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vendredi 26 juillet 2024

[MANGAS] Street Fighting Cat - 1 (2017) / Ken'en, comme chien et singe - 1 - (2018)

Cet article est le 501ème...Voilà déjà quinze ans que ce blog m'accompagne, même si je l'alimente un peu plus rarement maintenant, faute de temps. 

Voici deux mangas marrants et bien survoltés qui seront au CDI à la rentrée prochaine !


Street Fighting Cat - 1

SP Nakatema

Doki-Doki, 2017 


Qui n'a jamais été réveillé au milieu de la nuit par deux chats qui se foutent sur la gueule ? 

Le mangaka SP Nakatema a fait de ce miracle de la nature une sorte de furyo animalier tout à fait distrayant.  

Lorsque les humains dorment ou ont le dos tourné, les chats de gouttière reprennent le contrôle des quartiers de la ville de Sakura. Leur qualité de vie et les rapports qu'ils entretiennent dépendent de leur place dans la hiérarchie féline, et de leur capacité à respecter les codes d'honneur. Une sorte de société de yakuzas, version chats : alors que certaines bandes ont le monopole des rues et des poubelles de restos, les faibles et les marginaux doivent s'écraser ou faire les larbins pour survivre. 

Hige, le héros, appartient à cette dernière catégorie. Il s'en prend plein la tronche et pense même à en finir avec la vie. Sa rencontre avec Nabunaga, un ancien chat domestique à la carrure colossale va lui donner un peu de répit. Tous deux vont s'associer et se compléter : le malingre va aider le petit nouveau à se repérer dans un milieu qu'il connaît mal, tandis que le costaud va s'occuper de la partie "patates et coups de griffes". 

Serait-ce l'aube d'une vie meilleure pour ce binôme des extrêmes ? Ils ne sont jamais que deux contre une multitude de durs à cuire ! 

Très sympa et sans prise de tête ; ça change des histoires de chatons inoffensifs ! Les chats sont dessinés de différentes manières en fonction des situations, allant du presque kawai au guerrier taillé en serpe. On devine un dessinateur amateur et connaisseur de félins. 

Une bonne lecture de vacances pour les grands et les petits. 

A noter que c'est une série assez courte (4 tomes) _donc particulièrement pratique pour un CDI de collège !


Ken'en - Comme chien et singe - 1 

Fuetsudo / Hitoshi Ichimura 

Doki-Doki (2018) 


Photo prise au parc des Buttes Chaumont


Japon, sans doute au Moyen-Age. 

Alors qu'il traverse le pays afin de parfaire son initiation, le jeune moine Benzon arrive dans le petit village de Mitsuke, où les habitants sont encore chamboulés par la malédiction qui vient de les frapper : un mononoke (une sorte d'esprit) leur a fait savoir qu'il ne les laisserait pas en paix tant qu'on ne lui aurait pas sacrifié une jeune fille.  

Benzon part donc en quête d'un exorciste ; on lui recommande un certain Hayate... qui s'avère être un gros chien blanc. Il est bien étonné, mais bon, pourquoi pas. Le jour de l'offrande, le chien est stratégiquement caché dans le cercueil censé renfermer la jeune fille et déposé à l'endroit prévu. 

Effectivement, quelqu'un vient : il s'agit d'un kakuen, un être vivant mi-singe mi-humain qui n'existe qu'en version mâle et qui doit donc, de temps en temps, enlever une fille pour pouvoir faire perdurer l'espèce. 

Ce kakuen-là s'appelle Mashiro, il est plutôt pacifique et n'a pas envie de se marier. Alors, quand il découvre le chien, c'est le coup de foudre : il l'adopte aussitôt, oubliant même pourquoi il était venu. Sauf que Hayate est en fait un reiken "mi-homme, mi-chien", et peut changer d'apparence en fonction de ses besoins. Mashiro va vite voir que cette bête-là n'a pas du tout envie d'être tenue en laisse !  

Nous allons suivre les aventures et les déboires de Mashiro, partagé entre son sens des responsabilités envers les autres kakuen de sa tribu et le rejet de leurs traditions archaïques. Il doit aussi gérer son attachement pour Hayate _qui le tyrannise pas mal !  

A travers ce seinen, les auteurs ont réussi à traiter des sujets profonds (le sort des femmes, le consentement, concilier ses intérêts et ceux d'un groupe, cacher son identité...) sans le dépouiller d'une certaine légèreté ! Les personnages sont attachants ; Mashiro et Hayate s'envoient vanne sur vanne, et les blagues ne manquent pas ! 

Graphiquement, les décors en pleine nature, entre mers et forêts, sont superbes. 



samedi 22 février 2020

[COMICS] A la bibliothèque : TEOTL - Tome 1 - Arahorus - Tot ; Mylydy (2011)


Parfois, le vendredi, après le travail, je vais me poser à la bibliothèque Dumont pour lire des BD et en emprunter d'autres. Je fréquentais beaucoup cet endroit lorsque je suis arrivée à Aulnay, il y a quelques années déjà ; lors de mes premiers jours sur place, cet espace m'a servi de point de repère. C'était mon terrier imperméable au temps qui passe, au bruit, à la violence du quotidien. Puis, de manière tout à fait imperceptible, je me suis mise à espacer mes temps de repli. 

Petit à petit, je me suis déportée de quelques mètres, un peu comme les vagues nous écartent de notre trajectoire sans qu'on s'en rende compte. C'est ainsi que j'ai fini à l'Orée du Parc, dont j'ai dû goûter un peu de tous les anesthésiants en plus ou moins grande quantité. Je savais bien que ce n'était pas une solution, mais je traversais une mauvaise passe et j'étais convaincue qu'il me fallait du costaud pour affronter la réalité. Est-ce que j'avais tort ou raison ? Difficile à dire, après coup. 


L'erreur n'était pas de penser qu'il serait possible de redresser la barre quand le moment me semblerait opportun. L'erreur, c'est de ne pas avoir anticipé ma solitude dans cette démarche. Je pense que même si on peut se faire aider, on est toujours seul face à son addiction. Personne ne peut résoudre le problème à votre place _ce qui est vrai à peu près pour tout. De plus, personne n'a vraiment envie que vous l'entraîniez avec vous dans le précipice _le contraire serait bien inquiétant. La maladie fait peur, l'altruisme ne nourrit pas son homme. Qui n'a jamais changé de trottoir sous les invectives d'un mec bourré ? C'est humain ! 


TEOTL - Tome 1 - Arahorus



L'histoire 

TEOTL - Tome 1 - Arahorus est le premier volume d'un curieux triptyque scénarisé par Tot et dessiné par Mylydy.  

Les Divinités ne sont pas contentes ! Non seulement, les hommes ne sont plus capables de les reconnaître et encore moins de les craindre, mais en plus, ils détruisent leur planète et passent leur temps à s’entre-tuer ! Décidément, ce 21ème siècle ne leur dit rien qui vaille ; nombreuses sont celles qui s'accordent à dire qu'il vaudrait mieux faire disparaître une bonne fois pour toutes les êtres humains, mais quelques irréductibles ont envie de leur laisser une dernière chance. C'est le cas d'Arahorus, le dieu-rapace, et de Sepatep, le dieu chien-ailé.

Tous deux misent sur la jeunesse, par définition pleine de vie et de bonne volonté ; ils s'installent incognito dans les îles Calchaz, où ils repèrent un groupe d'adolescents particulièrement remuants, drivés par un leader impulsif surnommé Tabasco. S'ils arrivent à se faire entendre d'eux, ils pourront leur transmettre une partie de leurs forces divines. Les jeunes "élus" seront alors assez puissants pour contrer les monstres chargés d'anéantir l'humanité ! Ou pas...  Arahorus et Sepatep jouent carte sur table : personne n'a jamais dit que l'aventure était sans risque ! Libre à eux d'accepter ou non la mission...

En cette fin d'après-midi ensoleillée, les jeunes en question ne se doutent pas des grands projets que les dieux aztèques ont prévu pour eux. Leur vie, c'est Street Fighter, lycée, amour et base-ball. Tabasco a passé une sale journée, et il a les nerfs en pelote ; Kurbin a l'air au bout de sa vie, et son coeur est voué à Lucie, la fille du groupe _mais c'est pas vraiment réciproque. Tous deux attendent le car scolaire. A l'intérieur, et après une violente baston pour récupérer les toujours très prisées "places du fond", ils retrouvent leurs potes gamers Lucie et Ricky. Comme ils ont tous les quatre une grande passion pour les jeux vidéos, ils se rendent dans une salle d'arcade où ils semblent avoir leurs petites habitudes.

Mais la partie de Street Fighter tant attendue ne se fera pas ; des phénomènes vraiment étranges vont se produire. Tabasco et ses amis vont faire connaissance avec un "homme à tête de poulet" des plus terrifiants, qui va leur proposer rien de moins qu'un très flippant tour du monde en 80 secondes. Après ce voyage, leur vie ne sera plus vraiment la même.


Pourquoi le tome 2 est-il aussi difficile à trouver en bibliothèque ?  

Peut-être pour cette raison-là :

Merci de prévenir ...
Je parle bien du petit avertissement concernant les "quelques" gros mots présents dans la BD. Alors, les gros mots, ça ne me gêne pas du tout, hein ! J'en mets partout sur ce blog parce qu'ils font partie de la langue à part entière, et c'est pas trois pauvres "putain de merde" qui nous crèveront les yeux et les oreilles. Vous conviendrez qu'il est bien difficile de mettre en scène une conversation d'adolescents sans en glisser quelques uns, du moins si vous voulez être un tant soit peu crédible. Mais tout est question de dosage ; dans ce tome 1 de TEOTL, il semblerait qu'on ait laissé tomber le contenu de la salière sur les premières planches.

Au tout début de la BD, Tabasco est en rogne contre son prof de maths ; alors il l'incendie. Tous les noms d'oiseaux y passent. Ok, ça se tient. Parfois, la vulgarité est le moyen d'expression d'une bonne vanne bien croustillante :

Celle-là, je vais la garder ! 

Par contre, à d'autres moments, le vocabulaire ordurier n'apporte rien et n'est pas loin de faire tache. Dans tous les cas, cela explique que les trois volets de TEOTL, bien loin d'être inintéressants, sont relativement méconnus et difficiles à mettre à disposition dans les CDI et dans les médiathèques. On leur préférera _sans doute à tort ! des ouvrages contenant des scènes beaucoup plus violentes, ou traduisant des ambiances franchement malsaines. Eh ouais, on vit dans une société où un bras tranché choque moins qu'un "va te faire foutre". Mais là, il faut presque chercher les vignettes sans terme à biper au montage, c'est vraiment trop.. Sauf erreur de ma part, seul le premier tome est disponible à la bibliothèque Dumont.

Le diamant brut 

Sous la couche d'immondices verbaux se cache une pépite. Qui connaît une oeuvre de fiction, bande dessinée ou autre, qui fait référence au Bouddha et à Krishnamurti (un philosophe dont je n'avais absolument jamais entendu parler...), qui rend hommage à la mythologie aztèque tout en peignant avec une finesse certaine les démesures caractéristiques des ados torturés ? Même si on pourra regretter que certains éléments culturels ne soient qu'évoqués, un peu comme si les artistes avaient manqué de temps pour les traiter en profondeur, ils ont le mérite d'être présents, avec leur fraîcheur et leur originalité. Des gosses qui se réveillent un beau jour avec des pouvoirs qu'ils peinent à contrôler, on en rencontre tous les deux comics qu'on croise. Des figures divines relevant du concept de Teotl, c'est beaucoup plus rare. 

Cette BD très colorée, évoluant au gré de personnages filiformes à gros yeux et à bonnes têtes qui rappellent parfois ceux de Bryan O'Malley (vite fait), gagnerait donc à être diffusée plus largement. On apprécie particulièrement les dernières planches, dans lesquelles Tot et Mylydy racontent la genèse des protagonistes, leurs influences, leurs sources d'inspiration, expliquent ce qu'ils ont voulu faire et ce qu'ils ont préféré éviter.



TOT ; MYLYDY. Teotl - Tome 1 - Arahorus. Ankama Editions, 2011. ISBN : 978-2-35910-233-8



Eh ouais, TEOTL le prouve, j'ai fini par revenir à la bibliothèque Dumont, ce qui est plutôt bon signe, je crois ! Quelques années en plus dans les pieds, quelques neurones en moins dans la tête, mais toujours motivée par le même objectif : contribuer à mettre les gosses sur les rails de la culture (oh c'est beau).   

samedi 11 janvier 2020

[COMICS] Iron Man - 1 - Croire - Kieron Gillen / Greg Land (2013)

Message aux puristes qui passeraient par là : je vais essayer de parler comics alors que je suis en train de faire mes premiers pas dans cet univers foisonnant. Par conséquent, je vais sûrement dire des conneries grosses comme moi. Si jamais vous repérez des boulettes qui font mal aux yeux, laissez-moi simplement un commentaire, et j'essaierai de rectifier le plus efficacement possible !



Rattrape le virus avant qu'il ne t'attrape 

C'est une soirée arrosée parmi tant d'autres pour Tony Stark, talentueux concepteurs d'armures dotées d'intelligences artificielles. Il est en train de draguer une blonde à gros seins en vidant des cocktails, tandis que son amie / secrétaire /nourrice / agent / psychologue Pepper Potts veille sur lui discrètement. Elle s'est posée dans le même bar, à quelques tables du couple, prête à intervenir en cas de dérapage.

Alors qu'il vient de ramener sa nouvelle conquête dans son somptueux appart _ Iron Man est un gros bourge semble vivre dans l'aisance _ et qu'il n'est pas loin de conclure, il reçoit un message vocal des plus inquiétants : son amie généticienne Maya Hansen vient de perdre la vie dans une rue de Buenos Aires, et le virus Extremis qu'elle tenait gentiment sous clef a été libéré. C'est une catastrophe : si jamais le puissant Extremis tombe entre de mauvaises mains, la Terre entière va le sentir passer. Elle a confié à Iron Man la lourde mission de le récupérer. 

Hélas, l'engrenage s'est déjà mis en route. Tony Stark va devoir revêtir ses armures les plus efficaces et s'affairer aux quatre coins du monde pour récupérer le précieux. Ses pérégrinations vont le mener à d'anciennes connaissances qu'il aurait préféré oublier...


Je sais, on voit pas bien le contenu des bulles.
Sachez simplement qu'ils sont bourrés tous les deux et que leur conversation n'a aucun sens.

Décors et armures  

L'Avenger va successivement voler vers la Nouvelle Avalon, la Colombie, Paris et enfin dans l'espace ; j'ai un peu galéré pour retracer son parcours car, d'une part, l'action exige une grande mobilité spatiale du héros, et d'autre part, la narration est entrecoupée de flash-backs. Certes, ils sont nécessaires pour les novices, mais ils rendent la lecture difficile. Enfin, c'était ça ou des notes de bas de page à n'en plus finir, j'imagine, alors je me garderai bien de faire la fine bouche.

Deux décors m'ont paru vraiment réussis, dans le sens où ils créent une ambiance qui nous permet d'apprécier au maximum les scènes de combat :

  • La Nouvelle Avalon - Comme l'indique son nom, cette île a voulu recréer la société médiévale des légendes arthuriennes. Le maire s'appelle Arthur, on cherche toujours le Graal _d'ailleurs, on l'aurait trouvé...?, les chevaliers de la Table Ronde sont drivées par une jeune femme nommée Merlin. Au sommet des buildings quelques oriflammes flottent au vent.. Cela n'empêche pas les résidents de vivre avec leur temps : les épées ont été remplacées par des lasers, on n'a plus besoin de chevaux puisqu'on peut voler. Fort de ses projections de flammes et de rayons lasers, l'affrontement aérien "Iron Man vs les chevaliers masqués" prend une teinte Star Wars. 


  • Les Catacombes de Paris - Iron Man doit buter des espèces de succubes emprisonnées dans les souterrains par des illuminés qui se disent scientifiques. Il s'agit en réalité de jeunes femmes à qui on a injecté le virus Extremis ; elles sont donc devenues terriblement agressives et dangereuses. Iron Man débattra avec son armure pour savoir s'il doit sacrifier la dernière. Il choisira de l'épargner et de l'emmener aux Etats-Unis, histoire de la soigner (et d'éviter tout coup de dent malencontreux). Une vignette nous montre qu'elle est enceinte, ce qui peut laisser présager son retour dans un prochain volume. Le combat à la chandelle dans les catacombes a travers les galeries tapissées de signes mystérieux et de crânes humains est surprenant.   

Iron Man prend toujours soin de sortir une armure différente à chaque bataille. Trois m'ont particulièrement étonnée, mais c'est sûrement parce qu'il ne m'en faut pas beaucoup.

  • L'armure translucide - Toute fine, à peine visible, transportable dans une mallette, elle nous rappelle la cape d'invisibilité de Harry Potter. Parfaite pour voyager, elle passe le plan Vigipirate au calme. A la différence, de l'accessoire préféré de l'apprenti sorcier, elle prend une consistance _et quelle consistance ! lorsque Iron Man la revêt. 

  • L'armure hologramme - Celle-là aussi, elle est pas mal. Lorsqu'on veut être sûr de passer incognito la porte d'entrée d'une bâtisse gardée, soit on s'arrange pour être invisible, soit on prend l'apparence du vigile. Tony Stark a opté pour la seconde option, faisant usage de son lumiflexeur intégré. 
  • L'armure canon - Les petits effets, ça va bien deux minutes, mais là on a plus le temps ! Au bout d'un moment, si tu veux arriver à tes fins, tu prends ta plus grosse armure, la balèze, la "canon", et tu défonces tout ce qui t'incommode. Yolo ! En fait, l'armure canon aurait pu s'appeler l'armure Roundup. 

Tony Stark n'est rien sans les carapaces qu'il crée ; fragile, en proie à ses vices, l'homme a su s'"augmenter", construire la puissance qu'il n'avait pas naturellement, et en même temps se créer une protection. L'album s'ouvre et se termine sur la même scène : Iron Man, seul dans sa coquille, volant au-dessus de la ville, est en train de laisser le champ libre à l'introspection, à ses réflexions philosophiques, à ses névroses.

Iron Man nouvelle génération 

Je ne sais pas si c'est aussi le cas dans les anciennes versions d'Iron Man, mais le modèle 2010 du Tony Stark prend la forme d'un play-boy fragile intérieurement, assez chanceux pour avoir une pote à l'écoute et déterminée à le libérer de ses démons _l'alcool notamment, et en même temps assez con pour passer ses nerfs sur elle à coups de vannes et de mépris. Bon, on devine que l'inventeur est plus attaché à elle qu'il ne veut bien le montrer _n'appelle-t-il pas une IA "P.E.P.P.E.R" ? Du coup, j'ai du mal à m'y attacher. Maintenant que j'arrive à la fin du billet, je me dis que j'aurais dû faire un "Roux Cool" sur Pepper Potts, tiens, cette bonne samaritaine qui l'accompagne au quotidien et avec qui il entretient une relation difficile à déterminer.  



Pas évident de revisiter le mythe Iron Man à la lumière de l'an 2000 ! Kieron Gillen et Greg Land ont visiblement su le faire, même si seuls les connaisseurs peuvent en juger. Restent à lire les quatre prochains albums _ Croire est le premier d'une série de 5, et surtout les nombreux précédents ! Graphiquement, les planches sont propres, soignées, presque plastiques ; peut-être un peu trop parfaites à mon goût, justement. Greg Land peint ses personnages de façon tellement réaliste qu'on se croirait presque dans un roman photo. J'ai dû tourner quelques pages avant d'adhérer, mais on va pas cracher dans la soupe : c'est esthétiquement très réussi. 

Kieron GILLEN ; Greg LAND. Iron Man 1 - Croire. Panini Comics, 2013. Coll. Marvel Now ! 128p.  ISBN 978-2-8094-3630-3


lundi 1 mai 2017

BASTON !! Le félin, agent secret médiéval : le monstre des Carpates - Arthur Ténor (2005)


Puisque Alise est occupée à soupirer, un gobelet de tisane à la main, en pensant à Leftrin parti faire quelques courses dans le Désert des Pluies, profitons-en pour parler castagne et coups de pute à l'orée du bois. 

Au programme aujourd'hui : 

Le félin, agent secret médiéval - Le monstre des Carpates 

Ce roman pour la jeunesse partiellement illustré et épais d'un peu moins de 200 pages m'est apparu à la veille des vacances dernières, au fond d'une caisse de livres donnés au collège avant mon arrivée. Autant dire que ça date. S'il me restait une once de conscience professionnelle, je ne vous dirais pas que j'avais complètement zappé de cataloguer ces quelques ouvrages ; et pourtant, c'était bien le cas. 

Le guerrier armé bien décidé à sortir de la couverture m'a fait rire, tant il représente à lui seul l'idée qu'on se fait des aventures chevaleresques, de même que le titre quelque peu anachronique d'"agent secret médiéval" dont il est affublé _allez, pas la peine de chipoter en disant que le type sur l'image n'est peut-être pas le "félin", qu'il faut lire les premières pages, etc : le héros, c'est forcément lui ! 





Le prince Vlad, surnommé le Monstre des Carpates par ses ennemis comme par ses alliés, en référence à ses violentes colères, n'est pas content du tout. Au réveil d'une soirée arrosée, il s'aperçoit qu'un marchand de passage l'a dépouillé de son précieux talisman. L'homme en question se nomme Corso ; il venait d'un village d'Auvergne et a du y retourner sans demander son reste peu après son méfait. Vlad se laisse aussitôt conduire en France par sa rage, avec pour seul garde-fou le conseiller Hourlov.

Alors que le prince et ses hommes débarquent avec la ferme intention de déclencher les hostilités et d'embrocher quiconque refusera d'apporter son aide à la recherche du talisman, le chevalier Yvain de Bréa et Dame Isabeau font le tour des échoppes clermontoises en toute quiétude. A travers le regard du jeune écuyer hyperactif Gilles, on apprend qu'Isabeau est la fille du seigneur Hughes de Montbrisac, que son maître _Yvain, dit "le félin" ! n'ose pas trop sauter le pas en la demandant en mariage. Pourtant, cela se fera sûrement et à ce moment-là il espère bien bénéficier d'un droit de cuissage. Non, je vous rassure, ce n'est pas ce qui est dit : il s'agit d'un livre pour enfants, je le répète. Mais Gilles aime Isabeau, et pour lui prouver son dévouement, il part en quête d'un cadeau original à lui offrir. Sur un étal, il dégote un bijou que le marchand lui présente comme étant le "talisman des Carpates". Ah ah, comme de par hasard ! Il l'achète... et se le fait aussitôt dérober par un mendigot ! Le garçon revient vers Yvain et Isabeau les mains vides mais alourdi de sacrées boules ! Il se garde bien de narrer l'intégralité de sa déconvenue, mais comme vous vous en doutez, l'événement n'a rien d'anecdotique ! 
"Qui est partant pour l'aventure ???"

A quelque temps de la petite embrouille, un émissaire du prince Vlad se présente aux portes du château de Montbrisac, sous les regards surpris et inquiets du Seigneur Hughes et de son fidèle Félin : le souverain a traversé le Saint Empire Germanique pour retrouver un certain Corso...  


Le Monstre des Carpates est l'une des nombreuses aventures qui composent la série Le félin : agent secret médiéval. Pas sûre qu'elle soit connue et reconnue à sa juste valeur, de même que son auteur publié sous le nom d'Arthur Ténor, et ma foi, c'est dommage. La professeure documentaliste a peu adhéré à une histoire certes riche en rebondissements, mais dont l'intrigue est vraiment trop tirée par les cheveux à mon goût ; la collégienne aurait peut-être bien aimé, mais se serait perdue en route ! 
Bref, les élèves feront leur choix. 

ahah désolée mais ce slogan est tellement chelou !

Cependant, les personnages de cette série apportent incontestablement un vent de fraîcheur sur le monde des chevaliers occupés à se taper dessus sous les yeux attendris d'une Dame haut perchée dans sa tourelle : bien sûr, les scènes de combat sont présentes _sinon j'aurais pas mis ce billet dans la catégorie BASTON !!, ah !, le sang coule et on ramasse du cadavre, y compris du côté des gentils. Bien sûr, on retrouve les codes du genre : le preux, le noble daron et sa fille bonne à prendre, le beau château, les manants incultes mais pas si cons, l'ennemi bourrin... sans doute pour mieux les casser ! 

  • Ici, les hommes de l'Est sont plus stratèges qu'ils en ont l'air et donnent même une bonne leçon d'humilité aux Auvergnats en les enfumant comme de gros harengs, lors de leur première confrontation. 
  • L'histoire ne dit pas si Isabeau donne dans la couture, mais on constate par contre qu'elle ne fuit pas devant le combat, au contraire ; et ce malgré les gémissements de son mec et de son père. 
  • Yvain, le héros, le malin, _bon ok, il est perspicace et stratège... mais j'ai pas trop vu en quoi il pouvait être qualifié d'"agent secret" ; peut-être ai-je mal lu ? Yvain donc, commet une erreur, se trouve naze et à abandonner ! Le cas est assez rare pour être souligné. Il lui faudra les encouragements de ses proches pour lui remettre le pied à l'étrier. 
  • Le Félin n'est pas le seul guerrier faillible dans cette aventure : Vlag, le "prince teuton", le "monstre des Carpates" n'est devenu hargneux qu'à la suite d'une peine de coeur _je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler.. 

En conclusion, et parce qu'il ne faut jamais se fier aux apparences, ce petit roman aux chapitres ponctués des belles illustrations de Matthieu Blanchin mérite qu'on s'y attarde.

Pour un résumé plus neutre et mieux écrit que le mien, rendez-vous ici

TENOR, Arthur. Le félin, agent secret médiéval - Le monstre des Carpates. Editions Lito, 2005. 176 p. ill. ISBN 2-244-44251-9



AH ET SINON, à part ça.... 

C'est gratuit... 

... et ça le restera toujours !

jeudi 18 août 2016

En mode Viking - Everworld 1 "A la recherche de Senna"- K.A. Applegate (2000) / Vikings - Saison 1 Episode 1 (2013)


Quand j'étais au collège, je n'aimais pas lire (mais j'essayais de convaincre les adultes du contraire, histoire de faire bonne impression). Par conséquent, je suis passée à côté de nombreux titres de littérature de jeunesse intéressants, alors qu'ils étaient à tous à disposition au CDI du petit bahut dans lequel j'ai passé quatre belles années. Dont Everworld, une série fantastique écrite par Katherine Alice Applegate, une auteure américaines également à l'origine des Animorphs. Mieux vaut tard que jamais,  j'ai fait la découverte les deux premiers tomes cet été, entre deux Assassin Royal ; ils prenaient tout bonnement la poussière des rayons romans et je n'y avais quasiment jamais prêté attention malgré la couverture brillante de l'édition Folio Junior. 


Everworld 1 - A la recherche de Senna (2000) 



David est LE nouvel élève d'un petit lycée du Michigan ; son intégration est d'autant plus laborieuse qu'il sort avec Senna, une fille un peu étrange qui fait froid dans le dos de tout le monde sans que personne ne puisse vraiment dire pourquoi. Il s'en moque, car il se sent déjà indéfectiblement lié à elle, comme si la jeune fille exerçait sur lui une force d'attraction. Aussi, lorsque Senna lui demande à brûle pourpoint au détour d'une balade en voiture, "Est-ce que tu me sauveras ?", David répond sans hésiter "Oui, je te sauverai." 

Le lendemain, Senna disparaît, emportée par un loup sous les yeux de David et de trois autres amis à elle. Alors qu'ils tentent de la sauver, les quatre lycéens sont projetés dans un monde parallèle hostile au possible : Everworld. April, Christopher et Jalil ne sont pas tendres avec le nouveau ; pourtant, ils vont devoir coopérer pour survivre au cauchemar éveillé qui les attend.  

Image piquée sur Mythologica.fr
Ahah il a l'air moins sympa qu'Oeil-de-Nuit, ce loup !

En effet, leur première approche des lieux n'est pas très avenante : suspendus par les bras à la muraille d'un château, ils ont les pieds dans le vide et une vue imprenable sur un lac où vogue un authentique drakkar peuplé de Vikings. Lorsque enfin on les décroche du porte manteau, c'est pour les jeter aux pieds du maître des lieux, le grand Loki, dieu de la destruction dans la mythologie nordique. Un peu plus tard, ils apprendront que le loup qui les a plus ou moins conduits là n'est autre que son fils Fenrir. Ils comprendront également que Senna n'est pas vraiment une amie de la famille : chez Loki, on l'appelle la Sorcière !

Au fil des conversations, la lumière se fait... plus ou moins. Everworld serait né d'un cataclysme et les divinités de toutes les mythologies s'y sont réfugiées pour s'affronter les unes les autres, en prenant garde de ne pas tomber dans les griffes d'un super-dieu qui les chapeaute toutes ; autant dire que ça donne une sacrée soupe. Toujours est-il que la bande de jeunes parviennent à prendre la fuite et trouvent refuge dans un village de vikings où ils vont momentanément protégés. 

Everworld a l'avantage de faire intervenir des figures de la mythologie un peu trop souvent mises à la cave, sans pour autant ressembler à un cours d'histoire : Loki, Odin, Fenrir, Huitzilopochtli _dieu aztèque_ sont autant de personnages dont j'avais oublié jusqu'au nom. Quant à ma connaissance des peuples vikings... elle se résume à Hägar Dünor dont les strips étaient publiés dans le journal Sud Ouest, à Dragons ^^ et à un vague drakkar dessiné sur la page "travaux pratiques" de mon cahier d'histoire-géo de 5° ; c'est dire. Toujours est-il qu'à mon avis, ce roman datant d'une quinzaine d'années déjà mérite encore d'être valorisé auprès des jeunes, ne serait-ce que pour cette originalité. Ensuite, K.A Applegate réussit le tour de force de faire jouer ses personnages sur deux tableaux : le monde réel et Everworld. Ainsi dédoublés, les lycéens doivent sans cesse se réadapter à des situations diamétralement opposées : lorsqu'ils sont en train de combattre les Aztèques aux côtés de leurs copains Vikings (oui oui), leur vie de lycéen _et de salarié ! continue, un peu comme s'ils pouvaient se brancher en pilote automatique. Il fallait y penser ! Seul bémol : les plus jeunes lecteurs risquent de s'y perdre...  

Edition utilisée ici : 
K.A. APPLEGATE. Everworld 1 "A la recherche de Senna". Folio Junior, 2000. 221 p. ISBN 2-07-054366-8
Hägar Dünor - Dik Browne
http://www.hagardunor.net/hagardunor.php 

Toute cette bière, ces drakkars et ces sacrifices de moutons m'ont donné envie de combler mes lacunes ; dans la foulée, je me suis tapé le premier épisode de la série Vikings. Inutile de vous préciser de quoi ça parle !  




Vikings Saison 1 - Episode 1 





On reste donc chez les brutasses. Ragnar Lothbrok est un Viking plutôt bien loti : il possède des terres, il a une jolie femme fidèle au caractère bien trempé et un fils prêt à participer au rituel de passage à l'âge adulte _le "Thing". Mais sa petite vie tranquille s'écoule au rythme des pillages estivaux des peuples "de l'Est" déjà appauvris, et cela ne lui suffit plus. Ambitieux et téméraire, il ne rêve que de mener son drakkar vers "l'Ouest" et ses contrées inconnues, où des trésors l'attendent (peut-être...). Il suggère ses projets à son chef de clan, qui y voit un manque de respect envers les directives qu'il a déjà données, et qui le menace de lui sucrer sa ferme s'il ouvre trop sa gueule. Qu'à cela ne tienne, Ragnar sent que les dieux sont avec lui : il a eu des visions prometteuses. Avec l'aide de son frère Rollo, de son ami fantasque Floki, le constructeur de drakkars et de son compas de navigation flambant neuf, le Viking compte bien reprendre les rênes de son destin.


Au bout de quarante minutes, nous avons déjà au compteur : 

- une baston à coup d'épée 



- des coupes improbables 



- une esquive de viol 

"Salut, on vient te violer !"

"Ou pas !"
- une marque au fer rouge



- une décapitation et une lapidation à coup de pierres et de légumes pourris



- une scène de baise 

"J'ai envie de te chevaucher comme un auroch furieux !"
Ok. 
- une poignée de répliques bien rustiques  

"Salut, jeune Bjorn ! Où sont tes parents ?" 
"Euh.. Ils font l'amour"
"Dans ce cas... on va devoir patienter..."
En effet. 
Et le meilleur pour la fin : 

"Tu es dans tous mes rêves. La nuit dernière, j'ai rêvé que tu me servais du boudin noir."


 Qui dit mieux pour un premier épisode ? A suivre ....  


Vikings 
Saison 1 - 2013 
Michael Hirst / Johan Renck
Canada / Irlande 
9 épisodes de 42 minutes 


lundi 20 juillet 2015

Lorien Legacies : Tome 1 : "Numero Quatre" ; Jobie Hughes et James Frey, alias Pittacus Lore (2010)


Ne cherchez pas de logique, il n'y en a pas. Après avoir fait la critique du tome 5 de la série Lorien Legacies dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio sans avoir lu les précédents, je me suis juste dit qu'un retour à la case départ et aux fondements de l'intrigue s'imposait pour vous comme pour moi. En conséquence, je me suis lancée pour de bon dans la lecture du tome 1 : Numéro Quatre



Pour tous les lycéens de la petite ville de Paradise, John est un gars comme un autre ; un peu distant, un peu bizarre peut-être, mais sans plus. Après tout, il vient juste de débarquer dans les fins fonds de l'Ohio, il y a de quoi faire un peu la gueule, non ? D'autant plus qu'il arrive de.. d'où, d'ailleurs ? On ne le sait pas vraiment. Mystère... 

(Pardon...)
Apparemment, le lascar vit seul avec son père en retrait de la société, mais il a déjà trouvé le moyen de se faire un pote et de séduire la fille qui est sortie avec l'un des mecs les plus populaires du lycée... Pour un nouveau, on peut dire qu'il ne s'intègre pas trop mal ! Enfin, peu importe du moment que l'équipe de foot qui représente l'école gagne son match ! 

Or, la vérité est ailleurs...

John n'est pas un humain mais un Loric, c'est à dire qu'il est né sur la planète Lorien avant qu'elle se soit ravagée par les Mogadoriens, un peuple hostile au sien. A l'issue de combats sanglants, neuf jeunes Lorics et leur tuteurs ont été mis en sécurité sur la Terre et dispatchés aux quatre coins du monde pour que leurs ennemis ne puissent pas retrouver leur trace. Ils grandiront à l'abri des menaces et plus tard, si tout se passe bien, ils seront les acteurs de la revanche loric.

Qui aurait pu prévoir que l'acharnement des Mogadoriens serait sans limites ? Dix ans plus tard, ces derniers quadrillent toujours la Terre dans la plus grande discrétion pour exterminer les survivants ; un obstacle majeur les empêche d'arriver à leurs fins : les Neuf sont liés par un sortilège et ne peuvent être tués qu'en fonction du numéro qui leur a été attribué au départ. D'abord le numéro 1, puis le 2, puis le 3 et ainsi de suite.

John est le numéro quatre. Ses trois premiers congénères ont été tués et il sait qu'il est le prochain sur la liste. C'est pourquoi son tuteur et lui passent leur vie à déménager dans des trous paumés, à changer d'identité et à tenter de se fondre dans la société sans tisser de liens trop solides avec les humains. Leur mot d'ordre : surtout, ne pas faire de vagues, ça pourrait attirer des ennuis !

Mais l'arrivée du binôme à Paradise va modifier la donne pour plusieurs raisons. D'abord, John en a marre de changer de nom, de copains et de maison tous les trois jours ; il aimerait bien se poser. Ensuite, il fait très rapidement l'expérience de sentiments qui lui étaient jusque-là passés au-dessus : l'amitié, l'amour, la colère. Enfin, les "dons" caractéristiques des Lorics commencent à se manifester chez lui et à se développer à une telle vitesse qu'il a bien du mal à les cacher et à les maîtriser. Imaginez qu'une lampe-torche vous pousse dans la main et aveugle tout le monde dès que vous vous énervez un peu.. Pas facile à gérer, non ? Pourtant, John n'est pas une tête brûlée ; il sait qu'il porte l'héritage d'une planète déchue et qu'il est en danger de mort lui-même. Plus tard, s'il survit, s'il s'entraîne afin d'exploiter au maximum son potentiel, il sait qu'il sera en mesure de s'allier à ses cinq homologues pour venger ses ancêtres.


Un extraterrestre en ébullition

Le Lumen est le premier d'une longue série de dons plus ou moins lourds à porter pour Numéro Quatre, qui est quand même, à mon avis une figure de l'adolescent dans toute sa splendeur. Son tuteur est à l'affût de l'expression de ces petits cadeaux de la nature de la même manière qu'un jeune nabot pré-pubère scrute quotidiennement dans le miroir l'éclosion laborieuse de ses poils. Et quand enfin ses facultés d'éclairage apparaissent, il ne sait absolument pas quoi en faire. Puis c'est l'avalanche : télékinésie, résistance au feu, accroissement de la rapidité... John ne sait plus où donner de la tête d'autant que son père spirituel se transforme alors en coach sportif de plus en plus exigeant et surexcité. Mais comme c'est un garçon sage et responsable, il arrive bien vite à se canaliser et à composer avec ses nouveaux attributs.




Il faut dire qu'il écoute plutôt bien les conseils de Henri, ce maître à penser tout calme qu'il a appris à suivre les yeux fermés ; seulement, le Loric aux mains de lumière ne peut s'empêcher de braver quelques interdits pour aller se fourrer dans des situations dangereuses avec la belle Sarah et Sam, son bon pote amateur d'extraterrestres et cliché ambulant du geek à lunettes asocial. John sait qu'il ne doit pas s'attacher aux humains, que la Terre n'est qu'une cachette temporaire pour lui, qu'une femme loric, c'est bien autre chose qu'une femme humaine, mais voilà ! l'amour et l'amitié sont les plus forts ! C'est décidé, il ne luttera pas plus longtemps contre les assauts de son coeur, parce que merde !! voilà !!
 
Puisque vous n'arrêtez pas de le faire chier, John va partir faire un jogging tranquillou à 320km/h dans les bois avec son chien super intelligent qui l'a élu comme maître à son arrivée dans l'Ohio !


Etrange, n'est-ce pas ?? Ne sentez-vous pas un potentiel magique chez ce clebs ??  
C'est louche tout ça !
La suite nous dira que papa avait raison, puisque ce sont ses nouveaux amis qui vont, bien malgré eux, le sortir de l'anonymat et précipiter les événements : John va se faire repérer des Mogadoriens en faisant la une des médias locaux pour avoir sauvé Sarah des flammes lors de l'embrasement de la maison familiale de Mark James. Le footballeur avait profité de l'absence de ses parents pour organiser une fête à la mesure de sa popularité. Précisons que l'incendie a été en partie causé par Sam qui, tout occupé qu'il était à lécher les seins la pomme de sa copine Emily dans la cave, a fait tomber une bougie...

Un départ mou du genou mais un final turbo 

Si, dans une première partie du roman, on est plus tenté de se laisser porter par le quotidien de John que de s'y plonger franchement, les soixante dernières pages nous captivent car elles marquent le début d'une action sans relâche. Alors on ne remerciera jamais assez Sam d'avoir foutu le feu chez Mark James, même si c'était involontaire !

Et ça fait du bien. Car lorsque j'ai commencé à lire la rencontre entre John et Sarah, je me suis exclamée : "Oh putain ! Ca va être Twilight version extraterrestre ce bordel !" Par chance, j'étais seule dans la laverie.

J'ai pas de vidéo du moment où ils courent comme des cons au milieu des fleurs en se tenant la main.
Dommage

Je ne sais pas si c'est parce que je venais de voir la dame qui me fait peur, ou juste parce que j'étais mal lunée, mais les premiers chapitres m'ont semblé rebutants à souhait..

Déjà, le héros m'a énervée direct : trop gentil, propret, manquant visiblement de personnalité, racontant le passé de Lorien avec une certaine froideur _ce qui peut s'expliquer vu que ses souvenir remontent à une dizaine d'années... On voit arriver gros comme une maison qu'il va bien s'entendre avec Sam et Sarah lui tombe toute cuite dans le bec, sans qu'il ait besoin de la draguer très longtemps.

Les méchants Mogadoriens sont tellement méchants qu'ils ont le sang noir et que quand ils meurent, ça fait un tas de cendres ; d'ailleurs, le grabuge de la fin me donne envie de récupérer toute cette poussière brûlée pour mes poules. Comme chacun sait, y a pas mieux pour l'épouillage.


Séance d'épouillage entre copines


Quant à Mark, stéréotype du sportif écervelé qui voit rouge dès qu'un type s'approche trop près de celle qu'il aime _ mais qui l'a largué !, on regrette que son personnage n'ait pas été plus creusé même si la fin de ce premier volet de Lorien Legacies laisse entrevoir un semblant d'ouverture dans sa cervelle obtuse. A suivre...

Devinez quoi : les gentils sont très gentils et ils se font des câlins dès qu'ils en ont l'occasion. J'exagère à peine. Sam est attendrissant dans son rôle de crevette à binocles bizutée et passionnée de vie extraterrestre depuis que son père a été enlevé par les petits hommes verts _c'est du moins ce dont il est convaincu ! Va-t-il seulement parvenir à se libérer de sa mère castratrice ? La palme de la niaiserie revient à la relation qui unit Sarah et John, car elle est agaçante au possible. Je m'aime, tu m'aimes, nous nous aimons alors nous nous léchons la gueule dès que nous le pouvons et nous soupirons dès que nous ne le pouvons plus ! Bordel ! Était-ce vraiment nécessaire de faire de leur idylle une histoire aussi mielleuse dès le début, dégoulinante de partout et sans aucune pudeur ?? Tout ça parce qu'elle lui a appris à faire une crêpe à peu près correctement en cours d'"économie domestique" _ouais, ouais, ils ont des cours de cuisine ! et parce qu'il a bien voulu l'aider à nouer son tablier à la même occasion. Enfin, comme vous le savez depuis le temps, je ne suis pas fan des histoires d'amour dans les romans quand je sais que l'action, la vraie, ne demande qu'à éclabousser tout le monde quelques pages plus loin.

LA VIE !! J'ai seulement tapé "couple niais" sur Google et je suis tombée sur eux !! 

Eh oui, bien que je n'arrête pas de baver dessus depuis tout à l'heure, je le dis : Numéro Quatre a des arguments pour plaire et ne vole pas son succès. 

  • Le potentiel camouflage. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Henri et John ont développé un art de la dissimulation et du changement d'identité que les auteurs nous présentent à demi-mot et qui en surprendra plus d'un. Les situations à risque sont d'autant plus difficiles à gérer, et les secrets d'autant plus lourds à garder qu'ils sont deux à en avoir la responsabilité. Histoire de nous rappeler qu'un bon mytho monté en binôme ne tient que si la confiance et la complicité sont au rendez-vous. Du coup, du haut de ses quinze ans (ou à peu près), John a déjà acquis le réflexe de ne rien laisser traîner derrière lui.   
  • La diversité des dons. La transmission de pensée, on connaît. La télékinésie, on a déjà vu. La communication avec les animaux : aussi, mais ça marche toujours. Le mythe de l'homme invisible : rebattu, mais tellement efficace ! Par contre, les lumières dans les mains, il fallait y penser !  
  • Un monde à part. Les auteurs ont le mérite d'avoir crée l'univers d'un peuple détruit, d'une planète ravagée. Bon, apparemment la planète Lorien ressemblait un peu au monde des Bisounours avant que les Mogadoriens posent leurs grosses bottes de méchants dessus, avec plein de prairies, de rivières, peuplée de gens qui s'aimaient et vivaient "en harmonie", mais j'ai toujours beaucoup d'admiration pour ces gens capables de créer une civilisation parallèle de A à Z.  
  • Des animaux qui parlent. Le traitement de la communication avec les animaux dans les romans est immanquablement une question intéressante à aborder dans un livre. On retiendra ici qu'elle est tout d'abord inconsciente chez John ; le Loric est capable de recevoir des pensées des bêtes qui l'entourent, et d'en transmettre lui aussi. Or il ne s'en rend compte qu'à la toute fin de l'histoire, lorsque Six lui apprend que Bernie Kosar n'est pas un animal "comme les autres". Il réalise alors qu'il échange avec lui depuis leur première rencontre, quelle que soit sa forme (lézard, chien...) et que cette possibilité de dialoguer avec le monde animal ne s'arrête pas à lui. Au contraire, ce nouveau don s'est progressivement développé sans qu'il y prête la moindre attention. Cette prise de conscience tardive, suivie d'un sentiment d'évidence du type "mais comment j'ai fait pour pas le voir plus tôt ?" est réussie. On est aux antipodes de L'Assassin Royal de Robin Hobb et des violents chocs de pensée entre Fitz et les animaux qu'il croise sur son chemin, ou de la fusion presque destructrice qu'il peut connaître avec son loup, Oeil de Nuit. 

Enfin, pour ceux qui auraient commencé à lire Numéro Quatre et qui auraient l'impression de n'en plus voir la fin tellement John et Sarah sont chiants à mourir, je vous encourage franchement à aller jusqu'au bout. A partir de l'incendie de la maison des James, à l'issue duquel John l'extraterrestre finit sur Youtube comme un con et se fait repérer par l'ennemi, tout s'accélère. Pour reprendre les propos de Six, le temps de la fuite se termine, il faut maintenant s'attacher à affronter les Mogadoriens en face à face. A peine a-t-on compris l'enjeu du combat imminent que le ciel se couvre, le lycée devient un champ de bataille improvisé, les méchants sortent de partout en faisant grincer leurs dents pointues et leurs poignards ensorcelés, et des bêtes aussi énormes qu'affreuses tombent sur la gueule de l'homme aux mains-lampes de poche !! Alors, alors seulement, vous pourrez être sûr que vous en avez pour votre prix !

BASTON !!!!!!!!!!!!!

A part ça, toute l'histoire est écrite au présent _dans la traduction française en tous cas, et ça m'énerve prodigieusement, parce que je trouve que certains passages sonnent faux à cause de ce choix de temps. Il me semble que ça nuit à la qualité de l'écriture, mais c'est peut-être une impression très personnelle.

Y a plus qu'à regarder le film et lire la suite !

PITTACUS LORE. Lorien Legacies, Tome 1 : Numéro Quatre. J'ai Lu, 2010. Coll. "Baam!". 446 p. ISBN 978-2-290-02357-0

Si vous voyez des fautes, signalez-les en commentaire, j'ai la flemme de me relire. Merci !