avec son fric, quitter son appart sans savoir où aller, pointer au chômage, s'inscrire à un stage de reconversion où il va faire la rencontre de la charmante Judith. Pendant cette longue descente aux enfers qu'il provoque lui-même faute d'être bien entouré, rares sont les points de repères qui le relient bonheur passé : la ville de Genève, où se déroule l'histoire, l'alcool, sa queue, l'écriture et son meilleur pote, Pablo le brocanteur.      

Qui dit brocante, dit... 


Je ne sais pas quoi penser de Banana Spleen. Beaucoup de critiques lues sur Internet décrivent ce roman comme "émouvant" et "plein d'humour"*, et je veux bien les croire. Mais personnellement, ça ne m'a ni touchée, ni fait rire. Certaines situations se veulent cocasses, c'est évident. Par exemple, peu après la mort de Gina, André se réfugie dans la foi pendant quelques temps : il affiche l'image de Jésus dans sa salle de classe, s'achète une statue de Saint Antoine et récite l'Évangile à qui veut l'entendre (ou pas). Tous les ingrédients du comique étaient réunis, et allez savoir pourquoi, quand je l'ai lu, c'est tombé à plat. Je devais pas être dans un bon jour, car l'écriture de Joseph Incardona est très agréable à lire, alors pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas ? A vous de vous faire votre propre idée en le lisant...  

L'air de rien, on a bien envie de savoir ce que ce anti-héros atteint d'une poisse presque kafkaïenne va devenir, sur quelle peau de banane il va glisser, s'il va s'en relever. Est-ce qu'on veut qu'il s'en sorte ? Pas sûr. André Pastrella n'est pas un personnage attachant, avec son humour à deux balles, son peu de considération pour toutes les femmes qui ne sont pas Gina, son comportement d'adolescent en crise. Cependant, cet homme esseulé qui aimerait faire son deuil et qui n'y parvient pas, faute de savoir comment s'y prendre, est tout aussi crédible qu'un veuf qui se liquéfie.




Auteur ? Narrateur ? Au pire... 

L'écriture est quand même l'antidépresseur numéro 1 de l'écrivain, en principe. Encore que... Ici, Joseph Incardona a eu la bonne idée de nous faire partager le processus créatif de son personnage. D'ailleurs, on se doute bien que l'auteur a crée un héros à son image : où s'arrête Joseph et où commence André ? On ne le saura pas, et c'est ça qui est bon. Personnellement, après un semestre passé sur Du côté de chez Swann (Proust) à la fac, j'ai beaucoup trop joué aux 7 différences entre "Marcel" et "Marcel" me avoir la force de me pencher sur la question. Toujours est-il que, tous les jours, André compose des nouvelles. Elles ont forcément un lien, de près ou de loin, avec sa dernière mésaventure, sa dernière conduite à risque : ici une jeune fille qui fait du stop, là un homme qui force sa femme à faire du sport parce qu'il aime l'odeur de sa transpiration, ou encore des enfants qui se lancent des défis sur la voie ferrée... Ces morceaux d'histoire nous en disent beaucoup plus sur l'état d'esprit du personnage, sur sa manière d'affronter la mort.


C'est parti pour le Quart d'heure Coincé du Cul, désolée ! 



Je n'aime pas jouer la rabat-joie de service, mais trop de cul tue le cul. Si Banana Spleen (aussi, avec un titre pareil, c'était obligé...) est un ouvrage plus profond qu'un roman érotique, les scènes de sexe sont bien au rendez-vous, pas de doute là-dessus. Les machos en manque apprécieront, les autres un peu moins, peut-être.

Que Joseph Incardona prenne soin de nous décrire son héros en train de se faire sucer par une fille à un moment bien précis du roman, passe encore : le lecteur comprend rapidement que cet acte aura des conséquences directes sur la suite de l'histoire ; par conséquent, détailler la pipe du début à (un peu avant) la fin est tout à fait légitime. Mettre en scène un personnage principal ouvertement porté sur la chose, pourquoi pas ? Y a pas de mal à ça. Mais nous annoncer gratuitement, toutes les deux pages, que Pastrella est en train de se branler avec un string de sa copine, qu'il bande au réveil, ou en visitant un appart dans lequel il s'imagine déjà baiser ici et là, ça ne sert à rien et je ne vois pas vraiment qui ça pourrait exciter. A part des mecs plongés dans le récit au point de se confondre avec "Dédé", éventuellement.



Au fait ! 

Second roman de Joseph Incardona, Banana Spleen est la suite du Cul entre deux chaises, dont André Pastrella est déjà le héros.


INCARDONA, Joseph. Banana Spleen. Pocket,  Paris. 2009. 345 p. ISBN : 978-2-266-16436-8 

* Au dos de l'édition Pocket, on peut même lire "Jubilatoire !!!", mais là, honnêtement, c'est vraiment trop...

   

lundi 7 juillet 2014

Bonnes vacances...

... A ceux qui en ont. Courage aux autres !



mercredi 28 mai 2014

Drôles de racailles, T.1 - Miki Yoshikawa (2010)


Une semaine après la visite d'inspection, et au soir de deux jours d'émoi au bahut, je me pose trois minutes pour vous parler manga. Mais avant toute chose, je ne peux m'empêcher de poser le cadre des dernières heures passées au boulot, car certains événements méritent quand même d'être immortalisés, voire partagés, en cette fin d'année scolaire.
     
"Pas de portable, pas de chewing-gum, et pas de flingue !" 

Hier, date d'anniversaire de Val _ jusque là tout va bien, on découvre un flingue, un vrai ! dans le sac de cours d'un sixième. Évidemment, les flics débarquent aussitôt pour se le mettre dans la musette.



Dans la foulée, les trois gamines qui se sont amusées, la veille, à me chouraver ma sacoche pourtant bien planquée dans un placard du CDI se dénoncent, croyant que la police est venue au collège pour mener l'enquête et les arrêter. Ah oui, rassurez-vous : j'ai récupéré la pochette intacte, avec tous mes papiers, billets de train, tickets de caisse... et même le liquide, qu'elles n'ont pas été foutues de trouver en fouillant un peu. La plus frappée des trois a fondu en larmes précisément au moment où je lui ai fait remarquer qu'elle était passée à côté de 50 balles faciles* alors que quelques minutes avant, elle vivait plutôt bien avec sa conscience.   

L'incident du pistolet nous a bien sûr considérablement alarmés, les uns comme les autres, plombant tout notre après-midi jusqu'à la soirée d'anniversaire de Val. Par chance, entre temps, un usager des toilettes de la salle des profs a eu le bon goût de chier à côté de la cuvette, abandonnant son oeuvre sur le carrelage : un scandale chassant l'autre, on a ainsi pu échapper à la psychose.

"C'est bon, j'ai du papier."

Comme la soirée prenait une tournure scato-policière, je me suis souvenue d'un manga récemment acheté et très demandé par les élèves : Drôles de racailles. Pourquoi ? Parce que dans le premier tome de la série, une partie non négligeables des échanges entre les deux héros se passe aux chiottes, pour notre plus grand bonheur.


Drôles de racailles 



J'ai découvert Drôles de racailles par le biais d'un poster trouvé dans le magazine Anime Manga, sur lequel les deux héros que vous pouvez voir ci-dessus sont en train de s'enfiler un repas gargantuesque, avec la voracité d'un petit goret du Périgord. Lorsque j'ai placardé l'image sur une armoire du CDI, les gosses _habituellement demandeurs de mangas mais sans plus_ se sont jetés presque littéralement sur mon bureau pour savoir "si on l'avait, parce que c'est trop bien". Intriguée par leur enthousiasme, j'ai lu le premier volume dès que j'en ai eu l'occasion et...

... ce fut une lecture pour le moins déroutante, dirons-nous. A vrai dire, les premières pages m'ont laissé l'impression de n'avoir jamais rien lu d'aussi débile.

Adachi et Shinagawa n'ont a priori rien en commun. Elle, c'est la déléguée de classe à l'allure d'intello, collée aux profs et sans amis. Lui, c'est le rebelle, celui qui sème la terreur lorsqu'il prend la peine de venir en cours _ fait plutôt rare, en fin de compte : il préfère de loin s'enfermer dans les toilettes et fumer des clopes, assis sur le trône.

Voilà l'image que les deux lycéens se construisent et qu'ils projettent aux autres ; et le moins qu'on puisse dire, c'est que tout le monde y croit.

Mais en réalité, Adachi est une "racaille repentie", redoublante, complètement larguée en cours car elle est occupée H24 à refouler ses accès de violence. Shinagawa, quant à lui, n'est pas si con et si hautain qu'il en a l'air : c'est juste une grosse feignasse parmi tant d'autres.
Lorsque Adachi voit en Shinagawa la seule personne qui puisse vraiment la comprendre, elle décide de le suivre à la trace et d'avoir son soutien coûte que coûte : à eux les séances de piscine et les sorties culturelles. Le branleur ne voit pas d'un très bon oeil ce soudain engouement de cette camarade de classe excentrique qu'il considère comme un pot de colle... Pourtant, petit à petit, il va se prendre au jeu pour constituer avec elle un beau duo de bras cassés.  



Même si je n'ai franchement pas été emballée par l'histoire et la manière dont elle est racontée, je reconnais que Drôles de racailles n'est pas dépourvu d'une certaine fraîcheur. Le texte et/ou la traduction française ont vraisemblablement leurs limites et, s'ils se veulent vivants et réalistes, ils laissent la part belle à des "merde", "putain", "mais arrête de venir dans les chiottes des mecs, pauvre tache" : cela m'amène à me demander s'il est souhaitable de présenter ce manga aux 6°-5° (qui sont pourtant ceux qui me l'ont demandé). Le jeu des apparences trompeuses est toujours efficace et intéressant dans les fictions pour la jeunesse, d'autant plus que l'écart extrême entre leur image et eux-même renforce le caractère improbable de leur association. Enfin, si leur relation n'a à première vue rien d'une histoire d'amour en germe, Shinagawa est convaincu que Adachi le poursuit dans le but de se le faire... chose que berk ! il n'envisage pas une seconde avec elle. Pourtant, à chaque fois qu'il pense tirer de la déléguée de classe une déclaration d'amour en bonne et due forme, elle lui sort LA phrase qui tombe à plat et lui montre que non non, elle ne pensait pas du tout à l'éventualité de sortir avec..

Autant dire que son dépit est extrêmement savoureux ! Car oui, vous en connaissez tous, des mecs aux allures de coqs, semblables à Shinagawa. Vous savez, ceux qui jamais, au grand jamais, ne voudraient vous lécher la pomme, mais qui se sentent offensés quand vous leur dites que ça tombe bien, vous non plus ! Plus tard, ce sont aussi ceux qui vous couvent jusqu'à déshydratation quand ils sont seuls avec vous, et qui vous snobent et/ou se foutent de votre gueule quand il sont avec leurs potes. Qui ne comprennent pas qu'ensuite, vous leur résistiez. Qui ont sincèrement des sentiments pour vous, mais qui ne parviennent pas à les assumer, pour une raison ou une autre. Qui vous aiment mais qui sont effrayés à l'idée que les autres perçoivent leur faute de goût. Je dis "ceux" parce que je n'ai jamais rencontré cela chez une fille jusqu'à présent.**

   

Ce matin, la merde oubliée est encore dans toutes les bouches***. L'anecdote du pistolet apporté en classe par un élève l'est aussi... mais moins ! Ah, j'oubliais : un collègue s'est également fait piquer ses clés hier, mais avec tout ça, c'est presque passé inaperçu. Des élèves de troisième partent en stage de révision en Normandie, et les accompagnateurs sont sur le qui-vive car le départ a lieu en début d'après-midi. Personnellement, je me suis contentée de m'illustrer en me présentant tellement bourrée à la chorale que je n'arrivais plus à rassembler assez de lucidité pour comprendre ce que ma collègue me demandait de faire ! Trop de Soho tue le Soho, j'ai vraiment trop de mal à doser... Mais bon, c'est moins pire que sans ; et comme chacun sait, on fait pas d'omelette sans casser des oeufs, on fait pas la fête sans griller sa beuh, qui vole un oeuf vole une meuf, ou des boeufs. On peut aller loin comme ça. Putain, il semblerait qu'à 23h30, j'aie encore des restes de midi.      

Par chance, un petit verre avec une collègue a un peu apaisé la tension de ces derniers jours. :-)


YOSHIKAWA, Miki. Drôles de racailles, 1. Pika Edition, 2010. Shônen. 978-2-8116-0244-4

   
* C'est pas vrai, je n'avais que 20 euros sur moi ; je lui ai dit ça juste pour voir sa tête.
** En fait, si. Une fois !
*** Oui je sais, dit comme ça, c'est particulièrement dégueulasse.

lundi 2 avril 2012

Qu'est-ce qui vous amène ? Mars 2012


Au mois de mars, vous avez été franchement sages et concentrés sur des sujets précis (la pornographie, les animaux, notamment les poules) et sur une personnalité : Valérie Damidot. C'est aussi surprenant qu'intéressant à constater. 

Sois poli si t'es pas joli 




  • Coiffer un roux 
  • coloration blonde sur brune
  • tirade sur les cheveux longs
  • fermière moche
  • drôle de godasse


Produits de consommation

  • amsterdam maximator 11.6

Vous la connaissez bien, maintenant ! 

Le coin (de plus en plus spacieux) de nos amis les obsédés


  • accouchement porno : histoire de s'enfoncer un peu plus dans le gore... 
  • porno porno porno porno porno porno : tu crois que tu vas avoir plus de résultats comme ça ? 
  • suce-moi la chatte porno : non, on dit "lèche-moi la chatte", bourrin va !
  • les pornostare qu'elle est morte
  • lyse saint pierre porno lac des aigles
  • porno des nains
  • penis en argile
  • blonde connue porno : Brigitte Lahaie ? Sur RMC de 14 à 16 h ! 
  • cet salope me suce ! : diantre, mais que fait la police !
  • video porneau des feite de reve au bresil
  • grosses bites gay fond d'écran : le choc quand tu allumes l'ordi !
  • homme gay seul dans mon lit sent son mec
"Ma main à couper que ça va encore tourner autour du trou de balle c't'histoire."

Le lycée et son quotat de curiosités vivantes  


  • lycee lebrun gay
  • chris le moche et annabelle la mocheter*
  • doigt levé dessin
  • j'ai un problème mon frère est gay un seul anus : ben tu croyais que les gays en avaient plus qu'un, ou quoi ? 
  • fond d'écran orthographe : ou un nouveau type d'antisèches !
  • florent RE Gay 
  • qsq ça veut dire gay ? vaste question ... mais c'est curieux de voir que les gens posent leurs questions existentielles dans Google quand même.



Promenons-nous 

  • Corbières vertes plan



Inclassables 



  • annabelle cruche
  • image drôle du lever du lit en espagne
  • les magazines de statistique
  • bouquet ballon géant
  • héros en argile en mouvement



Education 

  • les réverbères dans la littérature jeunesse

Manga power 

  • Manga over energie

Héros des écrans de toutes tailles  

  • valérie damidot méchante 
  • valérie damidot nu
  • valérie damidot profile
  • ma famille d'abord porno : bah, en temps normal on en est déjà pas loin ! 
  • jacob bella interview
  • mélanie laurent moche : COPAIN !!!
  • Un été de canicule - Season 1 - Episode 4

Sport ou assimilé



  • mascotte automobile saint dizier paris cygne
  • magazine allez caen : ça existe, ça ??


Ah ben oui, au temps pour moi les Caennais !

  • karim benzema homo : à mon avis, rêve pas trop, mec ! 


Les animaux qui font peur

  • le coq marans est-il gentil ? ah ben oui, il est même "marrant" ! enfin ça dépend de ce que tu lui fais !  comment changer l'eau dans un mini aquarium pour poisson d'or
  • colette la poule
  • poule qui vole 
  • deblois camion animaux
  • cherche des contacs, poulette
  • drôle de poule
  • dessin de poisson qui sort de l'eau
Photo trouvée sur une banque d'images libres de droits : http://fr.123rf.com/


Dans la série "on saura jamais la fin"

  • le 1er dit : a celui qui n'est pas d'ici qsq vienne tu faire ici, le 2eme repent : celui qui ma amen
  • le mur de la nuit tome


Musique  

  • chanson paillarde sans l'être
  • good feeling fausse note : ahh je ne suis donc pas la seule à avoir remarqué quelque chose ! 
  • chansons paillardes en languedocien


Le diable est parmi nous 

  • arlequin démoniaque


Dieu aussi

  • auréole d'ange photoshop


Humour 

  • spectacle nous c nous sketch une poule sur un mur


Y a pas d'âge pour ça 

  • papy gay : il a une canne rose.


Disney parade 


Le monde magique de Disney

  • l'animal de compagnie de raiponce
  • roux et rouky
  • disney porno gay : with mickey and dingo ? 
  • mains de mickey doigt d'honneur


Si t'en a pas une, c'est que t'as raté ta vie !

  • montre japonaise plastic qsq

Une comme ça ?



Apparemment, cela vous amuse toujours autant de rechercher des dessins de doigts d'honneur !

dimanche 1 avril 2012

Shameless UK - Saison 3 - 2006


En visitant le site de la chaîne britannique Channel 4, celle qui diffuse Shameless donc, j'ai vu que la saison 2 se clôturait sur un épisode hors-série Spécial Nouvel An dans lequel le petit Liam tape fort sur Jésus. Il faudra donc que je le regarde et que j'en parle, mais plus tard : voici un petit récapitulatif de la saison 3, sortie en 2006. Avec seulement 7 épisodes de 45 minutes, autant dire que ça va aller vite !     



Lip a fait la rencontre de Jack, un ami avec qui il enchaîne les petits boulots plus ou moins légaux. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. Sous ses airs de type sympa et posé _ il est l'heureux propriétaire d'une belle voiture jaune _ Jack cache plus d'un tour dans son sac. Ian va notamment en faire les frais. Marti vit toujours chez les Gallagher ; il lui tient à coeur d'apporter sa contribution à la survie de la "communauté", comme l'impose Debbie, promue maîtresse de maison depuis le départ de Fiona. Il s'autoproclame "homme à tout faire" et se fait embaucher par Lilian Tyler. Celle-ci reconnaît en lui Brandon, son mari assassiné dans la saison 2. Elle ne tarde pas à lui proposer plus que du débouchage de gouttières. Kelly, la soeur de Kev, est à la recherche d'un logement. Frank Gallagher la ramène chez Sheila, sachant que la chambre de Karen s'est libérée. 



Les hommes à tout faire


Épisode 2

Mandy a accouché mais la famille Maguire refuse que Lip rende visite à la mère et au bébé. Ses préoccupations de père frustré ne l'empêchent pas de papillonner d'une fille à l'autre, bien que son nouveau statut l'amène à reconsidérer la notion de famille. Pendant que Frank cherche à se racheter d'avoir oublié l'anniversaire de Sheila, Ian se met à fréquenter les toilettes publiques pour oublier Kash et tromper sa solitude. Pour le remercier d'avoir récupéré sa fille sérieusement bourrée, un père de famille glisse à Kev un tuyau pour une course hippique.


"Il n'est jamais trop tôt pour initier un Maguire aux traditions du clan !"


Épisode 3

Frank ne semble pas tout à fait prêt à se remarier, au grand désespoir de Sheila, qui se rapproche de Tony, le policier éjaculateur précoce afin de lui rendre quelques services. Ian connaît un sommeil difficile parce que Carl passe ses nuits à s'astiquer. En brûlant l'uniforme de son défunt mari, Carol retrouve une lettre et apprend qu'il l'a trompée avec Lilian, sa meilleure amie depuis toujours. Elle décide de se venger pour cette trahison du passé en signalant une fraude aux allocations chez la brune veuve binoclarde de Brandon Tyler.


Lilian Tyler


Épisode 4

Lorsque Kev apprend le suicide de sa mère, il réalise que celle-ci entretenait une correspondance régulière avec Roxy, sa femme. Evidemment, les préparatifs de l'enterrement rendent inévitable la confrontation entre le barman et celle qui porte toujours son nom, puisqu'ils n'ont jamais pu divorcer. Autant dire qu'il y a là de quoi donner des motifs de crise de jalousie à la bouillante Veronica qui n'a pas vraiment besoin de ça. Carol a rencontré Norman, un homme de sa génération aussi chaud qu'elle, sans savoir qu'il s'agissait d'un nudiste assumé et prêt à convertir les autres à son mode de vie.


Norman

Épisode 5

Pour rapporter de l'argent à la famille et pour susciter l'admiration des filles, Carl se met à cultiver des plants de cannabis dans le grenier. A l'insu de tous, il s'est mis au service des Maguire par la même occasion. Lip aimerait prendre un nouveau départ avec Mandy et Cathy, mais il ne sait plus si elle s'intéresse à lui pour lui-même ou pour la petite usine de Carl. Toujours aussi peu concernés par les événements, Frank et Sheila invitent Jez la serveuse à dîner, pensant qu'il s'agit de la nouvelle petite amie de Karen.

"T'as trempé le biscuit ou quoi ?"
Épisode 6

Carol tente de détruire le couple que forment Sue et Marty, mis à rude épreuve par d'autres événements. En effet, le caractère dépensier de l'ex-femme de Craig les a conduit à accumuler des dettes au point de ne plus pouvoir payer l'électricité. Débordée par les tâches ménagères et dépitée par l'indifférence de ses frères, Debbie jette l'éponge et décide de les laisser se débrouiller seuls. Frank Gallagher teste des médicaments pour gagner de l'argent, mais les effets lui paraissent désastreux : il n'arrive plus à se saoûler et ne peut donc plus fuir la réalité. Kev et Véronica préparent tranquillement leurs vacances à Chypre mais un détail contrarie le barman : il va devoir affronter sa peur de l'avion.



"Alléluia"


Épisode 7

La date du mariage de Sheila et Frank approche, avec son lot de préparatifs et de tensions. La future mariée voudrait se délester du meurtre qu'elle a sur la conscience mais craint de perdre la confiance de celui qui résume "ce qui lui est arrivé de plus beau dans la vie." Ses doutes se justifient : dès que Frank apprend qu'un cadavre est enterré dans le jardin de Sheila, il prend peur et ne regarde plus du tout sa future femme comme la douce femme au foyer nymphomane qu'elle semblait être. Veronica a le moral dans les chaussettes car elle vient d'apprendre que sa sixième tentative de fécondation in vitro a échoué. Lip tente de convaincre Mandy de venir habiter avec lui, afin qu'ils puissent se rapprocher et vivre comme une "vraie" famille.


Chez Sheila Jackson, le jour du mariage


Malgré l'absence de personnages clés, tels que Fiona et Steve, la troisième saison conserve sa bon équilibre entre la cruelle réalité et les situations comiques. Parallèlement, on sent la montée en puissance d'autres figures demeurées secondaires jusqu'à présent : Lilian Tyler, la famille Maguire pour ne citer qu'eux. Frank Gallagher quitte parfois le centre de l'action, mais c'est pour mieux remplir _ bien malgré lui _ son rôle de catalyseur. Sur les sept épisodes de cette saison, le plus efficace reste tout de même celui dans lequel il occupe une place prépondérante : le dernier. On y voit Frank profiter pleinement de son enterrement de vie de garçon, sans se préoccuper une seule seconde de l'organisation de la cérémonie officielle, sans réellement prêter attention aux angoisses de sa future femme. Toutes les facettes de sa personnalité se déploient à tour de rôle, au fur et à mesure des événements : de sympathique, il devient violent, puis craintif lorsqu'il comprend que la femme qu'il va épouser a été capable de tuer un homme avec des fourchettes à fondue. C'est sans scrupule qu'il songe à abandonner ses projets de mariage au dernier moment et à la dénoncer, obsédé par l'éventualité de se faire assassiner dans son sommeil.

Est-ce vraiment condamnable ? Frank n'est qu'un homme ordinaire qui boit et se drogue un peu plus que les autres. A bien y réfléchir, beaucoup d'entre nous auraient agi de la même manière, s'ils s'étaient fait endormir d'aussi belle manière par un gentil ! Ils ont de quoi susciter la peur, car ils ont un avantage de taille : l'effet de surprise qui rend vulnérable le plus méfiant.

Cadeau pour l'épisode 1 : si votre souris est un minimum fouineuse, vous trouvez la suite sans problème ! 

Shameless 
Saison 3 (2006)
Paul Abbott 
Diffusion Channel 4 au Royaume Uni et Virgin17/DirectStar en France. 










jeudi 27 octobre 2011

Roux cools - Yvonne Karib, l'épicière de Shameless


        Comment passer à côté d'un univers haut en couleur, quelque peu crado et réaliste à souhait, sans même s'en apercevoir, et ce pendant des années ? C'est la question que je me pose encore, en finissant de regarder la bien courte saison 3 de Shameless. Qualifiée dans la plupart des programmes télé français de "trash", cette série anglaise diffusée pour la première fois en 2004 semble encore mal connue par chez nous. Le peu de célébrité qu'elle récupère actuellement vient de son tout récent remake américain intitulé Shameless. Histoire qu'on s'embrouille un peu plus. Cela dit, maintenant qu'on n'a pas moins de trois guerres des boutons diffusées et rediffusées dans l'hexagone, on n'est plus à ça près ...  

L'histoire


Le générique qui introduit chaque épisode plante déjà très bien le décor, alors je ne sais pas si cela vaut la peine que je revienne sur l'histoire. Pour faire court, disons que la série est centrée sur les aventures des Gallagher, une famille anglaise fauchée parmi tant d'autres. Frank, le père, un alcoolique irresponsable qui dépense les allocations familiales au pub, laisse ses six enfants évoluer comme ils peuvent entre les blocs de la cité de Chatsworth, dans la banlieue de Manchester. Monica, la mère, a abandonné tout ce petit monde un beau matin (de Noël) sans crier gare. Si bien que petits et grands ont compris très tôt que, pour survivre, il ne suffit pas d'être honnête et de travailler dur. Fraude, trafic de viande, vente de films pornos amateurs, vol de voitures : tous les coups sont permis !



Observons l'épicière

L'épicerie est le lieu-clé de la cité de Chatsworth, après le pub, bien entendu. Tout le monde y passe à un moment où à un autre dans le but de piquer des vidéos ou des bouteilles. Mais rares sont ceux qui y parviennent : car la patronne a l'oeil vif et la main leste. C'est elle, Yvonne Karib, qui sera notre rousse cool du jour.

Yvonne est rousse dans les deux premières saisons de Shameless ; dans la troisième, sa crinière de feu laisse place à une couette et à une coloration soigneusement pensées, blonde dessus, brune dessous.
 
        Yvonne n'est officiellement "que" la femme du propriétaire, Kash Karib ; pourtant, c'est bien elle qui chapeaute aussi bien le magasin que la petite famille. En effet, le jeune couple vit avec Umi, la mère de Kash et leur trois enfants dans le respect de la culture pakistanaise et dans la pratique de l'Islam. On remarque dès la première saison une certaine connivence entre Yvonne et sa belle-mère lorsqu'il s'agit de pousser Kash dans ses derniers retranchements. Dans l'épisode 5 de cette saison initiale, justement, elles montrent leur complémentarité dans l'utilisation de la caméra de vidéosurveillance de l'épicerie : Umi scrute les écrans, bien cachée à l'étage, et sonne l'alerte lorsqu'elle repère un voleur à l'étalage.

             Grâce à ce dispositif de vidéosurveillance et à son sens de l'observation, Yvonne va également se rendre compte que Kash la trompe avec Ian Gallagher, leur employé. Bien que sa première réaction laisse craindre le pire ("Nouvelle règle à la maison : on baise jusqu'à ce que je sois enceinte"), l'épicière va vite reprendre son sang froid, jusqu'à accepter à demi-mot de fermer les yeux sur la relation extra-conjugale de son mari. Elle veille également à ne pas impliquer les autres membres de la famille dans l'histoire, et à ne pas compromettre la réputation de Ian. Ce dernier garde d'ailleurs son job : " La mauvaise nouvelle, c'est que tu as mis les mains dans le caleçon de mon mari. Mais ça aurait pu être pire : t'aurais pu les mettre dans la caisse."    

Son impulsivité doublée d'un sens de la justice font d'Yvonne un personnage intéressant à observer ; elle est l'humain tel qu'on l'aime et tel qu'il nous agace. L'humain qui hurle, qui cogne, celui-là même qui rassure et qui sait faire preuve de tact. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle accède au rang de Roux Cool !  

Yvonne tente de comprendre les moeurs de son mari . 
Or, Yvonne n'est-elle pas victime de son humanité bien cachée mais omniprésente dans ses actes ? Le fait est qu'elle a beau s'armer de battes de baseball et pousser de hauts cris, elle demeure coincée dans la catégorie des gens honnêtes qui se font souvent avoir. Debbie vole régulièrement des cassettes vidéos, Ian et Kash ne mettent pas fin à leur relation même après sa découverte. Quant aux clientes dont elle prend parfois la défense par pure solidarité féminine, il faut bien reconnaître qu'elles sont rarement aussi innocente que l'enfant qui vient de naître !

Kash a beau la tromper pile sous son nez, il est le seul à reconnaître sa valeur et semble l'aimer réellement : "Elle n'est peut-être pas parfaite, mais nous non plus", dit-il à Ian dans l'épisode "spécial Noël" qui ouvre la saison 2. Il est aussi le seul à être en mesure de la tempérer lorsqu'elle s'énerve.


Kash Karib
   
Quelques répliques d'Yvonne (et encore, ce n'est que la VF ! )

S1E5, lorsque elle prend des jeunes en flagrant délit de vol de pelles : "Et toi, tronche acnéïque, c'est une pelle sous ta veste, ou t'es juste content de me voir ?"

S1E5 
Kash : "_ Qu'est-ce que tu as dit aux enfants ?
Yvonne _ Un truc du genre : papa est allé en enfer dans un cercueil... papa aime les bites en chaleur... Comme si j'allais en parler aux enfants !"

S2E0 (épisode spécial Noël)

L'accueil qu'elle réserve aux militaires armés chargés de retirer de la vente son stock de viande à cause de l'intoxication alimentaire : " eh, p'tite bite, tu m'impressionnes pas avec ton jouet !"

Lorsque Debbie vient s'acheter des serviettes :
"Debbie, ne t'excuse jamais d'être irritable. Quand tu sentiras la colère grandir en toi, apprends à l'apprivoiser, sinon tu vas devenir dingue ! Eh toi là bas ! Fiche le camp !

"Faites la queue comme tout le monde ou allez vous faire foutre !"

Liliane, un autre personnage secondaire : "_Je ne veux pas de ce paquet, il y en a qui sont cassés !
(Elle broie le paquet contre le comptoir.)
Yvonne : _ Faits maison !"

S3E4 
Yvonne : "_T'es vraiment qu'un pauvre connard !
Kev : _ Ah moi aussi je suis content de te voir, Yvonne.
Yvonne : _ Véronica m'a tout raconté. Je vais te dire, tout ce que tu mérites, c'est qu'on t'arrache les couilles !


S3E5 Sa réaction face à Carl, qui veut apprendre à Chloé comment faire pousser du cannabis : "C'est pas avec ça que tu vas te défoncer !"

S4E2 
Carol : "_ Ma fille a été incarcérée !
Yvonne : _ A mon avis, elle le mérite plus que Nelson Mandela !"