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mardi 21 août 2018

Les folles aventures télévisées des vacances : La ch'tite famille - Dany Boon (2018)


Je nageais dans une rivière calme en traînant un tronc d'arbre étrangement léger. Des clapotis m'ont fait comprendre qu'un autre nageur arrivait derrière moi, alors j'ai garé mon fardeau le long de la rive pour le laisser passer. Il était vêtu d'un combinaison de cyclisme, casque compris. Puis je me suis remise en route car, même si cette tâche ne me déplaisait pas particulièrement, j'avais un horaire de livraison à respecter.

A un moment, la rivière a dû se jeter dans la mer, puisque je me suis retrouvée sur une plage à tirer le tronc d'arbre au sec. Il était maintenant jauni par une panure de sable. Je l'ai laissé en plan pour entrer dans une gare dont le hall donnait sur cette plage ; une femme blonde et un homme aux cheveux gris m'y attendaient, ou plutôt attendaient le colis. Ils m'ont remerciée pour la forme d'avoir effectué la besogne mais j'avais l'impression qu'ils n'en avaient strictement rien à foutre et que ma présence les incommodait plus qu'autre chose. D'ailleurs ils se sont rapidement éclipsés pour poursuivre une conversation qui ne me regardait pas. Peu m'importait, j'étais contente d'avoir fait mon boulot.

Le malaise, c'est que je ne savais pas où j'étais, en fait. Ni la ville, ni la région. Sur un panneau en papier, il était inscrit qu'un train partirait pour Paris à 7h et quelques, mais cela ne me disait pas si j'étais loin ou pas de la capitale. Tout était gris, métallique, froid dans cette gare, jusqu'au vieux téléphone à cadran posé dans un coin. J'ai préféré sortir sur la plage ; le vent du matin était un peu frais mais ciel bleu refilait le moral. Je me suis agenouillée pour voir de plus près de petites palourdes indigos et translucides fichées dans un rocher. Je n'avais jamais vu de tels spécimens mais ils m'ont rendue hyper zen.

Puis je me suis réveillée sans avoir eu le fin mot de l'histoire. C'est con les rêves.



Beaucoup se foutent de mon attachement à ma famille ; contrairement à la plupart des personnes de ma tranche d'âge, je voyage peu. Pas du tout, même. Je sais. Je devrais, "maintenant que je peux le faire", je sais bien "qu'après il sera trop tard". Mais c'est ainsi, faut pas juger.

Cet été, en famille et avec ma mère surtout, on a regardé des comédies plus ou moins célèbres. Puis j'ai pris le temps de me lancer dans le visionnage de quelques séries de mon côté, en nocturne : dans l'idéal il faudrait que ma banque de sujets de conversation soit pleine pour la rentrée de septembre, histoire de pouvoir échanger avec les collègues sans avoir à me casser la tête. Eh oui, se montrer sociable fait pleinement partie du boulot !

Voici la première étape de ces "folles aventures télévisées des vacances" :

La Ch'tite famille (2018) 

Honnêtement, l'idée de regarder cette nouvelle comédie de Dany Boon ne m'emballait pas tant que ça. Ma mère a acheté le DVD en pensant, je crois, qu'il s'agissait d'une suite de Bienvenue chez les Ch'tis, ce fameux film qui a dépoussiéré toutes les salles de ciné en 2008. Nous n'allons pratiquement jamais au cinéma mais je me souviens que lorsque'il était à l'affiche, nous avions bloqué un dimanche après-midi pour faire partie de ceux qui "l'avaient vu", cet antidote à la tristesse.

Or, quand on se fait des films avant de voir le film, on tombe souvent de haut.

Oh, on s'était bien marrés quand même, faut pas pousser ! mais je suis sortie en me demandant pourquoi cette comédie-là avait si bien marché par rapport à d'autres. Comme elles avaient beaucoup aimé Bienvenue chez les Ch'tis, c'est tout naturellement que ma mère a prêté La Ch'tite famille à ma soeur, l'autre jour. Laquelle le lui a rendu peu après en disant qu'elle et son mec n'avaient pas réussi à le regarder jusqu'au bout "parce qu'ils s'étaient endormis devant" ; eh ben, ça promettait de l'action ! Un après-midi où il faisait très chaud, puisqu'on était de toute façon coincées au frais, on l'a quand même tenté, tant pis.    


L'histoire 
Valentin (Dany Boon) et Constance (Laurence Arné) sont des designers renommés à Paris : leurs fameuses chaises à trois pieds et bien d'autres meubles de leur invention sont très tendance chez les mondains de la capitale, bien qu'ils soient souvent peu fonctionnels... Tout roule pour le jeune couple, mais, quand au détour d'interviews, on interroge Valentin sur ses origines, son visage se ferme : l'homme se dit orphelin ; il n'a jamais eu de famille et ne souhaite pas confier à la presse un pan si douloureux de sa vie ! Pourtant, la réalité est tout autre : 20 ans plus tôt, cet artiste à complètement tourné le dos à ses parents et à son frère vivant dans le Nord de la France pour mener à bien son projet de carrière. Un jour, alors que le vernissage de son exposition au Palais de Tokyo bat son plein, Valentin voit débarquer dans le fracas sa mère (Line Renaud), son frère (Guy Lecluyse), sa belle-soeur (Valérie Bonneton) et sa nièce (Juliane Lepoureau). Cette visite surprise est un vrai cauchemar pour le designer et pour les siens, qui comprennent bien vite que leur présence est indésirable. Ils s'apprêtent d'ailleurs à rentrer à la maison quand le père de Constance (François Berléand) percute Valentin avec sa voiture, le plongeant dans le coma. A son réveil, le pseudo sans famille a perdu une partie de sa mémoire, mais a récupéré son accent et ses 17 ans. Inutile de lui parler affaires, chaises design et réunions de travail : il ne se souvient même plus de Constance, avec qui il partage sa vie depuis des années. Pour lui, la vie se résume à sa mère, à des balades à mobylette, et à sa copine de l'époque... qui depuis, est devenue la femme de son frère.. Ambiance. 

   

"Alors, il est bien ?"
J'en ai toujours autant ma claque du traitement de l'accent du nord dans les films, et à mon avis, ceux qui vivent pour de vrai dans cette région doivent rager de se voir autant caricaturés. A part ce léger désagrément, cela dit, on a pas mal rigolé et on ne s'est pas ennuyées une seconde, ma mère et moi ; on se demande même toujours comment ma soeur et son mec ont bien pu faire pour piquer du nez devant car, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, il faut reconnaître que l'enchaînement des scènes est assez dynamique pour qu'on se prenne au jeu. Si La ch'tite famille n'est pas une comédie qui restera dans les annales, je l'ai mieux appréciée que Bienvenue chez les Ch'tis, car l'intrigue me semble moins tirée par les cheveux et les personnages sont plus subtils. Précisons à nouveau que ce film de 2018 n'est en rien une suite du blockbuster maintenant vieux de dix ans. Mais puisqu'ils s'inscrivent dans la même veine, à savoir, la rencontre entre deux mondes _le Nord et le reste de l'hexagone, entre deux langues distinctes _le français et l'un de ses multiples patois... rien ne nous empêche de les comparer.


Pour Dany Boon, il fallait oser se mettre en scène dans le rôle du petit con qui a renié sa famille lorsque le succès lui a souri ; bien joué, car il parvient à nous faire comprendre que certaines couches de la société sont tellement "élitistes" qu'il peut être handicapant d'annoncer ses origines lorsqu'on veut s'y intégrer. Parfois, ce critère peut à lui seul fermer des portes. On le sent bien dans le film ; quand son entourage professionnel "découvre" la famille de Valentin, appartenant plutôt à la classe ouvrière, ou quand le héros se remet à parler ch'ti, sa crédibilité en prend un coup. N'est-ce pas à partir de ce moment qu'on va essayer de l'entuber de toutes parts ? La perte de mémoire a bon dos. Ok, le "mauvais fils" n'aurait pas dû gommer sa famille, il aurait mieux fait de leur rendre visite pendant ses vacances et d'en parler autour de lui. Il se serait collé une belle étiquette de péquenot par la même occasion.




Evidemment, Valentin D. va se racheter grâce à son traumatisme crânien salvateur. Mais peut-on lui reprocher d'avoir voulu faire son trou dans un domaine dans lequel il s'illustre ? Aurait-il percé s'il avait gardé son accent ?

Pour vivre au quotidien le cas de figure contraire, je dirais que non. En effet, mon boulot m'a fait passer du monde ouvrier - paysan à la sphère des profs ; je vis donc au milieu des gens cultivés et tirés à quatre épingles, qui ont voyagé et qui sont souvent partis en vacances, et qui ont, pour la plupart, au moins un parent fonctionnaire, enseignant, cadre... On bosse bien ensemble. On n'est pas des bêtes. Malgré tout, je garde et je garderai toujours sur ma gueule et dans mon allure les caractères de la paysanne _ attention, ça me va très bien !

Eh bien vous me croirez ou pas, mais ça conditionne drôlement vos relations avec les collègues. Oh, tout le monde est très gentil avec vous, très courtois ! On ne vous lance pas des pièces, on ne vous traite pas de manant, on vous salue. Mais la manière dont on s'adresse à vous diffère légèrement, et les taches qu'on vous confie peuvent varier. Ce ressenti est assez dur à expliquer, mais je suis à peu près certaine que tout ne se passe pas dans ma tête. Parlez d'un festival, d'un bouquin, d'un film, on sera bien surpris que "vous connaissiez ça, vous", et on se demandera par quel char à bœufs c'est arrivé jusqu'à vos champs. Allez ok, j'exagère un peu... D'ailleurs, personne n'oublie jamais de vous demander des nouvelles de votre "pays" avec un air apitoyé, vous posant la main sur l'épaule, comme pour vous dire : "bientôt, bientôt tu pourras te rouler dans le foin à nouveau. Sois forte en attendant".

Je ne me plains pas, je constate simplement...   

Bref, voilà le débat que Dany Boon soulève, en fait : les classes sociales n'existent-elles pas encore, plus que jamais, et ne sont-elles pas de moins en moins perméables ? Coucher ne suffit pas toujours pour se réaliser professionnellement ; parfois, renier ses parents est une garantie plus sûre.
    
Palais de Tokyo

Enfin, ce film a le mérite de faire connaître le Palais de Tokyo, centre d'art contemporain parisien que j'avais complètement zappé, à supposer que j'en aie entendu parler un jour !

La Ch'tite famille 
Comédie, 1h47 
Pathé Productions 
Dany Boon 
2018 
Le DVD est dispo pour 10 balles environ. 

samedi 21 mai 2016

Larme de rasoir, suivie d'une pause vampire ! Le partage du monde - Kebir Ammi (1999) / Vampire Diaries Saison 1, Episode 1 (2009)



Parce que ça faisait trop longtemps qu'on avait pas pleuré sur le sort d'un malheureux, découvrons ensemble Le Partage du Monde de Kebir Ammi. Comme vous pouvez le constater, ce petit livre édité chez Gallimard aurait aussi pu concourir dans la catégorie "couvertures déprimantes" ; mais l'intérieur étant encore plus plombant que l'extérieur, je me suis dit qu'il ferait une excellente larme de rasoir.  


Vous commencez à connaître ce blog : plus une histoire est triste, plus je me moque. Il est donc possible que je tourne en dérision ce qui ne devrait pas l'être ; n'en prenez pas ombrage, c'est juste une manière comme une autre de ne pas sombrer. 

Brahim est un enfant abandonné ; du haut de ses dix ans, il nous raconte les aventures qui ont ponctué sa jeune vie. Son premier souvenir est celui d'une mère qui le dépose à contrecœur près d'une voie ferrée, aux abords de Marrakech. Il passe ensuite les premières années de sa vie dans un orphelinat miteux où on le surnomme le "Fils du Train". Pour qui n'a rien connu d'autre, ce lieu est le Paradis sur Terre, et c'est l'âme en peine qu'il le quitte lorsqu'il atteint l'âge de cinq ans : en effet; le directeur de l'établissement considère qu'il est alors assez mûr pour gagner sa croûte.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas victime de harcèlement à l'école.
Forcément, le petit se retrouve à la rue, et, plein de rêves et d'espoir, il se met en quête d'un emploi. Faut-il s'en réjouir ? Il en trouve sans trop de problème. Mais il s'est fixé un objectif bien plus ambitieux que porter les sacs des voyageurs qui descendent du train : quitter Marrakech, voir Tanger, traverser la mer et tenter sa chance en France, le pays des gros touristes riches et tout roses qui transpirent ! La faim et l'indifférence auront-elles raison de ses rêves et de son honnêteté ? Vaut-il mieux suivre un régime cafards ou voler des fruits à l'étalage ? On lui souhaiterait presque que le brouillard de l'enfance ne se lève pas trop vite sur la réalité du monde...


Source de protéines.
Son insouciance lui permettra d'accomplir des exploits au péril de sa vie, de rencontrer des personnages hauts en couleur qui tenteront de l'aider : un écrivain américain imbibé de vin, un marin estropié condamné à regarder passer les bateaux. Son imagination deviendra vite son seul vrai réconfort. La couche onirique qui saupoudre ce récit (désolée, j'ai un peu la dalle) est d'ailleurs d'un grand secours dans la cruelle réalité que nous présente l'écrivain et enseignant Kebir Ammi ; le monologue des vagues exhortant Brahim à s'accrocher lors de la traversée de la mer est une belle réussite.

Un enfant qui n'a que la peau sur les os, qui raconte comment il gère sa faim, son quotidien de sans-papiers et sa peur d'être attrapé par la police, sa tendance à considérer chaque nouvelle rencontre comme une figure parentale qu'il n'aura jamais, ses rêves sans queue ni tête tellement plus beaux que la vie terrestre... L'éclate totale ! Cela dit, Le partage du monde fera réfléchir les jeunes et les moins jeunes sur les conditions de vie des enfants dans les pays pauvres ; et ça, c'est toujours bon à prendre.


A lire, mais pas avant d'aller au lit... comme tout bon Prozac d'Or qui se respecte !

AMMI, Kebir. Le partage du monde. Gallimard, 2000. Coll. "Frontières". 138 p. ISBN : 2-07-052500-7


Allez, mouche-toi, Stephen




AH STEPHEN TU TOMBES BIEN on allait parler de toi justement ! 
En effet, pour que vous puissiez dormir un peu quand mère malgré toute cette misère du monde venue vous oppresser le thorax depuis que vous avez refermé le livre, nous allons faire une récré vampire ! Ouais !!

Juin : Des enfants s’amusent au camp des enquêteurs de l’écosystème au parc national des Lacs-Waterton




 
Salut les boutonneux ! 

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"Barrez-vous !!!"

Vampire Diaries

Voilà maintenant quelques années, j'ai eu le plaisir de regarder la première saison de Vampire Diaries dans son intégralité. Pour être franche, je ne suis pas une inconditionnelle des histoires de vampires et je remercie vivement Audrey de m'avoir fait connaître les premiers épisodes de cette série sur laquelle je ne me serais jamais penchée de moi-même. A cause d'une bête question de temps, je n'ai pas pu suivre les aventures de la gentille Elena au-delà de la saison 1 ; et pourtant, après avoir vu une copine se balader avec un volume du Journal d'un vampire, Mystic Falls et ses jeunes _et moins jeunes héros me sont revenus en mémoire et m'ont donné envie de m'y remettre. Je vous propose un petit résumé bien subjectif du premier épisode. 


Episode 1 - "Mystic Falls" 
J'ai piqué une image de l'épisode 3, pas bien ! mais tellement pratique ! 

C'est la rentrée des classes à Mystic Falls ; Elena se remet comme elle peut dans l'ambiance du lycée, quatre mois après la mort accidentelle de ses parents. Par chance, elle est bien entourée : Bonnie, sa meilleure amie un peu voyante, un peu sorcière, la soutient et lui remonte le moral comme elle peut ; le brave Matt, en bon amoureux éconduit, se montre disponible pour elle bien qu'il soit blasé de s'être fait larguer. Caroline, la blondinette exubérante, alterne boulettes et conquêtes masculines aussi serré que des bouts de viande sur une brochette, et souffre un peu d'être prise pour une cruche. Or Elena s'inquiète surtout pour son petit frère, Jeremy ; ce dernier tue son chagrin à coup de cachets bizarres et de bières. Malgré tout, elle tente de faire bonne figure et attend le soir pour déverser sa peine dans son journal intime. En ce jour de rentrée cependant, un nouvel élève plutôt beau gosse va intégrer le lycée de la petite ville tel un rayon de soleil (ahah, c'est le comble !) et faire crier plus ou moins intérieurement toutes les filles : Stephen Salvatore...

...du moins, quand il aura fini de vomir !

Le type en question, qui dit vivre seul avec son oncle dans une vieille et grande maison, cherche aussitôt à entrer en contact avec Elena. Il y parvient plutôt facilement ; quoi de mieux que les toilettes d'un lycée pour engager une conversation à bâtons rompus ? Dès lors, il semble la suivre à la trace (au cimetière, chez elle...), la mate pendant les cours, et veut apparemment lui dire quelque chose sans pour autant y parvenir ; n'importe quelle personne flipperait à moins, mais Stephen est tellement beau, calme, intelligent, mystérieux etc... que la jeune orpheline trouverait presque ce pistage excitant.


Les dangers du tabagisme passif. 


Ce qu'elle ne sait pas, au contraire du spectateur qui dispose très vite d'éléments lui permettant de le comprendre, c'est que Stephen est un vampire. Mais pas de n'importe quel acabit : le mec est un repenti, c'est à dire qu'il est en plein sevrage de sang humain et qu'il suce des petits animaux la nuit pour ne pas être trop faiblard le jour (bien qu'il soit mort). Lui-même consigne ses souffrances _qu'on ne connaît pas encore_ dans un petit cahier personnel. Au cours de cet épisode, les scénaristes nous révèlent l'existence de son frère Damon, visiblement moins sympathique mais beaucoup plus fort... *

La suite au prochain numéro ! 
Comment ça, vous vous sentez encore plus déprimés qu'après la lecture du Partage du monde ? Eh, les gars, au bout d'un moment on ne peut faire grand chose pour vous ! 

Vampire Diaries 
Saison 1 - 22 épisodes
Julie Plec, Kevin Williamson 
Première diffusion en 2009 

mercredi 6 août 2014

Revolution S01X01 "Blackout" - Eric Kripke (2012)


L'existence de cette nouvelle série américaine m'est arrivée aux oreilles alors que j'écoutais l'émission De quoi j'me mail sur RMC*, tout en crachant mes poumons au bord du canal de l'Ourcq. L'un des chroniqueurs de ce rendez-vous hebdomadaire des geeks et autres fans de hi-tech vantait la qualité esthétique de la première saison fraîchement sortie en blu-ray. Il a tellement mieux vendu l'histoire que son coffret de disques que ça m'a donné envie de regarder le début (en streaming). 

Revolution S01X01 "Blackout" - 2012



L'épisode pilote nous présente tout d'abord une famille vivant une soirée ordinaire, de nos jours, aux Etats Unis : la mère et les deux enfants attendant patiemment le retour du père dans la joie et la bonne humeur. Tout à coup, celui-ci débarque dans la maison totalement en panique : c'est évident, il a autre chose en tête que le dîner. On sent que LE drame approche. Lequel, on ne sait pas ; mais on devine que c'est très grave car les deux parents tirent maintenant une tronche de dix mètres de long. Quelques secondes plus tard, une coupure de courant paralyse la maison, mais aussi toute la ville. Et, tant qu'on y est, le reste de l'Univers. Le bébé pleure, le frigo dégèle et un avion s'écrase. 

Quinze ans plus tard, l'électricité n'est toujours pas revenue, et tout le monde semble en avoir fait le deuil. On reconnait rapidement certains personnages de la première scène : Charlie, la fille, Danny, le bébé, Ben, le père. Ils ont troqué leurs smartphones et la télé contre des cabanes en bois et chassent à l'arbalète au milieu des ruines et des carcasses d'avions _autant de vestiges du passé fascinants pour eux. Privés de transports, la société américaine semble s'être réorganisée en multiples tribus vivant de leurs productions agricoles, et surveillées par des flics à cheval terrorisant leur monde avec de grands sabres : LA milice. Le black out énergétique est un tabou, et même si Ben en sait bien plus long que ses voisins, il refuse de dire ce qu'il sait, exactement. 

Malheureusement pour lui, des circonstances fâcheuses vont l'y obliger ; un jour, un représentant de la milice nommé Tom Neville (Giancarlo Esposito) fait irruption dans le village pour le capturer. Il refuse de fuir et se fait descendre ; avant de rendre l'âme, il demande à Charlie de se rendre à Chicago à pattes et au plus vite afin de retrouver son oncle Miles, seul membre de la famille à être dans la confidence. Elle promet, tandis que son petit frère Danny est pris en otage par Neville tel un lot de consolation après l'échec de son assaut. 

Charlie (Tracy Spiridakos), puisque c'est bien elle l'héroïne, se lance alors dans une double quête : retrouver son oncle Miles (Billy Burke) et libérer son frère Danny (Graham Rogers) des griffes de la milice. L'explication de cette mystérieuse panne d'électricité est peut-être à la clé ! Elle sera accompagnée dans sa longue marche par sa belle-mère Rachel et un ... ami ? Aaron (. J'ai pas encore compris qui était, ni ce qu'il foutait là, mais c'est sûrement étudié pour. La suite nous éclairera. En chemin, elle rencontre Nate (Jorge Daniel Pardo), un beau gosse occupé à tirer à l'arc derrière des rochers, normal. Il décide aussitôt de la prendre sous son aile et de se joindre à l'expédition : c'est douteux, non ? Toujours est-il que l'équipe arrive bientôt à Chicago, au milieu des routes défoncées et des immeubles vides...



Pendant ce temps-là, Danny parvient à se libérer avec brio de la charrette à foin qui lui servait de geôle, mais sa fuite est interrompue. Fichues crises d'asthmes ! Le voilà terrassé, face contre terre, pendant que les fleurs de pissenlits volettent autour de lui, l'air faussement innocent : dommage, c'était bien tenté ! 



Sur Internet, on peut lire plein de mauvaises critiques sur cette série "futuriste" et "post-apocalyptique" Revolution. Je me garderai bien d'en rajouter une couche, étant donné que je n'ai vu que le premier épisode. Cela dit, les emprunts à d'autres séries, films ou livres à succès sont aussi visibles que le nez au milieu de la figure et c'est... trop. C'en est presque drôle ! On peut, entre autres, reconnaître : 


  • Lost : pour ses carcasses d'avions dans lesquels les personnages aiment bien fouiner. Pour son univers de bricolage d'objets en bouts de roseaux en ayant une pensée émue pour le confort perdu. Pour Aaron, son personnage aux faux airs de boulet, 


qui font un peu penser à...



  •  Hunger Games : pour Charlie, son héroïne téméraire si proche de Katniss pour son côté "non je ne veux pas qu'on m'aide, merci ça ira, je porte le monde sur mon dos et je le vis très bien. Parce que tous ces mecs serviables qui ne savent pas se battre, ça m'embarrasse plus qu'autre chose". 


Charlie

Katniss



  • Twilight aussi, parce que Nate Walker a l'air de sortir tout droit de la meute d'hommes-loups dirigée par Jacob. 



Ah, Wikipedia me souffle dans l'oreillette que Jorge Daniel Pardo a JUSTEMENT joué dans Twilight 4, où il n'incarnait pas un loup-garou mais un semi-vampire latino portant le nom de Nahuel. Au temps pour moi. 




  • Walking dead _du moins "Passé décomposé", le premier tome de la série BD. Bon, on ne voit pas de cadavres animés dans les 43 premières minutes de Revolution, mais on se caillasse quand même allègrement dans une ville dévastée en prenant garde de ne pas traverser le plancher ! 

Les créateurs de Revolution ont-ils voulu faire une grande soupe de "trucs qui marchent bien" ? Possible ! Mais le manque d'originalité des scénaristes ne serait pas du tout dérangeant si l'ouverture de la saison 1 nous donnait un peu envie d'y croire ; malheureusement, ce n'est pas la cas, faute de personnages attachants et profonds. Charlie et sa belle-mère Rachel sont tout entières à leur quête alors que Ben vient quand même de crever dans leurs bras, Nate Walker est bien prévisible : on sent déjà qu'il va être tiraillé comme un Romeo entre sa nouvelle copine Charlie et son travail pour la milice. Tous vivent dans la fagne depuis une décennie, et pourtant leurs t-shirts sont étonnamment nickels et bien conservés. Dilemme, dilemme. Visuellement, on ne peut pas être déçu par les paysages, les effets spéciaux et les scènes de baston, mais... de nos jours, nous sommes tellement habitués à nous en mettre plein les yeux au cinéma ou à la télé, qu'on n'est plus impressionné par rien...

Enfin, ne soyons pas trop langues de putes, ça reste un premier épisode. A suivre, donc !

Revolution, Saison 1, Episode 1
43 min. 
USA, 2012 
Crée par : Eric Kripke

Lien vers la page de l'émission De quoi j'me mail dont il est question ici, et plus particulièrement l'édition du 25/07. 

mercredi 23 juillet 2014

L'effet Dikkenek



"Mélanie Laurent Dikkenek"
"la grosse dans Dikkenek"
"dikkenek"
"mélanie laurent nue Dikkenek"
... 

A chaque fois que ce film est diffusé à la télévision, le nombre de visites du blog s'envole : 



Tout ça, c'est à cause d'eux !





samedi 19 janvier 2013

Les Aventuriers de la Mer - 4 - Brumes et tempêtes - Robin Hobb (2004)


Ah, autant les illustrateurs me laissent souvent dubitative, autant là je dois dire que j'ai beaucoup apprécié la couverture de "Brumes et tempêtes", tome 4 des Aventuriers de la Mer, dans la collection "Piment". Pourquoi ? Parce que je trouve que le mât et les voiles du navire sont dessinés avec une précision émouvante. De même que les féroces serpents de mer du premier plan. 

Évidemment, la fille à poil en plein milieu ne gâche rien.



Allez, trêve de matage !


Où est-ce qu'on en était ? 

Ambre, la magicienne vendeuse de bijoux en bois sorcier, a toujours dans l'idée de sauver la vivenef Parangon d'une probable mise en pièces par ses propriétaires. Comme la capricieuse figure de proue n'est pas pressé de montrer sa reconnaissance, leurs échanges meurent aussi vite que les vagues sur la plage de Terrilville. A quelques lieues de là, Malta continue à briser les cœurs et à scandaliser son entourage. Conformément à la tradition, Ronica et Keffria accueillent du mieux qu'elles le peuvent la famille Khuprus, en espérant que les sentiments du jeune Reyn pour Malta partiront aussi vite qu'ils sont venus. Mais il semblerait que le jeune marchand du Désert des Pluies n'ait pas pour habitude de faire les choses à moitié : la cour qu'il mène auprès de sa prétendante respire à la fois la sagesse et la passion.

Il est peu question de Brashen dans "Brumes et tempêtes" ; on sait seulement qu'il s'est engagé sur la Veille de Printemps, un navire contrebandier où tout lui paraît louche... à commencer par le capitaine, face à qui il doit sans cesse peser ses mots. Sans doute se jetterait-il à l'eau s'il voyait Althéa prête à céder aux avances de Grag, le fils du marchand Ténira, qui l'a recueillie et adoptée à bord de l'Ophélie.

Vivacia a été capturée par l'équipage du capitaine Kennit et a vu périr une grande partie de son équipage. Entre le pirate mal en point et la vivenef des Vestrit, un lien inexplicable se tisse : lui se plaît à la charmer et elle, à l'écouter parler. Leur relation est aussi frustrante pour Hiémain, héritier du bateau, que pour Etta, la favorite de l'homme estropié. Pourtant, ils vont devoir faire abstraction de leur jalousie et réunir leurs forces pour soigner Kennit, qu'il faut amputer proprement vu qu'il suinte méchamment. La lourde tâche du saucissonnage au couteau rouillé va d'ailleurs revenir au prêtre novice, guidé par la bienveillante Vivacia ... que, contrairement à l'illustrateur Gilles Francescano, je n'imaginais pas pourvue d'une poitrine généreuse.



Mais c'est quoi ce méchant ? 

Depuis le début de la série, les propriétaires des vivenefs ne cessent de chuchoter d'énigmatiques reproches à l'encontre d'un certain "Gouverneur", qui aurait pour principaux traits de caractère d'être injuste et peu consciencieux dans ses fonctions. Aussi puissant qu'incompétent, il est redouté des anciennes familles de marchands de Terrilville, car il se soucie peu de leur déchéance. Pourtant, il est aussi apprécié des "nouveaux marchands", qui ont du mal à respecter les codes établis par les marins depuis des générations.
Toujours est-il que, jusqu'au tome 4 des Aventuriers de la Mer, on ne sait absolument rien de celui qu'on perçoit tout de même comme l'un des "méchants", et ça commence à nous intriguer furieusement. Par chance, Robin Hobb a ici consacré un chapitre entier à la présentation du fameux "gouverneur Cosgo". Ceux qui se plaisaient à l'imaginer sadique, imposant et autoritaire pourraient bien être déçus : la bête est en réalité un adolescent attardé qui profite de son statut pour baiser à longueur de journée et planer en fumant des herbes. Il semble avoir une conception très abstraite du territoire qu'il dirige, et préfère déléguer les dossiers épineux à ses dames de compagnie. A vrai dire, Cosgo peut évoquer une pâle copie de Royal, le prince aux dents longues de L'Assassin Royal, la cruauté et l'ambition en moins. Un personnage déconcertant, donc, mais peut-être est-ce l'effet voulu, puisqu'on a déjà trouve l'homme à détester et à abattre en la personne de Kyle Havre, l'odieux père de Hiémain.


De la pute au prêtre... 

... Ou comment garder le sourire face à une porte de prison ?

A ma gauche, Etta, fille de joie de son état, mais bien décidée à apprendre le métier de pirate pour garder son client préféré dans son champ de vision. A ma droite, Hiémain, prêtre en formation, marin en formation, puceau en perdition. Vont-ils pouvoir communiquer ? Eh bien oui, car ils ont un objectif commun à atteindre : sauver le capitaine Kennit ! Mais ce ne sera pas gagné d'avance, et les débuts de leur "cohabitation" resteront longtemps laborieux.

Comme s'il n'avait pas déjà assez de malheurs et de pression, il fallait absolument que Hiémain se farcisse les sautes d'humeur de la femme du capitaine ! En effet, Etta n'est pas une fille commode ; elle a quitté Partage et son bordel natal pour rester proches de celui qu'elle aime aveuglément : Kennit le pirate. Depuis, elle ne vit qu'à travers lui, jalouse aussitôt tout ce qui l'approche d'un peu trop près, et peut littéralement mettre en pièces celui qui aurait l'idée de lui faire du mal. Forcément, dès qu'elle décèle un semblant de complicité entre le pirate, la figure de proue et le jeune prêtre, ils deviennent pour elle des rivaux tout trouvés. Hiémain aimerait bien lui dire qu'il n'a aucunement l'intention de l'exclure de leur relation de confiance, mais il n'est guère aisé de parlé à quelqu'un d'aussi buté qu'une prostituée convertie en marin.

Pourtant, la femme de caractère sans peur et sans reproche se transforme en bon petit chien chien dès que Kennit ouvre la bouche ; aussi, quand il va lui demander d'être indulgente, voire attentionnée envers Hiémain, elle va s'exécuter à contrecœur et jouer le jeu à la perfection. Le novice est bien surpris que la femme l'accueille avec une bienveillance perceptible, lors de sa descente dans la cabine du convalescent, et ne soupçonne pas les raisons d'un tel changement d'humeur à son égard. Il se laisse donc aller à croire à une amitié naissante, et pense qu'il a enfin trouvé l'oreille attentive qui voudra bien recueillir ses peines contenues depuis des mois en mer.

"Hiémain sentit une ouverture.
"Et je ne vous le demanderai pas. C'est seulement... ce serait bien de pouvoir parler à quelqu'un. Simplement parler. Il m'est arrivé tant de choses récemment. Tous mes amis sont morts, mon père me méprise, les esclaves que j'ai aidés n'ont pas l'air de se rappeler ce que j'ai fait pour eux, je soupçonne Sâ'Adar de vouloir en finir avec moi..." 
Sa voix se réduisit à un murmure quand il se rendit compte qu'il devait avoir l'air de s'apitoyer sur son sort."
(p. 225 - 226)

Que nenni ! La pute lucide et fataliste va remettre les idées en place à celui qu'elle considère comme un jeune pleurnichard incapable de se secouer, donnant lieu au passage le plus intéressant _ humainement parlant _ de l'ouvrage.        

(p. 226)
"... J'essaie de trouver le moyen de revenir à mon point de départ pour rétablir ma vie d'avant mais... 
_ Tu ne peux pas revenir en arrière, lui dit-elle franchement, d'une voix neutre. Cette partie-là de ta vie est terminée. Mets-là de côté comme une étape achevée? C'en est fini pour toi. Personne ne peut décider de ce que sera sa vie." Elle leva vers lui un regard qui le transperça. "Sois un homme. Tâche de découvrir où tu te trouves maintenant et repars de là, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Accepte et tu pourras survivre. Si tu restes en arrière, en répétant que ce n'est pas ta vie, que tu n'es pas fait pour ça, tu passeras à côté. Il se peut que tu n'en meures pas, mais autant être mort, pour ce que ça te rapportera, à toi et aux autres."
Hiémain était abasourdi. Aussi dures qu'elles soient, ces paroles étaient remplies de sagesse."
(p. 226 - 227) 

Tout n'est pas bon à prendre dans la tirade d'Etta. Mais certains éléments intéresseront sans doute le lecteur qui cherche en vain un sens à sa vie ; il est dommage que Hiémain se réapproprie aussitôt les préceptes d'Etta pour les lier à ses apprentissages religieux : Sa aurait-il donc parlé à travers la bouche de la prostituée?
Cela nous importe peu, à vrai dire. J'aimerais bien revenir, plutôt, sur l'attachement qu'a Robin Hobb a décrire le cheminement mental du personnage tentant de communiquer avec la bombe à retardement qui tricote en face de lui. On a l'impression qu'une grande partie de Mikado se joue entre le prêtre, ses propres ressentis, et son interlocutrice : cerner l'Autre, quel chantier, surtout s'il est d'humeur changeante ! Hiémain, craintif, entre dans la cabine de Kennit, certain de se faire jeter par la harpie du malade. Surprise : ladite harpie lui tricote un pantalon et lui fait même grâce d'un vague sourire. Le coeur réchauffé, il se dit que c'est peut-être l'occasion de se frayer un chemin jusqu'au coeur de la femme pirate, histoire de voir ce qu'elle a dans le ventre. Mais la dame n'est pas en mal d'ami, elle : qu'il aille chialer sa mère ailleurs. La douche froide l'empêche de s'enflammer, or il veut encore y croire et saisit une parole de la prostituée comme un barreau d'échelle pour revenir à l'attaque. Ah, décidément, on a beau dire : Hiémain est un warrior à sa manière. Qui ne se découragerait pas au premier camouflet d'une fille qui ne tolère pas votre présence et vous le fait comprendre ? Qui n'aurait pas le réflexe d'éviter celui ou celle qui vous a octroyé un sourire hier, et vous envoie un pain dans la gueule aujourd'hui ? Oui, Hiémain est un type persévérant et pas dénué de courage. Ou alors, il est maso. A sa place, j'aurais pris le large.

Jeu de mots, ah ah.


Oh mon Dieu !

Rien à voir ou presque _ puisque la chanson Les Mandarines aborde à mon avis le sujet de la prostitution _  mais je voulais vous faire part de mon étonnement en réalisant à l'instant qu'Ulrika Von Glott et Marianne James étaient en fait une seule et même personne ! Bien qu'à présent cela me semble évident, je n'avais jamais fait le rapprochement.


"Les mandarines", chanson des années 30 reprise par Ulrika Von Glott. 
Chanson découverte grâce à mon premier radio réveil, qui ne captait que Radio Liberté Ribérac. 


J'en profite pour signaler que Marianne - Ulrika n'apparaît pas dans l'article Wikipedia consacré au Kadox, un jeu télévisé diffusé sur France 3 à la fin des années 1990, alors qu'elle y a bel et bien participé. Je m'en vais de ce pas apporter ma contribution, et vous laisse en compagnie d'Amanda Lear, pour patienter.



   

Voilà ! C'est fait !

Hobb, Robin. Les aventuriers de la mer. "Brumes et tempêtes". Paris. France Loisirs. Coll. "Piment". 1999. 389 p. ISBN 2-7441-7725-3 

mercredi 8 août 2012

Shameless (UK) - Saison 4 - 2007



Comique, cruelle et profonde, la saison 4 de Shameless est une réussite ; quelques mois de pause dans mes résumés, et la poursuite très progressive du visionnage des épisodes en cours de diffusion, me l'avaient presque fait oublier ! Pourtant, l'évolution de la famille Gallagher à travers ces 8 chapitres longs d'une quarantaine de minutes mérite bien d'être passée au crible.    



Épisode 1

Kev, Veronica et Marti, les voisins des Gallagher, ont mystérieusement disparu. Tout Chatsworth s'inquiète, d'autant plus que le couple avait accumulé quelques dettes dans le voisinage... Les explications arriveront dans le journal télévisé : toujours accrochés à leur rêve d'adoption, ils ont été pris la main dans le sac, en train d'acheter un bébé dans un orphelinat roumain. Les Maguire décident de s'approprier la maison déserte : qui pourra les en empêcher, puisqu'ils sèment la terreur sur leur passage ?   
Frank Gallagher a mis le feu à son repas et s'est légèrement intoxiqué dans la combustion de son manteau. Il est transporté à l’hôpital suite à l'incident. Lorsqu'il s'agit de prévenir les proches, les services médicaux sont bien ennuyés : il y a deux Madame Gallagher. Laquelle faut-il appeler ? Le sort fait que Monica sera plus facile à joindre que Sheila. Cette reprise de contact est un prétexte idéal pour donner envie à la mère fantomatique de la tribu de s'incruster parmi eux et de reprendre sa place dans le foyer ... à l'insu de sa copine Norma ! Hormis Carl, qui semble avoir particulièrement souffert de l'absence de Monica, les enfants voient d'un mauvais oeil ce retour soudain. Debbie a décidé de lui mener la vie dure.
Toute la famille prépare en secret une fête pour les 18 ans de Lip. Le jour J, il apprend qu'il a en fait 19 ans car Frank et Monica ont mis un an avant d'aller le déclarer. Les Maguire lui ont aussi préparé un cadeau de bienvenue à Lip : l'entrée dans leur clan. Celui-ci refuse et se met à dos toute la famille de Mandy. 



Épisode 2 

Sheila ne tarde pas à se rendre compte de la présence de Monica à Chatsworth, d'autant plus qu'elle allume Frank aussi bien dans la rue qu'au pub, sans se soucier du qu'en dira-t-on. La mère de famille, qui revendique fièrement sa place en parodiant une nourrice soucieuse de la nutrition de ses enfants à l'heure du petit déjeuner, a bien l'intention d'évincer sa rivale et de se débarrasser de Norma. Seule Debbie ne semble pas être dupe de ses caprices d'enfants, cachés sous les plaintes que nul n'ose remettre en question, et le soudain désir d'être en famille. Avec l'aide de Sheila, elles vont tenter de mieux cerner les goûts de Monica en matière de filles, et de relooker Norma pour la rendre plus attrayante.

Pendant ce temps-là, les Maguire sont en effervescence : Jamie, l'aîné de la fratrie, est enfin libéré après dix années d'emprisonnement pour meurtre. Tous le craignent, sans savoir qu'il a décidé de se racheter une conduite et de gagner sa vie honnêtement... en travaillant dans le pub de Jez. Les frictions qui l'opposent à Karen Jackson sont trop fréquentes pour ne pas être douteuses ! Quant à Shane, le cadet aux cheveux en bataille, il se sent quelque peu oublié et tourné en dérision depuis le retour de son frère.  


Norma, pas de très bonne humeur au réveil...

Episode 3 

Les Gallagher récupèrent les déchets de leurs voisins pour organiser un vide-grenier et en tirer quelques fonds. Sous l'oeil narquois des Maguire bien plus à l'aise financièrement, ils réparent et nettoient divers meubles, appareils électro-ménagers, vêtements... jusqu'à ce qu'ils découvrent une main humaine dans un carton d'emballage. Il semblerait que Fergal, le quatrième fils de Patrick et Mimie, ait fait les frais d'une sombre histoire opposant son frère aîné Jamie à une autre famille de trafiquants. 

A l'approche de son premier anniversaire de mariage avec Sheila Jackson, Frank Gallagher a toujours du mal à jongler entre ses deux femmes. Monica lui est toujours aussi irrésistible avec sa boulimie sexuelle, son côté autoritaire et sa détermination à casser son histoire _jusque là sans nuage_ avec la mère des jumeaux. Cette dernière explose littéralement lors de la petite fête organisée chez elle le soir-même, et s'essaie au lancer de couteau sur son mari ... après lui avoir annoncé qu'ils partiraient bientôt en croisière au bord de la Méditerranée.
Le lendemain, Sheila et Monica posent un ultimatum à Frank : il a une journée pour choisir avec qui il jugera bon de continuer sa vie. 


"Tu n'es pas végétarienne, tu n'es pas lesbienne, et tu couches avec mon Frank !!!"

Épisode 4    

En apprenant la mort de son frère, Mimie Maguire pense qu'elle est porteuse d'une malédiction et tombe dans le mutisme le plus total. Patrick pense qu'un mariage précipité entre Lip et Mandy pourra conjurer ce mauvais sort : cette idée n'enchante guère le futur mari, mais a-t-il vraiment le choix ? Ian apprend qu'il a été licencié de l'épicerie d'Yvonne et Kash Karib, pour cause de problèmes financiers. Une situation difficile à imaginer devant les opérations marketing de Kash et son évidente folie des grandeurs. Ian préfère voir un lien direct entre leur rupture et la perte de son travail. Fou de colère, il rentre chez lui à mobylette et renverse Anne, une petite frappe qui vient de voler une valise entière de tickets de jeux à gratter à Shane Maguire. L'accident lui sauve la mise, puisqu'elle arrive à convaincre Ian de la cacher quelques temps dans le grenier des Gallagher. Alors qu'ils passent des heures à gratter, gratter, gratter, une étrange relation naît entre eux : est-ce le temps des remises en question pour celui qui se dit 100% gay ? Jamie Maguire drague comme il peut une Karen Jackson sur la défensive, elle qui nous avait habitués à être moins farouche !


Ian et sa nouvelle copine sur une mobylette (volée, cela va de soi !) : "Un dimanche matin, avec ma putain, ..."
Épisode 5

Les Gallagher mettent la pression à Debbie pour qu'elle se trouve un copain le plus rapidement possible. Devant le désintérêt total de sa fille - et rivale - pour les garçons de son âge, Monica dénonce un comportement anormal voire malsain. Debbie tente donc de remédier à la situation en se faisant sauter par le premier venu. Elle rencontre Luke, nouvellement arrivé à Chatsworth et issu d'une famille pentecôtiste. Frank Gallagher, qui n'avait pas vraiment contesté les exhortations à aller traquer les mâles destinées à sa fille, voit d'un mauvais oeil cette relation.

Ian fait la connaissance de Mickey Maguire, avec qui il couche assez rapidement. Mais chez les Maguire, on ne fait pas les choses à moitié : soit on tue, soit on adore. Mickey dévoile aussitôt ses sentiments à Ian, qui le renvoie balader, bloqué par l'idée que son don juan se soit fait sucer par son chien durant son adolescence. Quant à Jamie, il ne veut entamer de relation avec Karen que dans la perspective d'un mariage ! Elle accepte sans être convaincue... et entre dans l'univers très fermé des copines braqueuses de Mimie.   
  

"Je suis tout seul à la maison. Mes parents sont à leur cours de danse irlandaise."

Episode 6 

Carl est déboussolé : lui qui pensait avoir retrouvé un équilibre familial avec le retour de sa mère à Chatsworth prend conscience de la complexité de la situation. Il est le seul des cinq enfants à se souvenir de l'anniversaire de Monica et à le lui souhaiter en cuisinant son plat préféré... mais il n'accepte pas qu'elle couche encore avec Norma. A tel point qu'il tente d'éjecter la routière de son paysage.

Une détresse financière crée des tensions entre Lip et Mandy. Lorsqu'il propose à Kelly, la soeur de Kev récemment revenue dans la cité, d'habiter avec eux contre un loyer, elle interprète mal ses intentions et refuse, contraignant la toxico à squatter chez Lilian Tyler.

L'arrivée de Carrie dans l'équipe de police de Chatsworth bouleverse les petites habitudes de Stan et Tom : la fliquette a les dents longues et ne laisse absolument rien passer aux habitants de la cité, même lorsque ceux-ci agissent avec la connivence des forces de l'ordre. Ambitieuse et impitoyable, elle n'en allume pas moins ses collègues de travail.
Les Maguire continuent de terroriser, de casser des bras et de kidnapper leur future belle-fille Karen, pour la simple et bonne raison qu'elle ne se sent pas prête à intégrer le "clan". Shane s'est embarqué dans une affaire de pilules d'ecstasy volées et sollicite les services de Frank Gallagher pour ne pas souffrir directement d'éventuelles représailles.


Quand Frank Gallagher et Shane Maguire s'allient pour une cause commune...

Episode 7 

Au petit matin, Frank essaie de voler de l'argent à Norma, profondément endormie dans le van. Sa maladresse finit tout de même par la réveiller : elle pense alors qu'il a tenté de la violer. Elle compte l'éloigner d'elle en déposant une plainte, consciente de son éloignement faciliterait la reconquête de Monica.

Lip et Ian aident Yvonne dans le fonctionnement du centre d'appel clandestin qu'elle a fondé dans l'arrière boutique de l'épicerie ! Lip se fait draguer par Nadia et y prend goût jusqu'à ce qu'il comprenne qu'elle est trans : sa vexation est si grande qu'il s'en prend à Ian, parfaitement au courant. La querelle, née sur fond d'homophobie, va déteindre sur la vie de la famille.

Patrick Maguire a caché de l'explosif dans la cuisine, malgré les interdictions de sa femme. Voyant que les poubelles s'enflamment régulièrement à Chatsworth sous l'effet de mini-bombes, il craint à juste titre que la planque ait été découverte. En effet, Mimie a demander à Shane et à Mickey de faire disparaître le petit paquet jaune qui ressemble tant à de la pâte à modeler...        


Shane et Mickey Maguire "Eh, mais c'est la crème de maman !_ Non..."

Épisode 8

Patrick Maguire tombe dans la dépression en voyant disparaître ses plus proches compagnons de cellule. Lorsqu'il remarque qu'il est le dernier survivant d'une joyeuse bande de malfrats, la tristesse se transforme en peur d'être le suivant. Il entreprend une thérapie, pour le plus grand malheur de son psy.

Le dossier scolaire de Lip est accepté dans trois universités ; il n'a plus qu'à choisir. Tous se réjouissent en apprenant la nouvelle, sauf Mandy, qui ne comprend pas pourquoi son copain lui a affirmé quelques jours plus tôt qu'il était refusé partout. De plus, partir à la fac, c'est laisser sa petite famille à Chatsworth.

Carl se montre aussi très froid face au succès de ce frère aîné un peu trop sûr de lui : est-ce qu'on en ferait autant pour quelqu'un d'autre ? Pendant que tout le monde se congratule, sa tête est en ébullition sous l'effet de projets mystérieux. Il enchaîne les petits cambriolages et les reventes d'objets divers, et perçoit Norma comme une poule aux oeufs d'or, lui proposant de racheter le van bleu et blanc des Gallagher : si elle s'attache à le remettre en état, Monica pensera peut-être qu'elle veut partir de la cité et reviendra vers elle pour ne pas perdre l'un de ses deux sextoys ? Norma est séduite par l'idée... mais prépare un départ bien réel. 

Jamie et Karen préparent leur mariage, qui a lieu dans quelques jours. Leurs plans sont souvent interrompus par la formation "d'agent de probation" que suit Jamie.    


A noter dans ce dernier épisode une réplique très poétique de Frank à Norma : "Retourne dans une vie antérieure, chacal, celle où t'avais deux queues et un oeil !"

Une saison psychologique 

Bien que les aventures des Gallagher et de leurs voisins de Chatsworth reprennent environ un an après le mariage de Sheila et Frank, le téléspectateur novice ne se sentira pas largué le moins du monde, même s'il ignore tout de la saison 3. Par contre, il ne mesurera pas à quel point les rapports (familiaux notamment) entre les personnages principaux se sont complexifiés.

Le retour de Monica au sein du cocon vermoulu des Gallagher crée bien des émois, mettant les gosses à fleur de peau : il faut dire que leur mère adopte un comportement qui ressemble fort à celui d'un ado de l'âge de Carl ou de Debbie. Ce sont d'ailleurs eux qui se sentent le plus bouleversés par sa présence, et réagissent de façon extrême. Parce qu'elle a joué le rôle d'une mère auprès de ses frères et sœurs, Debbie perçoit aussitôt Monica comme une intruse à éradiquer : elle n'hésite pas à enflammer ses valises pour lui faire passer l'envie de se réinstaller avec eux. Carl, quant à lui, se jette au cou de celle qui était disparue et qui est retrouvée. Stupidité, naïveté face aux belles paroles de la première femme de Frank, toujours prête à se faire victimiser quand le vent tourne en sa défaveur et qu'elle se sent piégée ? Ou simple besoin de reconstituer la famille idéale qu'il n'a jamais connue ?

Qu'est-ce qu'être une mère ? Faut-il couver ses gosses et les rassurer perpétuellement comme l'ont fait Fiona et Debbie ? Est-ce consacrer sa vie aux autres sans jamais penser à soi ? Cette représentation atypique de la maman qui couche avec deux personnes plusieurs fois par jour et expédie la préparation du petit déjeuner pour avoir plus vite l'opportunité de "prendre soin d'elle" donne a réfléchir. Notre culture commune nous susurre de condamner l'indigne génitrice, mais n'est-ce pas trop facile ?

Heureusement, Monica est un personnage pourri jusqu'à la moelle, ce qui signifie qu'on a plein de raison de lui taper dessus, même si on n'est pas un macho ou un conservateur qui tient à ce que le monde tourne au rythme de ses petites habitudes. On ne peut certes pas lui reprocher d'être un femelle en chaleur, mais ces allures de gamine capricieuse provocatrice et fouteuse de merde en font une idéale "méchante" de films ou de série TV. Dans le premier épisode de la saison, Monica apprend que Frank s'est remarié sans l'avoir prévenue, persuadé qu'il était qu'elle ne remettrait plus les pieds à Chatsworth. Piquée, elle tente de faire sortir Sheila de ses gonds, et y arrive fort bien.

              


Le deuxième épisode sera d'ailleurs marqué par la mini parodie de Kill Bill, franchement bien trouvée, avec Sheila et Monica dans les rôles principaux. Regardez-là, cela vous fera rire même si, tout comme moi, vous n'avez pas aimé ce film. Oui, je sais qu'il en existe d'autres...

Monica et Frank ont un grand point commun : ils sont laids et cons, mais nombreux sont celles et ceux qui tombent sous leur charme. Sheila et Norma sont les deux grandes perdantes de la saison. Si l'une finit par sauver sa peau en même temps qu'un reste de dignité _ ce qui donne lieu à un super coup de théâtre à la fin de l'épisode 3, puisque, comme souvent, Frank attend les dernières secondes pour tout foutre en l'air _, l'autre se fait écorcher du début à la fin de la saison, sans interruption. C'est dans le seul espoir que Monica se "réveille" et reparte avec elle, que la routière campe dans le van des Gallagher ; mais ce "réveil" ne peut se produire puisque sa belle a besoin de deux partenaires à plein temps, et de préférence, deux partenaires qui se "battent" pour elle, afin qu'elle se sente "désirée".

Comme souvent, finalement, Frank ne sait pas où il en est, et ne parvient pas à résister aux avance de Monica, bien qu'il préfère de loin Sheila, ne serait-ce que pour le confort, le soutien et la stabilité qu'elle lui apporte. J'espère avoir l'occasion de faire un article de blog sur les rapports entre Frank et les femmes avec qui il sort ou couche, car il y aurait fort à dire, en particulier qu'elles l'affaiblissent considérablement. Mais elles ne lui ramollissent jamais autant l'esprit qu'un billet de 20£.   

Enfin, la famille Maguire fait partie des personnages secondaires en pleine émancipation suite à la disparition de quelques pauvres diables (Kev, Veronica, Fiona et Steve notamment). C'est, à mon avis, une réussite d'avoir intégré cette dynastie de dealers pas vraiment méchants. Les rapports de rivalité entre les frères Maguire notamment, ainsi que la pureté de leur esprit de famille sont tout aussi réalistes que comiques. Eux qui tuent, blessent, eux dont "on ne peut pas dire grand chose si on ne veut pas se faire péter un bras"* ne peuvent être totalement détestables, tant ils sont frappés. Leur proximité géographique avec les Gallagher _ puisqu'ils récupèrent la maison de Kev et Veronica_ les rend totalement incontournables. Nous connaissions déjà Mandy, Patrick et Mimie, et nous découvrons Shane, Mickey et Jamie. Ils sont autant de fleurs en pleine éclosion, ou de bombes en pleine explosion, c'est selon.   



L'âge d'or de la série touche-t-il à sa fin ? 

Il faut savoir être critique, même si c'est difficile. Pourtant, cette saison 4 marque bel et bien l'apogée d'une série qui ne pourra plus que perdre en intérêt, dorénavant. En effet, on commence déjà à regretter la disparition de certains personnages... et, sachez-le, ce n'est hélas que le début d'un défilé de nouvelles têtes au fil des saisons. Mais bon, chacun sa vie ! Vu la médiatisation de cette série, on peut aisément comprendre la décision d'un acteur un minimum carriériste.

  • Le spectateur ne sera sans doute pas fan des départs en cours de saison, à l'image de Sheila et des jumeaux. C'est d'autant plus dommage car son personnage de gentille femme névrosée apportait une touche d'innocence et de répliques décalées qui étaient toujours bonnes à prendre, ma foi ! 
  • Il n'est pas toujours aisé de considérer la déchéance de personnages réputés dur et forts ; Yvonne Karib montre ses failles face aux difficultés qu'elle rencontre. Les dettes accumulées par Kash, l'amènent à craquer en prenant conscience de la gravité de la situation (Épisode 4) : il n'y a pas de mal à se montrer humain de temps en temps, mais de là à dénaturer l'épicière de la sorte... Là encore, les choses n'iront pas en s'arrangeant.  
  • Les histoires des cœur entre les flics sont marrantes deux minutes mais guère plus ! L'idée d'instiller une fille dans l'équipe pour que les deux compères (dont l'un a une tête d'écureuil pré-pubère) soient en rivalité me semble un peu surfaite. On pourrait s'en passer sans problème.   
  • Pour finir, on n'échappe pas au fameux épisode musical qui sévit dans beaucoup de séries télévisées, même si les frais sont limités aux dernières minutes de la saison, à savoir, le mariage de Karen Jackson et Jamie Maguire. 

Si vous voulez voir ce que ça donne en vidéo, même si vous savez déjà tout : allez voir par là. :-)


Shameless 
Saison 4 (2007)
8 épisodes : 7 de 40min + 1 de 70min 
Paul Abbott 
Diffusion Channel 4 au Royaume Uni et Virgin17/DirectStar en France. 


* Générique VF à partir de l'épisode 4