dimanche 23 novembre 2025

[MASSE CRITIQUE] ThrillerVille - Lerenard / Puvilland (2025)

Heureusement qu'il reste des livres à lire, des pieds pour courir et des cartons à faire... La vie serait impossible autrement. 


TranquilleVille est un patelin à première vue semblable à bien d'autres au Québec : situé au cœur d'une forêt dense et perforé par un lac aux attractions surprenantes, ses habitants se croisent ou se retrouvent entre la supérette, le bar, le poste de police plus ou moins animé, le fast-food et la station de radio locale ... 

Mais en y regardant le plus près, il semblerait que la ville porte assez mal son nom. En effet, d'étranges événements s'y produisent depuis des décennies : certains évoquent un sasquatch mangeur d'hommes, d'autres un monstre du lac... et tous frissonnent au souvenir de La Machine, un tueur en série aux allures de colosse, qui a heureusement été arrêté. 

Malgré tout, la vie suit son cours : les jeunes font du motocross dans les bois, Madame Marquette va aux champignons malgré les interdits du garde forestier, tandis que Bérubé lance des bâtons de dynamite dans le lac. Le soir, tout ce petit monde part boire des coups à la Barbière... fameux bar à bières où le sergent McKenzie va apprendre que La Machine s'est évadé de prison. 

Tranquille Ville est à deux doigts de redevenir Thriller Ville... mais personne ne s'en doute. 

Cette bande dessinée m'a été envoyée dans le cadre de l'opération Masse Critique "Mauvais genres" : merci donc à Babelio et à Daniel Maghen Editions pour cette belle découverte. 

Accrochez-vous ! Les premières planches vous paraîtront déstabilisantes voire difficiles à comprendre, car les nombreux personnages sont présentés pêle-mêle, dans des situations un peu WTF qu'on a bien du mal à cerner. 

Mais au fur et à mesure, un fil rouge se dégage ; les liens entre les protagonistes s'éclaircissent grâce à des flashbacks improbables que les auteurs nous dévoilent, et tous deviennent terriblement attachants en dépit des actes horribles qu'ils commettent ! Pas de gentils, pas de méchants, juste des humains siphonnés à des degrés différents, ou simplement dépassés par leur bienveillance... 

A noter la présence de plusieurs figures féminines fortes : Lio la journaliste qui met les pieds dans le plat, Nelly la garagiste championne de bras de fer, Bernadette la patronne du burger.. 

La construction de l'histoire vraiment astucieuse ; il y aurait matière à faire une série horrifique de tout ça ! Horrifique, car, il faut bien le reconnaître, on tranche dans le vif à ThrillerVille : poules égorgées (sacrilège !), corps poignardés, membre arrachés... Si on ne nous épargne rien visuellement, les vignettes gore sont cependant toujours contrebalancées par une bulle marrante ou une scène décalée : rien de trop stressant au final _ même si forcément, ce n'est pas un BD qui risque de finir au CDI, ahah !

Une BD parfaite pour les amateurs d'humour noir, d'action, de bizarreries et de décors canadiens. Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé !  

ThrillerVille 

Lerenard / Puvilland 

DM Editions, 2025


tous les livres sur Babelio.com

lundi 20 octobre 2025

[Prix Bouk1 des collégiens] La sélection 5° pour 2025 / 2026

Cette année, on s'intéresse à la sélection 5° du Prix Bouk1 proposé par Babelio. 

Je vous laisse vous référer au site Internet de Babelio pour savoir à quoi correspondent exactement les phases 1 et 2 de ce prix littéraire pour les jeunes. 


L'étoile du soir 

Siècle Vaëlban 

Albin Michel Jeunesse, 2023 




Kinjal est une fillette pleine de vie, curieuse et intelligente, mais elle souffre de son statut de cadette dans la famille. Vivre dans l'ombre d'une sœur aînée parfaite n'est pas toujours simple : il n'y a que dans la montagne, son terrain de jeu préféré, qu'elle se sent vraiment à sa place. Elle s'y sent protégée par les esprits de la nature. 

Ses préoccupations d'enfant vont être bientôt balayées par la dégradation soudaine de l'état de santé de sa grande sœur : atteinte de la "maladie des fleurs de chair", Chadna va mourir. Kinjal est alors traversée de mille émotions diverses, entre la conscience de son amour pour elle, la culpabilité de l'avoir jalousée, la crainte de ne pas être à la hauteur, aux yeux de ses parents... 

L'école se termine pour elle _on est en Inde, sa famille a peu de moyens, et il faut "remplacer" Chadna qui ne peut plus travailler. Kinjal s'enfuit dans la montagne dès qu'elle peut. Elle y découvre deux bébés panthère orphelins, et entreprend de les sauver à coup de lait de chèvre... Elle va également s'y faire un nouvel ami.  

L'étoile du soir est un roman jeunesse plein de douceur en dépit de la gravité des sujets traités ; Siècle Vaëlan arrive très bien à parler de deuil, de maladie, d'amitié et d'avenir à hauteur d'enfant. Il y est aussi question des sens multiples des mots et des prénoms. 

Le saviez-vous ? La maladie des fleurs de chair existe vraiment, ça s'appelle la fasciite nécrosante et c'est bien dégueulasse. N'allez pas chercher sur Google Images. 

Coup de coeur pour les illustrations de Pauliina Hannuniemi, elles sont incroyables. 



A la belle étoile 

Brigitte Somers 

Zone J, 2023


Résumé

C'est une année scolaire comme les autres qui débute pour Emma et ses copines : elles sont dans la même classe, leurs profs s'annoncent plus ou moins sadiques, et l'insupportable Mélissa est bien décidée à mener la vie dure aux élèves impopulaires... 

L'apparition de Jeannette apporte un vent de nouveauté au collège : cette étrange jeune fille a toute la panoplie pour se faire taper à la récré : un accoutrement ancien, une façon de s'exprimer digne de la plus vieille de vos mamies, une vague odeur de poiscaille et des réactions incongrues face aux objets modernes. 

Forcément, la bande de copines est très intriguée par cette élève, qui, par le plus grand des hasards, habite tout près de chez Emma. Au cours d'une intrusion dans la maison de Jeannette (qu'elles supposaient déserte), Emma, Alice et Charlotte vont découvrir le secret de leur camarade ; soucieuses de l'aider, elles vont organiser un périple dans les Cévennes pour y trouver des pierres de lune. 

Avis 

Bon, pour une fois qu'on parle d'un roman jeunesse qui ne fait pas chialer, on va pas cracher dans la soupe ! 

Mon regard d'adulte s'est figé sur les stéréotypes qui touchent plusieurs personnages du roman (la fille populaire et méprisante qui ne pense qu'à se peindre les ongles, la prof d'EPS spectatrice des tours de piste qu'elle impose, le petit frère chiant...), et sur quelques péripéties un peu trop capillotractées. Mais un jeune lecteur y trouvera certainement son compte en termes de divertissement et de rythme. La (légère) dimension historique est également intéressante. 

A la belle étoile, c'est : des loups, des ours, des lynx, un épisode cévenol, des Visiteurs revisités, du hareng au goûter, quelques stories à l'orthographe douteuse et beaucoup de chantage... 

Le + : on y apprend la différence entre hiverner et hiberner. C'est important. 



#ToutlemondeDétesteLouise 

Annelise Heurtier 

Casterman, 2023 



Résumé

Louise se sent enfin "comme tout le monde" : pour son anniversaire, ses parents lui ont offert un smartphone. Ils n'étaient pas trop pour... Mais, conscients que lorsqu'on est en 5°, ne pas en avoir devient une entrave à la socialisation, ils ont fini par céder. 

Au début, tout se passe bien : Louise fait des photos avec ses copines Nour et Romy, discute avec elles, partage sa passion des chevaux, brave même l'interdit en s'inscrivant sur le réseau social LikeMe. Elle commence à devenir populaire au point de taper dans l'oeil du beau Jonas, tant convoité par Romy. Lorsque cette dernière s'en rend compte, elle déverse son seum sur Louise en postant plusieurs photos et messages diffamatoires dans le groupe des 5°. Elle l'accuse notamment d'avoir embrassé Jonas, ce qui est faux. Très vite, les réactions des autres élèves pleuvent : la jeune fille se fait rapidement traiter de traîtresse, d'allumeuse, de salope... 

En quelques semaines seulement, le piège du cyberharcèlement se referme sur Louise : elle voit bien que réagir semble mettre de l'huile sur le feu, mais garder le silence, c'est donner raison à ses détracteurs... Alors que faire ? 

Avis : 

Annelise Heurtier m'avait déjà convaincue avec Sweet Sixteen, donc je me doutais que #ToutlemondeDétesteLouise serait une réussite. Ici, on vit le harcèlement scolaire et ses problématiques de l'intérieur : l'effet de groupe, la rumeur qui part de rien du tout et qui devient une histoire WTF, les photos mises en scène, la honte de la victime et son sentiment d'"être le problème", le piratage informatique, l'incitation au suicide... Et surtout, on décortique les multiples raisons pour lesquelles un enfant aimé et entouré de ses parents peut choisir de ne pas en parler. L'autrice n'en fait pas des caisses, et ça sonne juste. 

A lire et à faire lire au collège _même CM2 : ce roman jeunesse est documenté, accessible, et peut servir de point de départ à un débat autour des réseaux, des smartphones, ou du harcèlement. 



Enterrer la lune 

Andrée Poulin (autrice) 

Sonali Zohra (illustratrice) 

'Alice Editions, 2022.  Coll. Deuzio


Résumé

A Padaram, en Inde, la vie n'est pas simple : il faut aller jusqu'à la rivière pour avoir de l'eau potable, et aucune installation sanitaire n'a jamais été construite à proximité du village. Les femmes souffrent particulièrement de ces manques : pour faire "ce qu'elles ont à faire", elles doivent attendre la nuit et se rendre en cachette au "Champ de la Honte". Cette absence de toilettes a bien sûr des conséquence désastreuses sur l'hygiène et la santé des gens d'une part, et sur l'accès à l'éducation des filles d'autre part : puisqu'elles n'y trouvent pas de latrines à leur disposition, on considère qu'elles n'ont plus leur place à l'école lorsque leurs règles apparaissent. 

Latika nous raconte ce quotidien injuste et frustrant pour les filles, qui ne peuvent qu'envier la liberté des garçons. Elle n'est peut-être pas une rebelle dans l'âme, mais sa colère monte quand même lorsqu'elle voit à quel point ses proches sont impactés par leurs conditions de vie. Il se pourrait bien qu'elle finisse par ouvrir sa bouche, malgré la terreur que lui inspire le sarpanch (= le chef du village). 

L'arrivée à Padaram de Monsieur Samir, un ingénieur envoyé par le gouvernement, va donner de l'espoir à Latika : si elle arrive à lui parler, peut-être acceptera t-il de construire des toilettes ? Sa place d'enfant et de fille complique pas mal les choses, mais elle est prête à prendre le risque. 

Avis

Enterrer la lune est un beau roman illustré _je me dis qu'il aurait très bien pu paraître sous forme d'album... qui aborde sans détour et avec élégance un sujet important mais difficile à traiter en littérature (surtout jeunesse). Je mets au défi les 5ème qui vont le lire d'arriver à faire des blagues scato avec cette histoire. 

Le texte est composé de courts chapitres qui sont autant de poèmes en vers libres... C'est un peu déstabilisant au début, mais on se prend au jeu. 

Prix Bouk1 des collégiens, sélection 5° ; c'est le lauréat de la phase 1, me semble-t-il ? Dites-moi si je me trompe. 

La journée internationales des toilettes aura lieu le 19 novembre prochain ! 


La fantastique famille Poulet - 1 - Maison hantée et gallinacés 

Yann Rambaud

Gulf Stream éditeur, 2023



Résumé

Grâce au pactole que l'odieuse grand-mère Aglaé a laissé en héritage, Victorin Poulet et sa famille vont enfin pouvoir quitter leur appartement étriqué : quand on a beaucoup de bazar et de grands projets à réaliser, on a besoin d'espace ! 

Les Poulet déménagent donc dans une grande et belle maison aux tuiles bleues, au milieu des champs et des vaches.. au grand désespoir d'une bande de fantômes installés ici depuis bien longtemps, et pas vraiment favorables à la colocation. Les maîtres des lieux enchaînent les mauvais tours et les phénomènes étranges plus ou moins flippants, histoire de faire fuir les nouveaux arrivants en un temps record. Sans succès. 

En effet, les Poulet sont tous tellement barrés qu'ils en deviennent encore plus insaisissables que des ectoplasmes : Victorin, toujours de bonne humeur, cumule des passions passagères.. Domino, la mère, comprend le langage des animaux entre deux bugs transitoires.. Paul, le fils, "voit" les âmes défuntes, et Mirabelle, la fille, est une mini Brigitte Bardot capable de "sentir" les émotions des gens. Autant dire qu'ils n'en sont plus à une bizarrerie près : tout cela leur passe au-dessus. Une chose est sûre, rien ni personne ne les fera partir ! 

Entre vivants et morts, qui lâchera l'affaire en premier ? Et si la guerre pouvait être évitée ? C'est dans ces moments-là qu'on apprécie d'avoir un (apprenti) medium dans la famille... 

Avis : 

Un roman drôle et original, avec plein de fraîcheur et plein de codes cassés ! L'auteur arrive à faire du motif ultra rebattu de "la famille qui débarque dans une maison hantée", une histoire à rebondissements WTF, sensible, imprévisible.. Avec les touches d'humour noir et mignonnerie qui vont toujours bien tant qu'elle restent bien dosées (comme ici). Entre le chat malchanceux qui se prend des plats et les concerts improvisés, j'ai parfois eu l'impression de regarder un cartoon (ceux avec les enclumes et les pianos qui tombent, et tout), et c'était cool.  

Ce premier tome de la Fantastique Famille Poulet a été composé par Yann Rambaud dans le cadre du Feuilleton des Incorruptibles, une animation sur quelques semaines où des jeunes (ici des collégiens) échangent avec un auteur autour du livre qu'il écrit "en temps réel" et qu'il leur envoie chapitres par chapitres _sous forme de feuilleton. Tout ça pour dire que c'est plus ou moins une œuvre de commande, écrite en temps limité. Donc chapeau quand même, ça tient bien la route. 

Petit bémol : y a un peu trop de jeux de mots à base de volaille... et pourtant j'aime ça ! 

Nombre de morts : 7 (j'ai compté les fantômes) + une poule  

Les superbes illustrations de Clémentine Paoli pourront détendre un jeune lecteur effrayé par l'épaisseur de ce roman (de 250 p). 


dimanche 24 août 2025

[MANGA] Nikuko du port de pêche - 1 - Kanako Nishi ; Sugisaku (2025) / Sakamoto Days - 1 - Yuto Suzuki (2022)

Ca me dégoûte de voir le père de mes neveux leur gueuler dessus en disant "c'est pas à moi de tout faire, maintenant je suis seul à m'occuper de vous, donc vous devez vous occuper de moi aussi", alors qu'ils ont 7 et 9 ans, et qu'il en a presque 50.  

Ma sœur n'aimerait pas que les choses se passent de cette manière. 

Je sais bien qu'il ne vit pas une situation facile ; certes, il n'est pas sincèrement attristé par la mort de Marine, et quelque part, tant mieux pour lui et pour les enfants : cela lui laisse assez d'énergie pour se consacrer à leur bien être. La difficulté d'élever deux gosses est bien réelle, dans tous les cas, et je serais moi-même bien incapable de m'en sortir. Mais elle serait sans doute moindre s'il s'était un peu plus intéressé au quotidien de ses gosses avant qu'il ne réussisse à user ma soeur jusqu'à la corde, et avant que le pire n'arrive. 

C'est lui l'adulte, il ne doit pas l'oublier ; d'ailleurs, il sait le rappeler lorsque ça l'arrange. 

Rien ne me soulagera de la perte de Marine. Mais voir sa crapule de copain rétamé me donnerait l'illusion d'une forme de justice. 


Deux mangas très bien pour les collégiens ! 


Nikuko du port de pêche - 1 

Kanako Nishi / Sugisaku 

2025

Rue de Sèvres, Coll. Le Renard Doré 



Dans un village portuaire japonais où les gens vivent tous "comme il faut", l'arrivée d'une famille monoparentale est déjà un petit événement ! Alors forcément, le binôme formé par l'exubérante Nikuko, 38 ans, et la (trop) raisonnable Kikurin, sa fille de 11 ans, a de quoi intriguer. Pourtant, toutes deux trouvent tant bien que mal leurs marques dans ce microcosme, grâce à leur volonté et à leur optimisme. 

C'est la petite Kikurin qui raconte l'histoire, portant un regard plein d'amour mais empreint de perplexité sur une mère au parcours chaotique, très gentille, travailleuse mais un peu immature, toujours prompte à faire la fête après son service au restaurant... au risque de tomber entre les griffes d'hommes mal intentionnés. Consciente de la candeur de Nikuko, l'enfant a dû faire un croix sur son insouciance si bien qu'on se demande parfois qui est l'adulte, et qui s'occupe de qui. 

De son côté, Kikurin doit aussi gérer seule ses problèmes d'enfant _choisir (ou pas) son clan de copines, absorber les regards des garçons et les remarques faites sur sa mère... tout en se ménageant des moments de solitude, qu'elle réserve à la lecture. 

Un manga "vis ma vie à la campagne", ni trop dur, ni trop doux _comme le dessin de Sugisaku, qui aurait pu être chiant mais qui ne l'est pas, bien au contraire.


Sakamoto Days - 1 

Yuto Suzuki 

Glénat, 2022



Tout plaquer et partir ouvrir une épicerie dans la banlieue de Tokyo ! 

C'est ni plus ni moins ce qu'à fait Sakamoto, un ancien tueur à gages virtuose de la gâchette qui, un beau jour, a fait le choix de se ranger pour se marier, fonder une famille, et devenir gérant de supérette.

Les mafieux du secteur s'émeuvent de sa décision, et ne comprennent pas pourquoi cet '"Assassin légendaire" longtemps admiré et redouté a troqué le pistolet contre la scanette. Quelles que soient ses raisons, il doit à présent être éliminé : c'est la règle, on ne peut quitter le milieu que les pieds devants. 

Mais Sakamoto n'a pas l'intention de se laisser abattre : l'arsenal est à portée de main sous le comptoir, et, s'il a pris quelques kilos ces derniers temps, il a gardé tous ses réflexes. La bagarre n'est plus son délire, mais s'il doit se défendre, il le fera ! Comme vous le savez, les gens ne viennent jamais tant vous chercher des noises que lorsque vous aspirez à la quiétude... 

Au fil des chapitres, deux personnages rejoignent le cocon de Sakamoto, sa femme et sa fille : Shin, un jeune assassin télépathe au grand cœur, Shao, une orpheline survoltée. Tous deux vont se retrouver embauchés à l'épicerie... 

Ce shônen a l'avantage de démarrer au quart de tour, sans passer trop de temps sur la présentation du décor et des personnages. Souvent, les premiers tomes de séries sont assez descriptifs, mais ici ce n'est pas le cas : on sait juste ce qu'on doit savoir pour comprendre l'action à venir, et c'est appréciable.. C'est léger, dynamique, sans prise de tête. La castagne est forcément au rendez-vous mais sans être aussi dure à regarder que je ne le redoutais. 

Le personnage de Sakamoto est assez intriguant. Flegmatique, peu loquace, le regard littéralement masqué par les lunettes au verres épais, son visage peut vous évoquer aussi bien Dahmer que Hollande. C'est certain, ce type-là ne nous a pas tout dit !  

L'anime va sortir sur Netflix (si ce n'est déjà fait). 


vendredi 15 août 2025

[BD Jeunesse] Klaw - 1 - Jurion / Ozanam (2017) // Espions de famille - 1 - Gaudin / Ronzeau (2012)

Parce qu'il va bientôt falloir se remettre au boulot... 

Parce que je ne suis pas fâchée que cet été difficile tire vers sa fin, tranquillement... 



Voici deux présentations de BD pour la jeunesse.  

Klaw 1 - Eveil 

Jurion / Ozanam 

Le Lombard, 2017


Ange Tomassini a beau être le fils du patron d'une grande entreprise de poisson surgelés (du moins c'est ce qu'il croit), et rentrer du collège avec un garde du corps, cela ne s'empêche pas de se faire tyranniser par d'autres élèves. Et bien qu'il ait le pouvoir de se transformer en tigre sous le coup du stress ou de la colère, cela ne lui sert pas à grand chose car il n'a aucun contrôle sur ses mutations. 

Une altercation à la piscine a priori anodine entre lui et le copain de la fille qu'il aime va avoir des conséquences tragiques : il devient vital pour lui d'en savoir plus sur son identité et d'éclaircir les zones d'ombres de la famille Tomassini. Heureusement, il peut compter sur l'aide de Dan, son garde du corps et ami, pour apprivoiser l'esprit du tigre qui s'est logé en lui. 

"Eveil" constitue la base d'une série de 15 albums, et utilise l'action pour nous faire découvrir un univers bien énigmatique ; on va de révélation en révélation avec le héros... même si parfois, les ficelles son un peu visibles. L'inspiration des histoires de super-héros est assumée, et c'est mieux ainsi. 


Espions de famille - 1 - Bon baisers de papy 

Thierry Gaudin, Romain Ronzeau

BDkids, 2012



Amédée Caillebotis, alias B707, a été espion au service de l'Etat dans les années 60. Même s'il est à présent un peu rouillé et qu'il a rangé depuis longtemps les fléchettes hypodermiques qui ont fait sa renommée, il aimerait bien que son petit fils Alex le voie autrement que comme le papy décrépit qu'on aime bien mais qu'on trouve aussi un peu gênant. 

Alors, certes, Amédée n'aurait pas dû s'inviter à la fête d'anniversaire où Alex était sur le point d'aborder la jolie Leïla. Certes, il n'aurait pas dû l'appeler "biquet" devant ses copains. Certes, il n'aurait pas dû péter en huit sa console de jeux. Certes, il n'aurait pas dû faire  tout ça dans la même journée... 

Mais tout de même, il n'y a pas de quoi faire la tronche indéfiniment ! 

B707 va faire appel à ses anciens acolytes des Anges de Charles, et simuler sa disparition. Leur petite mise en scène va impressionner Alex, et surtout Leïla ! Mais elle va aussi arriver aux oreilles de Mordicus, l'ennemi juré de B707, qui fomente sa vengeance depuis des décennies. Lorsque les parents et la soeur d'Alex disparaissent, Papy comprend tout de suite que cette fois-ci, ce n'est pas une blague...

Une BD jeunesse qui reprend avec humour les codes de James Bond, sans trop en faire. Le message anti-âgiste est appréciable (ça m'a rappelé vite fait Octofight, en beaucoup plus soft ahah), et les portraits d'ados sont bien réussis. Lors d'un événement Babelio, le scénariste Thierry Gaudin nous avait expliqué qu'il avait été CPE et que son expérience transparaissait sans doute dans ses histoires. Il avait aussi parlé de son attachement à traiter les liens intergénérationnels, notamment l'éloignement des jeunes et de leurs grands parents à l'adolescence. 

Les dessins sont de Romain Ronzeau, tout en finesse, la valeur sûre. 


mercredi 13 août 2025

[LECTURES DE VACANCES] La femme de ménage - Freida Mc Fadden (2022) / Légendes et Latte - Travis Baldree (2022)

Si vous êtes basés dans le Sud-Ouest, vous avez sans doute déjà entendu parler du festival "BD en Périgord", qui se déroule tous les ans à Bassillac et Auberoche, une commune proche de Périgueux. 

Je n'y suis jamais allée ; mes parents nous avaient dit, quand on été enfants, qu'on irait y faire un tour à l'occasion, mais ça ne s'est jamais fait. On ne réclamait pas outre mesure : dans la région, c'est le festival d'Angoulême qui fait rêver. 

Bien des années plus tard, cet événement culturel incontournable dans la région est revenu sur le tapis lors des repas de famille du dimanche. Pas de la plus flatteuse des manières, c'est le moins qu'on puisse dire ! Marine travaillait depuis peu dans une entreprise de nettoyage du secteur et en tant que dernière personne embauchée, elle récupérait les missions à la con et leur lot de bizarreries. Nettoyer de font en combles le gymnase censé accueillir les stands et expositions du festival en faisait partie. 

Il fallait que tout soit nickel (et déserté de tout personnel de nettoyage) avant l'installation, ce qui impliquait de se rendre sur place très tôt, vers 5h du matin. Sur le principe, cela ne la gênait pas plus que ça : les horaires décalés faisaient partie des inconvénients du métier, elle le savait. Et puis, c'était une fois pas an. 

En revanche, en tant qu'employée, Marine ne disposait pas des clefs du gymnase. Il fallait qu'elle attende que le gardien, qui devait venir plus tôt lui aussi pour l'occasion, les lui remette. Impossible de procéder différemment, comme récupérer les clefs la veille, par exemple. Question de confiance et de responsabilités, sans doute. 

La première fois, le gardien est venu à 5h comme convenu. Il s'est montré très antipathique, mais enfin, il lui a permis d'accéder au site. 

Les années suivantes, la tâche a été plus compliquée pour Marine, car le type venait tard, voire pas du tout. Lorsqu'il arrivait tard, elle ne pouvait pas remplir sa mission à fond, puisqu'elle ne disposait pas du temps nécessaire pour le faire. Lorsqu'il ne venait pas, elle ne pouvait tout simplement pas travailler. 

Dans tous les cas, elle se rendait sur place à l'heure prévue, poireautant des heures dans sa voiture par de froids matins d'octobre. Et à chaque fois, forcément, les retours sur la qualité du service étaient négatifs. Même si elle savait pertinemment qu'elle n'y était pour rien, cela l'affectait toujours. D'autant qu'elle donnait sa version de l'histoire à sa patronne, et que cette dernière faisait mine de ne pas la croire _ sans doute pour éviter tout litige avec la mairie. 

L'année dernière, Marine nous a raconté qu'elle en avait eu marre, qu'elle s'était pointée et qu'elle était rentrée se recoucher assez rapidement. C'était juste avant les premiers diagnostics. La maladie couvait déjà et sa fatigue envahissait suffisamment ses journées pour qu'elle s'épargne les sautes d'humeur d'un boulet. Elle ne savait pas que c'était la dernière fois qu'elle se levait pour rien. 

Sache, gros connard de gardien, que tu ne la verras plus jamais, cette femme de ménage qui venait te casser les couilles le jour de l'ouverture du salon de la BD, et dont la tête ne te revenait pas visiblement. J'espère qu'à la place, tu auras affaire à une grognasse tout aussi désagréable que toi. 

 

La Femme de ménage 
Freida McFadden 
2022 
Photo : édition J'ai Lu



Difficile de trouver (et de garder) un boulot quand on sort de prison ! Millie le sait bien, elle en fait l'expérience depuis plusieurs mois. Aussi, lorsque la jeune femme est recrutée au pied levé pour faire le ménage chez de riches new-yorkais, elle s'empresse d'accepter le poste, espérant se rendre indispensable avant que ses patrons ne découvrent ses antécédents ! 

Dès son arrivée, elle sent que quelque chose cloche chez les Winchester : déjà, la minuscule "chambre de bonne" que lui attribue Nina, la mère de famille, ne se verrouille que de l'extérieur. L'impossibilité d'en ouvrir la fenêtre n'aide pas vraiment à s'approprier le lieu... 



Puis au fil des jours, son sentiment de malaise s'amplifie, à juste titre : Nina est bordélique à l'extrême, au point que Millie se demande si elle ne fait pas exprès de foutre des saletés partout, juste pour la faire galérer. D'autant qu'elle peut passer d'une minute à l'autre du "mode copine" au mépris le plus total envers son employée. La fille, la petite Cecelia, est clairement hostile envers Millie, en plus d'être flippante en tous points. 

Enzo, le jardinier, ne cesse de s'agiter et de prononcer le mot "danger" dès qu'il voit Millie, mais comme il ne connaît pas un mot d'anglais, la communication est impossible, elle ne voit pas bien où il veut en venir. Heureusement, Andy Winchester, le père, parvient à apaiser cette ambiance électrique




Plus Nina Winchester s'attache à la faire tourner en bourrique, moins Millie n'a de scrupules à se rapprocher dangereusement du bel Andy, qui ne demande pas mieux ; et alors que le lecteur aimerait crier à l'héroïne que coucher avec le patron, c'est pas une bonne idée, l'histoire prend une tournure complètement inattendue ! 

Avis 

AH ! Je l'ai enfin lu ! Ce livre me faisait de l'oeil (littéralement) à chaque fois que je passais au Relay de la gare de Limoges. On est génération Loft Story ou on ne l'est pas. J'ai dû en parler à ma collègue prof d'ULIS à un moment, parce qu'elle me l'a gentiment offert avant qu'on parte en vacances. 



J'avoue avoir été un peu moins jouasse en voyant qu'il figurait dans la bibliothèque Babelio de mon ex, ce qui est rarement bon signe.... Oui, c'est mesquin de stalker et de balancer ensuite

Bref, on peut couper ce best-seller en deux parties.

Une première, efficace et bien accrocheuse, mais parfois rendue peu convaincante par le personnage de Millie. Trop de mystère tue le mystère : soit elle se décide à nous dire pourquoi elle a été emprisonnée, soit elle arrête d'y faire allusion toutes les deux pages. 
Ensuite, face à tous les micro-événements chelous qui se passent sous ses yeux, il n'y a bien qu'elle pour ne pas comprendre qu'elle ferait mieux de prendre ses jambes à son cou. 
Enfin, ses petites envolées "ouah trop beau le jardinier / le boss, j'ai pas ken depuis teeellement longtemps !!"... très peu pour moi.

J'ai failli stopper ma lecture à mi-chemin, avant de me convaincre d'essayer d'aller jusqu'au bout, et j'ai bien fait d'insister un peu ! En effet, la deuxième partie de ce thriller psychologique est assez déroutante pour justifier à elle seule le grand succès du livre. Je ne dirai rien de plus pour ne pas spoiler, mais le revirement qui s'opère à ce moment-là surprendra même celles et ceux qui avaient déjà entrevu quelques ficelles... 

A dévorer sur la plage ou dans les transports ! 
Un peu à l'eau de rose par moments, mais ça passe. 
Lisez bien jusqu'au bout !
Pour tous ceux qui ont aimé le film Parasites, et pour les nostalgiques de Desperate Housewives  !

Légendes & lattes 

Travis Baldree 

2022 


Photo : édition J'ai Lu 

Genre : cosy fantasy

Tout plaquer et partir ouvrir un café dans un endroit où personne ne boit de café, voilà le défi que s'est lancé Viv, une orque mercenaire lassée de l'aventure. 

Après plus de 20 ans d'une vie dure et sans possibilités d'attaches, cette solitaire dans l'âme entend bien se poser et monter son propre établissement dans le petit village de Tuine. 

Elle a pour seuls guides sa grande motivation, sa passion du café, et une pierre "porte-bonheur" qui pourrait bien devenir un objet de convoitise. 

Ce retour au calme pourrait avoir des airs de retraite, si Viv n'avait pas tout à construire pour mener à bien son projet : non seulement le café en lui-même, mais aussi son sens de l'accueil et ses compétences en commerce, proches du néant. D'autant que l'ombre du mystérieux Madrigal, prompt à taxer tout nouveau commerce, vient gâcher quelque peu le paysage. 

Heureusement, Viv va faire de belles rencontres et (re)découvrir les joies du travail d'équipe et des soirées entre amis. 

Avis  

J'ai été séduite par la couverture WTF et par l'idée qu'un livre puisse à la fois parler d'orcs, de pierres magiques et de café ; le résumé laissant présager une dimension bisounours dont j'avais bien besoin à ce moment-là, je me suis laissée tenter. 

Au final, cette lecture de Légendes & Latte a été positive dans le sens où...  

- elle est réconfortante et sans prise de tête

- le monde cosmopolite de Travis Baldree tient la route, avec ses décors médiévaux-modernes et ses êtres légendaires souvent en proie aux préjugés. 

- les personnages sont plein de mignonnerie (trop ?)...

MAIS voilà... je me suis quand même beaucoup fait ch*er, car il n'y a quasiment pas d'action. C'est normal, me direz-vous, c'est le principe de la "cosy fantasy", cette branche de la fantasy où on s'intéresse surtout au quotidien des personnages et de leurs amourettes, au détriment des quêtes et des combats. Une sorte de tour d'autos tamponneuses où il faudrait essayer de ne pas toucher les autres, en somme...  

N'étant pas au fait de ce genre nouveau, j'ai attendu désespérément que "ça démarre", pensant que, telle une Xéna dont le naturel revient au galop, Viv allait dégainer l'épée après trois pages de bonnes résolutions pacifistes. Mais non. On voit juste un café se construire pierre après pierre au fil des chapitres, les joies et les galères qui vont avec, et un binôme de tenancières qui s'interroge sur ses techniques de vente.. 

Bah, pourquoi pas. Quand vous voyez qu'au bout de quinze chapitres, les personnages s'interrogent sur la possibilité ou non d'installer un ventilo ou une plus grande cuisinière, vous vous faites une raison ! A noter que l'auteur a imaginé cette histoire en plein Covid, à un moment où les cafés et autres lieux de socialisation étaient inaccessibles : voilà qui nous rend son roman d'autant plus sympathique. 



 

mercredi 23 juillet 2025

Etat d'urgences - Le quotidien d'une médecin en lutte pour l'hôpital public. Caroline Brémaud (2025) / Anatomy - Love story. Dana Schwarz (2021)

J'essaie de lire un maximum de livres qui parlent de santé ou de médecine, qu'ils rendent compte de faits réels, comme c'est le cas avec Etats d'urgences, ou qu'ils racontent des histoires complètement inventées _ encore que..., comme dans Anatomy - Love story. 

A défaut de me prendre des vents lorsque je vais au devant des professionnels de santé qui ont suivi ma sœur tout au long de son (bref) parcours, dans le but de m'informer et non d'incriminer, je précise, ces œuvres m'offrent une possibilité d'essayer de comprendre, d'imaginer ce qui a pu se passer, ce qui a pu dysfonctionner. 


Etat d'urgences - Le quotidien d'une médecin en lutte pour l'hôpital public 

Caroline Brémaud 

Seuil, 2025 


Ex-cheffe de service aux Urgences de Laval, Caroline Brémaud a été mise à l'écart par une hiérarchie qui estimait qu'elle ouvrait un peu trop sa bouche. 

Dans Etat d'Urgences, elle nous livre son quotidien de médecin urgentiste, à travers des situations vécues, dresse un tableau à la fois touchant et inquiétant d'un milieu médical qui part en charpie.

Touchant parce qu'il tourne grâce à des gens qui ont à cœur de mettre le patient au centre de leurs préoccupations.

Inquiétant parce que le système de santé français tend à faire passer ce même patient au second plan, loin derrière l'équilibre de budgets sans cesse restreints. 


Ma soeur est morte dans un hôpital, après en avoir fréquenté plusieurs services durant cinq mois. Lorsque ses problèmes de santé se sont déclarés, nous sommes devenus plus attentifs à ce qui relevait du milieu médical en général, et de son suivi en particulier. Nous avons alors constaté des choses qui nous ont... surpris, on va dire. 

Attention, pas question de dénigrer ceux qui ont tenté de la soigner ! Je sais que chacun a fait de son mieux, avec les moyens qu'il avait. Mais cela n'a pas suffi : leur compétence et leur conscience professionnelle ne pouvaient ni réduire les délais d'attente pour une IRM ou une biopsie, ni remplacer un spécialiste parti en congé maternité, ni rendre disponible un médecin traitant débordé, ni faire rivaliser la lenteur de l'administration avec la rapidité d'un cancer.


Un livre utile, accessible à tous, non seulement parce qu'il est bien écrit, mais aussi parce que l'autrice prend soin de partager ses émotions positives comme négatives. De cette immersion aux urgences, à la régulation ou dans des ambulances, se dégage une grande humanité. 



Anatomy - Love story 

Dana Schwarz 

2021 

Photo : édition Le Livre de Poche 

Hazel est passionnée de médecine ; à seulement 17 ans, elle a déjà de solides connaissances et n'hésite pas à gruger pour assister à des "démonstrations d'anatomie". Autant dire que plonger les mains dans le sang et les viscères ne lui fait pas peur, bien au contraire : elle rêve de devenir chirurgienne. 

Sauf que : Hazel est une jeune aristocrate qui vit à Edimbourg, au début du XIX° ; d'une part, elle est déjà promise à son cousin Bernard, futur vicomte. Son mariage approche, son avenir d'organisatrice d'insipides salons mondains aussi. D'autre part, même si l'indifférence de sa mère _ trop focalisée sur la santé de son fils pour se soucier d'elle_ lui laisse pas mal de liberté, les portes des cours de médecine se ferment devant elle, simplement parce qu'elle est une fille. 


Parallèlement, on suit les aventures de Jack, un beau-parleur sans le sou qui survit en déterrant des cadavres dans les cimetières afin de les revendre à des médecins.

On s'en doute, les deux vont se rencontrer. 

Cela dit, le côté "romance" ne prend pas trop de place : il y a bien une histoire de cœur à la Titanic, mais pas assez pour causer la gênance. Anatomy Love Story est plus un roman gothique un poil gore, avec pas mal d'action, au final. L'air de rien, on y parle d'inégalités sociales face aux soins, de l'évolution de la médecine, de gestion d'épidémie, de trafic d'organes, des conditions de vie des femmes, de deuil aussi... 



Autant de sujets encore très actuels. 

Attirée par la couverture représentant un cœur formé par l'opulente robe grenat d'une jeune femme, j'ai découvert cette "romance gothique" dans la section livres jeunesse d'une boutique Relay, à la gare de Bordeaux. Honnêtement, je m'attendais à quelque chose d'inconsistant, avec des ados borderline portés sur le cul. Mais pas du tout.  

Un très bonne surprise, donc ! 

Et il y a un tome 2 !





lundi 21 juillet 2025

[JEU SWITCH] Lines XL - Hook Games (2020)



Lines XL

Konstructors Entertainment

Hook Games 

2020

Testé sur Nintendo Switch 

1,99 € 




Jeu de casse-tête où il faut relier des pastilles de même couleur en se frayant des chemins dans une grille.  


Au début, il n’y a que deux pastilles à assembler, mais petit à petit leur nombre augmente, rendant la tâche plus compliquée. A cela s’ajoutent deux contraintes :   


  • Le casse tête n’est résolu que si tous les points de la grille sont exploités pour l’un des tracés 


  • Les tracés ne peuvent se croiser ou se chevaucher :  un même point ne peut pas être utilisé pour deux “chemins”. 






500 grilles différentes sont proposées au total ; elles sont classées par niveau de difficulté. En dessous de celles déjà réalisées, le temps de résolution s’affiche. Il est possible de refaire les différents casse-têtes, pour ceux qui voudraient améliorer leur chrono.  




J’ai lu des critiques plutôt négatives de ce jeu (jugé trop simple, trop cher pour 2€), mais bizarrement je l’aime bien : il est assez distrayant, pas aussi simple que ça, chacun ses capacités ! sans être prise de tête pour autant. Seul point noir : les musiques de fond, décrites comme “relaxantes”, mais qui dépriment plus qu’autre chose.