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jeudi 25 juillet 2024

[SERIE JEUNESSE] Les filles au chocolat (tomes 1 à 5 3/4) - Cathy Cassidy

Qu'est-ce qui m'a donné envie de lire la série de romans jeunesse Les filles au chocolat ?

L'enthousiasme de la gamine de 5ème ultra fan de l'adaptation en BD, lorsqu'elle a entrepris de me résumer le début ? Ou la façon dont le collègue avec qui j'étais à ce moment-là a toisé son album lu, relu et corné ? Sans doute les deux... La condescendance est l'une des nombreuses plaies purulentes de la nature humaine (et de l'Education Nationale, au passage). 

Bref, nous voilà partis pour une série moins girly qu'on ne pourrait le croire en regardant la couverture des livres (mais ça l'est un peu quand même), et aussi addictive qu'un sac de bonbons : on sait que ça ne va pas nous apporter grand chose d'un point de vue nutritionnel, mais on y revient toujours,  irrésistiblement. 

L'histoire 

Cathy Cassidy nous raconte le quotidien d'une famille recomposée originale à tous points de vue : Charlotte et Paddy sont deux artistes qui ont fait leur vie de leur côté avant de se retrouver pour gérer une sorte de gîte à Kitnor, un petit village anglais situé en bord de mer. La situation a poussé les quatre filles de Charlotte à accueillir une "5ème soeur" en la personne de Cherry, la fille de Paddy. Depuis que ce dernier s'est lancé dans la fabrication de chocolats artisanaux, le bed and breakfast a gagné en notoriété et les enfants _qui n'en seront bientôt plus_ doivent s'acclimater au succès naissant ; toutes mettent la main à la pâte dans la joie et la bonne humeur, mais chacune a ses propres tourments, plus ou moins bien cachés. Il pleut aussi dans le monde des Bisounours ! 

La série compte pour l'instant 9 tomes, mais elle n'est pas terminée ; chaque livre est bien la suite du précédent, mais sa narratrice ou son narrateur change. L'histoire est racontée soit par une fille de la famille Tanberry, soit par un de leurs proches. Cela permet d'avoir différents points de vue et cela nous fait prendre conscience de la différence qu'il peut y avoir entre ce qu'on laisse paraître et ce qu'on pense vraiment. 

Les filles au chocolat - 1 - Coeur Cerise (2010)

Une nouvelle vie commence pour Cherry, 13 ans : au revoir l'Écosse où elle vivait modestement avec Paddy, son père, et cap sur Kitnor, un petit village anglais situé en bord de mer. 

Tous deux vont s'installer chez la nouvelle copine de Paddy : elle s'appelle Charlotte, elle tient un bed and breakfast toujours blindé de touristes, elle est très sympa MAIS elle a déjà quatre filles à peu près de l'âge de Cherry. Alors forcément, cette dernière stresse un peu et craint de ne pas trouver sa place dans cette nouvelle famille aux allures parfaites. D'autant plus que ses complexes et son envie de plaire aux autres l'amènent à mythonner comme pas deux, au point de se fourrer dans ses situations délicates ! 

Si les petites Coco, Skye et Summer font un bon accueil à Cherry, Honey est bien décidée à lui mettre la misère. En effet, l'aînée ne digère pas le divorce de ses parents et aimerait bien voir les deux pièces rapportées rentrer dans leurs pénates. Les vacances d'été s'annoncent agitées !  

Ajoutez à cela une caravane de gitans, un beau gosse avec une guitare, des projets de chocolaterie artisanale, des adultes en mode bisounours et du crêpage de chignon (soft)... et vous avez les bases d'une série jeunesse dont on comprend le succès. 

Les filles au chocolat - 2 - Coeur Guimauve

Skye Tanberry prend le relais de l'histoire, qui débute sur la soirée d'Halloween, soit quelques semaines après les dernières événements de Coeur Cerise. Skye est l'une des deux jumelles. Plus discrète, moins "parfaite" que Summer, la danseuse qui illumine son monde, elle peine parfois à imposer son point de vue dans cette grande famille et préfère se réfugier dans ses rêves. Jusqu'à présent, cela ne lui posait pas de problème, mais maintenant qu'elle grandit, elle commence à l'admettre : Summer lui fait de l'ombre. Pour elle, c'est une souffrance de voir ses meilleurs amis la délaisser pour sa jumelle plus populaire. 

Mais voilà encore autre chose : Charlotte et Paddy ont retrouvé dans le grenier du gîte une malle contenant les effets personnels de Clara, une ancêtre de la famille disparue tragiquement. Skye est friande de vieilleries et de mystères, et elle récupère des vieilles robes et un paquet de lettres. Peu après, elle est prise de visions étranges et se demande si elle ne serait pas un peu possédée par l'esprit de Clara. 

L'histoire est racontée par une fille de douze ans, le ton du livre est donc inévitablement plus enfantin que le précédent. Du coup, j'ai un peu moins accroché, mais il reste très agréable à lire. Il est notamment intéressant parce qu'il parle de l'évolution de la relation de deux sœurs jumelles qui se ressemblent de moins en moins, et qui ont l'impression de ne plus vraiment se connaître. Le petit côté fantastique est très bien dosé ! 

Les filles au chocolat - 3 - Coeur Mandarine

C'est bientôt l'été à Kitnor, et les vacances s'annoncent bien remplies pour toute la famille : Charlotte et Paddy partent en voyage de noces au Pérou, laissant le bed and breakfast et l'atelier entre les mains de la gentille Mamie Kate ; au même moment, une équipe de tournage investit les lieux et commence à réaliser un documentaire sur la chocolaterie artisanale de Paddy. Les filles se réjouissent de l'animation que tout cela suscite, sauf Summer. En effet, la jumelle de Skye doit bientôt passer une audition pour intégrer une prestigieuse école de danse, et elle se met beaucoup de pression pour réaliser son rêve. Même si son talent n'est plus à démontrer, elle n'est jamais satisfaite de ses prestations, et s'agace de ne pas pouvoir contrôler tous les paramètres.. à commencer par l'évolution de son corps.

Ce troisième tome est un poil anxiogène _normal, puisque c'est la stressée de la famille qui raconte, mais il a l'intérêt de décrire l'installation progressive d'un trouble alimentaire chez un jeune, vue de l'intérieur. 


Les filles au chocolat - 3 1/2 - Coeur salé

Enchaînons avec Coeur Salé. Cette fois-ci, le jeune Shay Fletcher qui nous raconte sa vie trépidante de lycéen moyen, gêné dans ses moindres mouvements par un père oppressant. 

On peut dire que Shay fait presque partie de la famille Tanberry : il est quand même sorti avec deux des cinq sœurs, ce qui crée des liens. Et ça vaut bien un tome à soi - qui n'est d'ailleurs pas le numéro 4, mais bien le "3 1/2 : peut-être est-ce une sorte de spin-off que Cathy Cassidy n'avait pas prévu de sortir, à la base ? 



En ce moment, le musicien en herbe est dans la tourmente : il a été approché par une maison de disques mais son père a refusé en bloc le contrat alléchant qui lui était proposé. Il ne peut guère compter sur le soutien de son frère, chouchou des parents et voué à prendre la direction du centre aquatique familial, un jour. Sa copine Cherry Costello était son rayon de soleil, jusqu'à ce que Honey, l'aînée des Tanberry, non contente d'avoir manqué de cramer la grange familiale en découvrant les joies de la clopes quelques mois plus tôt, ne vienne semer la discorde entre eux. 

En gros, rien ne va plus. Mais pas de panique : dans Les Filles au chocolat, tout finit toujours par s'arranger. 

Coeur Salé nous éclaire sur un personnage secondaire qu'on avait un peu oublié depuis le premier volet ; ce chapitre, plus expéditif _et donc forcément moins profond que les précédents_ traite des tensions entre parents et enfants lorsque ces derniers veulent prendre le contrôle de leur vie. 

Bon, j'ai apprécié beaucoup plus que je ne m'y attendais la lecture destinée à un public jeune mais beaucoup moins niais qu'on pourrait le croire. Cathy Cassidy traite bien de l'acclimatation à un nouvel environnement, de l'ajustement relationnel qui s'impose lorsqu'on intègre un groupe _l'élève fan est en famille d'accueil, elle a dû s'y retrouver_, de gérer l'hostilité viscérale qui se dégage d'une personne. 

On a quand même un peu l'impression d'être dans les Sims par moments : les parents sont d'accord pour tout _et ne gueulent même pas vraiment lorsqu'une gamine de 11 ans loue une pelleteuse pour faire un bassin au poisson rouge. Vas-y que ça bouffe du chocolat et des pancakes H24. Ces excès vont d'ailleurs exaspérer Summer, lorsqu'elle va tomber dans l'anorexie. Le copain de Honey vit quasiment chez eux et c'est lui qu'on appelle lorsqu'il faut gérer ses colères... Tout ça n'est pas très réaliste, certes, mais, par les temps qui courent, une histoire dégoulinante de sucre est toujours bonne à prendre.     


 Les Filles au chocolat - 4 - Coeur Coco 

4ème tome des aventures de la famille Tanberry, ou celui dans lequel la petite Coco chourave des poneys et fait du vélo dans la nuit avec un jeune homme peu recommandable ! 

Evidemment, c'est plus compliqué que ça. 


Coco, la petite dernière de la fratrie, vient de commencer un nouveau chapitre de sa vie : elle s'est mise au poney. Les ventes de gâteaux pour sauver les pandas sont passées au second plan depuis que son nouvel objectif est de monter Coconut, la ponette la plus caractérielle du centre équestre. Les moniteurs ne le lui permettent pas pour l'instant : leur élève a beau être douée avec les animaux, elle est encore débutante, c'est bien trop risqué. Mais à douze ans, on n'a pas le temps d'attendre. Son impatience et son agacement face aux remarques déplaisantes du jeune Stevie, un camarade de classe qui cure les box sur son temps libre, vont mettre à mal son sens de l'obéissance. 

Le tour de manège a dos de Coconut va mal se terminer et la ponette, jugée dangereuse, va être vendue pour rejoindre l'écurie du détestable Seddon, un riche propriétaire connu pour maltraiter ses animaux. 

Bon gré mal gré, Coco et Stevie vont s'associer pour sauver les poneys retenus par Seddon, afin de les mettre en lieu sûr. Pour ce faire, ils vont devoir ruser, agir de nuit et balader leurs familles respectives. 

Les états d'âme de Coco parleront à tous les "petits" de la famille qu'on ne prend jamais au sérieux et dont on ne se soucie pas tant qu'ils ne font pas de vagues. Les Filles au chocolat sont toujours aussi bien ancrées dans le monde des Bisounours, même si les parents se montrent absents, car submergés de travail et blasés par les conneries incessantes de Honey, la grande soeur en pleine crise. Par rapport aux livres précédents, j'ai trouvé que Cathy Cassidy allait un peu trop loin dans le happy end, même si elle a sans doute ressenti le besoin de contrebalancer le coup de théâtre violent des derniers chapitres. 


Les filles au chocolat - 5 - Cœur Vanille 

Pour la première fois de la vie, les soeurs de la famille Tanberry sont séparées. En effet, après avoir bien cassé les burnes à tout le monde avec ses frasques et sa mauvaise humeur constante, Honey s'exile en Australie afin de prendre un nouveau départ. L'aînée de la fratrie va ainsi pouvoir renouer avec son père, qui travaille sur place, et qui s'est chargé de l'inscrire dans un lycée huppé où elle ne pourra que réussir (selon lui).  


Les premiers jours à Sydney sonnent comme un rêve pour la petite anglaise aux allures de diva : une grande ville pleine de boutiques à proximité, une maison de bourges avec piscine, un père qui en fait des tonnes pour bien l'accueillir, une belle-mère stylée, la plage, les surfeurs... Honey serait-elle arrivée au paradis ?

Spoiler : non, elle va très vite déchanter ! 

Le père se charge de la ramener à la réalité : Honey comprend vite qu'elle n'ira pas dans l'établissement prévu, qu'elle n'aura ni le droit de faire la fête, ni de voir de mecs. Et puis là-bas, les jeunes ne semblent pas avoir les mêmes codes et ne sont pas sensibles à son aura : elle a, comme qui dirait "perdu son mojo". 

Cela ne l'empêchera pas de faire quelques belles rencontres amicales à l'école et en dehors. 

Prise par le mal du pays et frustrée de ne plus pouvoir séduire, Honey décide de se réfugier dans les mondes virtuels et s'inscrit sur un réseau social pour rester en contact permanent avec ses soeurs. Un mystérieux Surfie16 lui envoie bientôt une demande d'ami qui la rend fort jouasse... jusqu'à ce qu'elle devienne la cible d'un cyberharceleur aussi vénère qu'insaisissable. 

Honey se sent rapidement seule et démunie : son père ne mesure absolument pas la gravité de la situation, et le reste de la famille est à l'autre bout du monde, inutile de les inquiéter. 

Vu qu'on met enfin les projecteurs sur la lutte contre le harcèlement à l'école ces derniers temps, cette lecture tombe à pic.. et en parle plutôt bien.

Si vous lisez jusqu'au bout, vous verrez que coup de théâtre ! La famille s'agrandit (non, rassurez-vous, c'est pas Honey qui tombe en cloque à 15 ans : on est dans les Filles au Chocolat quand même !)

Cette série pour les gamins est définitivement mon petit malabar permanent (j'ai même pas honte). 


Les Filles au chocolat - 5 1/2 Coeur Sucré

Un tome qui aurait pu s'intituler "Vis ma vie de pote de Summer" ! 

Coeur Sucré est un petit volume organisé en deux parties : "L'étoile de la Saint Valentin" et "Pas de deux". La première est racontée par Tommy, le petit ami de Summer, et la seconde par Jodie, sa meilleure amie. 


Pour rappel, Summer Tanberry est la ballerine de la fratrie : promise à un bel avenir de danseuse, elle a dû faire une croix sur sa passion à cause de son anorexie. Depuis, elle lutte pour se refaire une santé, mais le moral ne suit pas toujours. 

Tommy est là pour la soutenir, mais il sait qu'il peut se montrer maladroit. Autant dire le challenge d'organiser un événement qui sera à la fois un cadeau d'anniversaire et un cadeau se Saint Valentin pour Summer n'est pas simple. L'appui de quelques amis et de Skye, la jumelle de Summer, vont le convaincre de tenter de mettre en œuvre le plan qu'il a en tête... 

Dans "Pas de Deux", on quitte Kitnor pour la Rochelle Academy, l'école de danse que Jodie a pu intégrer après le désistement de Summer. Prise entre son excitation, ses complexes physiques et le syndrome de l'imposteur qu'on imagine, la danseuse arrive à rester altruiste en toutes circonstances. Mais qui est là pour la soutenir, elle ? Les lettres qu'elle envoie à Summer restent sans réponse... 

Chronologiquement, ces deux histoires se situent en parallèle de Coeur Vanille (t.5) ; elles ont l'avantage de nous faire connaître deux personnages secondaires assez attachants et de parler de la difficulté d'accompagner un proche qui souffre. Bien sûr, on reste dans un tonalité bisounours propre à la série, on aime ou on n'aime pas, mais c'est toujours intéressant de tomber sur un roman jeunesse qui parle des TCA.  Autre point positif, Coeur Sucré peut être sympa pour des "petits lecteurs" qui ne connaissent pas l'univers des Filles au chocolat : les deux histoires restent compréhensibles, même si on n'a pas lu les volumes précédents. 

Les Filles au Chocolat - 5 3/4 - "Coeur Poivré" (2016) 

On continue avec les aventures des amis des Filles au Chocolat. Cette fois-ci, le focus est fait sur Jamie et Stevie, à travers deux histoires distinctes : "Loin des yeux" et "Près du coeur". 

Dans "Loin des yeux", Jamie et sa mère, productrice de télé, se rendent dans le gîte des Tanberry pour y tourner une émission de télé-réalité. Le jeune Londonien devrait s'en réjouir : pour lui, c'est l'occasion rêvée de revoir enfin Skye, sa copine dont il a de moins en moins de nouvelles. Mais le fait est qu'il n'est pas aussi enthousiasme qu'il aimerait l'être : son humeur maussade ne risque-t-elle pas de gâcher la soirée d'Halloween ?


  

"Près du coeur" se déroule quelques mois plus tard, à l'occasion du Nouvel An. Le stress monte pour Stevie, ce garçon à la vie compliquée avec qui Coco avait kidnappé des poneys dans le tome 4. Il a été invité à réveillonner avec sa mère et sa soeur chez les Filles au Chocolat, mais craint qu'elles ne l'aient oublié. D'autant que Coco l'avait éconduit lors de leur dernière entrevue...

Attention, rien ne va plus ! C'est pas spoiler que de le dire : y a de la tromperie ! 

Plus sérieusement, ce petit intermède de 100 pages parle de façon délicate, et sans dramatiser, de rupture et de sentiments réciproques (ou pas) chez les jeunes. On y retrouve tout ce qu'on aime dans l'univers de la série : les animaux (et le véto gratos), le sucre, la plage, la voyante chelou... 

Je ne sais plus si j'en ai déjà parlé, mais chaque tome se termine par deux ou trois recettes associées à l'un des personnages ; elles sont globalement faciles à faire. Aussi, comme c'est dimanche, que le temps et pourri et que finalement les Girondins de Bordeaux ne montent pas en Ligue 3, j'ai tenté le gâteau moelleux de Stevie. J'estime que je le mérite. Franchement il est pas si mal !

Références des livres : 

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 1 - Coeur Cerise. Nathan, 2011

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 2 - Coeur Guimauve. Nathan, 2012

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 3 - Coeur Mandarine. Nathan, 2012

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 3 1/2 - Coeur Salé. Nathan, 2013

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 4 - Coeur Coco. Nathan, 2013

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 - Coeur Vanille. Nathan, 2014

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 1/2 - Coeur Sucré. Nathan, 2016

Cathy CASSIDY. Les filles au chocolat - 5 3/4 - Coeur Poivré. Nathan, 2016


  


vendredi 23 août 2019

Lectures de vacances : Nous autres, simples mortels - Patrick Ness (2016) / Le dernier des yakuzas - Jake Adelstein (2017)


Résumer le livre qu'on a aimé n'est pas toujours facile, mais ça reste plus commode que de parler de celui qu'on a un peu moins apprécié. Pourtant, il faut s'y efforcer : chaque oeuvre a doit à sa chance et mérite d'être valorisée. C'est pourquoi aujourd'hui j'ai voulu mettre en ligne un billet qui sera consacré à deux livres lus ces derniers jours ; s'ils ne me laisseront pas un souvenir indélébile, ils vous plairont sans doute. 



Nous autres, simples mortels - Patrick Ness (2017)

Ca se passe de nos jours, ou dans un futur proche..? aux fins fonds d'une petite ville des Etats-Unis. Une bande d'amis d'enfance voit l'inéluctable séparation post-bac arriver, alors ils essaient de passer un maximum de temps ensemble. Ce ne sont pas des héros, juste des adolescents lambda torturés par leurs problèmes existentiels : réussir sa fin d'année scolaire, obtenir son diplôme, pécho, choisir sa tenue pour le bal de fin d'année, pécho, tenter de se projeter dans un avenir encore brouillé, et aussi pécho, éventuellement.

A côté d'eux, d'étranges événements se produisent : des animaux blessés surgissent des forêts et finissent leur course sur des voitures ou près des habitations, tandis que des explosions se produisent, projetant de la lumière bleues. D'instinct, ils sentent qu'une catastrophe XXL se prépare mais savent qu'ils n'ont pas à s'en mêler : les pros en la matière sont plutôt les "indie kids" un groupe de jeunes sympas mais un peu étranges qui font bande à part, au lycée. Comme la génération qui les a précédés, Mikey et ses amis ont accepté le surnaturel dans leur vie : leur seule marge de manœuvre sera de se protéger assez efficacement pour ne pas figurer parmi les dommages collatéraux. Et pour eux, simples mortels, ce sera déjà pas mal. 




De Patrick Ness je ne connais que deux romans : Et plus encore depuis l'année dernière, et Nous autres, simples mortels rencontré tout récemment, donc. L'écrivain anglo-américain a publié une bonne dizaine d'ouvrages pour la jeunesse, et quelques uns pour les adultes. Il s'est surtout rendu célèbre avec pour Quelques minutes après minuit, son best-seller adapté au cinéma en 2016 _que je n'ai pas encore lu. 

Et plus encore m'avait tellement troublée que je n'ai jamais réussi à pondre un billet dessus, même un tout petit ; c'est sûrement pour cette raison aussi que Nous autres, simples mortels me paraît plus emprunté, moins puissant, si l'on peut dire. Il faut dire que le choix de Mikey comme narrateur a peut-être influencé mon jugement, car c'est quand même, à mon avis, le gars le plus névrosé et le moins attachant du groupe. Henna et Mel ont des allures de petites filles modèles, brillantes et attachées à masquer leur souffrances en étant bienveillantes avec les leurs. Jared est le bon garçon apprécié de tous, sportif, génie des maths et gay. Evidemment. Parce qu'il en faut toujours un, ou deux, ou plus. Dites-moi si je me trompe, mais je crois deviner qu'un roman de Patrick Ness sans personnage gay ou sans référence à l'homosexualité, c'est un peu comme une paella sans riz. Et c'est très bien comme ça d'ailleurs, parce qu'il arrive à traiter ce sujet très justement et sans en faire des caisses. Je n'hésiterai pas à dire que c'est la référence littérature jeunesse en la matière, actuellement.

Et plus encore - Patrick Ness
Gallimard Jeunesse

Il n'empêche que Nous autres, simples mortels manque d'"un fil rouge", d'une trame d'action qui voudrait nous amener quelque part ; c'est vrai que j'ai toujours eu du mal avec les livres ou les films qui ne racontent pas une "histoire" pourvue d'un début et d'une fin, parce que je dois être un peu formatée par des récits qui m'ont beaucoup plu, mais aujourd'hui je me permets de le souligner car c'est une critique que j'ai retrouvée dans beaucoup d'avis de lecteurs, sur Internet. Les attentats et les accidents s'enchaînent, plus ou moins prévisibles, tandis qu'en parallèle, le gentil quatuor cogite et expérimente sa palette d'émotions. Résultat : on obtient un roman curieusement cérébral... J'adhère pas plus que ça, mais au moins c'est original.

Nous autres, simples mortels vaut le détour pour plusieurs raisons : 


  • Son côté "expérimental" est intéressant. Imaginez qu'en se promenant à Londres, un Moldu assiste à un combat entre Harry Potter et Voldemort, et qu'il nous raconte la scène : il pourrait éventuellement décrire la scène, mais il ne pourrait pas mesurer l'enjeu de l'affrontement. Il saurait d'instinct qu'il se passe quelque chose d'important, de grave, mais il ne pourrait rien faire d'autre que continuer sa petite vie en se persuadant qu'il a rêvé. C'est ce point de vue que Patrick Ness a choisi pour raconter son histoire : celui des gens laissés en dehors de la confidence, des particuliers qui observent passivement les super-héros occupés à sauver le monde, là bas au loin. Peu d'auteurs prennent le risque de poser leur caméra de ce côté de la barrière, voilà pourquoi je parlais "d'expérimentation".



"Tout le monde n'est pas nécessairement l’Élu. Tout le monde n'est pas nécessairement le gars qui va changer le monde. La plupart des gens doivent juste vivre leur vie du mieux qu'ils peuvent, en accomplissant des choses qui sont grandes pour eux, en ayant des amis merveilleux, en essayant de rendre leurs vies meilleures, en aimant les gens. Tout en sachant que le monde n'a pas de sens mais en essayant d'être heureux quand même"



  • Ce livre parle des TOCs. Mikey en est atteint, et, à travers lui, l'auteur nous explique plutôt bien ce qui se passe dans la tête d'une personne touchée par cette maladie : les "boucles", les décomptes, les litres de savon et d'eau, la peau qui part en lambeaux à cause d'avoir été trop frottée. Se laver les mains des dizaines de fois, vérifier, revérifier que la porte est fermée, se relaver les mains, et avoir conscience de bout en bout que ce qu'on fait est complètement débile. Le cercle vicieux de la thérapie couplée aux médicaments, qui a pour but de vous aider à "vous en sortir", mais qui vous plonge dans une nouvelle addiction. Ceux qui portent ce fardeau, adultes ou enfants, devraient lire ce roman rien que pour ça, déjà. Y compris ceux qui ont le TOC sélectif... ;-) spéciale dédicace à mon ex !  


Patrick NESS. Nous autres, simples mortels. Gallimard Jeunesse, 2016. 335 p. ISBN 978-2-07-507458-2

Le dernier des yakuzas. Splendeur et décadence d'un hors-la-loi au pays du Soleil-Levant - Jake Adelstein (2018)

Changement de registre. On quitte la fiction, on échange la bande à Mikey contre l'univers bien réel des yakuzas. Si vous êtes fan de culture japonaise, de mythologie du grand bandistisme ou des deux, il est fort probable que ce livre vous convienne. Il y a même des chances pour que vous connaissiez déjà son auteur, Jake Adelstein, un journaliste d'investigation américain qui officie au Japon et qui en parle sans faux-semblants, à ses risques et périls. Avant de sortir Le dernier des yakuzas, il a publié Tokyo Vice, récit assez autobiographique sur ses premiers pas professionnels dans un pays dont il ne maîtrisait pas tous les codes. C'est du moins ce que j'ai compris des résumés piqués ça et là, car je n'ai pas lu ce livre. Avant de commencer, j'ai cherché la définition de "yakuza". Larousse m'a raconté que c'était, au Japon "un membre de la mafia", Wikipedia m'a dit que c'était un "membre du crime organisé", Universalis a ajouté vite fait le terme de "bandit". On a compris l'idée.



Parce qu'il s'est mis en fâcheuse posture après avoir "chié dans les bottes" d'un chef du Yamaguchi Gumi, la plus grande organisation de yakuzas du Japon, Jake Adelstein doit se trouver rapidement un garde du corps ; son choix se porte sur Saigo, dit "Tsunami", un colosse de cinquante ans qui a fait partie d'une bande rivale, l'Inagawa kai, avant de se ranger. Le problème, c'est que yakuza un jour, yakuza toujours : avant d'accepter la mission, Saigo précise bien au journaliste qu'il prend des risques énormes en le couvrant, car il redevient par extension un "ennemi" du Yamaguchi Gumi. Et donc un homme à abattre. Jake Adelstein lui demande ce qu'il peut faire pour lui, en échange de ses services ; Saigo lui demande d'écrire sa biographie, une biographie authentique qui ne fera pas l'impasse sur les aspects négatifs de cette mafia crainte mais respectée.       


Et hop, une petite pub intempestive, c'est cadeau !

Le dernier des yakuzas raconte donc la vie de Saigo, depuis son enfance auprès d'une mère américaine et d'un père japonais, jusqu'à son accès aux plus hautes cimes de l'Inagawa-kai, en passant par sa jeunesse délinquante entre gangs de motards, groupes de rock axés extrême droite, ses problèmes d'addiction à la méthamphétamine et aux soaplands (= aux putes). Sur son chemin, il croisera plusieurs grandes figures de la criminalité et se fera une place parmi eux _ou pas. Le livre suit un ordre chronologique, année par année, ou décennies par décennies, en fonction du parcours du "héros", mais quelques grands principes reviendront régulièrement avant d'être mis à mal dans les tous derniers chapitres, marquant ainsi la fin d'une époque : un yakuza ne s'en prend pas au peuple, ne tue pas les femmes ni les enfants, vole les riches, deale ce qu'il veut, fait discrètement le business qui lui chante, mais doit garder une certaine ligne de conduite coûte que coûte. 


"Au Japon on dit que l'endroit le plus sombre est au pied du phare." 

Honnêtement, j'ai acheté ce livre à la gare de Bordeaux, en attendant un train pour la Rochelle où j'allais retrouver des copines pour le week-end. J'étais encore assez optimiste pour croire qu'on allait être motivées pour lire sur la plage, et je me disais qu'il me fallait un roman policier avec un peu de baston. Finalement, comme une gamine, j'ai craqué sur celui-là parce que sa couverture donnait bien envie. Les histoires de mafieux, enlèvements et doigts coupés, c'est pas trop mon truc, et Le dernier des yakuzas ne fera pas figure d'exception. Mais il faut reconnaître que Jake Adelstein nous permet de nous immerger dans la culture japonaise du XX°siècle, n'hésitant pas à faire de longues parenthèses historiques pour bien situer le contexte de l'action. Certains diront que le style journalistique rend l'histoire dure à suivre et le livre difficile à lire, mais son auteur pouvait-il vraiment faire autrement ? Tatouages, drogue, respect des aînés et de la hiérarchie, code de l'honneur, évolution du positionnement de la police vis à vis des yakuzas... Sans les explications de l'auteur, un public non averti n'aurait pas compris certains enjeux, actions et réactions des différents personnages. 

"C'est ça, la vie de yakuza. Tu fumes où tu veux, quand tu veux. 
Le monde entier est ton cendrier"

Bien malgré lui, Adelstein nous rend les yakuzas sympathiques parce qu'il fait le choix de nous présenter leurs travers les plus puérils, leur boulettes les plus ridicules qui se concluent souvent dans un bain de sang beaucoup moins drôle ! On ne peut s'empêcher de voir dans cette horde de criminels une bande de sales gosses, de Robins des Bois qui perdent un temps fou à se faire des croche-pieds entre eux. Bref, une livre à feuilleter, ne serait-ce que pour son thème central, assez peu courant en littérature ! 

Jake ADELSTEIN. Le dernier des yakuzas. Splendeur et décadence d'un hors-la loi au pays du Soleil-Levant. Points, 2017. Trad. Cyril Gay. 384 p. ISBN 978-2-7578-7029-7

vendredi 20 juillet 2018

Téma la bibliothèque : Hopper, Powell et le lecteur de microfiches


Je ne sais plus trop pourquoi, mais sans doute parce que j'en ai eu de bons échos, j'ai commencé à suivre la série Stranger Things. Eh bien dans le troisième épisode de la première saison, une scène intéressante se déroule à la bibliothèque municipale* ; je me suis dit que ça valait le coup d'y consacrer un billet. 



"Stranger quoi ??"  

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, le fil rouge de la saison 1 est le suivant : un soir de 1983, le jeune Will Byers, douze ans, disparaît mystérieusement aux abords du Laboratoire du Département de l'Energie de la petite ville d'Hawkins, aux Etats Unis. Comme souvent, il a passé la journée à jouer à Donjons et Dragons chez son copain Mike Wheeler avant de rentrer chez lui à vélo. Or, il semblerait qu'il ne soit jamais arrivé à destination... Tandis que le policier Jim Hopper se charge de mener les recherches sans trop s'affoler dans un premier temps _il ne se passe jamais rien à Hawkins, pourquoi est-ce que ça commencerait aujourd'hui ?_ un réseau d'enquêteurs en herbe se tisse parallèlement : Mike, Dustin et Lucas, les trois inséparables amis de Will, sont bien déterminés à le retrouver par leurs propres moyens. 

Au cours de leurs investigations, le trio rencontre "Onze", une fillette au crâne rasé assez peu loquace qui semble tombée de nulle part et qui possède des pouvoirs extraordinaires. De son côté, le frère de Will s'associe avec la soeur de Mike, afin d'essayer de comprendre ces phénomènes étranges qui se produisent autour d'eux et qui leur permettent de croire que le disparu est toujours en vie.




La dimension fantastique de l'histoire prend de l'ampleur dès le premier épisode ; alors qu'on se croyait partis pour suivre une énième sordide intrigue sur fond d'enlèvement d'enfants par des tordus, voilà que des ampoules se mettent à clignoter dans la maison de Will sous les yeux de sa mère complètement bouleversée, tandis que les murs s'ouvrent pour laisser entrevoir des mondes parallèles ! Dans un premier temps, Hopper a du mal à croire à une présence surnaturelle chez les Byers : quelle est la part de réalité et d'imagination dans les propos rapportés par une famille en panique ? Jusqu'à ce qu'il y soit lui-même confronté.     

L'épisode 3, celui qui nous intéresse : Holly, jolly 

Persuadée que son fils tente de communiquer avec elle via les lampes de la maison, Joyce Byers (la mère de Will, faut suivre un peu !) dévalise le rayon des décorations de Noël de la supérette du coin et installe des guirlandes électriques dans toutes les pièces. Un peu plus tôt, Mike a planqué Onze dans sa chambre et a rejoint le collège avec Dustin et Lucas : ils ont pour projet de poursuivre leurs recherches après les cours. Nancy, la soeur de Mike, se lamente de ne pas avoir vu sa meilleure amie Barbara en classe et elle craint qu'il ne lui soit arrivé malheur à l'issue d'une soirée où elles se sont rendues la veille, ce qui la rend chafouin vis à vis de son copain Steve, alors que lui était plutôt d'humeur à roucouler. 

Du côté de l'enquête policière, ça patine un peu. Hopper et Powell font une visite express du Laboratoire National du Département de l'Energie après avoir fait des pieds et mains pour pouvoir pénétrer dans cette zone hautement sécurisée ! Ils n'en sortent guère satisfaits, plus que jamais persuadés qu'il se passe des choses louches et top secrètes entre ces murs. Ils se rendent à ce qu'on suppose être la bibliothèque municipale d'Hawkins pour voir si le Labo a fait parler de lui dans la presse, dernièrement. 

Une bibliothèque dans les années 80 


Ah ah, nous y voilà ! LA bibliothèque à l'ancienne, avec sa bibliothécaire à lunettes et son catalogue version papier ! 

  

Le principal charme de la série Stranger Things réside en sa capacité à nous replonger dans les années 1980-90 _du moins pour ceux qui ont connu cette période, et à faire entrer en jeu des objets qui nous paraissent aujourd'hui insolites : téléphones à cadran, télévisions sans télécommande, talkie-walkies lourds de 6 kg et surmontés d'une antenne de 40 cm, radio-cassettes inamovibles, appareils photo ultra-fragiles et ultra pas discrets... On passera sous silence les coupes de cheveux et les vêtements de Mike, Lucas et Dustin, tombés dans l'oubli pour le bien de tous, même si ça fait bien sûr partie du folklore. En revanche, on retiendra que le trio fait partie du déjà très geek "club audiovisuel" de leur collège. 




Si un des mes profs de SIC (sciences de l'information et de la communication) devait se prononcer sur cette bibliothèque, je pense qu'il la considérerait comme "accueillante" ; en effet, lorsqu'on suivait ses cours, il y a une dizaine d'années maintenant, il nous engageait à visiter un max de bibliothèque et de centres de documentation en nous posant la question suivante : "que vois-je en premier quand je pousse la porte d'entrée ?" La réponse à cette question initiale était censée nous permettre de déterminer l'"esprit" du lieu, et la vision que les personnels en fonction avaient de leur métier. Ainsi, une bibliothèque dans laquelle je vois d'abord la banque de prêt m'invite au contact et au dialogue, tandis qu'une première vue sur le "fichier" _ ce buffet aux multiples tiroirs blancs que l'on voit en fond sur la photo_ m'indique qu'ici, on met plutôt le paquet sur la gestion documentaire et qu'on n'est pas là pour taper la causette. Enfin, c'était beaucoup plus subtil que ça, hein, et c'est pourquoi je n'ose pas le nommer ici. Bref, Marissa, la bibliothécaire de Stranger Things, a le sens de l'accueil, puisque c'est elle que les policiers voient en premier. Si si. Notez au passage qu'il n'y a PAS D'ORDINATEUR (#angoisseabsolue) sur son bureau ! 

   
La bibliothécaire 




Son masque hostile _elle a ses raisons !, et ses besicles lui donnent une bonne tête de rongeur de bouquins : Marissa a tout du cliché de la bibliothécaire... telle qu'on se la représente encore aujourd'hui. Bien qu'elle tende à s'estomper, l'aisance avec laquelle cette imagerie du professionnel du livre traverse les décennies (c'est forcément une femme, plus ou moins désagréable, souvent coincée, excessivement pointilleuse sur sa coiffure, sur ses fringues et sur le classement des documents...) laisse un peu songeur. 

Bref, Marissa a les boules, parce qu'elle est visiblement sortie avec Hopper quelques temps avant qu'il ne tente de consulter le catalogue papier en scred, et surtout parce qu'il a disparu de la circulation du jour au lendemain, le goujat ! Toujours est-il que s'il ne semble pas vraiment accablé de remords, le chef de la police joue le mec prêt à recoller les morceaux car il a besoin de ses précieux conseils méthodologiques, ah ah ! Qui a le pouvoir, à présent ?  

"Eh merde, je croyais qu'elle bossait que le matin aujourd'hui !"

En attendant, on creuse toujours à la recherche du respect ! Prenant à part son acolyte visiblement connu pour ne pas trop savoir tenir sa queue, Powell se permet de lui lancer un "même la bibliothécaire" qui sonne un peu comme "t'étais mort de faim au point de tringler ça !". En retour, Hopper lui revoie un regard énigmatique qui pourrait aussi bien vouloir dire "tout le monde fait des erreurs" que "bah, elle a une techa comme les autres, hein !".  

Mais cette mésaventure n'empêche pas Marissa d'être professionnelle et de faire un bref rappel du système de classement en vigueur dans la bibliothèque et de présenter sommairement le fonds d'archives périodiques. Ultime foutage de gueule : Hopper décrète que la bibliothécaire cherchera pour eux "tout ce qui parle du Laboratoire National d'Hawkins" dans les archives du New Yok Times, tandis que lui et son collègue s'occuperont du Post. Les interactions seront ainsi limitées : faudrait pas que l'autre intello se fasse des films.  



Le lecteur de microfiches 

Lorsque les policiers investissent la salle de lecture, ce n'est pas pour aller sur Internet _même aux Etats-Unis, en 1983, le réseau n'atteint pas encore le grand public si je ne m'abuse, ni pour utiliser des ordinateurs de première génération, mais pour squatter LE LECTEUR DE MICROFICHES

Honnêtement, qui s'attendait à tomber sur un tel objet de collection ?  

Paul Otlet likes it.
La microfiche est un peu l'ancêtre de la numérisation, pour ne pas dire de la clé USB. Lorsque la quantité de documents imprimés a explosé, notamment suite à l'émergence de la presse quotidienne, il a fallu trouvé des stratagèmes pour gérer la conservation des numéros archivés dans les bibliothèques. Au bout d'un moment, tous ces canards, ça prend de la place. Alors on fait des photos de chaque page en tout petit format, on en regroupe plusieurs sur une même plaquette qui ressemble fort à un négatif (ou à une énorme diapositive) : voilà ce qu'on appelle une microfiche. Pour pouvoir lire ce qu'elle contient, on l'insère dans un lecteur spécifique.  






Parallèlement, chaque microfiche fait l'objet d'une fiche d'indexation sur laquelle on indique sa description physique, les sujets qu'elle aborde à l'aide de mots-clés, ainsi que sa localisation dans la bibliothèque : 
  
"Tout est classé par année et par thème"
Donc, si Hopper et Powell cherchent des informations sur le Laboratoire National du Département de l'Énergie, ils devront passer par le fichier pour trouver toutes les microfiches qui en parlent, les récupérer puis les insérer (de préférence à l'endroit) dans le lecteur de microfiches.

Personnellement, je n'ai absolument jamais utilisé ce bousin-là, mais un Youtubeur altruiste vous a concocté avec autant de précision que d'humour un tutoriel vidéo : 


Une avancée dans l'enquête 

Bien que la scène de la bibliothèque n'occupe que deux pauvres minutes de l'épisode "Holly, jolly", elle est déterminante dans l'avancée de l'enquête : en effet, Hopper relève dans plusieurs articles de presse des faits divers troublants qui se sont produits au Laboratoire ou dans ses environs. Parce qu'ils relatent plusieurs incidents ayant pour victimes des enfants, parce que ces incidents ont été étonnamment vite étouffés, et parce que le Dr Martin Brenner pose en photo à côté de gamins portant des blouses d'hôpital, le fin limier se trace de nouvelles pistes

Comme quoi, une recherche documentaire méthodique peut suffire à vous sortir du couscous.     
Sur ce, je m'en vais regarder la suite ! 



Merci aux bibliothécaires, archivistes et autres documentalistes de me signaler d'éventuelles inexactitudes en commentaire. Je ne suis vraiment pas une spécialiste de la microfiche, et je ne compte pas le devenir prochainement, donc vos critiques sont les bienvenues, à condition qu'elles soient courtoises évidemment !  


* Eh non ce n'est pas une scène de cul, désolée !


Stranger Things Saison 1 
Matt Duffer / Ross Duffer 
Netflix
USA, 2016 

jeudi 18 août 2016

En mode Viking - Everworld 1 "A la recherche de Senna"- K.A. Applegate (2000) / Vikings - Saison 1 Episode 1 (2013)


Quand j'étais au collège, je n'aimais pas lire (mais j'essayais de convaincre les adultes du contraire, histoire de faire bonne impression). Par conséquent, je suis passée à côté de nombreux titres de littérature de jeunesse intéressants, alors qu'ils étaient à tous à disposition au CDI du petit bahut dans lequel j'ai passé quatre belles années. Dont Everworld, une série fantastique écrite par Katherine Alice Applegate, une auteure américaines également à l'origine des Animorphs. Mieux vaut tard que jamais,  j'ai fait la découverte les deux premiers tomes cet été, entre deux Assassin Royal ; ils prenaient tout bonnement la poussière des rayons romans et je n'y avais quasiment jamais prêté attention malgré la couverture brillante de l'édition Folio Junior. 


Everworld 1 - A la recherche de Senna (2000) 



David est LE nouvel élève d'un petit lycée du Michigan ; son intégration est d'autant plus laborieuse qu'il sort avec Senna, une fille un peu étrange qui fait froid dans le dos de tout le monde sans que personne ne puisse vraiment dire pourquoi. Il s'en moque, car il se sent déjà indéfectiblement lié à elle, comme si la jeune fille exerçait sur lui une force d'attraction. Aussi, lorsque Senna lui demande à brûle pourpoint au détour d'une balade en voiture, "Est-ce que tu me sauveras ?", David répond sans hésiter "Oui, je te sauverai." 

Le lendemain, Senna disparaît, emportée par un loup sous les yeux de David et de trois autres amis à elle. Alors qu'ils tentent de la sauver, les quatre lycéens sont projetés dans un monde parallèle hostile au possible : Everworld. April, Christopher et Jalil ne sont pas tendres avec le nouveau ; pourtant, ils vont devoir coopérer pour survivre au cauchemar éveillé qui les attend.  

Image piquée sur Mythologica.fr
Ahah il a l'air moins sympa qu'Oeil-de-Nuit, ce loup !

En effet, leur première approche des lieux n'est pas très avenante : suspendus par les bras à la muraille d'un château, ils ont les pieds dans le vide et une vue imprenable sur un lac où vogue un authentique drakkar peuplé de Vikings. Lorsque enfin on les décroche du porte manteau, c'est pour les jeter aux pieds du maître des lieux, le grand Loki, dieu de la destruction dans la mythologie nordique. Un peu plus tard, ils apprendront que le loup qui les a plus ou moins conduits là n'est autre que son fils Fenrir. Ils comprendront également que Senna n'est pas vraiment une amie de la famille : chez Loki, on l'appelle la Sorcière !

Au fil des conversations, la lumière se fait... plus ou moins. Everworld serait né d'un cataclysme et les divinités de toutes les mythologies s'y sont réfugiées pour s'affronter les unes les autres, en prenant garde de ne pas tomber dans les griffes d'un super-dieu qui les chapeaute toutes ; autant dire que ça donne une sacrée soupe. Toujours est-il que la bande de jeunes parviennent à prendre la fuite et trouvent refuge dans un village de vikings où ils vont momentanément protégés. 

Everworld a l'avantage de faire intervenir des figures de la mythologie un peu trop souvent mises à la cave, sans pour autant ressembler à un cours d'histoire : Loki, Odin, Fenrir, Huitzilopochtli _dieu aztèque_ sont autant de personnages dont j'avais oublié jusqu'au nom. Quant à ma connaissance des peuples vikings... elle se résume à Hägar Dünor dont les strips étaient publiés dans le journal Sud Ouest, à Dragons ^^ et à un vague drakkar dessiné sur la page "travaux pratiques" de mon cahier d'histoire-géo de 5° ; c'est dire. Toujours est-il qu'à mon avis, ce roman datant d'une quinzaine d'années déjà mérite encore d'être valorisé auprès des jeunes, ne serait-ce que pour cette originalité. Ensuite, K.A Applegate réussit le tour de force de faire jouer ses personnages sur deux tableaux : le monde réel et Everworld. Ainsi dédoublés, les lycéens doivent sans cesse se réadapter à des situations diamétralement opposées : lorsqu'ils sont en train de combattre les Aztèques aux côtés de leurs copains Vikings (oui oui), leur vie de lycéen _et de salarié ! continue, un peu comme s'ils pouvaient se brancher en pilote automatique. Il fallait y penser ! Seul bémol : les plus jeunes lecteurs risquent de s'y perdre...  

Edition utilisée ici : 
K.A. APPLEGATE. Everworld 1 "A la recherche de Senna". Folio Junior, 2000. 221 p. ISBN 2-07-054366-8
Hägar Dünor - Dik Browne
http://www.hagardunor.net/hagardunor.php 

Toute cette bière, ces drakkars et ces sacrifices de moutons m'ont donné envie de combler mes lacunes ; dans la foulée, je me suis tapé le premier épisode de la série Vikings. Inutile de vous préciser de quoi ça parle !  




Vikings Saison 1 - Episode 1 





On reste donc chez les brutasses. Ragnar Lothbrok est un Viking plutôt bien loti : il possède des terres, il a une jolie femme fidèle au caractère bien trempé et un fils prêt à participer au rituel de passage à l'âge adulte _le "Thing". Mais sa petite vie tranquille s'écoule au rythme des pillages estivaux des peuples "de l'Est" déjà appauvris, et cela ne lui suffit plus. Ambitieux et téméraire, il ne rêve que de mener son drakkar vers "l'Ouest" et ses contrées inconnues, où des trésors l'attendent (peut-être...). Il suggère ses projets à son chef de clan, qui y voit un manque de respect envers les directives qu'il a déjà données, et qui le menace de lui sucrer sa ferme s'il ouvre trop sa gueule. Qu'à cela ne tienne, Ragnar sent que les dieux sont avec lui : il a eu des visions prometteuses. Avec l'aide de son frère Rollo, de son ami fantasque Floki, le constructeur de drakkars et de son compas de navigation flambant neuf, le Viking compte bien reprendre les rênes de son destin.


Au bout de quarante minutes, nous avons déjà au compteur : 

- une baston à coup d'épée 



- des coupes improbables 



- une esquive de viol 

"Salut, on vient te violer !"

"Ou pas !"
- une marque au fer rouge



- une décapitation et une lapidation à coup de pierres et de légumes pourris



- une scène de baise 

"J'ai envie de te chevaucher comme un auroch furieux !"
Ok. 
- une poignée de répliques bien rustiques  

"Salut, jeune Bjorn ! Où sont tes parents ?" 
"Euh.. Ils font l'amour"
"Dans ce cas... on va devoir patienter..."
En effet. 
Et le meilleur pour la fin : 

"Tu es dans tous mes rêves. La nuit dernière, j'ai rêvé que tu me servais du boudin noir."


 Qui dit mieux pour un premier épisode ? A suivre ....  


Vikings 
Saison 1 - 2013 
Michael Hirst / Johan Renck
Canada / Irlande 
9 épisodes de 42 minutes 


jeudi 21 juillet 2016

Larme de rasoir, suivie d'une pause vampire ! Le Manoir - 1 - Liam et la carte d'éternité - Evelyne Brisou-Pellen (2013)


Fin 2014, je me moquais gentiment de la sélection 5°/4° du Prix des Incorruptibles en disant qu'on ne pouvait guère proposer aux enfants de romans aux thématiques plus déprimantes (maladie, mort, fantômes en souffrance, dépérissement irréversible de la Terre...). Parmi les titres en question figurait Le Manoir 1, Liam et la carte d'éternité, premier tome d'une série écrite par Evelyne Brisou-Pellen.

Alors forcément, en lisant le nom de l'auteure, la nostalgie a pris le dessus sur le cynisme et j'ai eu un peu moins envie de grincer des dents : Evelyne Brisou-Pellen, a également écrit Un si terrible secret, une histoire dans laquelle, si je me souviens bien, une petite fille enquêtait sur la mort douteuse de ses grands parents. Il avait fallu qu'elle passe au crible les journaux intimes de sa grand-mère et qu'elle remonte dans la noirceur du début des années 1940 pour trouver des réponses à ses questions. Ce livre lu il y a presque vingt ans ! dans le cadre des "Parcours Diversifiés" programmés en 5° était passé comme une lettre à la poste et il est resté un de mes très bon souvenir de lecture en tant qu'élève.
 


Oh, j'aurais sûrement adoré Le Manoir aussi, même si l'intrigue se situe à des lieues du roman sus-cité. Liam, 15 ans, se remet tranquillement d'une longue maladie. A sa sortie de l'hôpital, il se retrouve en convalescence dans un établissement qui tient plus du manoir hanté un peu glauque que de la maison de repos. Pourquoi pas ! Mais, comprenant qu'il n'est ni autorisé à sortir, ni à avoir de visiteurs, et que ses voisins de chambre sont tous aussi illuminés les uns que les autres, il prend peur et cherche à s'enfuir à tout prix. Or, nul n'arrive au Manoir par hasard, et nul n'en sort sans s'être posé les bonnes questions...  




En bon maître des lieux, le Dr Roy fait mine de ne pas comprendre les inquiétudes de son patient et ne lui fournit que des renseignements évasifs sur la durée de son séjour et sur les activités qui lui sont autorisées. Il n'empêche que Liam n'a pas envie de se montrer conciliant face à un homme plutôt agressif qui se prend pour un guerrier grec, une couturière d'autrefois qui cherche vainement sa fille ou à des gamins complètement mythos. Sans compter les conditions de vie qui lui sont imposées. Oh, il ne manque de rien : la nourriture est bonne et il a de l'eau chaude pour prendre son bain. Mais comment se passer de télé, d'ordi et de téléphone portable lorsqu'on vit avec son temps ? N'importe quel ado taperait sa crise !

Puisque personne ne veut l'aider à quitter ces lieux sinistres, puisque tout le monde semble ligué pour lui faire des cachotteries, il se débrouillera seul ! Sauf que, passer le portail du Manoir n'est pas une chose aisée... surtout lorsque celui-ci s'amuse à disparaître quand on le cherche. Bientôt, Liam n'aura d'autre choix que celui de tourner en rond ; et si la clé de la vérité se trouvait tout simplement dans le bureau du Dr Roy... ou juste à côté ? Faute d'une meilleure alternative, il décide de mener l'enquête entre les murs du château... et tombe sur la Carte d'éternité.


Euh, c'est un vrai enfant ? 



Reconnaissons-le, même l'auteure sait capter notre attention par son écriture légère et agréable, notre exploration du manoir à travers les yeux du héros nous a paru un peu fastidieuse dans un premier temps. Bien sûr, il est nécessaire que les lecteurs aient connaissance du contexte ; on a besoin de s'étonner de l'absence d'électricité dans les différentes pièces de cette curieuse "maison de convalescence" surannée ; on comprend que Liam soit désarçonné par l'excentricité de ses voisins de chambre, et que toutes ses observations soient des plus détaillées. Mais, comme ce petit malade en quête de confort et de tranquillité ne nous est pas spécialement sympathique, les remarques dont il nous fait part nous agacent rapidement. On le trouvera râleur, un poil intolérant ?, et drôlement scolaire pour un ado de quinze ans ! Le voilà qui nous parle histoire, SVT, latin et... encore histoire. Encore heureux qu'il ait été largué dans le Manoir ! S'il avait atterri dans un collège REP, c'eût été une toute autre affaire ! Il aurait eu accès à Internet, mais il se serait aussi fait traiter de gros bouffon en moins de deux.

Or, il s'agit-là d'un avis purement personnel ; le côté "historien" de Mme Brisou-Pellen est passé par là, et s'il me plaisait beaucoup lorsque j'avais 12 ans, le charme ne fait plus vraiment effet, ce qui est somme toute logique. Les amateurs de vieilles bâtisses hantées et truffées de pièces secrètes telles qu'on peut en rencontrer dans les Harry Potter ou dans L'île du crâne d'Anthony Horowitz prendront plaisir à errer avec Liam dans le Manoir.

A lire aussi ! 

Puis l'action s'accélère et prend une dimension fascinante avec la découverte par Liam d'une incroyable Carte d'éternité, une sorte d'écran qui lui permet de voyager dans l'espace et dans le temps. Il peut aussi bien visualiser un endroit _à la Google Street View_ en indiquant les coordonnées temporelles et géographiques adéquates, que s'y rendre pour de bon. En apprenant à utiliser ce véritable miroir du passé, il va trouver une réponse à toutes les questions qu'il se pose depuis le début de son séjour : qui sont les pensionnaires du Manoir ? qu'est-ce qui les a amenés en ces lieux ? quel rôle est-il censé jouer auprès d'eux ? sont-ils des psychopathes ou... des fantômes ? Mais attention ! comme n'importe quel autre outil, la carte présente des dangers si l'on ne s'en sert pas avec prudence... Lui qui a toujours rêvé d'être détective a du pain sur la planche.

Dans les ultimes chapitres, le voile se lève sur bien des mystères, et le lecteur pourra s'amuser à reprendre les premières pages à la lumière des informations dont il dispose à la fin. Il comprendra à quel point il s'est bien fait avoir !



Ce beau roman riche en éléments historiques n'est pas si triste que ça, finalement ; par le ressort humoristique même, il amènera les jeunes lecteurs à réfléchir sur la maladie, la différence et l'acceptation de la mort. Les amateurs de fantômes et d'âmes tourmentées y trouveront aussi leur compte ; d'ailleurs, pour la petite histoire, Le Manoir 1 a remporté le prix des Incorruptibles 2014/2015 pour la sélection 5°/4°... Sachez que derrière ce premier volet, cinq ou six volumes vous attendent, alors ne perdez pas de temps ! A vos bésicles et au boulot !


Evelyne BRISOU-PELLEN. Le Manoir 1 - Liam et la carte d'éternité. Bayard Jeunesse, 2013. 368 p. ISBN 978-2-7511-0514-2


Allez, puisqu'on y est, restons du côté des morts avec Vampire Diaries !!!  Voici un petit résumé de l'épisode 2 de la première saison, dont la dernière diffusion doit dater d'une éternité ! Ahah.



Episode 2 - "La nuit de la comète"

"Fallait bien qu'elle sache, pour ta syphilis..."

Les habitants de Mystic Falls avaient presque réussi à oublier les phénomènes paranormaux qui caractérisaient leur petite bourgade. Mais l'attaque récente de plusieurs personnes, vraisemblablement due à "une bête sauvage" pourrait bien réveiller les vieilles croyances populaires. Stephen craint que les choses tournent mal pour lui, et peste contre son frère : n'est-ce pas lui qui s'en est pris à Vicky, la soeur de Matt ? Pour ne pas ébruiter l'événement, le vampire repenti s'introduit dans la chambre d'hôpital de la jeune serveuse et l'hypnotise afin qu'elle ne puisse répondre autre chose que "c'est une bête sauvage qui m'a attaquée" quand on lui posera la question. Qu'à cela ne tienne, personne ne l'empêchera de se reconstruire et de sortir avec Elena. Mais ses pouvoirs sont trop faibles _la faute au manque de sang humain_ et le sortilège n'aura pas l'efficacité espérée.

"Ok ok, c'est un bête sauvage. Tu me fous la paix maintenant ? Et puis d'abord t'es qui ?"

De son côté, Damon semble bien décidé à faire capoter ses projets : en bon vampire charmeur et sadique, il séduit Caroline et s'empresse de parler à Elena du passé sentimental de Stephen. Celle-ci fait un peu la gueule, forcément. Et hop, Damon vous apprend à casser le coup de votre frère en moins de deux avec les ingrédients suivants : un corbeau, du brouillard, quelques bons mots et trois minutes d'avance sur l'autre mouligas blafard, avec sa banane, là. Prenez-en de la graine. En parallèle, vous pouvez assister à un combat de coq entre le petit Jeremy, dingue de Vicki, et Tyler, deux têtes et deux ans de plus que lui, qui veut juste la baiser mais qui n'est pas partageur pour autant.

Ahah, et ce n'est que le début !! :-D :-D