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dimanche 22 mai 2022

[Soyons sérieux !] Fiches - outils pour écrire des articles de presse avec des mouflets


Ca vaut ce que ça vaut, mais si jamais ces fiches vous intéressent, servez-vous !  

Je vais essayer d'en faire d'autres (pour l'interview et l'édito notamment), mais impossible de dire quand pour l'instant ! 





Il faut bien être sérieux de temps en temps !






vendredi 4 août 2017

Soyons sérieux - Les périodiques du CDI, carte mentale



Voici une (tentative de) carte mentale pour aborder la notion de "périodique" avec les collégiens. C'est un début... 


N'hésitez pas à me signaler toute erreur plus ou moins grossière, si besoin ! Du moment que vous le faites gentiment.... ;) 
 

mercredi 26 juillet 2017

Soyons sérieux : carte mentale des documents qu'on peut trouver au CDI


Lien de partage : https://www.spiderscribe.net/app/?771260d0bc4fadab8d7d73e8c7a71f1e
Petite carte mentale sans prétention et perfectible à souhait !
Comme la précédente, elle a été réalisée avec Spiderscribe.net.


Et bonne soirée ! 

dimanche 23 juillet 2017

Soyons sérieux : E-sidoc, le portail documentaire du CDI


Parce que ça faisait longtemps !



Ce matin, j'ai fait la découverte d'un nouvel outil de "mind mapping" plutôt sympa nommé: Spiderscribe.net ; histoire de le tester, j'ai tenté une présentation du portail documentaire du CDI. La "carte" produite vaut ce qu'elle vaut, elle est sûrement beaucoup trop chargée encore pour des collégiens, mais c'est un début ! A noter que Spiderscribe est très pratique et très intuitif... sauf pour créer ce qu'on pourrait appeler la "bulle-point de départ" _vous voyez de quoi je parle ! et j'avoue que ça m'a laissée perplexe pendant quelques instants. Mais en cliquant un peu partout on finit par y arriver. Ou sinon, ne faites pas comme moi et regardez la démo, tout simplement. 

Pour la suite, rien à dire si ce n'est que c'est bien la première fois que je peux organiser des idées où je veux, comme je veux, insérer des images, des liens hypertexte, exporter et partager. D'habitude, c'est fromage ou dessert avec ces bêtes-là.

A savoir qu'une version payante sans doute encore plus complète existe. Les points faibles rôdent forcément, mais je ne les vois pas encore. Après, chacun ses goûts, hein !  

Concernant la présentation du portail, je prends les commentaires, les signalements de fautes et les critiques (constructives, merci ^^). Le lien vers la carte est disponible sur demande.

mercredi 24 août 2016

Soyons sérieux : Les films interdits du IIIe Reich - Felix Moeller (2013)


Soyons sérieux ! 
Parce que ça faisait longtemps...
Voici une fiche de travail suite au visionnage du documentaire de Felix Moeller : Les films interdits du III° Reich (2013). Une pure paraphrase, n'en attendez rien.



Dans les enfers des Archives du Cinéma allemand, situées près de Berlin, sont conservés les films de propagande nazie sortis sous le IIIe Reich. Trois cent d'entre eux sont actuellement interdits à la diffusion car ils délivrent des messages racistes, antisémites, glorifiant le nazisme, la haine et la guerre. Paradoxalement, il reste facile de les récupérer sur Internet, "en contactant des revendeurs d'extrême droite", nous explique une intervenante, ou en suivant des chaînes Youtube de néo-nazis...

Il faut savoir qu'à l'époque, le cinéma était un instrument de pouvoir à part entière pour Goebbels, ministre de la propagande et parfaitement conscient que le septième art pouvait retourner le cerveau des gens. Au plus fort de la guerre, le peuple allemand était un gros consommateur de films et ne passait pas entre les mailles "l'industrie du divertissement nazi". Absurdes mais divertissants _pour des spectateurs démoralisés, les "films de la nation" faisaient pleinement partie de la stratégie de communication du Reich ; Goebbels n'hésitait pas à commander des films à gros budget et à se montrer généreux envers les stars du moment.. Entre autres, Emil Jannings et Heinrich George. Le premier avait choisi de travailler pour le III° Reich, non par conviction, mais parce qu'il gagnait plus qu'à Hollywood et pouvait choisir ses rôles. Le second est toujours une énigme, puisqu'il s'agit d'un acteur défavorable aux idées du Reich qui a changé de camp. 

Le documentaire Les films interdits du III° Reich interroge la nécessité d'une interdiction ou non de ces oeuvres, de nos jours. Si les difficultés d'accès au nom de la protection de l'enfance sont légitimes, elles posent aussi un problème : elles empêchent les jeunes de connaître une partie de l'Histoire qui a bel et bien existé. Alors, on se demande à présent ce qu'il faut faire de toutes ces bobines : sont-elles encore dangereuses ? comment serait perçue leur remise en circulation ? doit-on les oublier ? Certainement pas.

Bientôt la rentrée = TOUS SUR ARTE ! 


Felix Moeller choisit une poignée de films d'époque pour nous permettre de nous faire une opinion : Heimkehr, Le Juif Süss, Suis-je un assassin ? Pour chaque exemple, il nous montre un extrait de l'oeuvre, puis une scène de projection en public, avant de nous faire partager les réactions des spectateurs à l'issue de cette projection.  

Heimkehr : l'action se déroule en Pologne, ou vie une minorité d'Allemands violemment persécutés et torturés par les Polonais. Le procédé est adroit : en adoptant ce point de vue, les Allemands sont victimisés et l'invasion de la Pologne se justifie au motif de la légitime défense. C'est tout simplement l'inverse de la réalité, mais les spectateurs adultes considèrent qu'une jeune qui n'a aucune culture historique et aucun recul pourrait très bien se laisser prendre au piège.

Le Juif Süss fait partie de la quarantaine de films diffusés sous conditions, c'est à dire qu'ils sont ils sont forcément précédés d'une présentation et suivis d'un débat. Il y est question de Süss, un homme ambitieux, malhonnête et amateur de femmes.

Suis-je un assassin ? suscite aujourd'hui encore des réactions contrastées : s'il s'inscrit officiellement dans la longue liste des films de propagande nazie, et veut justifier une élimination massive des personnes handicapées, il adopte un point de vue bien particulier. Une femme apprend qu'elle est très malade et supplie son mari de la tuer avant qu'elle dépérisse ; celui-ci s'exécute. Aujourd'hui, ce long métrage pourrait être compris comme un film en faveur de l'euthanasie. Le réalisateur (Liebeneiner) avait alors pour mission de susciter le débat dans les chaumières à défaut de pouvoir le faire en public _morale chrétienne oblige.


Les réactions des spectateurs _adultes ou scolaires_ se recoupent : 

- Sans connaissances préalables, ces films présentent toujours un danger, surtout pour des adolescents paumés. Ce n'est pas pour rien qu'il existait des films de propagande spécifiquement conçus pour la jeunesse sous le III° Reich. Ils fonctionnaient d'ailleurs très bien sur certains d'entre eux ; aujourd'hui encore, ils pourraient faire basculer du mauvais côté des enfants sensibles aux idées d'extrême droite. 

- Beaucoup sont convaincus que les mécanismes de propagande pourraient fonctionner sur le grand public.
- Les lycéens s'effraient qu'il soit aussi facile d'entrer dans ces films ; les ficelles de la manipulation sont très efficaces, surtout lorsqu'elles font appel à nos sentiments.
  
- Les stéréotypes existent partout, sous différentes formes, même si les Juifs, les Anglais et les handicapés ne sont plus les principales cibles... Cela ne veut pas dire qu'on est hors d'atteinte.

SECOND DEGRÉ !!! - SECOND DEGRÉ !!! - SECOND DEGRÉ !!!

- Il est important de découvrir ces films, mais de manière encadrée. Selon les lycéens parisiens que l'ont peut voir dans le documentaire, une diffusion télévisée et sans explication préalable du Juif Süss pourrait faire des dégâts ! 



En conclusion, à la question "Que faire de tous ces films cachés qui constituent pourtant un pan de l'Histoire ?" la réponse demeure :"On ne sait pas trop", mais historiens et professionnels du cinéma s'accordent à dire qu'une totale ignorance de leur existence est quasiment aussi dangereuse qu'une diffusion large et incontrôlée. La meilleure alternative reste la diffusion encadrée... et l'éducation. 



FELIX MOELLER - Les films interdits du III° Reich. Allemagne, 2013. 
Documentaire, 52 min. 
Lien Dailymotion
Lien Arte + 7  




samedi 7 mai 2016

Soyons sérieux ! Quels usages pour les jeux électroniques en classe ? Rapport d'étude (2009)


Faire apprendre en utilisant le jeu, de préférence électronique ou informatique n'est pas une excentricité de profs qui voudraient se démarquer de leurs collègues en testant de nouvelles méthodes sur leurs cobayes du moment. Si c'est encore ce que pensent certains parents déstabilisés par l'évolution de la société (et donc de l'école, forcément), ces idées reçues tendent à disparaître. Pour l'IFSE* et l'European Schoolnet**, il a même paru intéressant d'observer de plus près les expériences menées aux quatre coins de l'Europe afin de voir dans quelle mesure on pouvait se servir du jeu vidéo pour permettre aux élèves de progresser. Nous étions alors en 2009 ; leurs constats ont donné lieu à une étude réalisée par l'European Schoolnet, dont voici le rapport intégral. Afin de pouvoir répondre aux problématiques suivantes : "que peuvent apporter aux élèves les jeux électroniques lorsqu'ils sont utilisés en classe ?" et "quels sont les partenariats possibles entre l'école et l'industrie du jeu vidéo", elle s'organise en plusieurs temps :

- Pour commencer, une enquête "sur le terrain" d'expériences ponctuelles déjà menées en Europe. Huit pays ont été "visités" pour l'occasion : l'Autriche, le Danemark, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni, la Lituanie et les Pays Bas.
- Un retour des enseignants concernés sur leur pratique, élargie à ce qui se fait dans les différents pays d'Europe, à ce qui ne se fait pas et pourquoi. En tout, 600 professeurs ont été questionnés et ont avancé des avis plus ou moins nuancés, allant du réel enthousiasme à des attitudes plus réservées.
- Un aperçu de la place du jeu électronique dans les systèmes éducatifs
- Enfin, elle présente différents points de vue de chercheurs sur les apports du jeu vidéo en contexte pédagogique.

Ce rapport d'étude est paru en 2009 ; cela signifie que les informations qu'il contient ne sont plus toutes fraîches, mais après lecture je dirais qu'on peut encore en exploiter une bonne partie.

Ouais, arrêtez de faire les cons, là ! Y en a qui bossent ! 


"Qu'observons-nous sur le terrain ?" 

Après une définition large du jeu électronique, insistant sur la grande variété de supports (console, portables, ordinateur) et d'activités possibles (jeux de rôles, jeux d'adresse, de stratégie, fonctionnement en réseau...), une sélection d'expériences parlantes menées un peu partout en Europe nous est présentée. C'est la partie qui se lit le plus facilement, dans laquelle ont peut piocher quelques idées quand on est prof... et qui va nous faire gagner du temps, grâce au bilan critique du projet qui suit le compte rendu.

Exemple 1 :  l'école Hojby au Danemark
Conformément au "Projet IMTF" (en gros, développement des compétences informatiques) en vigueur au Danemark au moment de la réalisation de l'étude, les jeux informatiques ont été introduits dans les enseignements de cette école, ouverte aux élèves. Il faut noter que les jeux utilisés en contexte pédagogique ne sont pas des jeux éducatifs, à la base : il s'agit des Sims2, de Patrician 3, de Harry Potter et l'Ordre du Phoenix et Zoo Tycoon. Mais, placés dans un contexte pédagogique, ils deviennent utiles. Par le biais des SIMS2, les enfant ont crée des personnages et des situations de jeu sur deux cours. Ils en ont gardé une trace et s'en sont servis pour produire un travail associant texte et image, dans lequel ils ont été poussés à présenter des personnages, à décrire un environnement... Par exemple, le jeu de stratégie Patrician 3 a favorisé l'étude de la société médiévale et notamment des relations de pouvoir. L'activité a même donné lieu à un jumelage entre deux écoles. Dans le cas de Harry Potter, une lecture du roman et un visionnage du film a précédé l'utilisation du jeu, rendant possible une comparaison entre l'oeuvre et ses adaptations. Toujours avec le développement des compétences informatiques

Exemple 2 : The Consolarium, c'est à dire le "Centre d'utilisation du jeu en contexte d'apprentissage" (Ecosse) 
Les élèves ont travaillé les maths avec le programme d'entraînement cérébral du Dr Kawashima tous les jours, pendant 20 - 25 minutes. D'autres ont utilisé Nintendogs, un jeu dont le but est de créer un chien virtuel et de le faire grandir au mieux ; ici, il paraissait utile dans le cadre de l'apprentissage de l'anglais. Les enfants étaient amenés à imaginer des histoires dont leur chien était le héros.


C'est mignonnnnnnnnn !

Exemple 3 : Les jeux sérieux comme stratégie de remédiation (France) 
Dans un collège français, le jeu Farm Frenzy, dont le but est de manager sa ferme, a été utilisé avec un groupe de six élèves en difficultés. Il a contribué à faire travailler les jeunes sur leur organisation, sur la verbalisation des difficultés rencontrées, sur la résolution de problème et sur le travail en collaboration.

Exemple 4 : Le projet Didactic Assisted by New Technologies / Iprase, Institut Provincial de Recherche, de Formation et d'Expérimentation (Italie)
Des jeux éducatifs informatiques sont utilisés dans le cadre du cours d'italien et de maths, afin d'illustrer le cours ou de tester les connaissances des élèves. 

Exemple 5 ; le jeu Frequency 1550 (Pays Bas) 
Ce quiz portant sur l'histoire d'Amsterdam en 1550 s'adresse en particulier aux adolescents, puisqu'il allie déplacement autonome sur le terrain et communication avec un outil numérique dont il a déjà la maîtrise. Les jeunes forment des équipes de 4, elles-mêmes scindées en binômes. Deux élèves se rendent en ville, et deux restent dans un laboratoire équipée de façon à pouvoir faire des recherches sur Internet tout en restant en contact avec "l'équipe de terrain". Ainsi, ils sont en mesure de se guider les uns les autres. Le but du jeu est de répondre collectivement aux questions sur la ville d'Amsterdam en l'an 1550, en tirant parti de la complémentarité des deux binômes. 
Personnellement, c'est l'exemple qui m'a fait le plus triper ! Si quelqu'un a déjà mené une aventure semblable dans son bahut, laissez un commentaire s'il vous plaît ! 

Ouais, je suis dans une période puzzle, désolée ! Vous remercierez ma pote !

Bien que très différents les uns des autres, ces cinq exemples sont tous novateurs et très enrichissants. Pourtant, les conclusions que les enseignant en ont tirées se font relativement souvent écho : 

- Le jeu n'est efficace que s'il est placé dans un contexte pédagogique précis ; un travail de synthèse est incontournable en fin de séance, afin que les élèves ne perdent pas de vue qu'ils n'ont pas "joué pour jouer", mais qu'ils ont acquis des connaissances, des savoirs-être en lien avec le cours. Si le projet dépasse le cadre de la classe et touche d'autres établissements, voire toute un région, c'est encore mieux car il prend encore plus de sens pour les élèves et devient plus visible (et souvent mieux appuyé...). Rappelons que "jouer en classe" n'est pas synonyme de rupture avec la pédagogie qu'on pourrait qualifier de "traditionnelle". Les deux approches, les différents supports sont complémentaires.

- D'un point de vue disciplinaire, le caractère ludique des activités n'a pas d'influence probante sur la progression des élèves. Toutefois, le jeu informatique favorise forcément les apprentissages numériques : il peut s'avérer déterminant dans le repérage des difficultés et la mise en oeuvre de stratégies de remédiation, comme c'est le cas dans les exemples italien et français notamment.

- Par contre, l'impact du jeu sur la motivation des élèves est indéniable, de même que sur le rapport de certains jeunes à l'école. Relier les apprentissages à leurs propres pratiques numériques favorise une mise en confiance et donne envie de repousser ses limites.  

- D'autres compétences relevant du développement personnel et du savoir-être sont plus facilement acquises, également, ou au moins améliorées : la concentration, les réflexes, l'imagination, la sociabilité.

- On constate d'ailleurs, pour chacun des exemples d'actions présentés, une implication sensible des instances éducatives ; elle est indispensable au bon fonctionnement du projet... et devrait être renforcée...

- En amont, il est donc recommandé de prendre le temps de monter son projet et d'en communiquer les grandes lignes à la famille ; en effet, il arrive que les parents aient une image négative des jeux vidéos et émettent des craintes lorsqu'ils apprennent que leurs enfants "jouent en classe", même en sachant que le professeur les encadre. L'enseignant gagnera à se poser comme "metteur en scène" de l'activité, et non comme "joueur spécialiste", même si une bonne maîtrise du jeu est requise pour mener l'activité. Lorsque cette étape de communication est passée, une amélioration du rapport entre l'école et les parents est perceptible.

- Il est important de souligner l'émulation pédagogique créee par ces pratiques novatrices : le partage des expériences citées a donné lieu à des échanges riches, des débats, des idées de prolongements des projets ou d'actions nouvelles. Dans tous les cas, l'enseignant doit, sinon maîtriser le jeu, au moins posséder lui-même des compétences numériques de base... et si ce n'est pas le cas, être formé...


Opinions et pratiques des enseignants

Généralement, les profs concernées par les expériences relatées dans cette étude en font un bilan positif de l'expérience, y compris lorsqu'elles représentaient pour eux un baptême du feu informatique. Si certaines matières se prêtent mieux à l'exercice (technologie, langues vivantes, histoire..) la motivation des élèves augmente dans tous les cas ; ce qui ne peut que satisfaire l'enseignant et améliorer les conditions de travail de tous. 

L'enquête a ensuite été élargie à un panel de professionnels de l'éducation exerçant en Europe, via un questionnaire en ligne portant sur l'utilisation des TIC à l'école. Les résultats ont parfois fait écho aux retours d'expérience déjà relevés ; parfois non... 

- Pour faire le portrait robot du prof qui "joue en classe", disons qu'il s'agit  d'une femme d'âge non déterminé oui oui parfaitement, ça peut aussi être une vieille ! qui utilise les couramment les TIC en situation pédagogique. Elle s'en sert pour faire grimper la motivation de ses élèves, pour qu'ils acquièrent des compétences en passant par des chemins différents, pour travailler sur leur savoir-être et pour promouvoir des valeurs humaines. Elle utilise un large choix de jeux sur PC ou console, parfois conçus par des pédagogues, mais plus souvent commerciaux et sans visée éducative particulière. Pour s'informer de ce qui se fait autour d'elle et pour améliorer ses séances, elle s'adresse à ses collègues et fait des recherches sur Internet.

Clichés clichés clichés... Ralalala !

- Contrairement à ce qu'on a pu "observer sur le terrain", les jeux vidéos sont surtout utilisés avec des groupes d'élèves rencontrant des difficultés, c'est à dire : les élèves à besoins éducatifs particuliers, les élèves en échec scolaire, démotivés ou qui marchent à la carotte  pourvus d'un fort esprit de compétition qu'il leur est utile d'exploiter. 

- Certains professeurs n'utilisent par les jeux électroniques, informatiques, vidéo... au sein de la classe et ils le disent ; on se doute bien que ce ne sont pas tous de gros réacs, hein. Ils donnent des arguments recevables et pointent du doigt des obstacles bien réels : le prix des jeux (eh oui, tout n'est pas gratuit ; l'achat du jeu / d'une licence s'impose... on va pas commencer à cracker à l'école, hein !), les contraintes matérielles (pas assez d'ordinateurs, classes trop nombreuses), les contraintes de temps (heures de concertation et de formation nécessaires et pas toujours prévues !), les difficultés d'intégration au programme scolaire de jeux pourtant intéressants du point de vue du développement personnel, et bien sûr les aléas de l'aspect "récréatif" du jeu. 


Quelle est l'attitude des systèmes éducatifs face aux jeux en classe ?

Gnééé ??? 
Là, comment dire ça bien... On va passer très vite sur le sujet, dans le sens où rien de très officiel ne se dégage à l'échelle européenne ni dans les systèmes éducatifs des voisins ; on ne sera donc pas surpris que les subventions accordées aux projets soient moindres. 

Les apports du jeu en classe sont reconnus et les instances s'accordent à dire qu'il faut les développer afin...
- ... d'aider les élèves en difficulté (Italie
- ... de modernisation de l'enseignement (Tous) 
- ... de familiariser les jeunes aux univers virtuels (Danemark) et  renforcer la prévention des risques liés aux jeux vidéos (Autriche). En ce sens, la conception des jeux par les élèves eux-même est préconisée.
-... d'encourager la créativité (Russie), et de renforcer les liens entre l'école et les parents via le jeu. 

Malgré ce manque de reconnaissance de la part des hautes sphères, les recherches poursuivies du côté des enseignants ont donné naissance à des communautés de pratiques qui ont de beaux jours devant elles ; bientôt, le jeu se sera fait un bon trou dans les TICE en Europe.



Ce que nous dit la recherche sur l'utilisation des jeux en classe

Depuis les années 1990, nombreux sont les chercheurs qui pensent que les jeux vidéos peuvent améliorer les connaissances et les compétences des élèves, de la même façon que toutes les autres tentatives de modernisation de la pédagogie. A ceci près que le jeu a l'avantage d'impacter directement d'évolution des apprentissages comportementaux (communication, résolution de problèmes.. ). Utilisé avec modération, il ne nuirait pas à la sociabilisation des enfants... Après tout, on sait depuis longtemps qu'un usage raisonné d'une nouveauté qui effraie est mille fois moins dangereux que l'ignorance... 

Dans le rapport, vous trouverez toutes les références des chercheurs qui se sont penchés avec intérêt sur la question des jeux vidéos/électroniques/informatiques comme outil éducatif : Marc Prensky, l'"inventeur" des "digital natives", ces jeunes nés dans un monde en voie de numérisation ; Mitra et Rana, passeurs d'une intéressante expérience sur des enfants capables d'utiliser un ordinateur au bout de quelques heures seulement, alors qu'ils n'en avaient jamais vu un de leur vie... ; Mitgutsch, qui insiste sur l'importance du côté divertissant du jeu vidéo ; Ko encourage à instiller en contexte pédagogique la démarche de résolution de problèmes rencontrée dans les jeux : Curtis et Lawson sont plus axés sur l'amélioration par le jeu de performance et de compétences déjà acquises, et un peu moins par l'apprentissage en lui-même.

N'hésitez pas à laisser en commentaire d'éventuelles remarques / erreurs constatées dans ce petit résumé... mais dans la bonne humeur s'il vous plaît. Si vous êtes prof, intéressé par les TIC ou non, je vous conseille de parcourir ce rapport d'étude qui vous donnera sans doute des idées d'activités, et quelques tuyaux, même s'il date un peu.

EUROPEAN SCHOOLNET. Quels usages pour les jeux électroniques en classe ? Rapport de synthèse. mai 2009. URL : http://games.eun.org/2009/05/research_results_released.html. Visité le 07/05/2016. ISBN : 9789078209881





J'en profite pour parler d'un jeu éducatif repéré via le catalogue 2014 - 2015 des ressources en Histoire des Arts du CANOPE, et testé dans la foulée : Vivre au temps des châteaux fortsIl s'agit d'un jeu de simulation où l'élève est plongé dans le quotidien d’un chateau fort et de ses environs, au coeur de la Normandie du XII°s. Il doit se déplacer à l'aide des flèches du clavier pour répondre à des questions et pour ramasser des pièces de puzzle. Ces dernières lui permettront de résoudre des énigmes ; à lui de se promener dans différents lieux en se repérant sur la carte affichée en haut à gauche de l'écran, à lui de cliquer sur les bons objets. Parfait pour des 5èmes ! 
Le tout est 100 % gratuit et disponible en téléchargement sur PC. Par contre, il nécessite l’installation de Quick Time 7 (sinon on ne peut pas lire toutes les vidéos qui permettent de répondre aux questions). 
https://www.reseau-canope.fr/vivre_temps_chateaux_forts/#
Vous trouverez plus d'informations sur le blog dédié au projet : http://vivre-au-temps-des-chateaux-forts.blogspot.fr/ 


*IFSE ; Fédération Européenne de Logiciels Interactifs
** European Schoolnet : réseau européen d'aide à l'utilisation des TIC à l'école, à travers un portail de ressources. Il travaille en collaboration avec 30 ministères de l'éducation. Site : http://www.eun.org/ 



mercredi 30 septembre 2015

Soyons sérieux : créer sa carte Google Maps personnalisée, tutoriel pour les élèves de 3° en recherche de stage.


Décidément, ce blog devient trop sérieux !

Comme vous le savez _ou pas, tous les élèves de 3° ou de 4° selon les endroits doivent obligatoirement effectuer un stage en entreprise d'une durée d'une semaine. Il s'agit d'un stage d'observation au cours duquel le jeune doit prendre des notes sur tout ce qui lui paraît significatif pour décrire le fonctionnement de la structure de son choix. Si l'immersion dans un milieu autre que scolaire est souvent une découverte de taille pour la majeure partie des élèves, le temps de la recherche du lieu sacré et du patron qui signera cette putain de convention qui est un vrai motif de harcèlement de la part de leur prof principal depuis septembre ! est une étape à laquelle ils ne sont pas préparés. 

C'est pourquoi, avec des collègues, nous avons mis en place des outils méthodologiques, dont celui-ci : 

Tutoriel Google Maps




Ce tutoriel a pour but de guider les élèves dans la création d'une carte personnalisée sur laquelle ils vont repérer toutes les entreprises, structures, associations et autres commerces où ils comptent postuler. Ils pourront ainsi s'organiser dans leur démarchage en regroupant les lieux proches les uns des autres, et en ajoutant des annotations propres à chaque endroit : rendez-vous pris avec l'employeur, lettre de motivation déposée ou non... 

Au préalable, la classe a travaillé sur la méthode de la lettre de motivation et a recherché les adresses exactes des entreprises sur le site des Pages Jaunes.

Si j'ai travaillé sur le tutoriel, cette très bonne idée n'est pas la mienne ! 



    




samedi 26 septembre 2015

Soyons sérieux : le classement des documents au CDI...

Un petit guide light pour expliquer la CDD et l'organisation du CDI aux 6° ; ça vaut ce que ça vaut, mais dans l'ensemble ils ont compris le principe. Après tout, c'est ce qui compte ! 


Si tu es perdu, suis le toucan !

jeudi 27 août 2015

Soyons sérieux ! Mettre en place un Learning Centre ; enjeux et problématiques (2011)

Parce qu'un malheur n'arrive jamais seul...
Soyons sérieux, encore une fois...


... Et parlons Learning Centre, en nous appuyant sur un rapport d'études paru en 2011. Il s'inscrit dans le cycle de réflexions nées du partenariat entre la Caisse des Dépôts* et les Présidents d'Universités ; ces travaux sont centrés sur le développement de l'"université numérique". Mettre en place un Learning Centre ; enjeux et problématiques reflète la tendance des établissements supérieurs à faire évoluer leurs bibliothèques vers un Learning Centre**.

Le but de ce guide est d'amener les présidents d'université à s'interroger sur la nécessité de mettre en place un Learning Centre, et de leur faire connaître les enjeux et les problématiques que cela soulève une fois qu'il se sont décidés à en faire pousser un. Notons-le bien : cet écrit propose des pistes de réflexion visant à anticiper au mieux l'aboutissement d'un tel projet, et non pas des informations pratiques. On ne se lance pas dans une telle aventure sans se poser quelques questions... Pour illustrer le flot d'idées exposées ici, les auteurs (qui relèvent de la Caisse des Dépôts) se sont appuyés sur des établissements précurseurs en la matière : les universités de Kingston, Lille 3, Poitiers, Avans, Glasgow, Lausanne, Londres... Leurs exemples sont des réussites, mais les erreurs de certains gagnent à être analysées pour ne pas être reproduites dans de futurs projets.


Dans une première partie intitulée "Un outil stratégique au service de l'établissement", on nous explique que chaque Learning Centre est différent car il est le reflet de la fac ou de l'école dans laquelle il est construit. C'est pourquoi sa place est stratégique pour les étudiants et pour les dirigeants au niveau pédagogique, social, numérique... Les chefs d'établissement ont tout intérêt à se l'approprier, car il donne une certaine image de l'établissement qu'ils gèrent ; il s'adresse à tous les services, et devient un lieu où il est possible de faire se rencontrer des personnels et usagers qui ne se croiseraient pas habituellement. Plus que la bibliothèque universitaire, le Learning Centre est LE lieu de cohésion et de travail pluridisciplinaire.

Bien que tout le monde soit concerné par ses modalités de fonctionnement, seule une équipe, composée d'un représentant des différents départements de la fac doit piloter le projet de construction et le déploiement.

Il y aurait donc autant de Learning Centres que de facs ; pourtant, quelques caractéristiques sont communes à tous :
- l'offre de service large et intégrée
- la volonté de proposer un lieu fonctionnel et convivial
- l'organisation efficace des ressources permettant une progression dans l'apprentissage.

Communiquer autour du Learning Centre est primordial, il doit être connu en interne comme en externe.


Que doit-on pouvoir trouver dans un Learning Centre, et qui est censé l'utilisée ? C'est ce qu'on essaie de savoir dans la deuxième partie du guide : "Un savant équilibre entre services et équipements". Propose-t-on la même chose à tous les usagers ? Comment agence-t-on le lieu physique et les services à distance pour répondre aux attentes ?  Dans un premier temps, il vaut mieux partir des besoins des usagers, qui sont essentiellement des étudiants. Souvent, ils recherchent un lieu à la fois calme et convivial pour travailler et échanger, et sont demandeurs d'outils méthodologiques. Mais les professeurs et les chercheurs doivent aussi y trouver leur compte, en déposant et récupérant des supports de cours, en ayant le matériel et les ressources nécessaires pour mener leurs recherches, en restant au courant des innovations pédagogiques, en ayant accès à des espaces dédiés (salles de conférence, de rendez-vous..). Enfin, le Learning Centre s'adresse aussi aux personnels, qui peuvent avoir des besoins de formation, à l'environnement économique et social local, et au grand public.

Une fois que ces besoins sont définis, les Learning Centres proposent généralement une offre orientée étudiants et profs articulée avec d'autres services qui pourront varier d'une fac à une autre (cafétéria, permanence du CROUS, espace orientation, librairies, banques..). Encore faut-il avoir un équipement de qualité qui permette tout cela. Même s'il ne faut pas oublier de mettre en place des services à distance, le lieu physique est primordial ; son implantation sur le campus et son agencement doivent faire l'objet d'une vraie réflexion. Il sera de préférence situé au centre de la fac, à un endroit où les étudiants passent beaucoup, mais pas forcément : si le LC sait se rendre indispensable par son offre, les étudiants se bougeront sans problème pour y aller. Attention ! Ce lieu convivial qui propose de nombreuses ressources peut vite être surchargé, faute d'avoir mal estimé le taux de fréquentation. Dans ce guide, il est conseillé d'anticiper l'amplitude horaire, de favoriser l'accessibilité, d'organiser les lieux en zones d'ambiance, de tenir compte du design en prenant garde qu'il ne nuise pas à l'accessibilité, de privilégier l'éco-conception... Evidemment, les installations informatiques, avec ou sans fil, doivent être pensées de manière à satisfaire quantitativement et qualitativement les usagers.




"Un modèle d'organisation privilégiant la flexibilité et la réactivité" 
On essaie ici de proposer un modèle d'organisation du Learning Centre, à supposer que ce soit possible.
Tout d'abord, il paraît judicieux d'organiser la coordination des différents pôles Sachant qu'il abrite au moins forcément le SCD et le département des TIC, et d'autres services en fonction des établissements, la question est de savoir comment faire collaborer efficacement les différentes entités : faut-il aller vers une conservation de l'autonomie de chacun, avec une claire séparation des services ? faut-il privilégier un fonctionnement selon un projet commun aux différents pôles, voire les faire fusionner ? Tout est possible en fonction du profil de l'établissement, des projets lancés, des objectifs à atteindre.

Alors comment savoir quel mode de fonctionnement sera le meilleur, sachant qu'on peut se tromper, et que pour cette raison, il faut se laisser une marge de rectification ? En se posant quelques questions incontournables : à qui le Learning Centre doit-il être rattaché, en fonction des "spécialités" qu'il propose ? Faut-il opter pour une gestion centralisée ou partagée ? Quels sont les objectifs fixés par chaque département concerné ?

L'accueil des publics s'organise, et plus seulement par les bibliothécaires, qui peuvent se consacrer à d'autres tâches. Au delà de l'accueil, on se partage le travail : chacun se voit attribuer des taches en fonction des services, afin de répondre aux besoins des usagers (méthodologie, mise à disposition des supports...). L'utilisation d'un organigramme précis (établissement d'une direction, d'adjoints, d'équipes...) semble difficilement contournable.

On en arrive justement au "rôle clé des personnels". L'évaluation des besoins en personnels nécessite une bonne connaissance du métier de bibliothécaire et de son évolution : aujourd'hui, le professionnel de la documentation et des bibliothèques effectue moins de prêt, se situe plus dans l'aide à l'usager, travaille en collaboration avec les équipes pédagogiques, élargit ses compétences aux TIC). De nouveaux métiers apparaissent, tels que "l'information specialist", qui lie la documentation et la pédagogie), ou les personnels "pros" de l'accueil et de la régulation des flux... Une fois qu'on sait ce qu'on a et ce qui manque par rapport à ce dont on a besoin, on peut se réunir pour définir le recrutement et parler des questions pratiques (quel nombre de postes demander et attribuer, combien d'heures de travail, quel salaire?).


La formation des personnels documentalistes et des "moins spécialistes" de l'information communication doit être mise en place, de façon à ce que tous puissent travailler ensemble et connaître les compétences des uns et des autres ; les métiers changent, et les carrières des uns et des autres doivent elles aussi pouvoir évoluer. Nécessité d'enseigner la base des fonctions de doc aux personnels des autres services.

"Une mise en place complexe"
Le projet de lancement d'un Learning Centre prend du temps : en moyenne trois ans. Cerner les coûts, établir des budgets distincts prend du temps. Pour prévoir au mieux et réserver un budget d'investissement et de fonctionnement, il faut pouvoir estimer le plus finement possible ce que coûte chaque secteur : équipement TIC, personnels, bâtiment... La démarche conseillée est de définir des grandes lignes de dépenses en fonction des secteurs, et d'affiner progressivement jusqu'à trouver un équilibre optimal. Des exemples de budgets alloués à différents Learning Centre nous sont donnés afin qu'on puisse avoir des repères.

Le financement de la construction des locaux demande une attention particulière : l'université doit-elle la prendre en charge et opter pour une maîtrise totale de la construction ? ou, compte tenu de la LRU, tenter de monter un contrat de partenariat pour se décharger en partie des frais ? Dans le deuxième cas, il faudra s'attacher à garder le contrôle des travaux de manière à obtenir le résultat souhaité. L'établissement reste le mieux placé pour savoir ce qui lui correspond. Pourtant, un contrat de partenariat est intéressant car il ouvre entre autres droit aux subventions publiques. Le financement de l'équipement numérique demande une réflexion particulière : il évolue vite, doit être renouvelé souvent et a un statut primordial dans le Learning Centre. Entre ressources propres, appui des collectivités et mécénat, le projet peut être financé de différentes manières.


Ce guide réalisé permettre aux chefs d'établissements de réfléchir en amont de la mise en place d'un Learning Centre réussit à s'adresser à tous les chefs d'établissements supérieurs prêts à se lancer dans l'aventure, malgré le caractère unique de chaque contexte, de chaque université. Il n'y a pas deux "Centres d'apprentissage" semblables, mais tous ont un certain nombre de points communs et doivent faire l'objet d'une réflexion : c'est un passage obligé (quels locaux, qui est impliqué, quel personnel embaucher, comment organiser le financement de la construction...).

____________

*Caisse des Dépôts et des Consignations :  institution financière publique qui effectue des missions d'intérêt général en investissant entre autres dans la construction de logements sociaux, dans le financement des PME, des universités..."Banquier du service public de la Justice et de la Sécurité Sociale", elle s'associe aux collectivités locales pour le développement du territoire.

** Learning Centre : littéralement, "Centre d'Apprentissage", le Learning Centre est, dans une fac, une structure unique qui regroupe des services et des ressources multiples autour de la culture, des TIC et de la pédagogie. C'est une sorte de bibliothèque augmentée qui met un point d'honneur à ce que l'usager _souvent un étudiant, un prof ou un chercheur, s'y sente bien et le reconnaisse comme un lieu de vie convivial et pratique autant que comme un espace de recherche et d'apprentissage.


Mettre en place un Learning Centre ; enjeux et problématiques. Caisse des Dépôts. Conférence des Présidents d'Université. 2011. 162 p. 


lundi 10 août 2015

Soyons sérieux ! Valoriser le patrimoine culturel de la France - Françoise Benhamou ; David Thesmar (2011)


Parce qu'il ne faut pas perdre la main !



Le passage à Paris de l'exposition itinérante "Lascaux 3" m'a fait repenser à un rapport de 2011 sur la valorisation du patrimoine dont on avait parlé en formation interdisciplinaire, pendant mon année de stage. Pour rappel, le projet "Lascaux 3" vise à faire connaître de manière virtuelle une partie de la grotte qui n'est pas accessible au public ; pour tous ceux qui n'ont pas la possibilité d'aller voir de fac-simile de la grotte situé dans les fins fonds du Périgord, juste à côté de la vraie, c'est l'occasion de découvrir une facette de l'art et de la culture. Accessoirement, les reproductions de parois et d'oeuvres d'arts, les vidéos, les photos et les activités proposées aux visiteurs peuvent aussi donner envie d'y aller pour de vrai. Et à mon sens c'est justement un exemple de valorisation du patrimoine.

En 2011, Françoise Benhamou, spécialisée dans l'économie de la culture, et David Thesmar, économiste, ont dressé un rapport de l'implication de l'Etat dans la valorisation du patrimoine culturel en France. Ce travail d'étude, intitulé très précisément Valoriser le patrimoine culturel de la France, a été mené pour le compte du Conseil d'Analyse Economique*, et a été présenté à Frédéric Mitterrand, le Ministre de la Culture de l'époque. Il est consultable sur le site de l'ENSSIB.


Le rapport en question 

Les auteurs de ce rapport veulent démontrer que l'Etat a tout intérêt à s'investir dans la protection et la mise en valeur du patrimoine culturel, car si elles engendrent forcément des dépenses, elles peuvent aussi être un tremplin économique majeur. On pense notamment aux secteurs du tourisme et de la culture, pour lesquels l'augmentation de la fréquentation d'un lieu protégé aura un impact sur la création d'emplois et pourra développer l'attractivité de la région. Cette participation des politiques publiques sera bien sûr financière, mais pas uniquement, et pas exclusivement sous forme de subventions distribuées aux musées et aux autres lieux de culture. Pour pouvoir participer efficacement à la promotion du patrimoine et être en mesure de faire des propositions, il convient tous d'abord de savoir ce qu'on entend par ce terme, puis de l'observer en tant que secteur de l'économie à part entière.



Dans une première partie, on nous apporte une définition du patrimoine, qu'on résumera simplement ici à "ce qu'une Nation entend conserver pour les générations futures". On distingue notamment le "patrimoine tangible" (bâtiments, collections nationales, musées, oeuvres, fonds, quartiers de villes, sites naturels, sites archéologiques...) du patrimoine immatériel (savoir-faire, métiers d'art...).

Françoise Benhamou et David Thesmar nous apprennent comment procèdent les experts, le public et l'UNESCO pour qu'un monument ou un lieu particulier devienne (ou pas) "un morceau" du patrimoine culturel, puisque ce n'était pas sa fonction première : on ne construit pas un bâtiment dans l'idée qu'il sera classé plus tard. Bien qu'on ait du mal à se la représenter, et bien qu'on reconnaisse ses valeurs scientifique, historique, scientifique, le patrimoine est un bien économique ; il a une valeur marchande. Par exemple, les monuments gagnent en valeur lorsqu'ils sont classés. Mais c'est surtout l'interaction patrimoine - tourisme qui est déterminante pour la consommation des visiteurs et pour l'emploi dans le secteur du tourisme.


Pourquoi l'Etat devrait-il intervenir dans le fonctionnement économique du patrimoine ? On sait que, de manière plus générale, sa participation est de rigueur lorsqu'une entreprise ne peut plus fonctionner seule, de façon à ce que cette entreprise puisse de nouveau suivre la loi du marché. Est-ce le cas du patrimoine culturel français ? Oui, pour deux raisons notamment : les monuments culturels ne sont pas en concurrence, donc la logique de marché ne fonctionne pas ; ensuite, on ne peut pas compter seulement sur les visiteurs d'un musée pour le financer sur la durée. Une aide de l'Etat est donc nécessaire, et une réorganisation d'une collaboration tourisme - culture est à envisager : en effet, le secteur du tourisme peut bénéficier du succès d'un monument historique, d'un parc naturel... mais il est rare qu'il participe à son entretien. Des partenariats sont à mettre en place de ce côté-là. Si les subventions des lieux de culture sont incontournables, d'autres dispositifs, moins directs, ont déjà été expérimentés pour assurer la pérennité des sites : aides pour la formation aux métiers très spécialisés du secteur de la culture (comme la restauration d'objets, par exemple), offres pour les publics qui n'ont pas accès aux musées, soit parce qu'ils n'ont pas appris à avoir la curiosité nécessaire pour s'y intéresser, soit parce qu'ils ne les connaissent pas, soit parce qu'ils n'ont pas de quoi se payer la visite.


Je ne peux résister à vous faire partager la visite de Marion Cotillard et de sa classe au Musée des Accidentés de la route. (Dikkenek, 2006)


Ils demeurent insuffisants, faute d'une évaluation suffisante des besoins financiers des lieux classés, et des besoins culturels des publics. Alors, les auteurs du rapport proposent 11 groupes de "recommandations" pour changer la donne :

Recommandations 1 - Il paraît important de mesurer les dispositions de chaque citoyen à payer pour l'entretien du patrimoine ; ces chiffres seront rendus publics.

Recommandations 2 - La transparence des données chiffrées et leur mise à disposition auprès des publics donnera une meilleure visibilité au patrimoine : où se trouve ce musée ? quels sont les autres monuments visibles à proximité ? quel est le prix de l'entrée ? combien de visiteurs par an ? quelles aides de l'Etat ? quelles dépenses à l'année ?

Recommandations 3 - Fixer la taxe de séjour à 6% diminuera la sollicitation du contribuable.

Recommandations 4 - Rendre les tarifs flexibles en fonction des visiteurs (moins cher s'il est membre de l'UE, s'il a peu de moyens) mais aussi des périodes de l'année, des heures...Cela permettrait de réguler la fréquentation des stars du patrimoine et de permettre aux gens de mieux les apprécier.. et de leur donner envie de revenir.

Recommandations 5 - Informer, communiquer pour faire connaître les sites moins connus du grand public, et les rendre attractifs : on utilisera au maximum Internet bien sûr, mais on n'oubliera pas l'importance de l'éducation culturelle à l'école ! Les partenariats entre l'école et le patrimoine sont à consolider.

Recommandations 6 -  On veillera à donner aux collectivités locales plus de responsabilités concernant les monuments classés qu'elles abritent ; une simplification des procédures d'acquisitions et de transferts des oeuvres serait bénéfique à tous.

Recommandations 7 -  Il existe une Fondation du Patrimoine, peu médiatisée, qui mériterait d'être mieux prise en considération : en effet, son but est de protéger le patrimoine rural non reconnu. Le développement du mécénat est aussi une solution envisageable.

Recommandations 8 - L'accès à l'art et à la culture peut aussi passer par la numérisation : aussi est-il important de mettre un maximum d'oeuvre sur support numérique et de les décrire assez bien pour qu'on puisse en profiter au mieux via la recherche informatique.

Recommandations 9 - Comme on l'a vu plus haut, les métiers d'art font partie du patrimoine immatériel et doivent eux aussi être mis à l'honneur ; cela passe par la reconnaissance de leur autonomie, l'ouverture à l'export et la mise en place de formations d'excellence... mais moins élitistes.

Recommandations 10 - Les marques, telles que le Louvre (Le Louvre-Lens, le projet Louvre Abu-Dhabi...) gagneront à être valorisées.

Recommandations 11 - Il est important de ne pas isoler les monuments de leur environnement. Ils ne prennent de sens que si on les observe dans leur cadre dynamique ; par conséquent, des liens solides entre le monument, la ville, les commerces et les industries locales peuvent être noués.



En conclusion
=> La dimension économique de la culture peut devenir une force si on sait s'en servir : le patrimoine a une grande importance dans l'attractivité d'un pays et génère de la création d'emploi dans le secteur du tourisme. Au delà des aides financières qu'on peut attendre de l'Etat, c'est sur la formation et la sensibilisation au patrimoine et à ses enjeux que devrait se concentrer la participation publique.


=> Ma conclusion :  les sous de l'Etat ne sont pas une solution durable pour les musées ! C'est juste de l'assistanat ! A la place, il vaut mieux pomper le secteur du tourisme, les visiteurs, et attendre que les gens sensibles à leur culture aient envie de jouer les mécènes ! Ben oui, c'est tellement mieux !
Désolée si j'ai rien capté, enfin tant mieux surtout, mais c'est comme ça que je comprends ce rapport. 

Ce rapport est suivi de deux commentaires et de trois compléments sur lesquels il sera intéressant de revenir ultérieurement... 

BENHAMOU, Françoise ; THESMAR, David. Valoriser le patrimoine culturel de la France. 2011. La Documentation Française. Coll. "Les rapports du Conseil d'analyse économique. 162 p. ISBN 978-2-11-008595-5

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Conseil d'analyse économique : composée d'économistes de tous bords, cette instance sert à réaliser des analyses économiques dans tous les domaines afin de conseiller le Premier Ministre. Ses travaux sont rendus publics.

mardi 28 octobre 2014

Soyons sérieux : "De la surveillance à la veille", Louise Merzeau (2009)


Parce que ma mission dans la vie, c'est aussi d'initier les élèves à la gestion de leur identité numérique, j'ai lu un article de Louise Merzeau, chercheuse en SIC et Maître de Conférence à l'Université Paris Ouest. Nanterre. La Défense. Bon ça y est, c'est fini ? Enfin au moins, comme ça, on sait où c'est. 



Son article intitulé "De la surveillance à la veille", plus tout jeune à présent, puisqu'il date de 2009, aborde la question de l'utilisation des traces conscientes et inconscientes laissées par les internautes, à des fins commerciales, sociales, ou de pure surveillance. Il a été publié dans la revue Cités, et vous pouvez également le trouver sur la banque d'archives ouvertes pluridisciplinaires HAL

Voici ce que j'en ai retenu : 
Il est possible que j'ai compris cet article de travers, alors en cas de doute, reportez-vous au texte original, et ne manquez pas de me signaler mes probables bévues en commentaire. Cimer d'avance.  

Allez, soyez sérieux pour une fois, (bordel) !

Aussi prudent soit-on, on laisse obligatoirement des traces sur la Toile, dès qu'on s'y connecte : pages consultées, chemin effectué via les liens hypertexte, identifiants, jeux.. Il suffit de jeter un oeil à l'historique de navigation pour s'en rendre compte. De la même façon qu'on fait la démarche d'effacer un historique qui est crée par défaut, toutes les "empreintes" laissées derrière nous sont automatiquement mémorisées. Si on veut les supprimer, ou du moins les contrôler, il faut agir en fonction. 

Ces traces sont disséminées un peu partout sur Internet. Isolées, elles n'ont pas grande signification. Rassemblées, elles créent ni plus ni moins votre profil : et là, ça devient gênant. Plus vous laissez d'informations sur vous, plus votre profil sera précis, et plus vous courez le risque de devenir une cible commerciale ou une personne observable par les services de renseignements... ou par vos pairs ! Nul besoin d'un énorme robot Big Brother pour cerner ce que vous aimez et vous envoyer les pubs en fonction : c'est nous qui nous donnons à voir


Bon, il faut reconnaître que certains sont des pros quand il s'agit de récolter les "bonnes" informations, celles qui vont les "intéresser" plus que d'autres : j'ai nommé Google, Amazon, et ... votre voisin ! Pour ce-faire, ils utilisent la même méthode qu'un documentaliste qui procède à sa veille documentaire ; c'est à dire qu'à l'aide d'outils paramétrés au préalable (agrégateurs de flux RSS, portails dynamiques, abonnements à des newsletters, utilisation professionnelle d'un réseau social...), il ramasse tous les éléments visibles sur Internet qui composent l'actualité chaude du sujet qui l'intéresse. Les techniques permettant de faire de la veille sont aussi celles qui rendent possibles la surveillance. Elles peuvent être inefficaces comme ravageuses en fonction de la précision de leur paramétrage, et en fonction de ce qu'on leur laisse à se mettre sous la dent. 

Ne rêvons pas. On ne peut pas totalement échapper à ce phénomène qui nous gêne toujours un peu, dans le sens où, de nos jours, la socialisation passe en partie par Internet. Mieux encore, beaucoup laissent volontairement des petites parties de nous pour se faire remarquer des autres ; lorsqu'on gagne à être surveillé, masquer ce qu'on laisse traîner à la vue de tous n'est certainement plus à l'ordre du jour. 

Mais on peut limiter les dégâts en limitant ses traces, en brouillant les pistes avec des avatars, en apprenant à connaître les mécanismes du Web 2.0* pour mieux les apprivoiser. 
       
Depuis 2009, la face du monde virtuel n'a pas énormément changé. Cependant, depuis quelques mois, le droit à l'oubli commence à se faire valoir : il est maintenant possible de demander au moteur de recherche Google, via un formulaire, le retrait des informations personnelles vous concernant.  


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* Le Web2.0 est une évolution du Web vers une réappropriation des contenus par les internautes, qui peuvent plus facilement éditer, créer, supprimer des pages web. 
Exemple : 
- site Internet html = Web 1.0 (géré par un professionnel formé /webmaster / administrateur /)
- blog = Web 2.0 (tout le monde peut créer un ; une interaction est possible via les commenaires )
- Encyclopédie Larousse = Web 1.0 (articles signés par des spécialistes du sujet concerné)
- Wikipédia = Web 2.0 (encyclopédies collaborative ou les articles sont crées, complétés et vérifiés par les internautes) 




MERZEAU, Louise. "De la surveillance à la veille". Cités, 2009, pp.67-80

mercredi 8 janvier 2014

Les phrases les plus lourdes à entendre...


... lorsqu'on est timide, ou tout simplement pas bavard :

Des années ! Des années que je veux me faire un répertoire de toutes les réflexions plus ou moins désobligeantes que je peux entendre au quotidien, JUSTE parce que j'ai trop souvent la bonne idée de me taire !

  • On va pas te manger ! 

Réponse dite : ... 
Réponse pensée : Justement, est-ce que ce ne serait pas un sort préférable à certaines situations inconfortables ? Tant qu'on en parle, je te souhaite pas de te retrouver dans la même cellule que moi en prison, surtout si j'ai une fourchette, car je pourrais bien te gober le poumon ! 


  • Avant, j'étais comme toi ! 
Réponse dite : ...
Par politesse, vous affichez un petit sourire. Crispé.


Réponse pensée : Euh... T'es sérieux/sérieuse ? C'est censé m'encourager à aller de l'avant, ça ? 



  • Tu as perdu ta langue ? 

Réponse dite : ...
A cette tacite approbation s'ajoute le petit sourire à la Anna Kendrick sus-cité.

Réponse pensée : Je ne parle pas mais je déglutis, ce qui prouve que j'ai toujours ma langue. Sinon on m'aurait planté un tuyau dans le gosier pour ne pas m'étouffer à cause d'une fausse route. Eh ouais ! T'avais pas pensé à ça, hein ? T'es niqué ! 



  • On t'entend jamais ! 


Réponse dite : ...
Réponse pensée : Ben c'est un peu le principe !



  •  Impose-toi !

Réponse dite : ....

Réponse pensée : On peut s'imposer en agissant dans le plus froid silence, ou mieux, en faisant agir les autres à sa place. Dans ce dernier cas, cela s'appelle de la manipulation, et c'est une grande spécialité familiale. Alors t''es sûr ? T'es vraiment sûr que c'est ce que tu veux ? Et puis, si je m'"impose", tu vas pas me rentrer dans le lard à coup de cutter parce que je pense pas comme toi ? Parfois, la situation ne vaut pas la peine qu'on se jette à corps perdu dans la bataille.



  • Tu fais la gueule ?  

Réponse dite : Non ! 
Réponse pensée : Non mais ça va pas tarder ! 

Evidemment, on pourrait le croire. C'est triste à dire, mais le timide a le physique de l'emploi et la dégaine qui va avec. Apprenez à le connaître et vous verrez que, quand il est en rogne, c'est PAS DU TOUT pareil. Il se peut même que vous l'entendiez plus qu'à l'accoutumée ; il se peut aussi que vous regrettiez ce temps où il se contentait de vous écouter sans faire chier son monde.



  • Tu peux parler plus fort ? 

Réponse dite : NON ! Tout simplement ! Ne vous prenez pas la tête : NON, je ne veux pas parler plus fort, parce que j'ai pas envie, voilà. Si vous tentez le refus en bloc, ce que je vous conseille fortement, tenez bon : votre hardiesse (doublement choquante venant de vous) fera sans doute son petit effet, et vous en tirerez une griserie inégalable. Si toutefois votre interlocuteur prend la mouche, prétextez aussitôt un mal de gorge !

La première fois que j'ai pris la décision d'infliger à tous sans exception ma voix de dame blanche à l'agonie, j'étais au lycée ; avec deux copines, nous présentions un exposé sur la déforestation dans le cadre du cours de SVT. Estelle était censée déblatérer la première partie, moi la deuxième et Mélanie la dernière. Le problème, c'est qu'on s'est plantées dans les feuilles et que j'ai finalement lu le travail de ma pote alors que je n'avais aucune idée de ce qu'elle avait pu écrire. On n'avait pas vraiment bossé ensemble. On n'avait pas vraiment bossé tout court. A l'époque, j'étais jeune et innocente, et je ne picolais pas avant mes passages à l'oral, alors autant dire que c'était pas jojo. La petite Herveline a levé la main tandis que je prenais une micro-pause, me demandant comment j'allais bien pouvoir faire pour parler sérieusement de la démonstration capillotractée dans laquelle Mélanie comparait allègrement la forêt amazonienne au bois de Boulogne.

"_Tu peux parler plus fort ?
Je l'ai fixée. Eh pauvre, c'était vraiment pas le moment de me demander ça !
_ Non."

Le silence, de courte durée. Nous sommes toutes les trois parties en fou rire et je ne sais plus comment ça s'est terminé. Herveline ne m'a plus adressé la parole jusqu'à la fin de l'année, ce qui n'a d'ailleurs pas changé grand chose à ma vie, pour être tout à fait honnête. Par contre, j'explose de rire à chaque fois que je vois un arbre tomber, même si cela me chagrine énormément.  

C'est la fille qui parle pas fort dans Pitch Perfect

Petite leçon de drague silencieuse, au passage ! 


  • Va te faire soigner ! 

Lorsqu'une personne de votre entourage commence à vous connaître et s'impatiente de vous voir taciturne et/ou coincé, parce que depuis le temps, quand même ! elle finit par lâcher quelques paroles maladroites.

Réponse dite : Heu... mais le psychologue c'est pas remboursé par la Sécu.

L'argument est bancal au possible, mais vous verrez qu'à cette phrase-là, _allez savoir pourquoi, vous trouverez toujours quelque chose à dire pour votre défense.




Réponse pensée : Putain, il/elle a peut-être bien raison, ce bâtard/cette pute...

Eh oui, sachez-le, même si les mots restent des courants d'air qui n'ont que la portée qu'on veut bien leur donner, ce type de remarque peut faire mal aux plus volontaires d'entre nous, ceux qui se lancent des défis quotidiens pour repousser leurs limites (j'en fais pas partie), à ceux qui progressent imperceptiblement mais qui progressent quand même ! Les gens, essayez d'atteindre le sommet de l'Everest en solex, et vous comprendrez de quoi je parle. A défaut, allez en Auvergne et montez au Puy de la Vache, c'est la même ! Imaginez ensuite qu'on vous déséquilibre jusqu'à vous faire chuter, alors que vous étiez presque arrivés au but : les boules, non  ?


Le Puy de la Vache. Épique. 14 ans plus tard, je sens encore mes pieds !

  • Tu n'es pas timide, tu es réservé !


Heureusement, vous survivez dans cette société de stérile bavasse grâce à personnes qui vous tirent vers le haut, qui vous encouragent, qui vous parlent toujours bien, qui vous donnent envie d'y croire, et... pourquoi pas, de changer ? Mais changer de votre plein gré, pas seulement parce que les autres vous le demandent avec plus ou moins de tact. Il arrive que ces gens-là vous sortent à l'occasion une affirmation plutôt curieuse, sur laquelle il serait bon de se pencher : Tu n'es pas timide, tu es (juste) réservé(e) ! J'ai toujours eu beaucoup de mal, personnellement, à distinguer la "timidité" de la "réserve". Même encore. Il me semble que l'un est plus classe et moins grave que l'autre. Allons faire un tour sur Larrouse en ligne pour éclaircir ce point.

Soyons sérieux !

Et voilà le résultat :



En gros, il m'a semblé comprendre que c'était quand même bien bien synonyme, avec une connotation positive pour l'un et négative pour l'autre... Une personne bienveillante préférera vanter votre réserve, cette belle qualité, tandis qu'une autre pestera contre votre timidité. Pour l'un, vous êtes prudent et réfléchi dans vos prises de décisions. Pour l'autre, vous avez juste pas les couilles de faire un choix.

Cette minute de recherche dans le dico m'évoque un autre souvenir (scolaire, pour changer).

Ma prof de latin de 5° était top ; mais sur ce coup-là, elle s'était un peu loupée. Essayant en vain de nous faire comprendre la signification du verbe "timere" (craindre), elle avait du se rabattre à ce qu'elle avait sous la main.
"Prof _Timere, ça ressemble à quoi, en français ?
Elle voulait nous faire cracher le mot "timide".
Classe _ ...
Prof _ Allez, c'est facile !
Classe : _ ...
Prof : _ Un exemple : Adeline, elle est comment ?
Classe : _ Elle est gentille ?
             _ Elle est petite ?
             _ Elle bégaye ?
             _ Elle est portos ?
             _ Mais non, elle est gitane ? Hein Adeline, t'es baracotte, non ?
Moi : _ Euh n-on j-juste ma grand-m-mère !
Un mec de la classe : _ Ah ouais mais en plus ta grand-mère c'est une puuuuute !
Moi : _ Ouais, ça c-c'est vrai par contre.
Prof : _ Non non non ! Taisez-vous ! Adeline, elle est TIMIDE !
Classe : _ Aaahhh....

A ce moment précis, je me suis aperçue que je n'étais pas étiquetée de la même manière par tout le monde, et que tout ne dépendait pas de la manière dont quelques adultes me percevaient. Chacun d'entre vous a certainement eu cette prise de conscience un jour où l'autre, et si ce n'est pas le cas, je vous engage à y réfléchir : ça vous débloquera un niveau !


  • Fais du théâtre ! 


Réponse dite : NOOON !!!!

Réponse pensée : NOOON !!!

Certains se forcent, d'autres non, d'autres encore s'y inscrivent sous la contrainte et y prennent goût. Et puis il y a ceux qui sabotent leur atelier et qui font tout pour se faire dégommer du groupe. Bien sûr, ça marche, quand on a la volonté et un minimum de sensibilité artistique.


Cette liste de phrases n'est pas exhaustive ! N'hésitez pas à m'en suggérer d'autres pour que je puisse la compléter !