samedi 27 juin 2026

[CINEMA] Shana - Lila Pinell (2026)

Shana est un film que j'ai failli ne pas voir !

Alors que tout le monde s'était enfin trouvé une place dans la salle, un projectionniste du cinéma est venu nous dire qu'un problème technique risquait de compromettre le bon déroulement de la séance. Il nous a assez vivement encouragé à aller nous faire rembourser, tout en nous assurant qu'une tentative de réparation était en cours. Le film s'est lancé quelques minutes plus tard, finalement. 



Shana 

Lila Pinell 

2026

Shana, une jeune femme dans la vingtaine, mène une double vie : elle est partagée entre le trafic de drogue de son copain toxique, dont elle a repris les rênes depuis qu'il est incarcéré, et ses incursions plus ou moins heureuses dans sa famille juive pratiquante qui ne sait pas du tout dans quoi elle trempe. 

Pourtant, elle sait rester la même en toutes circonstances : si son allure frivole, (faussement) superficielle forte en gueule et insouciante passe très bien dans sa bande d'amis, elle est plutôt mal perçue dans son cercle familial _ où elle ne s'éternise jamais. Cela ne l'empêche pas d'être très à l'écoute de sa jeune soeur angoissée par la préparation de sa bar-mitsvah. 

L'équilibre fragile de Shana se voit menacé par une succession d'événements : sa grand-mère meurt et elle hérite d'une bague censée la protéger du mauvais oeil ; l'"amour de sa vie" sort de prison plus tôt que prévu : comment va-t-il réagir s'il s'aperçoit que les comptes ne sont plus ce qu'ils étaient ?  

Ce film ne raconte pas une histoire avec un début et une fin, mais il présente un segment de la vie chaotique d'une fille qui avance coûte que coûte, avec ses armes et ses casseroles. D'ailleurs, le parcours de Shana fait explicitement écho aux "Dix Malheurs d'Egypte" envoyés par le dieu des Hébreux sur les Egyptiens, dans l'Ancien Testament. 

Je l'ai bien aimé ce long métrage plutôt rapide (1h24) parce qu'il rend bien à l'écran le mécanisme du couple destructeur, où l'héroïne n'arrive plus à distinguer les violences des preuves d'amour. Comme le dit l'un des personnages : "tant qu'on est dedans, on ne s'en rend pas compte". L'héroïne déjoue le cliché de la fille idiote et bling bling, en se montrant responsable et de bon conseil à plusieurs reprises. J'ai eu l'impression de voir ma soeur à 18 ans : mêmes intonations, mêmes éclats de voix, mêmes délires, sauf la drogue, même goût pour les motifs léopard et les gros bijoux, même coiffure. La ressemblance était presque physique, c'était déroutant.  

Si vous êtes phobiques comme moi : TW gros serpent au milieu du film, soyez prêts ! 

dimanche 21 juin 2026

[EXPOSITION] La Caverne de Sax - Eglise de la Madeleine à Paris (2026)

Aller à l'Eglise de la Madeleine à Paris pour visiter "La Caverne de Sax" est une manière efficace de supporter la canicule ! 

Depuis le 18 juin et jusqu'au 28, l'artiste Sax (Henry Blache de son vrai nom) expose 50 de ses dernières oeuvres : on peut y voir notamment plein de toiles représentant des têtes d'animaux très colorées, aux regards très expressifs, dans un style street-art. Aux tableaux s'ajoutent des tuiles de toit peintes, et des vieilles partitions musicales tenant lieu de support à de superbes oiseaux peints à la gouache. Comme vous vous en doutez, j'ai particulièrement apprécié cet hommage à la volaille. 

Sax a grandi près de la grotte Chauvet et l'art rupestre a beaucoup influencé son art ; il explique sur son site que sa "Caverne" est le résultat d'un travail d'introspection, et qu'elle dit beaucoup de son rapport à la nature. 

Même si cette exposition ne compte "que" ses travaux les plus récents, elle nous apprend que Sax s'est aussi illustré dans le land-art tout récemment et nous donne un petit aperçu de ses compétences, via quelques photos. On retrouve bien cette nécessité de mêler les éléments naturels à la peinture sur les tableaux, dont les reliefs sont parfois assurés par des aiguilles de pin, du sable, des morceaux de bois..  

C'est gratuit ; certes, on en fait assez vite le tour, cette petite balade en forêt donne bien envie de découvrir l'univers du street-artiste. 


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vendredi 19 juin 2026

[BD] Les Nombrils - Delaf, Dubuc (2013)

Trouver et maintenir un équilibre dans une relation (quelle que soit sa nature), c'est aussi compliqué et minutieux que le réglage d'une chasse d'eau. 


Les Nombrils - 1 - Pour qui tu te prends ? 

Dubuc / Delaf 

Dupuis, 2013 


Depuis leur entrée fracassante dans le bac à BD du CDI, aux alentours de 2016, Les Nombrils ont toujours eu un grand succès au collège... Aussitôt prêté, aussitôt rapporté, et prêté de nouveau ! Si bien que je n'ai jamais pu me poser pour lire sérieusement ne serait-ce que les premiers albums. C'est chose faite pour le premier tome. Que dire, si ce n'est que cette lecture m'a rappelé que l'expérience ne doit pas faire oublier les fondamentaux et qu'il est crucial que lire (ou au moins bien bien bien feuilleter) les fucking bouquins qu'on met à disposition des gosses !! 

Un trio inséparable de filles déambule dans lycée, à l'affût des gars assez potables pour prétendre à conquérir leur coeur, à l'image de John John le beau motard. On a d'abord l'impression que les belles fringues, le maquillage soigné et les techniques de drague sont le fond de commerce des gags qui s'enchaînent au fil des planches, pour le plus grand bonheur du public cible... mais attention, en y regardant de plus près, c'est plus compliqué que ça ! 

L'amitié qui lie les trois filles est extrêmement déséquilibrée ! Jenny et Vicky, les deux filles populaires "stylées", passent leur temps à pourrir la vie à la sage et gentille Karine : cette dernière, complexée par sa grande taille et fréquemment qualifiée de "moche", est ni plus ni moins le bouc émissaire des deux autres. Beaucoup de blagues se font sur son dos, mais les deux pestes se mangent aussi quelques retours de karma de temps en temps ! 

Lorsque Jenny et Vicky apprennent que Karine a un ticket avec Dan, un mec forcément trop bien pour elle, elles ne traînent pas à saboter leur idylle naissante... 

Personnellement, ce tome 1 des Nombrils ne m'a pas du tout fait rire ! Cependant, je l'ai trouvé intéressant et réaliste dans sa manière de présenter les dynamiques de groupes, pas toujours saines, les amitiés toxiques, le diktat des apparences chez les jeunes (même si les personnages sont parfois très stéréotypés)... Désormais cette BD figurera dans la sélection "Non au Harcèlement", car pour moi c'est LA grosse thématique de l'album. 

Je compte continuer cette découverte de la série car beaucoup de critiques lues ça et là affirment qu'elle gagne en profondeur et en intérêt au fil des tomes. Pour l'instant, elle me fait juste remonter la bile de mes années de lycée !  


mercredi 10 juin 2026

[MANGA] Détective Conan - Gosho Aoyama (1994, série en cours)

Détective Conan

Gosho Aoyama 

Kana 

Série shônen débutée en 1994, toujours en cours ! On en est au tome 105 en France (et 107 au Japon). 


Tome 1

Shinichi, 17 ans, passe son temps libre à jouer les détectives en herbe. Cela lui réussit : son sens de la déduction lui vaut déjà une certaine renommée auprès de la police locale, qui ne semble plus étonnée de le voir débarquer sur une scène de crime. Sa passion pour les enquêtes vire parfois à l'obsession, au grand agacement de son amie Ran qui a parfois l'impression de passer au second plan. 

Un jour, une affaire tourne mal, et une bande de malfaiteurs surnommés "les hommes en noir" lui font ingurgiter un poison. Shinichi ne meurt pas, mais son corps se transforme en celui d'un enfant de 6 ans. Forcément, sa vie change du tout au tout : on a beau être un excellent détective, difficile de se faire entendre lorsqu'on n'est "qu'un petit", et que personne ne vous reconnaît _même pas votre copine ! 

Aidé par le professeur Agasa, seul ami à connaître sa véritable identité, Shinichi va se faire appeler Conan et va être recueilli temporairement par Ran. Cette dernière vit avec son père, un détective raté qui se prend pour un génie : cela va lui permettre de garder un pied dans son univers de prédilection et de continuer à enquêter comme un pro. 

Parallèlement, il part en quête de l'antidote qui lui rendra son apparence d'origine. 

Avis  

J'étais passée complètement à côté de ce célèbre manga ! Il a fallu qu'une poignée d'élèves me suggère qu'on en parle en club lecture pour que je me penche dessus _à vrai dire, je trouvais leur engouement suspect et je voulais vérifier qu'il n'y ait rien de chelou dedans avant de le mettre au CDI... Mais non, pas du tout ! Son succès est tout à fait compréhensible et ce premier tome a de quoi séduire les lecteurs de tous âges, pour bien des raisons : 

- les enquêtes, courtes et bien ficelées, sont agréables à lire même si on n'est pas fan d'histoires policières  

- l'auteur représente bien la difficulté d'être écouté lorsqu'on est un enfant

- la romance impossible entre Ran et Shinichi "coincé" dans son enveloppe de Conan

- les zones d'ombres des personnages _ on devine qu'il y a un mystère autour des parents de Shinichi

- la touche d'humour _ Détective Conan est avant tout un manga drôle, avec quelques personnages à fort potentiel comique (M. Mouri, le professeur Agasa...)  

Cette série en réconciliera plus d'un avec le genre policier. 


Tome 2  (1997)



Dans ce tome 2, on suit le héros dans sa redécouverte des "joies" de l'école primaire ! Logé temporairement, et sous une fausse identité, chez M. Mouri et sa fille Ran, Conan doit faire des pieds et des mains pour tenir son rôle, que ce soit dans ses escapades avec ses nouveaux copains de classe, ou auprès du détective M. Mouri, qu'il accompagne plus ou moins discrètement dans ses enquêtes.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le travail ne manque pas dans les rues de Tokyo : une jeune fille cherche son père disparu, un homme meurt carbonisé à la fête du feu, et dans une maison fermée depuis des années, on entend de drôles de cris... Attention à ne pas s'arrêter aux apparences : les victimes et les bourreaux ne sont pas toujours ceux qu'on croit ! 

Conan met entre parenthèses sa recherche de l'antidote qui lui rendra son corps de jeune homme, car il est trop occupé à éclaircir les mystères ! Faute de mieux, le professeur Agasa fait de lui un "enfant augmenté" en l'équipant de gadgets visant à compenser les limites que lui imposent son petit gabarit : transformateur de voix, bretelles élastiques, chaussures bricolées... 

L'action est toujours aussi bien menée, de même que les intrigues !