vendredi 5 août 2022

[LECTURES DE VACANCES] J'enquête - Joël Egloff (2016)

La porte s'ouvre ; ses petits carreaux éclairés par le soleil reflètent une touffe rousse qui s'éloigne. J'ai pas eu le temps de voir qui c'était, il fallait entrer au plus vite.  

C'était pas l'idée du siècle, la bougie allumée à côté du livre. Je recommande pas.

L'histoire

Sollicité par le curé de la paroisse, un détective privé débarque dans une bourgade enneigée, au soir du lendemain de Noël. Il est chargé de découvrir qui a bien pu soustraire le petit Jésus factice à la crèche traditionnelle qu'on a dressée devant l'église comme chaque année. Oui, oui, c'est très sérieux ! Le village est chamboulé par ce sacrilège. L'enquêteur compte bien résoudre l'énigme au plus vite, et montrer à ses clients qu'ils ont eu raison de le choisir, lui, bien qu'il ne soit pas encore très expérimenté.  

Un roman policier détourné

Nous voilà embarqués dans une histoire policière sur fond de vol dans une petite ville rurale où la moindre nouvelle tête est un événement à part entière. Le décor est planté dès les premières lignes du roman : l'obscurité d'une nuit hivernale, une gare SNCF déserte, des hôtes qui arrivent tardivement, juste assez pour que le stress ait le temps de s'installer... Un détective, qui est aussi le narrateur et qui nous partage ses découvertes et ses réflexions au moment où il les vit, arpente ce qu'il considère comme les lieux-clés _la scène du crime et/ou les endroits "à risque", les points stratégiques de la bourgade.

Comme souvent dans les polars, le personnage principal mène l'enquête ; il s'agit d'un type doté d'un sens moral et d'une certaine empathie, qui marche seul, et qui s'efforce de trouver des indices qui lui permettront de résoudre le problème, l'énigme. Evidemment, il ne peut être efficace que s'il est en possession de certaines qualités _perspicacité, sens de la déduction, audace... que le narrateur de J'enquête n'a pas vraiment.   

Le voir pédaler dans la semoule au fil des pages, jusqu'à ce qu'enlisement s'ensuive, nous met la puce à l'oreille : cette histoire de cambriolage de crèche sonne faux. Ce roman policier n'en est pas vraiment un. Il relève plutôt sinon de la parodie, au moins du détournement ; et c'est super bien réussi ! 

Joël Egloff présente J'enquête ; c'est encore lui qui vous en parlera le mieux !

Poirot poireaute

Une fois que l'auteur a compris qu'on avait compris, il nous éloigne de l'enquête. D'ailleurs, y a-t-il toujours une enquête à mener ? Rien n'est moins sûr. Le détective est bien là, toujours aussi volontaire, toujours aussi laborieux... mais toujours très peu entreprenant, très peu méthodique, bien qu'il pense l'être. Les situations cocasses, étranges voire absurdes s'enchaînent entre l'hôtel où il loge _à défaut de pouvoir y dormir, le presbytère, le kebab, et le domicile familial de l'autre côté du combiné. 

Ce personnage est fascinant. Tout à son travail, il est capable de tourner en rond un certain temps jusqu'à soudain se décider à suivre une piste, qui est systématiquement la mauvaise. On dirait moi dans Paris sans GPS.

Persuadé d'avoir l'étoffe d'un justicier, il n'hésite pas à se lancer quelques fleurs, de temps en temps ; nous, lecteurs, nous voyons un homme assez influençable, paralysé par la peur de mal faire, de blesser, d'être impoli. C'est bien ce qui nous le rend attachant : impliqué  dans sa mission, il ne sort pas la tête du guidon, et n'est donc pas en mesure de voir arriver les obstacles qui se présentent à lui. Le plus drôle _ou le plus frustrant, selon les situations, c'est qu'on anticipe souvent mieux que lui, puisqu'on ne voit pas le monde à travers le prisme de l'enlèvement du petit Jésus, nous. 

Evidemment, on ne peut ni l'empêcher de faire fausse route, ni l'empêcher de se faire bolosser par les villageois qu'il rencontre, et qui cernent assez vite son caractère inoffensif. Il y a quelque chose de kafkaïen chez ce détective qui s'enfonce tous les jours plus profondément dans un bourbier, sans pouvoir (sans vouloir ?) s'en rendre compte. 


J'enquête est vraiment une belle découverte, en bref. 

Pourquoi lire cette curieuse vraie fausse enquête, étant donné que la question de la disparition du petit Jésus de la crèche y est très vite bottée en touche ?  

Déjà, parce que le parcours du héros peut-être compris comme une métaphore de la vie de manière générale, de la quête du bonheur, ou de quelque chose comme ça. Après tout, un type qui quitte son boulot de gardien de square pour embrasser une vocation de justicier, au risque de passer les fêtes de Noël loin de sa femme et de ses enfants, doit bien chercher autre chose qu'un bébé Christ en plâtre. Je n'irai pas plus loin car je n'ai pas les billes pour me lancer dans une analyse pertinente. Il faut bien reconnaître que le type évolue : alors qu'il se laisse beaucoup marcher sur les pieds au début de l'histoire, le détective commence à s'affirmer _ mieux vaut tard que jamais face à des interlocuteurs à qui il n'a pas fallu plus de quelques jours pour comprendre qu'il était facile de lui marcher sur les pieds. Serait-ce le métier qui rentre ? Si la bonne volonté est une condition indispensable à la réussite de ce qu'on entreprend, elle ne suffit pas toujours. 

Ensuite, parce que l'écriture de Joël Egloff est particulière et vraiment agréable. Ne connaissant pas son œuvre, je ne saurais dire s'il s'agit de son style, ou s'il a cherché à écrire, juste pour l'occasion, une sorte de long journal de bord proche du compte rendu très détaillé mais pas lourd pour autant. L'auteur a fait le choix de découper son histoire en une succession de courts chapitres, dans lesquels sont narrateur exprime tous ses faits et gestes à chaud, au moment où il les vit, sans prioriser les événements. Cela donne un effet parfois saccadé qui m'a fait penser, allez savoir pourquoi, à la série Bref. Moi je trouve le procédé bien frais, mais est possible que certains lecteurs n'aiment pas ! 

Pour information, j'ai lu J'enquête quasi intégralement dans le train, ce qui veut dire qu'il est vraiment prenant et accessible. 

Ce roman classé en littérature pour adultes peut constituer une lecture sympa dès 15 ans ; il me semble que ça peut être une bonne passerelle pour aborder l'absurde au lycée. Mais bon attention, ce dernier point reste à vérifier ! Je suis pas prof de lettres ! 

Joël EGLOFF. J'enquête. Gallimard, 2016. Coll. Folio. 235 p. ISBN 978-2-07-079405-8  

mercredi 3 août 2022

[UNE VIE DE CHIEN] Mon chien Stupide - John Fante (1985)

Elle avait l'art de flatter tes frisettes, brave petit épagneul. Elle savait te dire les mots qu'il fallait pour de faire pousser des ailes, pour exciter ta hargne et ton courage ; alors tu partais gaiement endurer les coups à sa place, et tu en revenais plus fier et heureux que jamais. Depuis qu'elle a pris le large, te rendant une liberté à laquelle tu ne prétendais même pas, tu te sens perdu. Ne reste pas sur le bord de la route, va explorer les terres, pars à la recherche de ta nature enfouie, reniée trop longtemps. 



Mon chien Stupide est un classique de la littérature américaine que je voulais lire depuis très longtemps ; je me souviens l'avoir déjà emprunté à la bibliothèque, mais ça remonte tellement que je ne sais même plus si c'était à Paris où à Bordeaux. Je l'avais finalement retourné sans l'avoir ouvert. C'est en voyant la bande annonce de sa récente adaptation cinématographique que ce roman de John Fante m'est revenu en tête.


L'histoire

L'écrivain et scénariste Henry Molise mène une vie confortable à Point Dume, sur la côte californienne. Belle villa, famille, voiture, pas de trop gros problèmes de thunes... Il semble cocher toutes les cases du rêve américain réalisé. Malgré tout, la déprime le guette : bien conscient de ne plus être un jeune premier, il voit bien qu'il n'est plus vraiment dans le coup, professionnellement. Ses quatre enfants sont devenus grands mais ne se pressent pas de quitter le foyer familial : pourquoi le feraient-ils, puisqu'ils y trouvent tout ce qu'ils veulent sans forcer ? Sa femme Harriet est toujours présente à ses côtés lorsqu'il s'agit de faire face aux problèmes, mais lui n'aspire qu'à la libérer de ses obligations. Il pense sans cesse à s'offrir une retraite paisible et solitaire en Italie, sur les terres de ses ancêtres, sans jamais se résoudre à franchir le cap. Je n'ai pas noté de mention de date, mais l'histoire doit se situer quelque part dans les années 1970. Vous me direz si je me trompe. 

Alors qu'il rentre chez lui un soir, sous une pluie battante, à l'issue d'un rendez-vous professionnel peu prometteur, Harriet l'informe de la présence inquiétante d'une bête non identifiée tout près de la maison. Leurs investigations cocasses révèlent qu'il s'agit en fait d'un très gros chien fatigué et (presque) inoffensif. 

L'animal va peu à peu élire domicile chez eux ; il va être le déclencheur d'une série d'événements plus ou moins drôles, mais tous facteurs de rupture avec la routine insipide de l'écrivain.

La bande annonce du film de 2019, que je n'ai pas encore vu. 

Y a rien qui va chez ce chien

Par sa seule présence, son gabarit "monstrueux" et son comportement, Stupide va donner de grands coups de queue(s) dans le jeu de quilles de la famille Molise. Si le premier réflexe de Henry et Harriet est de le faire dégager au plus vite, la curiosité et la pitié l'emportent vite sur le dégoût qu'il leur inspire ; Dominic, le fils aîné marin et glandeur est sollicité pour fixer l'état de santé et la race de la bête. Il décrète que Stupide est une sorte de "chien de traîneau" que le narrateur compare à un "énorme chow-chow". 

Un chien chow-chow
Source : Zooplus.fr

Le mec de sa fille, un ancien militaire reconverti surfeur, décrète qu'il s'agit d'un "akita". Tout le monde y va de sa suggestion et personne ne tombe d'accord. Retenons surtout que c'est un bâtard à tête d'ours qu'on a quand même confondu avec un âne puis un lion pendant de longues minutes. Le lecteur dispose d'assez d'éléments pour façonner son propre monstre. 

D'ailleurs, on se fout bien de ce à quoi il peut ressembler. L'important, c'est ce qu'il représente pour l'écrivain et pour ses proches ; certains vont tout de suite l'adorer, d'autres le détester... Il ne laisse jamais indifférent. 

Un chien akita
Source Maxizoo.fr

Tina, la fille, et Harriet n'apprécient guère Stupide, qui lui-même se montre assez distant voire agressif avec tout ce qui est femelle (humaine ou chienne). Denny, l'acteur de la fratrie, va connaître une mésaventure d'importance avec l'animal ; enfin, Jamie le petit dernier, tranchera en faveur du chien, car tous deux vont vite devenir potes. 

Contrairement aux apparences, le nouvel habitant de la villa n'est pas un chien errant : il appartient à un voisin, autre écrivain qui s'est lui aussi redirigé vers la télévision. Mais à la différence de Molise, l'artiste donne plutôt dans le comique et semble avoir passé le cap du repli à l'étranger, lui... sans crainte d'abandonner quelqu'un à Point Dume.     

Avec sa masse imposante, sa nonchalance générale coupée de démarrages au quart de tour incontrôlables, sa promptitude à bander, Stupide nous rappelle un peu cette nature profonde qu'on s'efforce tous de brider en société et qui nous échappe parfois. Il incarne cette espèce de gros bordel psychanalytique qu'on chasse sans cesse à coup de balai et qui nous revient toujours dans les pattes. 

Comme ce billet manque un peu d'illustrations, je vous mets une radio de mon pied,
avec vue sur mon superbe oignon


Mais surtout, il représente ce que Molise n'ose pas, ou ne peut pas faire dans sa vie ; n'est-ce pas lorsqu'il le voit lécher sa bite qu'il se met à le trouver inspirant ? Stupide est libre ; il fait ce qu'il veut, quand il veut. Il reste dans la maison s'il le souhaite, s'installe où il le souhaite, s'impose, s'attribue une place dans la famille, sait se ménager un périmètre de survie lorsqu'il en a besoin, il ne prend pas de pincettes, apparaît, disparaît... Molise ne fait jamais que déplorer les contraintes qui le maintiennent pieds et poings liés dans une existence qui ne le satisfait plus : tant que les enfants ne partent pas... et puis, s'il avait plus d'argent, il pourrait... mais en attendant, il doit rester pour... il est tributaire de... 

Le plus fascinant est que, si Stupide se fait facilement une place parmi les chiens du voisinage, ce n'est pas grâce à sa force, mais parce qu'il désarçonne complètement ses congénères en ne suivant pas les codes de la virilité, que John Fante décrit de façon similaire chez les hommes et chez les bêtes : la graine d'akita surprend tout le monde en sautant les mâles et en agressant les femelles sans les ménager. 

Les chiens mâles qu'il croise se sentent tellement dégoûtés et humiliés qu'ils n'essaient même pas de lui barrer la route ; Stupide devient donc rapidement le bâtard craint par les meilleurs pédigrées (à défaut d'être respecté), sans jamais avoir besoin de se battre pour de bon. La revanche de l'Italien sur l'Américain ? La confrontation entre Stupide et Rommel, le mâle alpha du quartier, est trop épique et trop bien racontée par Fante, l'enfant d'immigrés italiens, pour ne pas avoir de signification profonde. Mais ne connaissant pas assez l'œuvre, ni l'histoire des Etats-Unis, je me garderai bien de me lancer dans une analyse.  

Le meilleur moment du livre !

Tempête sur Point Dume 

"Nous habitions Point Dume, une langue de terre qui avançait dans la mer comme un sein dans un film porno, au nord du croissant de la baie de Santa Monica"

Dans Mon chien Stupide, John Fante a quand même un bon sens de la formule et un don certain pour rendre drôles des situations pénibles. Certes, aucun événement tragique de taille ne vient plomber l'histoire, et c'est heureux. Mais une vague mélancolique traîne toujours sur la vie de cet écrivain en pleine crise de la cinquantaine, plus tenté de regarder vers le passé que vers l'avenir... jusqu'à l'arrivée du fameux chien.    

Entre ce qu'on veut et ce qu'on obtient, il y a parfois un gouffre. A travers son personnage, l'auteur tient des propos qu'il devait être rare d'entendre dans les années 1970, et même 1980, notamment en ce qui concerne la famille. Sans parler du racisme ambiant _Molise est plus contrarié à l'idée d'avoir une belle fille noire qu'un "chien pédé"_ le portrait au vitriol qu'il fait de ses enfants a sûrement dû en déranger plus d'un, à l'époque. En même temps, entre la feignasse droguée, la fille en liquéfaction devant son mec, l'étudiant-acteur qui fait encore faire ses devoirs à sa mère, et l'enfant modèle invisible car trop longtemps délaissé, on ne sait pas trop comment on se débrouillerait à sa place. J'imagine que les lecteurs parents d'adolescents trouveront que la jeunesse d'aujourd'hui n'a pas de leçons à prendre de celle d'hier.  

Mon chien Stupide est donc bien le petit roman classique et incontournable qu'on nous vend depuis des décennies. Il se lit très facilement et peut être mis entre les mains des lycéens. Non pas qu'il soit trop difficile à lire pour les collégiens, mais ça reste une réflexion sur le temps qui passe, sur la vie... ancrée dans une époque que les plus jeunes trouveront peut-être surannée. Ou pas d'ailleurs, ça dépend des goûts et de la maturité de chacun. Attention cependant, les Molise sont globalement racistes et homophobes, car ils sont le reflet de leur temps ; si on perd de vue ce contexte d'écriture, certains dialogues peuvent choquer. 

John FANTE. Mon chien Stupide. 10-18, 2013. Première publication : 1989. 155 p. ISBN 978-2-264-03450-2 

samedi 30 juillet 2022

[COMICS] Hawkeye - 1 - "Ma vie est une arme" - Matt Fraction ; David Aja ; Javier Pulido (2013)

L'un de mes neveux est dans une phase super-héros, il est assez connaisseur des grandes figures de Marvel, notamment _même s'il a préféré de loin se déguiser en Batman pour le dernier carnaval, paraît-il. En tous cas, c'est grâce à lui que j'ai découvert l'existence de Hawkeye, un allié atypique des Avengers. Lorsqu'il m'a présenté l'une de ses multiples figurines sous ce nom, et j'ai d'abord cru qu'il l'avait inventé. Ce n'est qu'en parcourant le rayon comics d'une bibliothèque, un peu plus tard, que j'ai compris de qui il s'agissait. 

L'histoire 

Cet album regroupe quatre aventures menées par Clint Barton, alias Hawkeye, un archer hors pair qui marche avec les Avengers. Très doué dans sa discipline mais dénué de super-pouvoirs, il est souvent accompagné dans ses pérégrinations par Kate Bishop, son double féminin beaucoup plus rusé que lui. 

Le premier chapitre intitulé Chanceux s'ouvre sur une chute vertigineuse de Clint, directement suivie d'un long séjour à l'hôpital ; à sa sortie, il regagne son immeuble situé dans un quartier populaire de New-York et s'aperçoit que le propriétaire, Ivan, le chef patibulaire de la Mafia en Survêt, a triplé le loyer de tout le monde, poussant ses voisins au déménagement. Clint n'apprécie pas l'entourloupe et décide de se battre au nom de tous les locataires. 

C'est dans le Code des vagabonds, la deuxième aventure, qu'apparaît la géniale Kate Bishop. Le binôme doit s'infiltrer dans un cirque pour capter quelques acrobates cleptomanes ; la mission prend un tournant nostalgique lorsque le héros, qui a grandi au milieu des forains, retrouve de vieux réflexes. Il va faire face à un lanceur de couteaux formé par son mentor, le Spadassin. 



Cherry est ni plus ni moins le déroulé d'une journée catastrophique. Alors qu'il part au supermarché acheter du café et du scotch pour étiqueter ses multiples flèches, une rencontre avec une voiture de collection (et sa belle conductrice) va modifier ses plans. La jeune femme semble s'est fourrée dans un guêpier et n'hésite pas à jouer de ses atouts pour bénéficier de son aide. Est-ce que cela suffira ? Pas sûr, car la bande des Survêts, encore eux, n'est jamais très loin. 

Enfin, la Cassette s'organise en deux parties _assez difficiles à délimiter, d'ailleurs, dans laquelle le lien entre Hawkeye et les Avengers devient concret. En effet, la directrice du S.H.I.E.L.D Maria Hill charge Clint de récupérer une cassette vidéo compromettante pour la Navy et pour l'équipe de Captain America. Il y est question de l'assassinat du dictateur Du Ke Feng. L'archer va devoir se montrer rapide et efficace car l'enregistrement est sur le point d'être vendu aux enchères sur l'île de Madripoor, une zone de non-droit où tous les coups sont permis. De nombreux ennemis des Avengers sont déjà sur le coup, toujours chauds lorsqu'il s'agit de salir l'image des justiciers. 

"Ca s'annonce mal" 

L'album s'ouvre sur cette petite phrase que Clint Barton prononce, comme pour mieux faire entrer le lecteur dans son quotidien mouvementé. Cette formule reviendra plusieurs fois, toujours issue des pensées d'Hawkeye ; il faut dire que le roi du tir à l'arc est tout sauf le héros indestructible et rassurant qu'on s'attend à croiser dans un Marvel. Au contraire, il se présente lui-même comme un être humain très conscient de sa vulnérabilité ; c'est sans doute ce qui lui permet de rester humble avec ses semblables, alors que sa proximité avec les Avengers aurait de quoi lui filer la grosse tête. Il est toujours appréciable de voir sur le devant de la scène des personnages qui n'en jettent pas trop et qui assument leurs points faibles _sans forcément se déprécier. Ils sont plus présents qu'on le croit dans ces comics, et cela participe de l'intérêt qu'on peut leur accorder. 

Dès les premières planches, il devient facile de se trouver des points communs avec Hawkeye : il boit du café (et le renverse), il fait des barbecues sur le toit le l'immeuble avec ses voisins, il est bordélique et range ses flèches n'importe comment, il pense à ce que deviendront ses effets après sa mort, il commet des lapsus, il prend les transports, éventuellement le taxi si c'est Captain America qui paye... Mais par-dessus tout, il peut avoir besoin d'aide et n'hésite pas à solliciter Kate Bishop, sa comparse qui n'a décidément rien à faire au second plan. 


Kate Bishop, ou la couverture de survie

Le personnage de Kate Bishop ne se "limite" pas à sa collaboration avec Clint Barton ; si vous souhaitez connaître l'ensemble de ses œuvres dans le monde féérique de Marvel, je ne peux vous conseiller l'épisode du podcast Codexes* qui lui est consacré. Je veux pas spoiler, mais sachez juste qu'elle sera nommée "la Nouvelle Hawkeye" plus tard dans son parcours.

Ici, Kate est clairement identifiée comme la subalterne de Clint ; ce dernier nous la décrit comme "assez géniale" et l'apprécie à sa juste valeur. Mais dans ce premier tome d'une série qui en compte 4, elle ne quitte jamais son rang de doublure de luxe indispensable justement parce qu'elle sait rester dans l'ombre. Ce n'est pas elle que Maria Hill et Captain America viennent chercher en toute urgence, c'est Hawkeye. Et pourtant... On a bon espoir que ça change. 

Ce statut, qu'elle connaît et accepte, ne l'empêche pas de se montrer audacieuse et de s'adresser à Clint comme au colocataire bas du front qu'il peut parfois être. Kate Bishop est derrière tous les bons mots et les moments comiques de l'album.   


La narration renforce ce sentiment d'être sur un pied d'égalité avec les deux personnages principaux, en particulier avec Clint Barton : d'abord parce qu'il parle à la première personne et semble s'adresser à nous, le plus souvent et début et fin de chapitre. Ensuite, les péripéties nous sont présentées de façon non linéaire ; on part généralement d'un temps fort ou d'un moment critique pour les personnages principaux, avant de remonter le cours des événements. Cette impression de joyeux bordel a bien failli me faire renoncer à la lecture de cette BD ! "Ma vie est une arme" commence sur des chapeaux de roue et ça m'a pris un temps fou de prendre le train en marche. Avec le recul _et une seconde lecture_ je comprends ce choix du scénariste : Clint et Kate vivent à l'arrache et à cent à l'heure, ils vont où le vent les emmènent, ils improvisent. On les suit dans leur journées périlleuses comme le feraient des documentaristes, caméra au poing. 

=> Regardez la critique de ce youtubeur Le Rat de Gotham, elle est beaucoup plus pertinente que la mienne car lui, il s'y connaît ! Il a aussi fait une vidéo sur Ms Marvel dont on a parlé il y a quelques temps !

Direction Madripoor : suivez les flèches

Je vais me répéter, mais tant pis : Marvel, DC et les autres me sont passés au-dessus pendant très longtemps et je suis encore en train de découvrir des personnages et des lieux qu'on ne présente plus. Donc les connaisseurs, si vous tombez sur ce billet _ce qui serait bien peu probable : passez votre chemin ; vous risquez de lire des choses évidentes ou approximatives et ça va juste vous faire péter un câble. 

Les références à l'univers de Marvel sont assez nombreuses dans la série Hawkeye, et elles permettent de comprendre un peu mieux l'historique des Avengers. 

  • Les Avengers englobent dans leur équipe des êtres humains ordinaires, tels que Clint Barton et Kate Bishop ; ces élus ont une place un peu particulière à leurs côtés et font penser aux héros de la mythologie grecque, par exemple. Leur absence de pouvoirs est compensée par des qualités humaines et/ou physiques au-dessus de la moyenne, et par une ribambelle de gadgets plus perfectionnées et WTF les uns que les autres. Alors, ok, on ne sait pas si Hawkeye a plusieurs cordes à son arc, mais il possède au moins autant de flèches différentes qu'Iron Man d'armures. Entre la flèche-filet, celle qui envoie de l'acide, celle qui te laisse dans une mare poisseuse, celle à point explosive... on saisit bien l'intérêt d'étiqueter tout ce barda. La documentaliste compatit.  
  • Il est fait allusion à Jacques Duquesne, le Spadassin, un aventurier souvent équipé d'une épée, ayant lui aussi fait partie des Avengers pendant quelques temps ; Hawkeye dit avoir été éduqué par ses soins dans son enfance, mais il ne cache pas son aversion pour cet homme qui semble l'avoir déçu par sa tendance à chouraver.
  • Pour la première fois, j'ai entendu parler de l'île de Madripoor, un lieu qui visiblement sert souvent de théâtre aux fourberies de tous genres. Une drôle de terre gouvernée et financée par le vice, qui est un peu le pays de tout le monde et de personne. A moins d'être un super-héros ou d'être couvert par Kate Bishop, on ne survit pas très longtemps dans cette jungle d'hôtels luxueux.  
  • Qui est cette "Madame Hill" qui vient extraire Hawkeye de la fête des voisins ? C'est la directrice du S.H.I.E.L.D, une agence de renseignements engagée dans la lutte anti-terroriste, qui sollicite pas mal de super-héros. J'avais l'impression qu'ils avaient surtout mis leur grapin sur Iron Man et Spider Man, mais pas que, visiblement !  
  • Madame Masque fait une brève apparition dans le dernier chapitre ; c'est une dame portant un masque (surprenant). C'est pas spoiler que de dire que cette super-méchante va bien se faire bolosser par Kate Bishop ! 
#jaunisse

La vie en mauve 

Si Matt Fraction s'est occupé du scénario, deux illustrateurs se sont partagés le dessin ; David Aja a mis en image les trois premiers chapitres, de Javier Pulido la dernière double aventure. Du début à la fin, la tonalité violette, correspondant à la couleur de prédilection des héros, a été respectée. Le trait un peu gras et sombre de David Aja, qui prête à ses figures un air mystérieux, déstabilise mais sait se faire apprécier ; si on a l'occasion de saisir le regard d'un personnage, c'est parce qu'il a une importance immédiate dans l'action. Javier Pulido adopte un trait plus fin, peut-être un peu plus conventionnel et rassurant. 

L'ambiance violette peut ne pas convenir à tout le monde ; mais ça vaut le coup de ne pas s'y arrêter. La critique est assez unanime, sur Internet : la série BD Hawkeye est d'une grande qualité et se hisse parmi les classiques. 

Ah, remarque importante : même si ce n'est pas une série estampillée jeunesse, il me semble qu'elle peut être mise entre toutes les mains (à partir du collège). Y a une micro histoire de cul dedans, certes, mais ça va on voit rien !

Elle a récemment été adaptée en série télévisée.

Hawkeye = oeil de faucon
faucon = oiseau = c'est presque un poulet !! 

* Codexes est un podcast culturel qui parle de personnages de fiction féminins. Chaque épisode est consacré à une figure plus ou moins connue d'un film, d'une série, d'une BD, et les animatrices l'épluchent de façon très complète ! C'est super instructif ! 

Références de la BD : 

Matt FRACTION ; David AJA ; Javier PULIDO. Hawkeye - 1 - Ma vie est une arme. Panini Comics, 2013. ISBN 978-2-8094-3169-8

Sources : 


dimanche 19 juin 2022

[COMICS] Rachel Rising - 1 - "L'ombre de la mort" - Terry Moore (2014)

Voici un nouveau titre découvert à la bibliothèque Marguerite Duras, ma préférée définitivement ! 


L'histoire

Depuis qu'elle s'est réveillée à moitié ensevelie dans une tombe de fortune creusée au beau milieu de la forêt de Firehill, Rachel Beck se sent déboussolée. On le serait à moins. Malgré le traumatisme, sa tête fourmille de questions pragmatiques : on a manifestement essayé de la tuer avant de se débarrasser de son corps à des kilomètres de la petite ville de Manson qui l'a vue grandir. Mais qui ? quand, exactement ? Et surtout pourquoi ? 

La jeune femme n'est pas du genre à laisser le temps faire son œuvre ; là où d'autres auraient opté pour discret retour à la vie quotidienne, s'estimant chanceuses que leur meurtrier se soit raté, elle va tenter de remonter (non sans difficultés) le fil des événements. 

Problème numéro 1 : elle n'a aucun souvenir, ni de la soirée de son agression, ni des trois jours passés "sous terre" qui l'ont suivie. 

Problème numéro 2 : au vu des marques de strangulation qui ornent son cou et de son regard de zombie, il semblerait que Rachel ne soit plus tout à fait vivante... Pire, elle comprend peu à peu qu'elle est capable de prédire la mort des personnes qu'elle croise, et elle se surprend à communiquer avec une grande blonde pulpeuse et désagréable au possible qu'elle est (presque) la seule à percevoir. 

La voilà donc bien mal embarquée ; heureusement, elle a le soutien inconditionnel de sa tante Johnny et de sa meilleure amie Jet.  

Une vraie BD de gonzesses 

En effet, le salut (s'il y en a un) ne viendra pas du Prince Charmant. Je ne sais pas comment ça se passe dans les suivants, mais ce premier tome de Rachel Rising est essentiellement mené par des femmes ; c'est assez rare pour être souligné. Les quelques types qui apparaissent au fil des chapitres ont des rôles secondaires ou servent simplement à faire de la figuration ; dans tous les cas, aucun d'entre eux n'est un allié digne de ce nom pour l'héroïne _exception faite du pauvre gars qui prend Rachel en stop au sortir de la tombe, à qui elle claque la porte au nez sans ménagement lorsqu'il veut en savoir plus sur son état de santé, et qu'on ne reverra plus jamais... Tous les autres se positionnent comme ils peuvent sur un perchoir qui va de la bêtise à la perversité. On pourra constater que Rachel et Jet encaissent à plusieurs reprises propositions et regards lubriques : 

Au garage (où Jet travaille)

Au Blue Note, le bar local
"Les musiciens, qu'est-ce que tu veux...?"

Les deux amies ne se laissent jamais marcher sur les pieds et remballent vertement les téméraires ; pourtant, on voit bien qu'elles ne sont pas là pour essayer de faire bouger les choses : c'est comme ça que ça se passe, ici, personne n'y peut rien. Leurs réactions sont autant de réflexes de survie et ne témoignent que de leur résignation. Même si je suis vraiment fan de la façon dont Terry Moore traite ses personnages féminins dans cette bande dessinée, il n'en fait pas pour autant des héroïnes féministes. 

Par pour l'instant, en tous cas. Ou peut-être le sont-elles à leur manière ; il faut reconnaître qu'on a pour faire face à leurs médiocres pendants masculins une brochette de femmes fortes et déterminées _quelles que soient leurs intentions : 

  • Je crois que si j'avais été à la place de Rachel, je me serais barricadée en prenant bien garde de ne jamais croiser mon regard injecté de sang dans une glace ! Bon, c'est vrai que je suis assez trouillarde à la base, mais la jeune femme manifeste quand même une grande facilité à se mettre en mode warrior : elle veut comprendre ce qui lui est arrivé, quitte à retourner (trop) souvent sur les lieux du crime. Si elle admet avoir besoin d'aide, elle ne laissera rien passer. Terry Moore l'a représentée sous les traits d'une grande blonde svelte et raide comme la justice, toujours vêtue de noir, dans une tenue qui fait un peu penser à Catwoman, vite fait. Un bruit suspect, une personne intrigante : elle fonce voir ce que c'est. Elle n'a pas le temps d'avoir peur. 
  • Jet est la meilleure pote que tu rêves d'avoir : garagiste piétonne _sa voiture est en panne, le comble, guitariste dans un groupe de jazz, elle est liée à Rachel depuis l'enfance. C'est la dernière personne à qui l'héroïne se souvient avoir parlé, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas très chaude pour la sauterie prévue le soir-même. Attentionnée sans être collante à l'extrême et sans forcément chercher à la brosser dans le sens du poil, elle est la première à prendre au sérieux ce que Rachel lui raconte, et à la considérer comme "bien réelle". 

  • Tante Johnny a plus de mal à ne pas croire à une vision fantomatique lorsque Rachel se présente à elle, peu de temps après son retour à Manson. Non pas qu'elle y mette de la bonne volonté, mais il faut dire que son boulot chronophage aux pompes funèbres n'aide pas. Pour cette femme, qu'on devine d'un certain âge, qui dit elle-même passer plus de temps avec les morts qu'avec les vivants, les apparitions de défunts sont quasi quotidiennes, et, toujours rationnelles, elle les interprète comme des symptômes de surmenage. Il faudra que Rachel la traîne jusqu'à la forêt de Firehill pour qu'elle comprenne que tout est bien réel. Ce personnage est aussi original qu'attachant ; au fil des planches, on comprend que c'est elle qui a recueilli sa nièce à la morts des parents de celle-ci, et que depuis elle est à la fois sa mère et sa pote. Leur relation est marrante ; Johnny, c'est la tante qui arrive à te faire sortir de la morgue grâce à son réseau, qui se laisse dormir trente-six heures et te fait des pâtes à ton réveil, après avoir pris soin d'inviter ta meilleure amie pour partager le repas. 
 
Cerise sur le gâteau, Johnny a une bonne dégaine de butch* : les cheveux en brosse, la chemise à   carreaux, le fourgon, le chien, un prénom de mec... tout y est ! Pourtant, quelques unes de ses interventions laissent entendre qu'elle n'est pas du tout de la fanfare. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences !   
  • Attention, place maintenant aux personnages beaucoup moins sympathiques : la petite Zoé et la grande blonde (qui n'a pas de nom). Zoé est une petite qui vit avec sa soeur et son père, à Manson aussi visiblement, puisque Rachel assiste à son incendie alors qu'elle se trouve sur le toit du Blue Note. Sous ses airs d'enfant sage, la gamine est capable de commettre des horreurs. Non pas qu'elle soit sadique, mais parce que son corps est manipulé par une mystérieuse femme blonde que personne ne peut voir... sauf elle et Rachel. Cette connaissance commune va les amener à entrer en contact, alors que rien ne les prédisposait à se croiser un jour. Toutes deux vont aussitôt nouer un lien de confiance et Rachel va tenter de rassurer la fillette tant que faire se peut, elle qui est traumatisée d'agresser et de tuer sans le vouloir. Elles vont aussi réaliser, à travers leur parcours en miroir, que la grande blonde les possède toutes les deux, mais différemment, et pour cause : avec son fort caractère, Rachel est beaucoup moins "perméable" que Zoé. 

La Mort à la soirée Nuit Blanche

On le devine sans que jamais Terry Moore ne le dise clairement : la grande blonde est une incarnation de la Mort. Tout de blanc vêtue, elle n'a rien à voir avec la faucheuse à capuche intégrée dans l'imaginaire collectif et on s'attend plus à la croiser chez Eddy Barclay que dans un cimetière. Elle aussi se présente à Rachel comme une sorte de reflet inversé. 

Si le rapport entre Zoé et la Mort est ambigu, mêlé de peur et de reconnaissance _la Mort se dit être "une amie qui lui veut du bien" et, de fait, elle la sauve des griffes du pédophile qui salivait d'avance de la récupérer dans sa famille d'accueil, Rachel et la grande blonde semblent se détester cordialement. 

Pas de doute, elle est derrière la transformation de l'héroïne en morte-vivante ; car c'est ce que Rachel est devenue, même si elle ne ressemble pas plus aux zombies sanguinaires auxquels nous sommes habitués, que la Mort à nos représentations habituelles de la mort. 

Son statut intermédiaire surprend sans surprendre les personnages qui évoluent dans une bourgade rurale déjà teintée de mystères, de phénomènes glauques, et connue pour ses brûlots de sorcières. 

Même le vieux médecin de famille des Beck, censé incarner la sagesse et la rationalité, est formel : la médecine n'explique pas tout, est Rachel n'est rien de moins que l'ange de la mort. Le pire, c'est qu'il a probablement raison...

La valse des faux semblants 

J'ai emprunté cette bande dessinée complètement au hasard, parce que je ne trouvais pas celle que je voulais et que le nom de l'auteur me disait vaguement quelque chose. C'est un heureux hasard, qui me donne envie de poursuivre la lecture de cette série à mi-chemin entre le fantastique et l'horreur. L'auteur s'est chargé à la fois des dessins et du scénario ; il est surtout connu pour une autre œuvre (Strangers in Paradise), mais apparemment Rachel Rising a connu un certain succès à sa sortie, en 2014. Visuellement, "L'ombre de la mort" devient agréable à lire dès lors qu'on s'est habitué au style de Terry Moore, caractérisé par des traits fins, soucieux du détail, parfaits pour dépeindre les broussailles d'une forêt remplie de cadavres et pour rendre les visages bien expressifs. N'étant pas très fan du gore illustré de façon générale, je dois bien reconnaître que l'artiste est efficace et dit ce qu'il veut sans trop abuser sur l'hémoglobine. Ce comics reste quand même destiné aux adultes, à mon avis, car il comporte plusieurs représentations de morts qui peuvent franchement faire peur. 

Mais la meilleure surprise reste le perpétuel jeu des apparences où l'auteur nous entraîne et nous perd, et qui laisse présager bien des rebondissements dans les futurs tomes. Qu'est-ce qu'on est ? Qu'est-ce qu'on n'est pas ? Qu'est-ce qui a changé, et quand ? Le bon père de famille d'accueil l'est-il vraiment ? Rachel est elle morte ou vivante ? Zoé n'est elle qu'une petite fille assommée par le destin ? La Mort est-elle une amie ou une ennemie ?  La suite le dira peut-être ! 

* butch = gouine bien virile

Terry MOORE. Rachel Rising - 1 - "L'ombre de la mort". Delcourt, 2014. ISBN 978-2-7560-3949-7

Rien à voir, mais j'ai fait le marathon de Biarritz le 5 juin dernier ! 

Un rêve s'est réalisé ! 

dimanche 22 mai 2022

[Soyons sérieux !] Fiches - outils pour écrire des articles de presse avec des mouflets


Ca vaut ce que ça vaut, mais si jamais ces fiches vous intéressent, servez-vous !  

Je vais essayer d'en faire d'autres (pour l'interview et l'édito notamment), mais impossible de dire quand pour l'instant ! 





Il faut bien être sérieux de temps en temps !