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vendredi 15 août 2025

[BD Jeunesse] Klaw - 1 - Jurion / Ozanam (2017) // Espions de famille - 1 - Gaudin / Ronzeau (2012)

Parce qu'il va bientôt falloir se remettre au boulot... 

Parce que je ne suis pas fâchée que cet été difficile tire vers sa fin, tranquillement... 



Voici deux présentations de BD pour la jeunesse.  

Klaw 1 - Eveil 

Jurion / Ozanam 

Le Lombard, 2017


Ange Tomassini a beau être le fils du patron d'une grande entreprise de poisson surgelés (du moins c'est ce qu'il croit), et rentrer du collège avec un garde du corps, cela ne s'empêche pas de se faire tyranniser par d'autres élèves. Et bien qu'il ait le pouvoir de se transformer en tigre sous le coup du stress ou de la colère, cela ne lui sert pas à grand chose car il n'a aucun contrôle sur ses mutations. 

Une altercation à la piscine a priori anodine entre lui et le copain de la fille qu'il aime va avoir des conséquences tragiques : il devient vital pour lui d'en savoir plus sur son identité et d'éclaircir les zones d'ombres de la famille Tomassini. Heureusement, il peut compter sur l'aide de Dan, son garde du corps et ami, pour apprivoiser l'esprit du tigre qui s'est logé en lui. 

"Eveil" constitue la base d'une série de 15 albums, et utilise l'action pour nous faire découvrir un univers bien énigmatique ; on va de révélation en révélation avec le héros... même si parfois, les ficelles son un peu visibles. L'inspiration des histoires de super-héros est assumée, et c'est mieux ainsi. 


Espions de famille - 1 - Bon baisers de papy 

Thierry Gaudin, Romain Ronzeau

BDkids, 2012



Amédée Caillebotis, alias B707, a été espion au service de l'Etat dans les années 60. Même s'il est à présent un peu rouillé et qu'il a rangé depuis longtemps les fléchettes hypodermiques qui ont fait sa renommée, il aimerait bien que son petit fils Alex le voie autrement que comme le papy décrépit qu'on aime bien mais qu'on trouve aussi un peu gênant. 

Alors, certes, Amédée n'aurait pas dû s'inviter à la fête d'anniversaire où Alex était sur le point d'aborder la jolie Leïla. Certes, il n'aurait pas dû l'appeler "biquet" devant ses copains. Certes, il n'aurait pas dû péter en huit sa console de jeux. Certes, il n'aurait pas dû faire  tout ça dans la même journée... 

Mais tout de même, il n'y a pas de quoi faire la tronche indéfiniment ! 

B707 va faire appel à ses anciens acolytes des Anges de Charles, et simuler sa disparition. Leur petite mise en scène va impressionner Alex, et surtout Leïla ! Mais elle va aussi arriver aux oreilles de Mordicus, l'ennemi juré de B707, qui fomente sa vengeance depuis des décennies. Lorsque les parents et la soeur d'Alex disparaissent, Papy comprend tout de suite que cette fois-ci, ce n'est pas une blague...

Une BD jeunesse qui reprend avec humour les codes de James Bond, sans trop en faire. Le message anti-âgiste est appréciable (ça m'a rappelé vite fait Octofight, en beaucoup plus soft ahah), et les portraits d'ados sont bien réussis. Lors d'un événement Babelio, le scénariste Thierry Gaudin nous avait expliqué qu'il avait été CPE et que son expérience transparaissait sans doute dans ses histoires. Il avait aussi parlé de son attachement à traiter les liens intergénérationnels, notamment l'éloignement des jeunes et de leurs grands parents à l'adolescence. 

Les dessins sont de Romain Ronzeau, tout en finesse, la valeur sûre. 


jeudi 26 mars 2020

[COMICS] Ms Marvel - Tome 1 - Métamorphose - G. Willow Wilson ; A. Alphona (2014)

Ne plus se serrer la main ; rester à distance d'un mètre les uns des autres. 
Il y a quelques jours encore, on trouvait ça aussi drôle qu'incongru. 
J'en riais devant les gosses, à gorge déployée.
"Mais range ton masque, enfin, c'est inutile !" 
J'ai pesté contre l'annulation du semi-marathon de Villepinte : celui de Paris, OK, mais celui de VILLEPINTE ! Comme si on allait être 5000 ! 
J'ai cru, moi aussi, que c'était juste une "mauvaise grippe" qui n'allait toucher que les personnes très fragiles. Il faut le reconnaître : on s'est bien plantés ! 


MS Marvel - Tome 1 - Métamorphose



L'histoire 

Jersey City, de nos jours. En dépit de ses seize ans, Kamala Khan a des allures d'enfant modèle : elle va au lycée, ne fait pas de vagues, respecte ses parents. Ses deux meilleurs amis ne sont pas populaires mais ils sont aussi fiables que de bonnes fréquentations peuvent l'être. Après les cours, elle passe ses soirées à écrire des fanfictions autour des Avengers, ces super-héros dont elle se prend à rêver les yeux ouverts. En les publiant sur Internet, elle semble bénéficier d'une notoriété qu'elle est bien loin d'avoir dans la vie réelle ! 

Kamala fait en effet partie d'une minorité aux yeux des jeunes qu'elle croise tous les jours : elle est musulmane pratiquante, ce qui leur suffit à l'associer à toute une valise de clichés plus réducteurs les uns que les autres. Elle a beau être patiente, les remarques tantôt maladroites, tantôt vicieuses de ses camarades de classe commencent à lui taper sur les nerfs ! La colère monte, tranquillement mais sûrement. L'envie de s'intégrer et de s'émanciper aussi. Quitte à gommer certaines facettes de son identité pour mieux rentrer dans le moule. 

Une BD aux couleurs chaudes comme cette soirée de bâtards sur les quais !

C'est ainsi que Kamala se retrouve à faire le mur, un soir, pour aller à une soirée ambiancée et alcoolisée sur les quais, histoire de tenter sa chance. Très vite, elle déchante : Zoé la peste locale se fout de sa gueule ouvertement et lui dit qu'elle pue le curry ; Josh le playboy relou essaie de lui faire boire de l'alcool en lui faisant croire que c'est du jus d'orange. Fiasco total, Kamala décide de rentrer à la maison, mais se retrouve prise dans un nuage de brume tératogène et tombe dans les pommes.

Quelque chose d'étrange se produit alors ; en rêve, elle rencontre son héroïne préférée Captain Marvel, accompagnée de ses acolytes Avengers. On ne sait pas encore trop s'il s'agit vraiment d'une sorte de "visitation" de ses "dieux", ou simplement d'une incarnation de sa petite voix intérieure, celle qui l'engage à se faire confiance et à se demander ce qu'elle veut, dans la vie. En tous cas, elle en profite pour leur faire part de ses désillusions et pour confier à Captain Marvel son envie de lui ressembler : si seulement elle pouvait être blonde et puissante, elle aussi ! La super-héroïne consent à lui filer un coup de pouce et à lui partage ses pouvoirs, tout en l'encourageant à croire en ses propres ressources. 

A son réveil, Kamala est métamorphosée en super-héroïne, et se lance dans une première opération sauvetage. Grâce à elle, l'insupportable Zoé échappera à la noyade sous les yeux embrumés de son copain complètement cuit : voilà de quoi prendre confiance... 


Mutation inopinée  

... ou pas... Chez les Khan, on aime bien la discrétion ! Kamala sait bien qu'une super-héroïne dans la famille laisserait tout le monde un peu perplexe : son père est tendu rien que d'imaginer que des garçons non-musulmans puissent l'approcher en dehors des cours ; sa nouvelle nature n'est pas raccord avec les traditions défendues par sa mère. Quant à son grand frère... il est juste en train de se radicaliser, au calme, sous les yeux de ses proches qui ne le prennent pas au sérieux et se foutent de sa gueule en attendant que ça lui passe. 

Pour elle, la question ne se pose pas : exposer ses pouvoirs à qui que ce soit n'est pas envisageable. Ils doivent rester secrets, si tant est qu'on puisse garder quelque chose de secret à l'ère du téléphone portable ! 

Evidemment, quelques curieux en mal de sensationnel se sont chargés de filmer le remontage de Zoé sur la terre ferme. Le lendemain, toute la ville a bien conscience qu'une nouvelle Miss Marvel est née. 



Vive les masques et la mutation physique en blonde qui accompagnent ses pouvoirs : ils ont offert à Kamala un dernier rempart à sa vie privée... pour cette fois-ci. Car, à la manière du carrosse de Cendrillon après les douze coups de minuit, ils peuvent s'en aller aussi vite qu'ils sont venus, et pas forcément au moment opportun. Apprendre à contrôler ses transformations, ses bras qui s'allongent à l'infini, cette super-héroïne qui pousse en elle _ sans être tout à fait elle_ va être une de ses priorités : il ne s'agirait pas de devenir son propre ennemi. Une vraie galère. L'adolescence, mais en pire. 


Bruno, l'asperge qui vous veut du bien 

Le piège serait de croire que Ms Marvel est simplement l'histoire d'une "super-héroïne musulmane". Même si c'est l'une des données qui contribuent au caractère original de l'oeuvre _l'islam semble assez peu présent dans les comics, du moins de ce que j'en connais... la religion de Kamala n'est pas un sujet central. Le sujet est bien présent, à travers la famille de la lycéenne et des rapports qu'elle entretient avec eux, il est bien présent dans le cercle d'amis, puisque sa meilleure amie Nakia est pratiquante, alors que son pote Bruno ne l'est pas ; mais pas déterminant. C'est plutôt d'une quête d'identité, de façon plus générale, qu'il est question dans Métamorphose : on suit la transformation progressive d'une jeune pakistanaise rêveuse et complexée par ses origines, en "sauveuse" de plus en plus puissante, de plus en plus sûre d'elle. 




Le chemin est semé d'embûches ; par chance, Kamala n'est pas seule pour les affronter. Bien sûr, Nakia est là, plus grande, plus forte, connue pour son sérieux... rassurante. Mais Bruno n'est pas en reste. A l'image d'Alex dans Buffy contre les vampires, ce personnage "secondaire" représente le bon copain sympa, sans charisme, sans pouvoir, mais dont le soutien moral et logistique est complètement indispensable à la réussite de la "vraie star". Bien entendu, il aime secrètement Kamala, au point d'être un peu trop protecteur à son goût ; elle le maltraite en conséquence. Dans ce premier tome où il est croqué par Alphona et son trait fin, Bruno est un grand type dégingandé, fort apprécié des parents Khan _c'est lui qui poucave "pour son bien" lorsqu'elle disparaît dans la brume, le fameux soir de fête_, qui travaille dans une cafétéria pour payer ses études, sous l'oeil condescendant de ses copains de classe bourges. On a hâte de voir comment il va tourner dans les prochains volumes.   

Après avoir lu ce premier tome de Ms Marvel, je comprends mieux pourquoi mon collègue prof d'arts plastiques le met systématiquement en valeur lorsqu'il présente des comics aux élèves : tous les affres de l'adolescence y sont décrits, assortis de l'espoir d'en sortir vivant.


G. WILLOW WILSON ; A. ALPHONA. Ms Marvel - Tome 1 - Métamorphose. Panini Comics. Coll. "All New Marvel Now !", 2014. ISBN 978-2-8094-4763-7 

lundi 20 juillet 2015

Lorien Legacies : Tome 1 : "Numero Quatre" ; Jobie Hughes et James Frey, alias Pittacus Lore (2010)


Ne cherchez pas de logique, il n'y en a pas. Après avoir fait la critique du tome 5 de la série Lorien Legacies dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio sans avoir lu les précédents, je me suis juste dit qu'un retour à la case départ et aux fondements de l'intrigue s'imposait pour vous comme pour moi. En conséquence, je me suis lancée pour de bon dans la lecture du tome 1 : Numéro Quatre



Pour tous les lycéens de la petite ville de Paradise, John est un gars comme un autre ; un peu distant, un peu bizarre peut-être, mais sans plus. Après tout, il vient juste de débarquer dans les fins fonds de l'Ohio, il y a de quoi faire un peu la gueule, non ? D'autant plus qu'il arrive de.. d'où, d'ailleurs ? On ne le sait pas vraiment. Mystère... 

(Pardon...)
Apparemment, le lascar vit seul avec son père en retrait de la société, mais il a déjà trouvé le moyen de se faire un pote et de séduire la fille qui est sortie avec l'un des mecs les plus populaires du lycée... Pour un nouveau, on peut dire qu'il ne s'intègre pas trop mal ! Enfin, peu importe du moment que l'équipe de foot qui représente l'école gagne son match ! 

Or, la vérité est ailleurs...

John n'est pas un humain mais un Loric, c'est à dire qu'il est né sur la planète Lorien avant qu'elle se soit ravagée par les Mogadoriens, un peuple hostile au sien. A l'issue de combats sanglants, neuf jeunes Lorics et leur tuteurs ont été mis en sécurité sur la Terre et dispatchés aux quatre coins du monde pour que leurs ennemis ne puissent pas retrouver leur trace. Ils grandiront à l'abri des menaces et plus tard, si tout se passe bien, ils seront les acteurs de la revanche loric.

Qui aurait pu prévoir que l'acharnement des Mogadoriens serait sans limites ? Dix ans plus tard, ces derniers quadrillent toujours la Terre dans la plus grande discrétion pour exterminer les survivants ; un obstacle majeur les empêche d'arriver à leurs fins : les Neuf sont liés par un sortilège et ne peuvent être tués qu'en fonction du numéro qui leur a été attribué au départ. D'abord le numéro 1, puis le 2, puis le 3 et ainsi de suite.

John est le numéro quatre. Ses trois premiers congénères ont été tués et il sait qu'il est le prochain sur la liste. C'est pourquoi son tuteur et lui passent leur vie à déménager dans des trous paumés, à changer d'identité et à tenter de se fondre dans la société sans tisser de liens trop solides avec les humains. Leur mot d'ordre : surtout, ne pas faire de vagues, ça pourrait attirer des ennuis !

Mais l'arrivée du binôme à Paradise va modifier la donne pour plusieurs raisons. D'abord, John en a marre de changer de nom, de copains et de maison tous les trois jours ; il aimerait bien se poser. Ensuite, il fait très rapidement l'expérience de sentiments qui lui étaient jusque-là passés au-dessus : l'amitié, l'amour, la colère. Enfin, les "dons" caractéristiques des Lorics commencent à se manifester chez lui et à se développer à une telle vitesse qu'il a bien du mal à les cacher et à les maîtriser. Imaginez qu'une lampe-torche vous pousse dans la main et aveugle tout le monde dès que vous vous énervez un peu.. Pas facile à gérer, non ? Pourtant, John n'est pas une tête brûlée ; il sait qu'il porte l'héritage d'une planète déchue et qu'il est en danger de mort lui-même. Plus tard, s'il survit, s'il s'entraîne afin d'exploiter au maximum son potentiel, il sait qu'il sera en mesure de s'allier à ses cinq homologues pour venger ses ancêtres.


Un extraterrestre en ébullition

Le Lumen est le premier d'une longue série de dons plus ou moins lourds à porter pour Numéro Quatre, qui est quand même, à mon avis une figure de l'adolescent dans toute sa splendeur. Son tuteur est à l'affût de l'expression de ces petits cadeaux de la nature de la même manière qu'un jeune nabot pré-pubère scrute quotidiennement dans le miroir l'éclosion laborieuse de ses poils. Et quand enfin ses facultés d'éclairage apparaissent, il ne sait absolument pas quoi en faire. Puis c'est l'avalanche : télékinésie, résistance au feu, accroissement de la rapidité... John ne sait plus où donner de la tête d'autant que son père spirituel se transforme alors en coach sportif de plus en plus exigeant et surexcité. Mais comme c'est un garçon sage et responsable, il arrive bien vite à se canaliser et à composer avec ses nouveaux attributs.




Il faut dire qu'il écoute plutôt bien les conseils de Henri, ce maître à penser tout calme qu'il a appris à suivre les yeux fermés ; seulement, le Loric aux mains de lumière ne peut s'empêcher de braver quelques interdits pour aller se fourrer dans des situations dangereuses avec la belle Sarah et Sam, son bon pote amateur d'extraterrestres et cliché ambulant du geek à lunettes asocial. John sait qu'il ne doit pas s'attacher aux humains, que la Terre n'est qu'une cachette temporaire pour lui, qu'une femme loric, c'est bien autre chose qu'une femme humaine, mais voilà ! l'amour et l'amitié sont les plus forts ! C'est décidé, il ne luttera pas plus longtemps contre les assauts de son coeur, parce que merde !! voilà !!
 
Puisque vous n'arrêtez pas de le faire chier, John va partir faire un jogging tranquillou à 320km/h dans les bois avec son chien super intelligent qui l'a élu comme maître à son arrivée dans l'Ohio !


Etrange, n'est-ce pas ?? Ne sentez-vous pas un potentiel magique chez ce clebs ??  
C'est louche tout ça !
La suite nous dira que papa avait raison, puisque ce sont ses nouveaux amis qui vont, bien malgré eux, le sortir de l'anonymat et précipiter les événements : John va se faire repérer des Mogadoriens en faisant la une des médias locaux pour avoir sauvé Sarah des flammes lors de l'embrasement de la maison familiale de Mark James. Le footballeur avait profité de l'absence de ses parents pour organiser une fête à la mesure de sa popularité. Précisons que l'incendie a été en partie causé par Sam qui, tout occupé qu'il était à lécher les seins la pomme de sa copine Emily dans la cave, a fait tomber une bougie...

Un départ mou du genou mais un final turbo 

Si, dans une première partie du roman, on est plus tenté de se laisser porter par le quotidien de John que de s'y plonger franchement, les soixante dernières pages nous captivent car elles marquent le début d'une action sans relâche. Alors on ne remerciera jamais assez Sam d'avoir foutu le feu chez Mark James, même si c'était involontaire !

Et ça fait du bien. Car lorsque j'ai commencé à lire la rencontre entre John et Sarah, je me suis exclamée : "Oh putain ! Ca va être Twilight version extraterrestre ce bordel !" Par chance, j'étais seule dans la laverie.

J'ai pas de vidéo du moment où ils courent comme des cons au milieu des fleurs en se tenant la main.
Dommage

Je ne sais pas si c'est parce que je venais de voir la dame qui me fait peur, ou juste parce que j'étais mal lunée, mais les premiers chapitres m'ont semblé rebutants à souhait..

Déjà, le héros m'a énervée direct : trop gentil, propret, manquant visiblement de personnalité, racontant le passé de Lorien avec une certaine froideur _ce qui peut s'expliquer vu que ses souvenir remontent à une dizaine d'années... On voit arriver gros comme une maison qu'il va bien s'entendre avec Sam et Sarah lui tombe toute cuite dans le bec, sans qu'il ait besoin de la draguer très longtemps.

Les méchants Mogadoriens sont tellement méchants qu'ils ont le sang noir et que quand ils meurent, ça fait un tas de cendres ; d'ailleurs, le grabuge de la fin me donne envie de récupérer toute cette poussière brûlée pour mes poules. Comme chacun sait, y a pas mieux pour l'épouillage.


Séance d'épouillage entre copines


Quant à Mark, stéréotype du sportif écervelé qui voit rouge dès qu'un type s'approche trop près de celle qu'il aime _ mais qui l'a largué !, on regrette que son personnage n'ait pas été plus creusé même si la fin de ce premier volet de Lorien Legacies laisse entrevoir un semblant d'ouverture dans sa cervelle obtuse. A suivre...

Devinez quoi : les gentils sont très gentils et ils se font des câlins dès qu'ils en ont l'occasion. J'exagère à peine. Sam est attendrissant dans son rôle de crevette à binocles bizutée et passionnée de vie extraterrestre depuis que son père a été enlevé par les petits hommes verts _c'est du moins ce dont il est convaincu ! Va-t-il seulement parvenir à se libérer de sa mère castratrice ? La palme de la niaiserie revient à la relation qui unit Sarah et John, car elle est agaçante au possible. Je m'aime, tu m'aimes, nous nous aimons alors nous nous léchons la gueule dès que nous le pouvons et nous soupirons dès que nous ne le pouvons plus ! Bordel ! Était-ce vraiment nécessaire de faire de leur idylle une histoire aussi mielleuse dès le début, dégoulinante de partout et sans aucune pudeur ?? Tout ça parce qu'elle lui a appris à faire une crêpe à peu près correctement en cours d'"économie domestique" _ouais, ouais, ils ont des cours de cuisine ! et parce qu'il a bien voulu l'aider à nouer son tablier à la même occasion. Enfin, comme vous le savez depuis le temps, je ne suis pas fan des histoires d'amour dans les romans quand je sais que l'action, la vraie, ne demande qu'à éclabousser tout le monde quelques pages plus loin.

LA VIE !! J'ai seulement tapé "couple niais" sur Google et je suis tombée sur eux !! 

Eh oui, bien que je n'arrête pas de baver dessus depuis tout à l'heure, je le dis : Numéro Quatre a des arguments pour plaire et ne vole pas son succès. 

  • Le potentiel camouflage. Pour vivre heureux, vivons cachés ! Henri et John ont développé un art de la dissimulation et du changement d'identité que les auteurs nous présentent à demi-mot et qui en surprendra plus d'un. Les situations à risque sont d'autant plus difficiles à gérer, et les secrets d'autant plus lourds à garder qu'ils sont deux à en avoir la responsabilité. Histoire de nous rappeler qu'un bon mytho monté en binôme ne tient que si la confiance et la complicité sont au rendez-vous. Du coup, du haut de ses quinze ans (ou à peu près), John a déjà acquis le réflexe de ne rien laisser traîner derrière lui.   
  • La diversité des dons. La transmission de pensée, on connaît. La télékinésie, on a déjà vu. La communication avec les animaux : aussi, mais ça marche toujours. Le mythe de l'homme invisible : rebattu, mais tellement efficace ! Par contre, les lumières dans les mains, il fallait y penser !  
  • Un monde à part. Les auteurs ont le mérite d'avoir crée l'univers d'un peuple détruit, d'une planète ravagée. Bon, apparemment la planète Lorien ressemblait un peu au monde des Bisounours avant que les Mogadoriens posent leurs grosses bottes de méchants dessus, avec plein de prairies, de rivières, peuplée de gens qui s'aimaient et vivaient "en harmonie", mais j'ai toujours beaucoup d'admiration pour ces gens capables de créer une civilisation parallèle de A à Z.  
  • Des animaux qui parlent. Le traitement de la communication avec les animaux dans les romans est immanquablement une question intéressante à aborder dans un livre. On retiendra ici qu'elle est tout d'abord inconsciente chez John ; le Loric est capable de recevoir des pensées des bêtes qui l'entourent, et d'en transmettre lui aussi. Or il ne s'en rend compte qu'à la toute fin de l'histoire, lorsque Six lui apprend que Bernie Kosar n'est pas un animal "comme les autres". Il réalise alors qu'il échange avec lui depuis leur première rencontre, quelle que soit sa forme (lézard, chien...) et que cette possibilité de dialoguer avec le monde animal ne s'arrête pas à lui. Au contraire, ce nouveau don s'est progressivement développé sans qu'il y prête la moindre attention. Cette prise de conscience tardive, suivie d'un sentiment d'évidence du type "mais comment j'ai fait pour pas le voir plus tôt ?" est réussie. On est aux antipodes de L'Assassin Royal de Robin Hobb et des violents chocs de pensée entre Fitz et les animaux qu'il croise sur son chemin, ou de la fusion presque destructrice qu'il peut connaître avec son loup, Oeil de Nuit. 

Enfin, pour ceux qui auraient commencé à lire Numéro Quatre et qui auraient l'impression de n'en plus voir la fin tellement John et Sarah sont chiants à mourir, je vous encourage franchement à aller jusqu'au bout. A partir de l'incendie de la maison des James, à l'issue duquel John l'extraterrestre finit sur Youtube comme un con et se fait repérer par l'ennemi, tout s'accélère. Pour reprendre les propos de Six, le temps de la fuite se termine, il faut maintenant s'attacher à affronter les Mogadoriens en face à face. A peine a-t-on compris l'enjeu du combat imminent que le ciel se couvre, le lycée devient un champ de bataille improvisé, les méchants sortent de partout en faisant grincer leurs dents pointues et leurs poignards ensorcelés, et des bêtes aussi énormes qu'affreuses tombent sur la gueule de l'homme aux mains-lampes de poche !! Alors, alors seulement, vous pourrez être sûr que vous en avez pour votre prix !

BASTON !!!!!!!!!!!!!

A part ça, toute l'histoire est écrite au présent _dans la traduction française en tous cas, et ça m'énerve prodigieusement, parce que je trouve que certains passages sonnent faux à cause de ce choix de temps. Il me semble que ça nuit à la qualité de l'écriture, mais c'est peut-être une impression très personnelle.

Y a plus qu'à regarder le film et lire la suite !

PITTACUS LORE. Lorien Legacies, Tome 1 : Numéro Quatre. J'ai Lu, 2010. Coll. "Baam!". 446 p. ISBN 978-2-290-02357-0

Si vous voyez des fautes, signalez-les en commentaire, j'ai la flemme de me relire. Merci !