Mortina. Une histoire qui te fera mourir de rire
Barbara Cantini
Albin Michel Jeunesse, 2017
Mortina a beau être une petite fille zombie, elle n'en a pas moins envie d'aller s'amuser avec les enfants du village ! Malheureusement, sa tante Trépassée lui a formellement interdit de quitter la Villa Déchéance, et tient à ce qu'elle reste invisible : si les vivants découvrent leur existence, les conséquences seront désastreuses pour toutes les deux.
Mais la tentation est trop grande, d'autant que l'automne approche : Mortina sait très bien que le soir d'Halloween, tous les enfants seront déguisés. Ce sera l'occasion idéale de les approcher sans les effrayer. Accompagnée de Mouron, son fidèle lévrier albinos (vivant ou mort ? on ne sait pas)... elle va minutieusement préparer son coup...
Un album petit format doux et drôle, à partir de 7-8 ans je dirais, en raison des représentations de fantômes et de zombies qui pourraient mettre les plus petits mal à l'aise ; et aussi parce que les noms des personnages, souvent lourds de sens, gagnent à être bien compris.
A travers un personnage de petite zombie, on aborde bien sûr l'acceptation des différences, les transgressions, l'envie d'appartenir au groupe...
Les illustrations et les couleurs _avec un léger effet dessin d'enfant colorié au crayon, sont magnifiques.
Le chien est trop bien fait !
J'ai eu pour la première fois l'impression de voir la mort de près lorsqu'un poussin malade m'a littéralement claqué entre les doigts. Il haletait dans le creux de ma main depuis de longues minutes, déjà inconscient, sans doute. Sa fin était proche et il n'y avait pas de mystère là-dessus, mais j'essayais quand même de le réchauffer un peu en le tenant serré et en l'exposant au soleil _ce qui n'était peut-être pas une très bonne idée. A un moment, je l'ai senti se raidir curieusement ; l'une de ses pattes est partie vers l'arrière, comme s'il s'étirait. Sa frêle carcasse m'a semblé traversée par une drôle d'onde partie du croupion jusqu'à son bec entrouvert, et c'est tout juste si je n'ai pas vu son âme sortir. Puis plus rien. Le petit poulet venait de crever ; son corps était le même que trois secondes plus tôt, et pourtant ce n'était plus la même bête que j'avais dans la main. C'était lui, "moins" quelque chose d'indéfinissable.
N'y voyez pas un manque de respect envers elle, mais le souvenir de ce poussin m'est revenu en mémoire lorsque j'ai dû poser les yeux sur Marine étendue raide sous un drap blanc aseptisé, au crématorium. C'était bien elle, je l'ai reconnue sans aucun doute, et en même temps... ce corps vide n'avait pas grand chose à voir avec la personne avec qui je parlais deux jours plus tôt. Une curieuse impression de déjà-vu m'a rattrapée.
Parfois, je me réveille en pleine nuit, avec l'espoir fou d'avoir seulement pleuré sur un mannequin très ressemblant, ce matin du 5 avril, tandis que ma sœur s'enfuyait refaire sa vie quelque part ailleurs. Faire comme si rien ne s'était passé n'est pas une solution durable, mais ça aide à tenir.
Tout ça pour dire que l'histoire du chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant, ou un peu les deux, on ne sait pas trop... c'est définitivement de la merde. D'un point de vue biologique, on est soit l'un soit l'autre, y a pas à tortiller du cul. Quand on est devant une dépouille, on le sait.
Concernant l'étape suivante _s'il y en a une, chacun est libre de croire ce qu'il veut, évidemment.

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