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dimanche 19 juillet 2026

[BD] Les grandes grandes vacances - Emile Bravo / Paul Leluc / Gwénaëlle Boulet (2021)

Les grandes grandes vacances - 1 - "Drôle de guerre" 

Dessins : Emile Bravo - Réalisation : Paul Leluc - Adaptation : Gwénaëlle Boulet 

Bayard Jeunesse, 2021   

Publiée dans le magazine Astrapi avant de sortir en 5 tomes dans la collection BD Kids. 

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la série animée Les grandes grandes vacances, régulièrement diffusée à la télé depuis 2015. Il est à présent disponible sur la plateforme Lumni, c'est dire si ça rigole plus, on est carrément dans de la ressource pédagogique, là !!  

Personnellement, c'est via son adaptation en BD que je la découvre. 


Eté 1939, à l'aube de la seconde Guerre Mondiale. Ernest et Colette et leurs darons viennent passer quelques semaines de vacances chez papi et mamie en Normandie, le temps que leur mère atteinte de tuberculose puisse respirer un air meilleur. Du moins, c'est la version officielle... 

Très vite, les parents repartent en les laissant aux bons soins des grands parents, l'un parce qu'il est mobilisé, l'autre parce qu'elle doit se soigner pour de vrai ; les petits Parisiens comprennent qu'ils ne sont pas près de revoir la capitale, pour le plus grand bonheur de Colette, encore insouciante, et au grand désarroi d'Ernest, qui n'aime pas trop la campagne. 

Entre incertitude, grands espaces, amitiés et chamailleries avec leurs nouveaux camarades, ils ne savent pas encore que les mois à venir vont changer leurs vies... et que le pire est à venir.  

A souligner : cette BD est apparue à plusieurs reprises dans le cahier de suggestions mis à disposition des élèves au CDI, et j'avoue que ça m'a pas mal intriguée, tellement elle détonnait au milieu des shônen et autres mémoires de Tiktokeurs !  

Ce premier album est accessible aux jeunes lecteurs à partir de 8-10 ans : le contenu demeure soft, en dépit du contexte historique sombre ; on y parle des débuts de la guerre tels qu'ils ont été vécus par la population rurale des environs de Dieppe, avec ses premières restrictions alimentaires et son hostilité envers les gens venus d'ailleurs. Malgré tout, la vie continue ; Colette, Ernest vivent leur enfance à peu près normalement, en construisant des cabanes, en allant à l'école et en partant à la découverte du village de leur mère. 

Il est beaucoup question de rejet face aux gens "d'ailleurs", toujours contrés par un message d'ouverture d'esprit transposable à n'importe quelle époque : c'est appréciable. 

Un dossier pédagogique bien documenté clôture l'album : il est assez éclairant sur les éléments historiques évoqués au fil des planches (à savoir, la déclaration de guerre, les surnoms donnés aux Allemands, la ligne Maginot, la "drôle de guerre")... 


  



  


jeudi 1 janvier 2026

[BD de la Médiathèque de la Canopée] Everything is fine - 1 - Mike Birchall (2021) / Quatre couleurs. Blaise Guinin (2014)

Pour commencer l'année, un petit article sur les derniers livres empruntés à la médiathèque de la Canopée en 2025, avant que ma carte soit bloquée... pour retours tardifs (oui c'est un comble ! Mais j'ai tenu plus de 10 ans sans pénalité !) 


Everything is fine - Volume 1 

Mike Birchall 

Webtoon, 2021 



A première vue, "tout va bien" pour Maggie et Sam. Le jeune couple semble bien intégré dans une zone pavillonnaire, où ils croisent régulièrement d'autres habitants très sympathiques, et qui ont à peu près les mêmes têtes de chats kawai qu'eux ! 

Pourtant, quelque chose sonne faux dans cette ambiance toute douce : une tasse qui tombe, un voisin qui se montre réticent à répondre aux invitations à un dîner, un agent de police qui gratte au carreau... des protagonistes qui "savent" et s'encouragent à "oublier", sans jamais perdre ni leur calme ni leur sourire. 

Au fil des chapitres, la tension monte et les non-dits prennent de plus en plus de place dans les échanges, mettant forcément le lecteur sur le qui-vive et/ou mal à l'aise... Ce n'est pas pour rien que ce comics classé en "horreur" fait l'objet d'un avertissement ; pas si gore que ça visuellement, l'atmosphère qu'il dégage le rend dur à encaisser.  

Il s'est passé quelque chose dans le petit monde pastel de Sam et Maggie, mais quoi ? On s'attend à ce qu'une terrible révélation nous pète à la gueule à chaque page... mais il faudra attendre le second tome pour avoir le fin mot de l'histoire. 

Pour les amateurs de Happy Tree Friends et de Desperate Housewives... mais définitivement pas pour les enfants, ne vous arrêtez pas aux petits chats ! 

Avant de sortir dans sa version papier, Everything is fine a d'abord été publié en version numérique sur Webtoon, où il est encore consultable, sauf erreur de ma part. 


Quatre Couleurs (BD) 

Blaise Guinin

Vraoum, 2014



Qui bosse dans un collège ne peut passer devant une BD intitulée Quatre Couleurs _en référence au célèbre stylo Bic_ sans ressentir quelques palpitations ! Je n'ai jamais trop compris l'engouement pour ces stylos que les élèves adorent exhiber, chaparder et collectionner, mais le fait est qu'il perdure au fil des ans... 

Alors forcément, cet "album-OVNI" entièrement écrit et dessiné au stylo quatre-couleurs par Blaise Guinin a attiré mon attention la dernière fois que je suis passée à la bibliothèque.

L'histoire. 

Grégoire est un étudiant glandeur qui profite pleinement de son statut de fils à papa : sa vie se résume à sortir, boire, baiser, aller à la piscine... et cela lui convient. Or voilà deux fois qu'il repique sa première année de fac, et ses parents en ont marre. Il n'a plus droit à l'erreur s'il veut continuer ses études. Il pourrait se mettre à bosser, tout simplement, mais... c'est tellement plus fun de tricher ! Il décide d'échanger son identité avec son meilleur ami Pierre (sans hésiter à le mettre dans la sauce) pour avoir de meilleures notes aux examens. Au début, le procédé a des airs de blague potache et devient source de rencontres féminines prometteuses pour les deux étudiants dans leurs amphis respectifs. Jusqu'au jour où Grégoire voit débarquer dans son cours la brune Chloé, une ex pleine de rancœur. 

Avis :

J'étais partie pleine d'idées reçues en feuilletant cette BD, en pensant que ça allait être la succession des souvenirs de fac d'un gars devenu adulte (et nostalgique). En fait, pas vraiment (ou pas seulement) ; après quelques planches, l'histoire prend une tournure très sombre et elle devient captivante. On découvre un héros aux multiples facettes, qu'on trouve d'abord banal d'égoïsme, puis assez antipathique dans son rapport aux femmes, aux gens de manière générale. Fallait oser mettre en scène un gus comme celui-là...

A présenter en CDI de lycée ? pourquoi pas ? Quatre Couleurs a 10 ans déjà, mais parle bien des relations entre hommes et femmes dans la vingtaine. Pour info, il y a beaucoup de nus ! 

A découvrir, ne serait-ce que pour la forme inédite de l'ouvrage. 



jeudi 24 octobre 2024

[LECTURES DE VACANCES] Drôles de questions pour vivre ensemble - Collectif (2021)

Drôles de questions pour vivre ensemble

Ouvrage collectif auquel ont participé Sylvie Baussier et Halfbob, entre autres. 

Fleurus, 2021


Une fois n'est pas coutume, voici un livre documentaire pour la jeunesse qui aborde différentes facettes de la vie en société. 

Epais de 190 pages, Drôles de questions pour vivre ensemble soulève, comme son titre l'indique, les questions que les enfants peuvent se poser sur la famille, l'école, les droits et les devoirs de chacun, les réseaux sociaux... A chaque fois, une réponse claire et concise est apportée en quelques paragraphes agrémentés d'illustrations et de petits encarts de type "le saviez-vous ?". 

Au début, j'ai eu quelques craintes en feuilletant l'ensemble, redoutant que la succession de questions / réponses sur une page ou une double page cause un effet fourre-tout et rende difficile la consultation, dans le cas d'une recherche d'informations pour un exposé, par exemple. Mais en fait, ça va : le livre est bien structuré en 6 grands chapitres thématiques reconnaissables par un code couleur, et le sommaire est assez détaillé pour qu'on puisse s'y retrouver facilement. 

"Qui est "normal"?"

"Pourquoi paie-t-on des impôts ?"

"Pourquoi écrit-on de gauche à droite ?" 

"Combien serons-nous en 2050 ?"

Un poil provocatrices (sciemment), les questions suscitent bien la curiosité et les réponses me semblent satisfaisantes et adapté aux 12 ans et plus. On n'échappe pas à certaines maladresses sur certains points (mais rien de bien méchant à mon sens) et le format ne laisse pas de place à la citation des sources _ même si on sent bien que les réponses sont documentées. Le chapitre sur les réseaux est vraiment pédagogique et instructif, même si le livre a déjà 4 ans _ce qui est déjà vieux à l'ère d'Internet.  

Qu'elles soient philosophiques ou bien plantées dans le concret, ces "drôles de questions" vous permettront forcément d'apprendre quelque chose ou au moins d'y réfléchir. 


dimanche 22 octobre 2023

[BD] Camélia - Face à la meute. Cazenove / Bloz / Nora Fraisse (2021)

"Tu as vu ça, ce jeune de quinze ans qui s'est suicidé encore, parce qu'il se faisait harceler ? 

_ Oui... 

_ Et après on en fait des tonnes sur l'abaya... Laisse-le passer, lui, tu vois bien qu'il force. 

_ L'abaya, c'est un problème créé de toute pièce pour faire diversion. Le harcèlement scolaire, ça c'est un vrai fléau à combatte. 

_ Moi je dis... ok, l'école est sûrement responsable, mais les familles ont leur rôle aussi. Attention, là c'est 50 ! Si l'enfant harcelé ne parle pas de ce qu'on lui fait à ses parents, c'est qu'il y a un problème. Serre à droite. Ils ne sont pas à l'écoute, ou pas disponibles, ou l'enfant n'a pas confiance, je sais pas..." 

Durant une année passée à conduire plusieurs soirs par semaine, j'ai eu l'occasion de discuter avec une bonne vingtaine de moniteurs _ j'étais inscrite en auto-école, mais, pour pratiquer plus fréquemment, je complétais ma formation avec des profs indépendants via des applications dédiées. D'un point de vue humain et pédagogique, ça s'est toujours bien passé. Mais je remercie particulièrement le "noyau dur" de ceux qui ont assuré l'essentiel de mon parcours. Parmi eux figure Rachid, de l'auto-école. Rachid a vraiment été un bon prof. Dans la vie, ce doit être un type droit, ça se sent. Il s'intéresse à tout, et notamment aux questions éducatives : c'est vrai qu'il a vu passer un paquet de lycéens dans sa voiture.

 On tombe souvent d'accord, mais ce jour-là, on a pas mal débattu sur la route du centre d'examen de Rosny. Des profs, des cours d'empathie et des ateliers massages au Danemark. Parce que non, ce n'est pas si simple de dire à ses parents qu'on se fait bousculer, même si on les aime et qu'ils nous aiment. Surtout dans ce cas-là, en fait. Entre la honte de n'être pas capable de se défendre, la peur d'inquiéter et de rendre triste, de mettre ceux qui pensent nous protéger face à leur échec, les raisons de garder le silence ne manque pas. 

Cette conversation m'a remis en mémoire une bande dessinée commandée pour le CDI l'année dernière : Camélia - Face à la meute. Née des talents et des expériences de Bloz, déjà connu pour Seule à la récré, de Cazenove et de Nora Fraisse, elle est sortie en 2021 chez Bamboo.    

En vrai, je l'ai rachetée récemment car une élève de troisième a oublié de le rapporter en fin d'année dernière et j'ai complètement zappé de la "bloquer" lors de la restitution des manuels scolaires. Mais faut pas le dire.   

Pour Camélia, l'année s'annonce bien à l'internat des Sources : elle entre en seconde, retrouve ses habitudes aux côtés de sa meilleure amie, et, pour ne rien gâcher, elle s'est affinée pendant les vacances. Son surnom de Bouboule n'a plus lieu d'être. 

C'est sans compter sur Valentine et ses amies, jamais à cours de mauvaises blagues et bien décidées à passer à la vitesse supérieure maintenant qu'elles sont au lycée. Lorsqu'elles se rendent compte qu'il y a possibilité de quelque chose entre Camélia et le BG de la classe, elles décident de définitivement lui pourrir la vie. Et ça va marcher : rumeurs dans les groupes de messagerie instantanée, photos truquées, coups de pression bien efficaces sur la copine d'enfance, boulettes de shit placées stratégiquement... la jeune fille va sombrer peu à peu. Heureusement, il n'y a pas que des cons au lycée : les soutiens sont comme des champignons rares, ils poussent exactement là où on ne les attend pas. 

Camélia - Face à la meute parle du harcèlement, cette gangrène de l'humanité qui se déclare depuis des lustres dans les groupes de jeunes, et qui devient enfin une préoccupation de premier plan pour l'Éducation Nationale. Est-ce qu'on y trouvera une solution ? Je ne suis pas optimiste : s'il y a bien quelque chose qu'on a en commun avec les animaux, c'est notre propension à nous associer pour mettre sa race au plus faible ou a celui qui se distingue du lot. Chez les volailles, on parlerait de piquage. Chez les hommes, on parle de harcèlement. Cela n'a rien à voir avec l'école, si ce n'est que le système scolaire induit une forte concentration de jeunes au même endroit pendant des heures entières, favorisant ainsi la propagation du virus de la connerie.    

En tous cas, il faut continuer à se battre avec les armes qu'on maîtrise le mieux ; pour les artistes et les écrivains, publier des fictions à destination des jeunes est une façon de mener le combat, et elle vaut bien les autres. En l'occurrence, l'ouvrage dont on parle aujourd'hui me semble plutôt destiné aux collégiens (même si ça se passe au lycée) et a l'avantage de traiter un maximum des aspects du problème en un minimum de planches : 

- le "triangle" massacreur formé par la victime, le bourreau et les suiveurs qui craignent pour leur gueule, avec des rôles qui fluctuent au fil du temps. Le personnage de Ryan est particulièrement intéressant : passé de harcelé à harceleur "pour se protéger" en fin de collège, il devient le gars sûr de l'héroïne qui peine à lui accorder sa confiance _ et, à la lecture des premières planches, on la comprend.  

- l'importance mais aussi les limites des séances de prévention mises en place dans les établissements scolaires : Camélia perçoit la bienveillance de sa prof de français, et le discours qu'elle tient l'aide vraiment à tenir. Quant aux harceleurs, ils ont tous conscience que ce qu'ils font est mal, mais ça ne les empêche pas de continuer au nez et à la barbe des adultes...

- les points d'attaque qui font mouche, souvent axés sur le poids, une sexualité exacerbée ou non hétéro, une dépendance aux drogues ou une tendance à en faire le commerce.  

- le cheminement intérieur de la victime, qui n'aspire qu'à rompre l'isolement subi, mais qui a peur de saloper les bons moments passés en famille  

- les failles de communication et d'analyse des adultes. On voit bien que tout le monde était plein de bonnes intentions dès le début, mais n'y a vu que du feu.

- il suffit d'un agglomérat de petits détails insignifiants pour faire de vous une tête de turc : un micro-événement resté dans les mémoires, un surnom mal trouvé ("Camé" pour Camélia c'est pas l'idée du siècle), une chute malencontreuse sur votre pote en cours de lutte et une amitié naissante avec un beau gosse qui font de vous une "fille facile"...    

- la dimension "cyber" du harcèlement, qui s'est développée avec la généralisation des smartphones. 

- un même lieu peut être à la fois un paradis et un enfer, selon qu'on est plus ou moins bien accompagné. 

Le fascicule documentaire en fin d'album est clair, complet et exploitable en classe. 

Seul bémol : j'ai trouvé peu convaincante la séquence du spectacle de fin d'année, où Camélia et ses amis scandent un petit rap sur fond de "harceler c'est pas bien" avec un gros 3020 tatoué sur le front. Euh... comment dire...  Non ? Je pense que si on tente ça avec un groupe d'élèves dans le collège où je bosse, ils risque fort de se faire afficher sur tous les réseaux sociaux de la Terre avant 17h30 (ouais ouais, portable interdit, on sait), avant de se faire lapider en franchissant la grille. Mais c'est vraiment critiquer pour critiquer, car dans l'ensemble, la BD est top, agréable à l'oeil, réaliste, relativement optimiste et nécessaire. Merci aux auteurs de l'avoir fait exister.       

Bloz a participé à Seule à la récré, un autre album qui aborde les mêmes questions. Quant à Nora Fraisse, elle a créé l'association Marion, la main tendue, qui lutte contre le harcèlement scolaire. 

Cazenove ; Nora Fraisse ; Bloz. Camelia - Face à la meute. Bamboo Edition, 2021. 72 p. ISBN 978-2-8189-7717-0

vendredi 28 octobre 2022

[PRIX LITTÉRATURE JEUNESSE ET ANTIQUITÉ] Pénélope, la femme aux mille ruses - Isabelle Pandazopoulos (2021)

 C'est reparti pour le PLJA !

Cette année, ce sont les latinistes de 5° et de 3° qui vont se prêter au jeu en lisant les quatre livres de leurs sélections respectives.

Le roman Pénélope, la femme aux mille ruses ouvre le bal pour la catégorie 5° ; j'ai toujours l'espoir d'écrire un billet pour chacun des huit titres qui vont nous concerner à tous, les nabots, la prof de latin et moi. C'est beau de rêver.


L'histoire 

Non, Pénélope n'est pas juste la femme d'Ulysse ou la cousine moche d'Hélène de Troie !! Dans ce roman destiné aux jeunes lecteurs et écrit par l'autrice Isabelle Pandazopoulos, c'est elle qui mène la danse. On retrace toute sa jeunesse, de son enfance en Acarnanie (une région de la Grèce), jusqu'au retour d'Ulysse à Ithaque, à l'issue de la guerre de Troie et de ses multiples retards à durée indéterminée. 


Si "l'homme au mille ruses" emploie son intelligence à jouer des tours à l'ennemi sur le champ de bataille, et à s'extirper de situations plus dangereuses les unes que les autres, Pénélope filoute au quotidien pour le seul maintien d'un statut, d'un moral, d'un royaume... d'une simple qualité de vie pour laquelle son mari ou des frères n'auraient pas à batailler. Très jeune, elle décide que pour conserver un semblant de liberté dans un univers où les femmes n'en ont pas vraiment, tous les coups seront permis. La ruse passe d'abord par s'imposer auprès de ses frères, se rendre indispensable à son père, garder le contrôle sur le choix de son mari, sur la force de ses sentiments...  

Si toi aussi tu as lu les aventures d'Ulysse en sixième, si toi aussi tu as demandé ce que Pénélope pouvait bien faire pendant que le héros éborgnait le cyclope, et qu'on t'a regardé bizarre avant de te répondre que c'était pas le propos... alors ce livre est peut-être pour toi !



Bon, il faut aussi reconnaître que la représentation courante qu'on a de Pénélope (à supposer qu'on en ait une...) est celle d'un "modèle" de vertu, de droiture, de fidélité. C'est la mère et l'épouse idéale, irréprochable en tous points. J'avoue que j'espérais que ce roman serait une occasion de présenter une facette plus nuancée de cette femme forte de la mythologie, mais ce n'est pas le cas, et c'est sans doute très bien ainsi. Encore que l'autrice n'hésite pas à dépeindre quelque chose qui est traité plus discrètement dans ma vieille édition de poche de L'Odyssée achetée il y a bien longtemps pour les besoins de mon année de DEUG 1 - Lettres modernes : la phase de dépression de Pénélope au départ d'Ulysse pour la guerre de Troie. Ce choix est louable, à mon sens, d'autant plus que l'héroïne ne nie pas sa fragilité et peut ainsi se reprendre en main. 

Mais l'apparence lisse de la reine d'Itaque par intérim m'a posé question. Après quelques recherches (rapides), je suis tombée sur la version numérique d'une thèse remaniée en publication monographique intitulée Pénélope, Légende et mythe et par Mme Marie-Madeleine Mactoux (1975). Loin de moi l'idée d'en parler en profondeur _je ne me le permettrais même pas si j'avais tout lu, mais si cela vous intéresse, allez la parcourir. Sa rédactrice y compulse diverses évocations de la figure de Pénélope, dans l'œuvre d'Homère et dans l'œuvre de Pausanias notamment, et note différentes possibilités d'interprétation des textes. Forcément, deux de ses grandes forces, à savoir son amour pour Ulysse et sa fidélité à toute épreuve, sont mises à mal. 


 
Thug mais pas trop

Pas simple d'aborder sous un angle novateur et féministe les géants indéboulonnables de la mythologie. En cela, Isabelle Pandazopoulos a réussi cet exercice de contorsion qui consiste à broder un peu de fiction dans une œuvre classique qu'on se doit de respecter... Je ne suis pas une spécialiste de l'épopée homérienne, mais, mis à part les chapitres sur son enfance qu'on devine un peu romancés, les évènements racontés dans ce livre correspondent à ce qui est dit de Pénélope dans l'Odyssée. Pour les enfants, ça peut donc être une lecture sympa à faire en miroir des aventures d'Ulysse. 

Mais ça bride aussi pas mal les possibilités d'émancipation pour la jeune héroïne. Car Pénélope, aussi badass et maligne soit-elle, est et sera toujours la femme d'Ulysse, éternellement reléguée au second plan. En l'absence d'Ulysse, elle doit assurer la bonne marche du foyer et du royaume, et le fait avec tout le sens du devoir qui transparaît au fil des chapitres de ce roman pour les jeunes. Tout le monde semble attendre d'elle qu'elle soit "à la hauteur", ni plus, ni moins, et beaucoup pensent qu'elle n'y parviendra pas. Aussi, Pénélope est une doublure de luxe qui s'acquitte bien de sa tâche mais qui termine son mandat sur les rotules et qui apprécie bien d'être sauvée par son roi, à la fin. C'est là qu'on aimerait qu'il y ait une suite inventée de toute pièce, pour voir un peu ! Après tout, un mythe n'a jamais fini de se construire et de se faire décortiquer.  


Ahaha, jusqu'au bout j'ai pensé que j'allais résister à la mettre.
Mais finalement non ! Désolée !!

Pénélope la femme aux mille ruses fait partie de la collection "Héroïnes de la mythologie" (Gallimard jeunesse) ; les différents titres qui la composent sont de la plume de Mme Pandazopoulos, et les très belles illustrations, chatoyantes en couverture et oniriques à l'intérieur sont signées Gazhole.  

Ce roman a remporté le Prix Chateaubriand des collégiens 2022

A partir de 10 ans, très adapté au collège pour les 6°-5°, au CDI ou dans le cadre d'une lecture d'œuvre intégrale en cours de français ou de latin. 

Merci à l'association Arrête ton char pour la mise en place du Prix Littérature Jeunesse et Antiquité !

mardi 25 octobre 2022

[LE GOUINISTAN VAINCRA (ou pas)] Joe la pirate - la vie rêvée de Marion Barbara Carstairs. Hubert ; Virginie Augustin (2021)

Joe la Pirate prend la forme d'une imposante bande dessinée grand format de plus de 200 pages, à compter parmi les beaux livres. Contrairement à ce que le sous-titre La vie rêvée de Marion Barbara Carstairs laisse entendre, les planches suivent de près l'existence bien réelle qu'a mené cette femme de caractère, présente sur tous les plans traditionnellement réservés aux hommes : mécanique, pilotage, mobilisation, acquisitions de grande ampleur... 

Elle a forcé le destin pour pouvoir s'engager (à son échelle) dans les deux guerres mondiales ; elle a crée une compagnie de taxis féminins dans les années 1920. Plus tard, elle a fait le tour du monde et à découvert la navigation. Elle est devenue championne de course de bateaux à moteur, battant ses concurrents masculins à plate couture. Elle a acheté une île aux Bahamas, en a fait son "royaume autogéré", et à voulu rendre les îles voisines indépendantes. A bien des niveaux, elle a été féministe avant l'heure et peut-être sans le savoir. Pourtant, ce que l'Histoire retient de Marion Barbara Carstairs, alias Joe la Pirate, c'est qu'elle a chopé Marlène Dietrich et quelques autres grosses pointures de l'époque, le tout habillée en homme. Et encore... ça, c'est dans le meilleur des cas. 

En effet, je fais partie des gens qui n'avaient jamais entendu parler d'elle avant de lire cette BD colossale signée Hubert au scénario (l'un de ses derniers...) et Virginie Augustin au dessin, dans un style alternant trait franc, clair, et zones d'ombres _ comme l'héroïne, en fait. 

Si on veut parler de roman graphique, je crois que c'est le moment : découpé en une dizaine de chapitres, La vie rêvée de Barbara Carstairs s'appuie solidement sur l'existence bien réelle d'une petite-fille de magnat du pétrole américain éprise de liberté, "queer dans la matrice", mais aussi prompte à se laisser griser par le pouvoir. Au-delà de son intérêt historique, cet album offre une réflexion sur des thèmes universels : l'acceptation du corps, le genre, la colonisation, la solitude... Il peut être lu comme une ode à la confiance en soi. Les succès de Joe, tant sentimentaux que politiques et sportifs, sont dus en partie à son audace et à sa conviction d'être capable d'arriver à ses fins. Sa "vie rêvée" devient ainsi sa vie réelle _ on est du moins en droit d'interpréter le titre de l'œuvre de cette façon.       


Concernant les mouflets : 

CDI Lycée : OK, et même recommandé ! Il me semble l'avoir vu dans les critiques de je ne sais plus quel numéro d'InterCDI, mais peut-être que je me trompe. 

En revanche, je ne me risquerai pas à le mettre en libre accès au collège : il y a quand même pas mal de nus et de scènes de baise. Cela dit, une étude d'extraits pour des 4°3° peut être sympa. Oui, je reconnais avoir eu quelques craintes en tournant les premières pages de la BD : il m'a semblé qu'on se focalisait beaucoup sur la sexualité décomplexée et rapidement débridée de cette jeune femme intrépide. Certes, c'était important de présenter cette partie de la vie de Marion Barbara Carstairs, mais tout de même, elle avait sans doute fait mieux que se contenter de tringler toutes les filles croisées sur son chemin... 

Heureusement, les deux auteurs de cette biographie dessinée, ont su lui rendre justice et ont trouvé le moyen d'accorder une part conséquente à tous les temps forts _et il y en a eu_ de sa vie. Sans eux, nous aurions sans doute été nombreux à passer à côté de Marion Barbara Carstairs, une femme aux multiples facettes, dont certaines n'étaient pas très reluisantes. On a quand même affaire à une bonne richouse colonialiste, et ce n'est pas du tout passé sous silence.   

Hubert ; Virginie Augustin. Joe la Pirate - la vie rêvée de Marion Barbara Carstairs. Glénat, 2021. 224 p. ISBN 9782344039434

dimanche 23 octobre 2022

[MANGA] My broken Mariko - Waka Hirako (2021) / Les vacances de Jésus & Bouddha - 1 - Hikaru Nakamura (2008)

A l'école, en bonne fragile, j'ai toujours fait en sorte de me mettre bien avec des copines grandes, costaud, et/ou fortes en gueule. Bien sûr, ce n'était pas forcément voulu ; les associations se faisaient naturellement, régies par l'instinct de survie, et je pense que ça fonctionnait parce que mes protectrices avaient besoin de se sentir dans ce rôle-là. C'est toujours valorisant d'être nécessaire à quelqu'un d'inoffensif, et puis ça donne un sens aux journées, à un âge où on navigue à vue. 

Toujours est-il que cette technique m'a permis de passer ma scolarité sans jamais être emmerdée, alors que je répondais à tous les critères de la victime idéale.

Allez, un petit manga qui parle de suicide pour bien amorcer l'automne ! 

My broken Mariko


Tout d'abord merci à toute l'équipe des libraires fous de l'excellent podcast BD Le Gaufrier, car c'est en écoutant l'épisode 54 que j'ai appris la sortie de My broken Mariko, un one shot de Waka Hirako.

Ce titre avait attiré mon attention car en présentant leur sélection du jour, l'un des animateurs avait fourché et dit "moricaud" au lieu de Mariko, ce qui avait généré un fou rire chez les intervenants _et chez moi aussi, d'ailleurs, alors que j'étais en train de courir. Du coup, j'avais fini mon parcours avec ce vieux hoquet qui te brûle le dos et qui met plus de temps à te quitter que la plupart de tes ex ! 

L'histoire

Maltraitée par son père et abandonnée par sa mère, la gentille Mariko avait fini par se briser de l'intérieur et Tomo la grande gueule s'était fait une mission de la protéger.

Depuis leur adolescence, elle la tenait ainsi à bout de bras, l'empêchant de s'auto-détruire, s'efforçant de la garder éloignée des types violents.

Malgré tous ses efforts, Mariko s'est suicidée, à 26 ans, au moment où tout semblait aller mieux, et maintenant Tomo est sous le choc.

En proie à la tristesse, à la culpabilité de n'avoir pas vu le coup venir, elle pète un câble et décide qu'elle fera ses adieux à sa meilleure amie comme il se doit, faute d'avoir pu empêcher de pire de se produire.


Tomo se rend chez le père de Mariko, largue toute sa colère sur lui en lui renvoyant ses crimes à la gueule, et dérobe les cendres de la défunte. Galvanisée par la réussite de son expédition, elle prend quelques affaires, l'urne funéraire et monte dans un bus en direction de la Pointe de Marigaoka, un patelin en bord de mer où Mariko et elle avaient prévu d'aller en vacances, un jour.

C'est le début d'un road trip déroutant mené par une fille encore incapable de quitter l'état second destructeur dans lequel sa peine la maintient.


Tomo perdante et perdue  

Si le périple de Tomo est parsemé de nombreux flashbacks qui nous en disent long sur la jeunesse catastrophique en tous points de la jeunes Mariko, on ne sait finalement pas grand chose sur sa meilleure amie protectrice. Grande gueule et intrépide, elle n'en est pas moins fragile et mal entourée : après tout, elle affirme à plusieurs reprises n'avoir "que Mariko", ce qui laisse penser qu'elle n'est pas très bien entourée elle non plus. Que ce soit dans les séquences souvenirs ou dans sa vie d'adulte, Tomo apparaît toujours seule ; il n'est presque jamais fait mention de sa famille ou d'autres amis. A présent coincée dans un boulot stressant qui n'a pas l'air d'être un aboutissement professionnel pour elle, elle n'arrive pas à se défaire de ce soupçon de loose qui la suit partout, collé sous sa semelle comme un vieux chewing-gume. A plusieurs reprises en lisant le manga, j'ai eu l'impression que son obstination à vouloir sauver sa copine était une façon de combler un vide dans sa propre existence.  


La voir mourir après des années passées à essayer de la faire vivre lui laisse un goût amer de ratage total et d'injustice _puisqu'après tout, le principal responsable de la dépression de Mariko est plus vivant que jamais. Même si les critiques que j'ai pu lire et regarder ne semblent pas l'interpréter ainsi, il me semble que My broken Mariko est vraiment centré sur le drame de Tomo ; d'ailleurs, l'action ne pourrait se mouvoir sans sa colère dévastatrice contre tout et tout le monde. Y compris contre Mariko elle-même, qui s'est "sauvée" en l'abandonnant à sa souffrance. 


Prozac d'or mérité ! 

L'énorme succès de ce manga est complètement justifié ! OK, c'est une histoire très triste et émouvante comme on pouvait s'y attendre, abordant des sujets très graves, et pourtant on ne se sent pas plombé en le lisant. Tomo a une rage et une énergie communicatives, et son personnage de fumeuse compulsive survoltée à quelque chose de comique, parfois. Ses traits m'ont même fait penser vite fait à l'Agrippine de Claire Bretécher.

My Broken Mariko raconte très bien la détresse de la survivante malheureuse d'un binôme fusionnel qui a tout fait pour empêcher la fin tragique de l'autre et qui doit composer avec son échec.

Un manga pour lycéens et adultes, pas pour les plus jeunes !

Manga découvert grâce au super podcast BD #legaufrier

#bookstagram #deuil #manga #sousentendusgouinistiques #tameilleureamie #oubliezlekawaii #violence #mybrokenmariko #kioon #seinen #mediathequemargueriteduras #wakahirako #ceuxquirestent

My broken Mariko
Waka Hirako
Ki-oon seinen - 2020


Deux salles, deux ambiances ! 

On enchaîne avec le premier tome d'une série de mangas beaucoup plus légère : Les Vacances de Jésus & Bouddha. 

Hikaru Nakamura
Kurokawa, 2008

Fatigués par le passage à l'an 2000 qui leur a donné beaucoup de travail, Jésus et Bouddha ont décidé de s'accorder des vacances 🌴 sur Terre.

C'est donc en touristes qu'ils posent leurs valises au Japon, en ce début de 21ème siècle. Ils louent un appartement et s'immergent avec curiosité dans la foule des humains qu'ils ne connaissent que "vus du ciel".

On suit donc leur quotidien, entre les aléas de la colocation, les rues animées, les festivals traditionnels japonais, le métro et la piscine.

Pas vraiment d'intrigue dans ce premier tome de la série, mais pour le coup, ce n'est pas gênant : voir Bouddha et Jésus aller de déconvenues en émerveillement tels deux étudiants paumés nous ravit déjà pleinement ! 😀

Comme pouvaient le laisser présager son titre et sa couverture, les Vacances de Jésus et Bouddha est un manga comique, qui joue beaucoup sur les quiproquos entre les deux "figures divines" et les humains qu'ils croisent...

Encore une découverte sympa faite grâce aux #mystérieuxétonnants !

Si le titre vous chiffonne, détendez-vous ! Toutes les religions sont respectées, d'ailleurs on n'en parle pas tant que ça ! Ici, les blagues ne sont jamais fondées sur le mépris du bouddhisme ou du christianisme. Au pire, si comme moi vous n'êtes pas trop calé sur la vie de Siddhartha et de Jésus, vous apprendrez deux ou trois trucs au passage !


#manga #bookstagram #leblogdejésus #bouddhasmile #hydrophobie #usbeketrika #japon #vinted #bouddhasmile #kurokawa #hikarunakamura #lesvacancesdejesusetbouddha


jeudi 30 décembre 2021

[LECTURES DE VACANCES] Un trésor dans la colo - Ewen Le Koadec (2021)

Vous en avez marre de voir une seringue darder sans pitié le bras d'un congénère à chaque journal de 20h ?
(Encore, estimons-nous heureux que ça se passe pas dans le c**) 
Autorisez-vous une bulle d'oxygène, prenez un livre !

Lire Un trésor dans la colo d'Ewen Le Koadec, par exemple, fonctionne très bien !

Minnie valide (peut-être)

Tim a onze ans. Il est impatient de partir en colonie de vacances pendant dix jours, mais il est aussi légèrement stressé. Cela se comprend, puisque c'est son premier séjour loin de la maison, au milieu d'autres enfants qu'il ne connaît pas. De plus, il n'est jamais allé en Bretagne et il a hâte de découvrir cet endroit qu'on lui décrit comme plein de mystères. 

Heureusement, le début du voyage se déroule sous les meilleures auspices : dans le train, il fait la connaissance d'Ethan et de Kenza, qui vont devenir ses amis. Tous trois formeront bientôt une équipe complémentaire et indéfectible. 

Nous voilà plongés en même temps que nos jeunes héros dans le quotidien toujours plein de surprises d'une colonie de vacances, entre découverte des chambres, chansons avec les animateurs et activités sportives. Pour les habitués, cela rappellera des souvenirs plus ou moins lointains ; pour les plus jeunes lecteurs, ceux qui n'ont pas encore fait l'expérience des camps de vacances, Un trésor dans la colo est une histoire qui vaut le détour : en effet, elle peut donner un aperçu réaliste de ce type de séjour. 

Au cours d'un atelier cuisine, Tim entend parler d'une légende concernant un trésor caché à proximité de la résidence où logent les enfants : il s'agit bien sûr du fameux trésor qui va devenir la quête ultime du trio. Plus tard, à la plage, un enfant du coin lui apprend l'existence d'une maison hantée : voilà qui est aussi effrayant qu'excitant pour des jeunes qui ne demandent qu'à s'occuper ! C'est parti pour quelques chapitres pleins de suspense ! 

Est-il nécessaire de s'appeler Harry Potter pour faire naître la magie et pour avoir des amis fiables ? Un trésor, est-ce forcément une boîte remplie de pièces ? Vous trouverez sans doute la réponse à ces questions dans ce livre signé Ewen Le Koadec, qui est une succession de petits bonheurs, où les animateurs ne manquent jamais l'opportunité de transformer l'ordinaire en jeu ou en fête. 

Un trésor dans la colo est ponctué de belles illustrations de Laurette Koczura. Elle semblent dessinées au crayon et qui apportent un côté onirique à l'ensemble. On a l'impression que la couverture a été coloriée au crayon de couleur, pour une totale adéquation avec le sujet et l'âge des protagonistes.  



Voilà donc un roman jeunesse plein d'aventures, zéro % déprime et garanti sans gros mots. Eh, ces deux dernières qualités sont devenues bien rares !

Vous pouvez donc le laisser entre toutes les mains, en particulier, donc, entre celles de votre gosse / neveu / enfant random de votre entourage / ... 

... s'il s'iel s'ielle s'iellent sielil?? ..

Bref, s'ils partent pour la première fois en colonie de vacances, et qu'ils ne sont pas très rassurés, le parcours de Tim le newbie des colos peut permettre de mettre des mots sur leurs appréhensions. Ca marche aussi très bien pour les voyages scolaires. Personnellement, j'aurais bien voulu lire ce livre avant l'incontournable semaine de classe verte à Saint-Georges-de-Didonne imposée à tous les gosses de CM1 dans l'école de mon village, à l'époque. J'avais passé l'année scolaire à me demander par quel moyen j'allais bien pouvoir  m'y soustraire, en vain. Mais au final, c'était cool, j'avoue ! 

Si vous voulez acheter le livre, cliquez ici !  

Ewen Le Koadec. Un trésor dans la colo, 2021. Autoédition. 53 p. ISBN 9798769168802

Ahah, désolée mais c'était obligé !