jeudi 24 octobre 2024

[JEU SWITCH] Pigeon Simulator

Cet été, je me suis trouvée une console Switch d'occasion. Depuis j'y ai joué quatre ou cinq fois, seulement, mais j'espère bien trouver le temps de la rentabiliser, un jour. 

Pigeon Simulator 



GameToTop CC. 2024 

Switch

Le jeu : 

Vous êtes un petit pigeon tout mignon, et vous devez gagner un maximum de points en butant des gens... 

soit à la force de votre bec, 

soit à l'aide d'armes lourdes récoltées au cours de vos pérégrinations, 

soit en leur pétant à la gueule _ cette dernière option étant de loin la plus destructrice. 

Pour ce faire, il faudra arpenter les rues d'une ville toute pimpante à la recherche d'êtres humains susceptibles de poper çà et là, en prenant bien soin d'éviter les policiers qui n'hésiteront pas à vous tirer dessus à bout portant. Par chance, il suffit d'un ou deux battements d'ailes ! Alors, surveillez bien votre jauge de stamina et tentez de gagner vos 5 étoile, ça a l'air important. Pourquoi, je ne sais pas... Quand mon pigeon les a atteintes, il ne s'est rien passé de spécial.

Sauf erreur de ma part, y a rien de plus à faire (pas de quêtes, pas de niveaux)... La partie se termine quand vous mourrez sous les balles des flics ou, plus probablement, en vous explosant sur une voiture. 




Avis : 

Les critiques sont unanimes : ce jeu est tout pourri et le fait qu'il soit payant scandalise beaucoup de monde (12,99€, mais je l'ai trouvé en promo à 0,99€ _ça veut dire ce que ça veut dire). 

Malgré tout, je l'ai bien aimé car : 

- le héros est une volaille, poulet power ! Voir des personnes fuir devant un pigeon armé d'un bazooka, ça me convient... A savoir que vous avez le choix entre rose et gris pour la couleur de votre oiseau dévastateur. 

- on peut faire durer une partie très très longtemps sans stress, c'est relaxant. Coupez le son si vous ne voulez pas avoir la musique de fond en tête toute la journée ! 

- un jeu intéressant pour un débutant qui veut se familiariser avec les fonctionnalités de sa console. 



mardi 13 août 2024

[LECTURE DE VACANCES] Le porteur de mort - 1 - "L'apprenti" - Angel Arekin (2014)

Après mon coup de cœur pour la saga de l'Assassin Royal dont je vous rabats les oreilles depuis 2010, il m'a toujours été difficile de retenter de lire de la fantasy, et encore plus d'en parler ici. Je ne saurais pas expliquer pourquoi. 

Cet été cependant, j'ai retrouvé le tome 1 de la série Le Porteur de mort, écrit il y a une dizaine d'années par une autrice française du nom d'Angel Arekin, qui m'était totalement inconnue jusque là. La fiche Babelio de cette dernière indique qu'elle est de Brive, ce qui veut dire qu'on est presque voisines Par conséquent, j'aurais été bien embêtée si j'avais dû tailler son livre, mais la question ne s'est pas posée puisque j'ai finalement beaucoup apprécié cette lecture. 

L'histoire 

Le royaume d'Asclépion n'est plus ce qu'il était : assailli par les brigands de grands chemins et les ennemis du pouvoir en place, sa population commence à ressentir les effets d'une protection armée insuffisante. 

Pour remédier à cela, le Régent décide de recruter parmi les jeunes hommes du peuple des apprentis guerriers qui rejoindront, s'ils réussissent la formation, la guilde des Tenshins. Ces derniers ont un rôle de défenseurs militaires et de conseillers politiques : ils sont donc extrêmement puissants et surtout immortels ! 

Beaucoup de petits paysans donneraient cher pour être choisis ; ce serait leur seule chance de sortir de leur condition modeste. Beaucoup, mais pas tous : Seïs Amorgen fait partie de ceux qui n'en ont rien à battre. Il faut dire qu'entre les beuveries, les nuits au bordel et les trafics en tous genres, il a déjà de quoi s'occuper. Son sort inquiète ses parents, ses frères et sa cousine Naïs _retenez bien son nom ! bien plus que cette soudaine opération de recrutement de Tenshins qui n'avait pas eu lieu depuis des siècles, et qui ne présage rien de bon. 

Devinez quoi, Seïs va faire partie des heureux élus ! D'abord réticent, il va finalement se rendre à Mantaore, haut lieu de formation des Maîtres, pour commencer son apprentissage. Ce premier tome du cycle (qui en compte 6) sera en partie consacré au déroulé de ce séjour initiatique, entre découverte de soi, des autres apprentis, actes de rébellion et entraînements physique. 

En parallèle, on suit l'évolution de la famille Amorgen et des bouleversements qu'elle va connaître au fil des chapitres, sur six ans environ : l'un des fils va se découvrir sorcier (c'est pas une bonne nouvelle) ; Naïs la cousine orpheline au caractère bien trempé semble aussi pourvue de certains dons, bien qu'on n'en sache pas plus. 

A la fin de l'Apprenti, le mystère reste entier sur plusieurs niveaux ; je ne sais pas vraiment quoi en dire pour l'instant, car ce tome sert a introduire l'univers du roman. C'est nécessaire, mais forcément ça laisse moins de place à l'action. Cela dit, les dernières pages laissent entrevoir un 2ème opus prêt à décoller en trombe. On sait pas encore trop où on va, mais on y va...

Une porte d'entrée vers la fantasy

Si vous aimez les romans d'heroic fantasy, foncez car il y a tous les ingrédients : le décor médiéval, les soldats musclés au régime pain fromage viande séchée nuit dehors fumette, les cheveux en bataille, les filles qui n'ont peur de rien, la carte du royaume au début, le sorcier, le roi, le faux clodo, le maître d'armes un poil tortionnaire, la pierre magique qui envoie du pouvoir mais qui détruit en même temps.... 

Fans de l'Assassin royal, vous aussi ? "L'Apprenti" vous rappellera de bons souvenirs, bien que l'histoire ne soit pas du tout la même ! 

Le porteur de mort constitue une bonne initiation pour qui n'est pas familier de ce type de romans ; c'est agréable à lire et plus accessible que l'œuvre de Tolkien _ qui a considérablement inspiré Angel Arekin, d'après ce que j'ai pu lire ça et là.

La plus-value de ce livre : les personnages, principaux et secondaires, très humains, et donc très réalistes. Ils souvent bien creusés. L'apprenti-tenshin rouquin nommé Lampsaque est mon préféré. Tous s'expriment de manière assez crûe ! 

Le point qui m'a fait un peu tiquer : la relation ambigüe entre Seïs et Naïs reste perturbante pour le lecteur _elle l'est aussi pour les personnages, et Angel Arekin l'exprime très bien. J'imagine qu'on ne connaît pas tout de leurs sentiments et de leurs liens familiaux pour l'instant, et que beaucoup d'éléments clefs s'éclairciront dans les tomes suivants. 

Mon seul regret est de l'avoir laissé moisir plus d'un an dans la bibliothèque.


Angel Arekin 

Le porteur de mort - 1 - L'apprenti 

2014

Photo : édition Le livre de poche. 


Avec ses 788 pages, cet ouvrage peut participer au challenge "Les épais de l'été 2024" organisé sur le blog de Dasola. N'hésitez pas à aller y faire un tour ! 





vendredi 9 août 2024

[LECTURE DE VACANCES] Le Sel de tous les oublis - Yasmina Khadra (2020)

Le Sel de tous les oublis 

Yasmina Khadra (2020)


Adem est instituteur près de Blida ; lorsque sa femme le quitte pour rejoindre un autre homme, son univers s'effondre. 

Il décide de quitter ses derniers gages de stabilité, à savoir sa maison et son métier, et de marcher droit devant lui. Il n'emportera dans son périple que ses économies et un cahier. Ou va-t-il ? Que cherche-t-il ? Il n'en sait rien. 


Nous le suivrons dans sa traversée d'une Algérie tout juste indépendante _l'histoire se situe entre 1963 et 1965_, au gré de ses nombreuses escales et rencontres plus ou moins heureuses, souvent improbables : asile psychiatrique, hameaux, nain en quête d'affection, chantier d'ouvriers... A chaque fois, l'échange est fastidieux, souvent douloureux pour un Adem en passe de devenir un clochard solitaire et hargneux. Pourtant, il doit parfois se résoudre à accepter l'aide de son prochain. 


Le roman se découpe en deux parties. La première raconte l'errance d'un héros au sort peu enviable : ce n'est pas pour rien que la couverture du livre fait référence à Don Quichotte. Dans la seconde, moins souvent évoquée dans les résumés et critiques, Adem pose ses valises (malgré lui) et révèle son humanité retrouvée, pour le meilleur et pour le pire. 


Difficile de donner mon avis sur Le Sel de tous les oublis car j'ai été extrêmement troublée par pas mal de personnages et de situations qui m'ont donné matière à réfléchir : le nain Mika est aussi généreux que le héros Adem est détestable ; les deux femmes de l'histoire, Dalal et Hadda se font écho et reflètent par leur choix différents la condition des femmes à cette époque.  


Le Sel de tous les oublis parle sans ambages de fragilité psychologique, des handicaps physiques ou induits par la société, les traditions, mais surtout de liberté.  

A lire absolument SI vous avez le cœur bien accroché !

Il a été chaudement recommandé par ma collègue prof d'arts plastiques (=ça veut dire qu'il est bien). J'espère avoir le temps de me le refaire avant de le lui rendre ! 

lundi 5 août 2024

[LECTURE DE VACANCES ] Boy Erased - Garrard Conley (2016)

Le bac, l'entrée à l'université, les désillusions et la découverte d'un nouveau champ des possibles... Mon souvenir de 2004 est celui d'une année bien particulière. Alors forcément, j'ai été assez troublée de constater en lisant Boy Erased qu'elle avait été tout aussi cyclonique pour Garrard Conley, un fils de pasteur américain qui avait le même âge que moi à l'époque, et qui est devenu écrivain, depuis.


Enfant unique d'une famille d'évangéliques baptistes, Garrard a grandi dans la foi et le respect des conventions. "Honorer son père et sa mère" aura été son GPS de vie pendant dix-huit ans, jusqu'à ce qu'il entre à l'université. Loin de sa famille et de sa communauté, il peut enfin prendre un peu de distance avec une religion qui lui pesait inconsciemment, rencontrer des jeunes issus d'autres milieux culturels, et verbaliser son attirance pour les mecs. Manque de pot, sa première expérience va mal tourner et il va se faire violer par un autre étudiant. Ce dernier, chrétien intégriste et surtout déjà coupable d'une agression sur un gosse, va se couvrir en outant Garrard à ses parents.

Le procédé est sordide mais efficace : les parents de Garrard vont tenter de remettre leur enfant dans le droit chemin en l'inscrivant à Love In Action, un centre où il pourra suivre une thérapie de conversion en 15 jours. C'est le déroulement de ce séjour "vers la guérison" que l'auteur nous raconte, ainsi que tous les événements plus ou moins anecdotiques qui l'ont amené là. 

Boy Erased est bien un récit autobiographique, et pas un roman. Même si les faits ont 20 ans, les propos rapportés (et dénoncés) par l'auteur _que ce soit dans la sphère familiale ou parmi les "ex-gays" et les modalités du programme de LIA restent flippants. Pas sûr que beaucoup de choses aient changé, depuis. 

Pour qui n'est pas pratiquant, ce livre est très instructif sur la religion, les façons de la vivre ; on voit bien dans quelle mesure elle peut impacter le quotidien. Il est longuement question du film La passion du Christ sorti au cinéma avec un certain fracas, je me souviens ! 

Enfin, les mémoires de Garrard Conley sont d'une grande justesse _me semble-t-il, dans l'expression des bouleversements internes qu'il a endurés. Entre l'envie sincère de s'intégrer dans une communauté et celle de tracer son propre chemin, pas facile de faire son choix sans ressentir un certain mal-être... 

Mon avis est à prendre avec des pincettes : je me suis beaucoup identifiée au narrateur, notamment dans ses phases de doutes, dans ses troubles _il devient addict à la course à pied, à un moment_, et dans son habileté à mener une "double vie" entre université et famille. 

Je ne sais pas si vous aimerez autant que moi, du coup, mais dans tous les cas, c'est un objet littéraire qui vaut le détour. 

Le livre a été adapté en film, en 2018. Il est sur Netflix. 


Photo : Garrard Conley. Boy erased. Autrement, 2019. 376 p. 978-2-7467-5034-0

dimanche 28 juillet 2024

[EXPOSITION] The Art of the Brick - Paris

Derniers jours pour aller voir The Art of the Brick aux Galeries Montparnasse à Paris ! 

Il s'agit d'un exposition d'œuvres intégralement faites avec des briques de LEGO par Nathan Sawaya, un ex-avocat américain reconverti en artiste à plein temps. 

Au fil de la visite, on reconnaît d'abord des tableaux et des sculptures célèbres fidèlement reconstruits en lego, de tous les horizons et de toutes les époques, du Penseur de Rodin à la Joconde, de Michel Ange à la tapisserie de Bayeux en passant par le cheval de Lascaux. 

Puis apparaissent les créations originales et encore plus fascinantes de N. Sawara, qui s'attache à exprimer l'humanité sous toutes coutures : une salle met en scène des sculptures associées à des états d'âmes, une autre des petits crânes qui semblent faire référence aux catacombes.

 Enfin (et c'est mon coup de coeur de l'expo), l'artiste a fabriqué plusieurs parties du corps humain et les a retravaillées avec le photographe Andrei Duman pour en faire une représentation imagée. Ainsi vous pourrez admirer un estomac, des poumons, un coeur, une main en 3D. Spoiler : y a pas de teub en LEGO, mais ne soyez pas déçus pour autant. 

C'est vraiment un spectacle impressionnant.

J'ai été assez séduite par le message de l'artiste : pas besoin de beaucoup de matériel ni d'outils sophistiqués pour créer et s'exprimer ; un boîte de LEGO basic suffit (enfin, un peu plus qu'une boîte !)














Fermeture de l'exposition le 11 août. 

Prix de l'entrée : compter dans les 20€ plein tarif pour un adulte. 



vendredi 26 juillet 2024

[MANGAS] Street Fighting Cat - 1 (2017) / Ken'en, comme chien et singe - 1 - (2018)

Cet article est le 501ème...Voilà déjà quinze ans que ce blog m'accompagne, même si je l'alimente un peu plus rarement maintenant, faute de temps. 

Voici deux mangas marrants et bien survoltés qui seront au CDI à la rentrée prochaine !


Street Fighting Cat - 1

SP Nakatema

Doki-Doki, 2017 


Qui n'a jamais été réveillé au milieu de la nuit par deux chats qui se foutent sur la gueule ? 

Le mangaka SP Nakatema a fait de ce miracle de la nature une sorte de furyo animalier tout à fait distrayant.  

Lorsque les humains dorment ou ont le dos tourné, les chats de gouttière reprennent le contrôle des quartiers de la ville de Sakura. Leur qualité de vie et les rapports qu'ils entretiennent dépendent de leur place dans la hiérarchie féline, et de leur capacité à respecter les codes d'honneur. Une sorte de société de yakuzas, version chats : alors que certaines bandes ont le monopole des rues et des poubelles de restos, les faibles et les marginaux doivent s'écraser ou faire les larbins pour survivre. 

Hige, le héros, appartient à cette dernière catégorie. Il s'en prend plein la tronche et pense même à en finir avec la vie. Sa rencontre avec Nabunaga, un ancien chat domestique à la carrure colossale va lui donner un peu de répit. Tous deux vont s'associer et se compléter : le malingre va aider le petit nouveau à se repérer dans un milieu qu'il connaît mal, tandis que le costaud va s'occuper de la partie "patates et coups de griffes". 

Serait-ce l'aube d'une vie meilleure pour ce binôme des extrêmes ? Ils ne sont jamais que deux contre une multitude de durs à cuire ! 

Très sympa et sans prise de tête ; ça change des histoires de chatons inoffensifs ! Les chats sont dessinés de différentes manières en fonction des situations, allant du presque kawai au guerrier taillé en serpe. On devine un dessinateur amateur et connaisseur de félins. 

Une bonne lecture de vacances pour les grands et les petits. 

A noter que c'est une série assez courte (4 tomes) _donc particulièrement pratique pour un CDI de collège !


Ken'en - Comme chien et singe - 1 

Fuetsudo / Hitoshi Ichimura 

Doki-Doki (2018) 


Photo prise au parc des Buttes Chaumont


Japon, sans doute au Moyen-Age. 

Alors qu'il traverse le pays afin de parfaire son initiation, le jeune moine Benzon arrive dans le petit village de Mitsuke, où les habitants sont encore chamboulés par la malédiction qui vient de les frapper : un mononoke (une sorte d'esprit) leur a fait savoir qu'il ne les laisserait pas en paix tant qu'on ne lui aurait pas sacrifié une jeune fille.  

Benzon part donc en quête d'un exorciste ; on lui recommande un certain Hayate... qui s'avère être un gros chien blanc. Il est bien étonné, mais bon, pourquoi pas. Le jour de l'offrande, le chien est stratégiquement caché dans le cercueil censé renfermer la jeune fille et déposé à l'endroit prévu. 

Effectivement, quelqu'un vient : il s'agit d'un kakuen, un être vivant mi-singe mi-humain qui n'existe qu'en version mâle et qui doit donc, de temps en temps, enlever une fille pour pouvoir faire perdurer l'espèce. 

Ce kakuen-là s'appelle Mashiro, il est plutôt pacifique et n'a pas envie de se marier. Alors, quand il découvre le chien, c'est le coup de foudre : il l'adopte aussitôt, oubliant même pourquoi il était venu. Sauf que Hayate est en fait un reiken "mi-homme, mi-chien", et peut changer d'apparence en fonction de ses besoins. Mashiro va vite voir que cette bête-là n'a pas du tout envie d'être tenue en laisse !  

Nous allons suivre les aventures et les déboires de Mashiro, partagé entre son sens des responsabilités envers les autres kakuen de sa tribu et le rejet de leurs traditions archaïques. Il doit aussi gérer son attachement pour Hayate _qui le tyrannise pas mal !  

A travers ce seinen, les auteurs ont réussi à traiter des sujets profonds (le sort des femmes, le consentement, concilier ses intérêts et ceux d'un groupe, cacher son identité...) sans le dépouiller d'une certaine légèreté ! Les personnages sont attachants ; Mashiro et Hayate s'envoient vanne sur vanne, et les blagues ne manquent pas ! 

Graphiquement, les décors en pleine nature, entre mers et forêts, sont superbes. 



jeudi 25 juillet 2024

[SERIE JEUNESSE] Les filles au chocolat (tomes 1 à 8) - Cathy Cassidy

Qu'est-ce qui m'a donné envie de lire la série de romans jeunesse Les filles au chocolat ?

L'enthousiasme de la gamine de 5ème ultra fan de l'adaptation en BD, lorsqu'elle a entrepris de me résumer le début ? Ou la façon dont le collègue avec qui j'étais à ce moment-là a toisé son album lu, relu et corné ? Sans doute les deux... La condescendance est l'une des nombreuses plaies purulentes de la nature humaine (et de l'Education Nationale, au passage). 

Bref, nous voilà partis pour une série moins girly qu'on ne pourrait le croire en regardant la couverture des livres (mais ça l'est un peu quand même), et aussi addictive qu'un sac de bonbons : on sait que ça ne va pas nous apporter grand chose d'un point de vue nutritionnel, mais on y revient toujours,  irrésistiblement. 

L'histoire 

Cathy Cassidy nous raconte le quotidien d'une famille recomposée originale à tous points de vue : Charlotte et Paddy sont deux artistes qui ont fait leur vie de leur côté avant de se retrouver pour gérer une sorte de gîte à Kitnor, un petit village anglais situé en bord de mer. La situation a poussé les quatre filles de Charlotte à accueillir une "5ème soeur" en la personne de Cherry, la fille de Paddy. Depuis que ce dernier s'est lancé dans la fabrication de chocolats artisanaux, le bed and breakfast a gagné en notoriété et les enfants _qui n'en seront bientôt plus_ doivent s'acclimater au succès naissant ; toutes mettent la main à la pâte dans la joie et la bonne humeur, mais chacune a ses propres tourments, plus ou moins bien cachés. Il pleut aussi dans le monde des Bisounours ! 

La série compte pour l'instant 9 tomes, mais elle n'est pas terminée ; chaque livre est bien la suite du précédent, mais sa narratrice ou son narrateur change. L'histoire est racontée soit par une fille de la famille Tanberry, soit par un de leurs proches. Cela permet d'avoir différents points de vue et cela nous fait prendre conscience de la différence qu'il peut y avoir entre ce qu'on laisse paraître et ce qu'on pense vraiment. 

Les filles au chocolat - 1 - Coeur Cerise (2010)

Une nouvelle vie commence pour Cherry, 13 ans : au revoir l'Écosse où elle vivait modestement avec Paddy, son père, et cap sur Kitnor, un petit village anglais situé en bord de mer. 

Tous deux vont s'installer chez la nouvelle copine de Paddy : elle s'appelle Charlotte, elle tient un bed and breakfast toujours blindé de touristes, elle est très sympa MAIS elle a déjà quatre filles à peu près de l'âge de Cherry. Alors forcément, cette dernière stresse un peu et craint de ne pas trouver sa place dans cette nouvelle famille aux allures parfaites. D'autant plus que ses complexes et son envie de plaire aux autres l'amènent à mythonner comme pas deux, au point de se fourrer dans ses situations délicates ! 

Si les petites Coco, Skye et Summer font un bon accueil à Cherry, Honey est bien décidée à lui mettre la misère. En effet, l'aînée ne digère pas le divorce de ses parents et aimerait bien voir les deux pièces rapportées rentrer dans leurs pénates. Les vacances d'été s'annoncent agitées !  

Ajoutez à cela une caravane de gitans, un beau gosse avec une guitare, des projets de chocolaterie artisanale, des adultes en mode bisounours et du crêpage de chignon (soft)... et vous avez les bases d'une série jeunesse dont on comprend le succès. 

Les filles au chocolat - 2 - Coeur Guimauve

Skye Tanberry prend le relais de l'histoire, qui débute sur la soirée d'Halloween, soit quelques semaines après les dernières événements de Coeur Cerise. Skye est l'une des deux jumelles. Plus discrète, moins "parfaite" que Summer, la danseuse qui illumine son monde, elle peine parfois à imposer son point de vue dans cette grande famille et préfère se réfugier dans ses rêves. Jusqu'à présent, cela ne lui posait pas de problème, mais maintenant qu'elle grandit, elle commence à l'admettre : Summer lui fait de l'ombre. Pour elle, c'est une souffrance de voir ses meilleurs amis la délaisser pour sa jumelle plus populaire. 

Mais voilà encore autre chose : Charlotte et Paddy ont retrouvé dans le grenier du gîte une malle contenant les effets personnels de Clara, une ancêtre de la famille disparue tragiquement. Skye est friande de vieilleries et de mystères, et elle récupère des vieilles robes et un paquet de lettres. Peu après, elle est prise de visions étranges et se demande si elle ne serait pas un peu possédée par l'esprit de Clara. 

L'histoire est racontée par une fille de douze ans, le ton du livre est donc inévitablement plus enfantin que le précédent. Du coup, j'ai un peu moins accroché, mais il reste très agréable à lire. Il est notamment intéressant parce qu'il parle de l'évolution de la relation de deux sœurs jumelles qui se ressemblent de moins en moins, et qui ont l'impression de ne plus vraiment se connaître. Le petit côté fantastique est très bien dosé ! 

Les filles au chocolat - 3 - Coeur Mandarine

C'est bientôt l'été à Kitnor, et les vacances s'annoncent bien remplies pour toute la famille : Charlotte et Paddy partent en voyage de noces au Pérou, laissant le bed and breakfast et l'atelier entre les mains de la gentille Mamie Kate ; au même moment, une équipe de tournage investit les lieux et commence à réaliser un documentaire sur la chocolaterie artisanale de Paddy. Les filles se réjouissent de l'animation que tout cela suscite, sauf Summer. En effet, la jumelle de Skye doit bientôt passer une audition pour intégrer une prestigieuse école de danse, et elle se met beaucoup de pression pour réaliser son rêve. Même si son talent n'est plus à démontrer, elle n'est jamais satisfaite de ses prestations, et s'agace de ne pas pouvoir contrôler tous les paramètres.. à commencer par l'évolution de son corps.

Ce troisième tome est un poil anxiogène _normal, puisque c'est la stressée de la famille qui raconte, mais il a l'intérêt de décrire l'installation progressive d'un trouble alimentaire chez un jeune, vue de l'intérieur. 


Les filles au chocolat - 3 1/2 - Coeur salé

Enchaînons avec Coeur Salé. Cette fois-ci, le jeune Shay Fletcher qui nous raconte sa vie trépidante de lycéen moyen, gêné dans ses moindres mouvements par un père oppressant. 

On peut dire que Shay fait presque partie de la famille Tanberry : il est quand même sorti avec deux des cinq sœurs, ce qui crée des liens. Et ça vaut bien un tome à soi - qui n'est d'ailleurs pas le numéro 4, mais bien le "3 1/2 : peut-être est-ce une sorte de spin-off que Cathy Cassidy n'avait pas prévu de sortir, à la base ? 



En ce moment, le musicien en herbe est dans la tourmente : il a été approché par une maison de disques mais son père a refusé en bloc le contrat alléchant qui lui était proposé. Il ne peut guère compter sur le soutien de son frère, chouchou des parents et voué à prendre la direction du centre aquatique familial, un jour. Sa copine Cherry Costello était son rayon de soleil, jusqu'à ce que Honey, l'aînée des Tanberry, non contente d'avoir manqué de cramer la grange familiale en découvrant les joies de la clopes quelques mois plus tôt, ne vienne semer la discorde entre eux. 

En gros, rien ne va plus. Mais pas de panique : dans Les Filles au chocolat, tout finit toujours par s'arranger. 

Coeur Salé nous éclaire sur un personnage secondaire qu'on avait un peu oublié depuis le premier volet ; ce chapitre, plus expéditif _et donc forcément moins profond que les précédents_ traite des tensions entre parents et enfants lorsque ces derniers veulent prendre le contrôle de leur vie. 

Bon, j'ai apprécié beaucoup plus que je ne m'y attendais la lecture destinée à un public jeune mais beaucoup moins niais qu'on pourrait le croire. Cathy Cassidy traite bien de l'acclimatation à un nouvel environnement, de l'ajustement relationnel qui s'impose lorsqu'on intègre un groupe _l'élève fan est en famille d'accueil, elle a dû s'y retrouver_, de gérer l'hostilité viscérale qui se dégage d'une personne. 

On a quand même un peu l'impression d'être dans les Sims par moments : les parents sont d'accord pour tout _et ne gueulent même pas vraiment lorsqu'une gamine de 11 ans loue une pelleteuse pour faire un bassin au poisson rouge. Vas-y que ça bouffe du chocolat et des pancakes H24. Ces excès vont d'ailleurs exaspérer Summer, lorsqu'elle va tomber dans l'anorexie. Le copain de Honey vit quasiment chez eux et c'est lui qu'on appelle lorsqu'il faut gérer ses colères... Tout ça n'est pas très réaliste, certes, mais, par les temps qui courent, une histoire dégoulinante de sucre est toujours bonne à prendre.     


 Les Filles au chocolat - 4 - Coeur Coco 

4ème tome des aventures de la famille Tanberry, ou celui dans lequel la petite Coco chourave des poneys et fait du vélo dans la nuit avec un jeune homme peu recommandable ! 

Evidemment, c'est plus compliqué que ça. 


Coco, la petite dernière de la fratrie, vient de commencer un nouveau chapitre de sa vie : elle s'est mise au poney. Les ventes de gâteaux pour sauver les pandas sont passées au second plan depuis que son nouvel objectif est de monter Coconut, la ponette la plus caractérielle du centre équestre. Les moniteurs ne le lui permettent pas pour l'instant : leur élève a beau être douée avec les animaux, elle est encore débutante, c'est bien trop risqué. Mais à douze ans, on n'a pas le temps d'attendre. Son impatience et son agacement face aux remarques déplaisantes du jeune Stevie, un camarade de classe qui cure les box sur son temps libre, vont mettre à mal son sens de l'obéissance. 

Le tour de manège a dos de Coconut va mal se terminer et la ponette, jugée dangereuse, va être vendue pour rejoindre l'écurie du détestable Seddon, un riche propriétaire connu pour maltraiter ses animaux. 

Bon gré mal gré, Coco et Stevie vont s'associer pour sauver les poneys retenus par Seddon, afin de les mettre en lieu sûr. Pour ce faire, ils vont devoir ruser, agir de nuit et balader leurs familles respectives. 

Les états d'âme de Coco parleront à tous les "petits" de la famille qu'on ne prend jamais au sérieux et dont on ne se soucie pas tant qu'ils ne font pas de vagues. Les Filles au chocolat sont toujours aussi bien ancrées dans le monde des Bisounours, même si les parents se montrent absents, car submergés de travail et blasés par les conneries incessantes de Honey, la grande soeur en pleine crise. Par rapport aux livres précédents, j'ai trouvé que Cathy Cassidy allait un peu trop loin dans le happy end, même si elle a sans doute ressenti le besoin de contrebalancer le coup de théâtre violent des derniers chapitres. 


Les filles au chocolat - 5 - Cœur Vanille 

Pour la première fois de la vie, les soeurs de la famille Tanberry sont séparées. En effet, après avoir bien cassé les burnes à tout le monde avec ses frasques et sa mauvaise humeur constante, Honey s'exile en Australie afin de prendre un nouveau départ. L'aînée de la fratrie va ainsi pouvoir renouer avec son père, qui travaille sur place, et qui s'est chargé de l'inscrire dans un lycée huppé où elle ne pourra que réussir (selon lui).  


Les premiers jours à Sydney sonnent comme un rêve pour la petite anglaise aux allures de diva : une grande ville pleine de boutiques à proximité, une maison de bourges avec piscine, un père qui en fait des tonnes pour bien l'accueillir, une belle-mère stylée, la plage, les surfeurs... Honey serait-elle arrivée au paradis ?

Spoiler : non, elle va très vite déchanter ! 

Le père se charge de la ramener à la réalité : Honey comprend vite qu'elle n'ira pas dans l'établissement prévu, qu'elle n'aura ni le droit de faire la fête, ni de voir de mecs. Et puis là-bas, les jeunes ne semblent pas avoir les mêmes codes et ne sont pas sensibles à son aura : elle a, comme qui dirait "perdu son mojo". 

Cela ne l'empêchera pas de faire quelques belles rencontres amicales à l'école et en dehors. 

Prise par le mal du pays et frustrée de ne plus pouvoir séduire, Honey décide de se réfugier dans les mondes virtuels et s'inscrit sur un réseau social pour rester en contact permanent avec ses soeurs. Un mystérieux Surfie16 lui envoie bientôt une demande d'ami qui la rend fort jouasse... jusqu'à ce qu'elle devienne la cible d'un cyberharceleur aussi vénère qu'insaisissable. 

Honey se sent rapidement seule et démunie : son père ne mesure absolument pas la gravité de la situation, et le reste de la famille est à l'autre bout du monde, inutile de les inquiéter. 

Vu qu'on met enfin les projecteurs sur la lutte contre le harcèlement à l'école ces derniers temps, cette lecture tombe à pic.. et en parle plutôt bien.

Si vous lisez jusqu'au bout, vous verrez que coup de théâtre ! La famille s'agrandit (non, rassurez-vous, c'est pas Honey qui tombe en cloque à 15 ans : on est dans les Filles au Chocolat quand même !)

Cette série pour les gamins est définitivement mon petit malabar permanent (j'ai même pas honte). 


Les Filles au Chocolat - 6 - Coeur Cookie (2015)

Aahh, enfin un mec dans la fratrie !!

Jake Cooke a 14 ans et vit à Londres avec sa mère et ses deux petites sœurs. Leur quotidien n'est pas simple, car le travail de serveuse de la maman leur permet tout juste de subvenir à leurs besoins. De plus, la maladresse et l'étourderie de Jake causent beaucoup de problèmes à toute la famille... le dégât des eaux qui va finir de ravager leur appart miteux en est un bel exemple. 



Désireux d'améliorer la situation financière de ses proches, Jake "Cookie" se résout à se tourner vers une branche de sa famille dont il vient de découvrir l'existence : celle des Tanberry de Kitnor ! Il fugue et part se réfugier chez nos fameuses Filles au Chocolat qu'il ne connaît pas encore, dans l'espoir fou d'obtenir des thunes d'un père qui n'a jamais pris la peine de le reconnaître... et aussi, un peu, par curiosité ! 

Quand on vous annonce que vous avez quatre demi-sœurs, ça vaut quand même le coup de vous déplacer ! Quitte à débarquer en plein tournage d'un documentaire... 

Un nouveau chapitre des aventures rocambolesques (mais pas trop quand même) des Tanberry, sur fond de chocolat, de bricolage, de surprises et de mensonges savamment orchestrés par l'espiègle sœur aînée... 

On peut lire ce tome indépendamment des autres _c'était le cas pour les précédents. D'ailleurs au collège, plusieurs élèves m'ont dit qu'ils avaient découvert la série via l'adaptation BD de Coeur Cookie. Les lecteurs fidèles s'amuseront de retrouver leurs héroïnes préférées dépeintes par leur jeune frère qui découvre peu à peu leurs particularités ! 

C'est toujours plein de bons sentiments et de messages positifs sur les familles recomposées, l'esprit d'équipe, la confiance, etc... et toujours aussi agréable à lire. 

Bon, on va pas se mentir : on commence à avoir fait le tour du gîte, là, et on sent que Cathy Cassidy a un peu de mal à se renouveler... mais après 7 ou 8 bouquins franchement c'est honnête !!


Les Filles au chocolat - 5 1/2 Coeur Sucré

Un tome qui aurait pu s'intituler "Vis ma vie de pote de Summer" ! 

J'ai fait le choix de le placer après le résumé du n°6 dans cet article consacré à la saga, car il me semble que cela respecte mieux la chronologie générale... 

Coeur Sucré est un petit volume organisé en deux parties : "L'étoile de la Saint Valentin" et "Pas de deux". La première est racontée par Tommy, le petit ami de Summer, et la seconde par Jodie, sa meilleure amie. 


Pour rappel, Summer Tanberry est la ballerine de la fratrie : promise à un bel avenir de danseuse, elle a dû faire une croix sur sa passion à cause de son anorexie. Depuis, elle lutte pour se refaire une santé, mais le moral ne suit pas toujours. 

Tommy est là pour la soutenir, mais il sait qu'il peut se montrer maladroit. Autant dire le challenge d'organiser un événement qui sera à la fois un cadeau d'anniversaire et un cadeau se Saint Valentin pour Summer n'est pas simple. L'appui de quelques amis et de Skye, la jumelle de Summer, vont le convaincre de tenter de mettre en œuvre le plan qu'il a en tête... 

Dans "Pas de Deux", on quitte Kitnor pour la Rochelle Academy, l'école de danse que Jodie a pu intégrer après le désistement de Summer. Prise entre son excitation, ses complexes physiques et le syndrome de l'imposteur qu'on imagine, la danseuse arrive à rester altruiste en toutes circonstances. Mais qui est là pour la soutenir, elle ? Les lettres qu'elle envoie à Summer restent sans réponse... 

Chronologiquement, ces deux histoires se situent en parallèle de Coeur Vanille (t.5) ; elles ont l'avantage de nous faire connaître deux personnages secondaires assez attachants et de parler de la difficulté d'accompagner un proche qui souffre. Bien sûr, on reste dans un tonalité bisounours propre à la série, on aime ou on n'aime pas, mais c'est toujours intéressant de tomber sur un roman jeunesse qui parle des TCA.  Autre point positif, Coeur Sucré peut être sympa pour des "petits lecteurs" qui ne connaissent pas l'univers des Filles au chocolat : les deux histoires restent compréhensibles, même si on n'a pas lu les volumes précédents. 

Les Filles au Chocolat - 5 3/4 - "Coeur Poivré" (2016) 

On continue avec les aventures des amis des Filles au Chocolat. Cette fois-ci, le focus est fait sur Jamie et Stevie, à travers deux histoires distinctes : "Loin des yeux" et "Près du coeur". 

Dans "Loin des yeux", Jamie et sa mère, productrice de télé, se rendent dans le gîte des Tanberry pour y tourner une émission de télé-réalité. Le jeune Londonien devrait s'en réjouir : pour lui, c'est l'occasion rêvée de revoir enfin Skye, sa copine dont il a de moins en moins de nouvelles. Mais le fait est qu'il n'est pas aussi enthousiasme qu'il aimerait l'être : son humeur maussade ne risque-t-elle pas de gâcher la soirée d'Halloween ?


  

"Près du coeur" se déroule quelques mois plus tard, à l'occasion du Nouvel An. Le stress monte pour Stevie, ce garçon à la vie compliquée avec qui Coco avait kidnappé des poneys dans le tome 4. Il a été invité à réveillonner avec sa mère et sa soeur chez les Filles au Chocolat, mais craint qu'elles ne l'aient oublié. D'autant que Coco l'avait éconduit lors de leur dernière entrevue...

Attention, rien ne va plus ! C'est pas spoiler que de le dire : y a de la tromperie ! 

Plus sérieusement, ce petit intermède de 100 pages parle de façon délicate, et sans dramatiser, de rupture et de sentiments réciproques (ou pas) chez les jeunes. On y retrouve tout ce qu'on aime dans l'univers de la série : les animaux (et le véto gratos), le sucre, la plage, la voyante chelou... 

Je ne sais plus si j'en ai déjà parlé, mais chaque tome se termine par deux ou trois recettes associées à l'un des personnages ; elles sont globalement faciles à faire. Aussi, comme c'est dimanche, que le temps et pourri et que finalement les Girondins de Bordeaux ne montent pas en Ligue 3, j'ai tenté le gâteau moelleux de Stevie. J'estime que je le mérite. Franchement il est pas si mal !


Les Filles au chocolat - tome 6 1/2 - Coeur Piment (2017)

Au fil du temps et des rencontres, le cercle amical s'est agrandi suffisamment pour que l'autrice puisse faire "parler" de nouveaux personnages susceptibles de porter un regard extérieur sur la famille. Coeur Piment, par exemple, se focalise sur Ash, le copain de Honey (alias l'aînée en pleine crise d'adolescence et accessoirement peste repentie). 

Ash est un jeune Australien de 18 ans ; il a rencontré Honey lors de son passage express et mouvementé à Sydney. Depuis qu'elle est rentrée au bercail, leur idylle 2.0 est bien loin de le satisfaire ! Et encore, le jeune homme a pris une année sabbatique pour visiter l'Europe, ce qui lui laisse le temps de faire des incursions en Ecosse, mais dans quelques mois il devra regagner sa fac, à des milliers de kilomètres de sa dulcinée. 

Ajoutez à cela une relative indécision sur le sens à donner à sa vie _ normal à 18 ans, et une errance solitaire  dans les rues de Paris, une ville qu'il avait prévu de découvrir avec sa copine, de base... 

Heureusement, dans les Filles au Chocolat, la déprime ne fait pas long feu. 

Une petite parenthèse de 80 pages, largement dispensable à la compréhension de la série, dégoulinante de mignonnerie, mais touchante à lire : la question des relations à distance est plutôt bien abordée.  


Les Filles au Chocolat - 7 - Cœur Praline (2021) 

A l'approche des grandes vacances, les aventures ultra sucrées de la famille Tanberry ne prennent pas de pause : il y a toujours une bonne raison de pique-niquer sur la plage avec des amis, tout en tirant des plans sur la comète !

Dans ce tome 7, le bâton de parole revient à Skye, la rêveuse de la fratrie ; elle n'est pas en grande forme moralement, et c'est rien de le dire : sa jumelle anorexique prolonge son séjour à l'école de danse, ses copines partent aux quatre coins du Monde.. Tout le monde semble avoir trouvé de quoi meubler son été, sauf elle. Ah, on comprend aussi qu'elle vient de se faire larguer (de façon correcte, mais assez expéditive tout de même, cf. Cœur Poivré !) par Jamie le Londonien, et qu'elle ne s'en remet pas.


Heureusement, son cœur va se remettre à battre pour Georges, un jeune campeur solitaire de passage à Kitnor qui semble avoir, tout comme elle, une passion pour l'Histoire et les vieilleries. Entre eux, pas de doute, c'est le coup de foudre ! Mais Skye n'est pas chaude pour une nouvelle relation à distance. 

Pas le temps de cogiter, car il s'en passe de belles, dans la campagne écossaise : un promoteur véreux s'est mis en tête d'expulser Rose, une vieille dame menant une vie simple avec ses animaux dans une ferme délabrée, afin de bâtir une maison sur son terrain. Skye, Georges et tous les autres ne vont pas hésiter à prendre des risques pour dénoncer ses méthodes plus que douteuses !    

Même si j'aime bien me moquer de l'ambiance Bisounours de cette saga, le fait est que j'y reviens toujours (c'est pour le boulot, ahah) ! Dans ses derniers tomes, l'autrice s'est attachée à amener plus d'engagement dans sa bande de jeunes, toujours prompts à se mouiller pour la bonne cause. Ici, il est question du pouvoir des médias et des réseaux sociaux, notamment. Bon, cela reste très bien pensant et même la touche de fantastique à la fin n'est pas trop dark. Quant aux parents, ils sont toujours aussi détendus ("Accueillir un troupeau de moutons ? Bien sûr ma chérie, d'ailleurs j'avais anticipé la bétaillère !")... 

RIP l'IMC des personnages ou de ce qu'il en reste avec tous ces goûters, brunchs gargantuesques, sandwichs et boîtes de chocolat qui sortent de nulle part... J'ai dénombré plus de 20 scènes de bouffe collective, et encore je me suis arrêtée de compter avant la fin ! 

Sinon, petite pensée pour la gamine qui m'a fait découvrir cette série, elle s'est plantée au DNB miskina :(. 


Les filles au chocolat - 8 - Cœur Caramel (2024)

Il suffit que Summer quitte momentanément son école de danse pour que les éléments se déchaînent ! Alors qu'elle s'apprête à passer quelques jours de vacances bien méritées, une violente tempête s'abat sur Kitnor et destroy sa mythique salle des fêtes. Les habitants sont d'autant plus tristes que la municipalité n'a pas les moyens de la reconstruire. 

Heureusement, les soeurs Tanberry, leurs amis et leurs parents ultra permissifs n'ont pas l'intension de voir leurs souvenirs d'enfance pourrir sous la pluie ! Les jumelles Summer et Skye mobilisent tous les gosses du village afin de monter une comédie musicale qu'ils présenteront à leurs parents : les fonds récoltés à l'occasion du spectacle serviront à financer la rénovation. 

Summer prend les rênes de cette opération colossale, mais réalise presque aussitôt qu'elle s'est lancée dans un projet qui pourrait bien devenir un bourbier ! Fatiguée et toujours talonnée par son anorexie, elle a plus besoin de repos que de nouveaux défis. 

L'arrivée surprise de Jodie et Sparks, ses meilleurs amis de l'école de danse, va lui redonner de la force. Or, sa grande implication dans l'organisation du spectacle la conduit à mettre sur la touche son copain Tommy, qui commence à en avoir marre d'être la cinquième roue du carrosse ! 

Toujours aussi plein de mignonnerie et de bons sentiments, même s'il ne se passe pas énormément de choses dans ce tome : il y est surtout question de l'avancement du spectacle jour après jour, au rythme des cogitations de Summer, et malgré les difficultés rencontrées, on n'imagine pas une seule seconde que ça puisse mal finir. 

Ce nouveau tome sans trop d'enjeu ravira les fans, après quelques années de mise en stand-by de la série, et avant la lecture des deux derniers titres qui nous amènent tout doucement vers la fin. 

J'étais assez jouasse de voir Cathy Cassidy instiller un personnage gay dans sa série (enfin !), mais il est dépeint de façon tellement caricaturale qu'on se demande si elle n'aurait pas mieux fait de s'abstenir ! 


Références des livres : 

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 1 - Coeur Cerise. Nathan, 2011

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 2 - Coeur Guimauve. Nathan, 2012

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 3 - Coeur Mandarine. Nathan, 2012

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 3 1/2 - Coeur Salé. Nathan, 2013

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 4 - Coeur Coco. Nathan, 2013

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 - Coeur Vanille. Nathan, 2014

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 6 - Coeur Cookie. Nathan, 2015

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 1/2 - Coeur Sucré. Nathan, 2016

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 3/4 - Coeur Poivré. Nathan, 2016

Cathy CASSIDY. Les filles aux chocolat - 6 1/2 - Coeur Piment. Nathan, 2017

Cathy CASSIDY. Les filles aux chocolat - 7 - Coeur Praline. Nathan, 2021

Cathy CASSIDY. Les filles aux chocolat - 8 - Coeur Caramel. Nathan, 2024