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samedi 19 janvier 2013

Les Aventuriers de la Mer - 4 - Brumes et tempêtes - Robin Hobb (2004)


Ah, autant les illustrateurs me laissent souvent dubitative, autant là je dois dire que j'ai beaucoup apprécié la couverture de "Brumes et tempêtes", tome 4 des Aventuriers de la Mer, dans la collection "Piment". Pourquoi ? Parce que je trouve que le mât et les voiles du navire sont dessinés avec une précision émouvante. De même que les féroces serpents de mer du premier plan. 

Évidemment, la fille à poil en plein milieu ne gâche rien.



Allez, trêve de matage !


Où est-ce qu'on en était ? 

Ambre, la magicienne vendeuse de bijoux en bois sorcier, a toujours dans l'idée de sauver la vivenef Parangon d'une probable mise en pièces par ses propriétaires. Comme la capricieuse figure de proue n'est pas pressé de montrer sa reconnaissance, leurs échanges meurent aussi vite que les vagues sur la plage de Terrilville. A quelques lieues de là, Malta continue à briser les cœurs et à scandaliser son entourage. Conformément à la tradition, Ronica et Keffria accueillent du mieux qu'elles le peuvent la famille Khuprus, en espérant que les sentiments du jeune Reyn pour Malta partiront aussi vite qu'ils sont venus. Mais il semblerait que le jeune marchand du Désert des Pluies n'ait pas pour habitude de faire les choses à moitié : la cour qu'il mène auprès de sa prétendante respire à la fois la sagesse et la passion.

Il est peu question de Brashen dans "Brumes et tempêtes" ; on sait seulement qu'il s'est engagé sur la Veille de Printemps, un navire contrebandier où tout lui paraît louche... à commencer par le capitaine, face à qui il doit sans cesse peser ses mots. Sans doute se jetterait-il à l'eau s'il voyait Althéa prête à céder aux avances de Grag, le fils du marchand Ténira, qui l'a recueillie et adoptée à bord de l'Ophélie.

Vivacia a été capturée par l'équipage du capitaine Kennit et a vu périr une grande partie de son équipage. Entre le pirate mal en point et la vivenef des Vestrit, un lien inexplicable se tisse : lui se plaît à la charmer et elle, à l'écouter parler. Leur relation est aussi frustrante pour Hiémain, héritier du bateau, que pour Etta, la favorite de l'homme estropié. Pourtant, ils vont devoir faire abstraction de leur jalousie et réunir leurs forces pour soigner Kennit, qu'il faut amputer proprement vu qu'il suinte méchamment. La lourde tâche du saucissonnage au couteau rouillé va d'ailleurs revenir au prêtre novice, guidé par la bienveillante Vivacia ... que, contrairement à l'illustrateur Gilles Francescano, je n'imaginais pas pourvue d'une poitrine généreuse.



Mais c'est quoi ce méchant ? 

Depuis le début de la série, les propriétaires des vivenefs ne cessent de chuchoter d'énigmatiques reproches à l'encontre d'un certain "Gouverneur", qui aurait pour principaux traits de caractère d'être injuste et peu consciencieux dans ses fonctions. Aussi puissant qu'incompétent, il est redouté des anciennes familles de marchands de Terrilville, car il se soucie peu de leur déchéance. Pourtant, il est aussi apprécié des "nouveaux marchands", qui ont du mal à respecter les codes établis par les marins depuis des générations.
Toujours est-il que, jusqu'au tome 4 des Aventuriers de la Mer, on ne sait absolument rien de celui qu'on perçoit tout de même comme l'un des "méchants", et ça commence à nous intriguer furieusement. Par chance, Robin Hobb a ici consacré un chapitre entier à la présentation du fameux "gouverneur Cosgo". Ceux qui se plaisaient à l'imaginer sadique, imposant et autoritaire pourraient bien être déçus : la bête est en réalité un adolescent attardé qui profite de son statut pour baiser à longueur de journée et planer en fumant des herbes. Il semble avoir une conception très abstraite du territoire qu'il dirige, et préfère déléguer les dossiers épineux à ses dames de compagnie. A vrai dire, Cosgo peut évoquer une pâle copie de Royal, le prince aux dents longues de L'Assassin Royal, la cruauté et l'ambition en moins. Un personnage déconcertant, donc, mais peut-être est-ce l'effet voulu, puisqu'on a déjà trouve l'homme à détester et à abattre en la personne de Kyle Havre, l'odieux père de Hiémain.


De la pute au prêtre... 

... Ou comment garder le sourire face à une porte de prison ?

A ma gauche, Etta, fille de joie de son état, mais bien décidée à apprendre le métier de pirate pour garder son client préféré dans son champ de vision. A ma droite, Hiémain, prêtre en formation, marin en formation, puceau en perdition. Vont-ils pouvoir communiquer ? Eh bien oui, car ils ont un objectif commun à atteindre : sauver le capitaine Kennit ! Mais ce ne sera pas gagné d'avance, et les débuts de leur "cohabitation" resteront longtemps laborieux.

Comme s'il n'avait pas déjà assez de malheurs et de pression, il fallait absolument que Hiémain se farcisse les sautes d'humeur de la femme du capitaine ! En effet, Etta n'est pas une fille commode ; elle a quitté Partage et son bordel natal pour rester proches de celui qu'elle aime aveuglément : Kennit le pirate. Depuis, elle ne vit qu'à travers lui, jalouse aussitôt tout ce qui l'approche d'un peu trop près, et peut littéralement mettre en pièces celui qui aurait l'idée de lui faire du mal. Forcément, dès qu'elle décèle un semblant de complicité entre le pirate, la figure de proue et le jeune prêtre, ils deviennent pour elle des rivaux tout trouvés. Hiémain aimerait bien lui dire qu'il n'a aucunement l'intention de l'exclure de leur relation de confiance, mais il n'est guère aisé de parlé à quelqu'un d'aussi buté qu'une prostituée convertie en marin.

Pourtant, la femme de caractère sans peur et sans reproche se transforme en bon petit chien chien dès que Kennit ouvre la bouche ; aussi, quand il va lui demander d'être indulgente, voire attentionnée envers Hiémain, elle va s'exécuter à contrecœur et jouer le jeu à la perfection. Le novice est bien surpris que la femme l'accueille avec une bienveillance perceptible, lors de sa descente dans la cabine du convalescent, et ne soupçonne pas les raisons d'un tel changement d'humeur à son égard. Il se laisse donc aller à croire à une amitié naissante, et pense qu'il a enfin trouvé l'oreille attentive qui voudra bien recueillir ses peines contenues depuis des mois en mer.

"Hiémain sentit une ouverture.
"Et je ne vous le demanderai pas. C'est seulement... ce serait bien de pouvoir parler à quelqu'un. Simplement parler. Il m'est arrivé tant de choses récemment. Tous mes amis sont morts, mon père me méprise, les esclaves que j'ai aidés n'ont pas l'air de se rappeler ce que j'ai fait pour eux, je soupçonne Sâ'Adar de vouloir en finir avec moi..." 
Sa voix se réduisit à un murmure quand il se rendit compte qu'il devait avoir l'air de s'apitoyer sur son sort."
(p. 225 - 226)

Que nenni ! La pute lucide et fataliste va remettre les idées en place à celui qu'elle considère comme un jeune pleurnichard incapable de se secouer, donnant lieu au passage le plus intéressant _ humainement parlant _ de l'ouvrage.        

(p. 226)
"... J'essaie de trouver le moyen de revenir à mon point de départ pour rétablir ma vie d'avant mais... 
_ Tu ne peux pas revenir en arrière, lui dit-elle franchement, d'une voix neutre. Cette partie-là de ta vie est terminée. Mets-là de côté comme une étape achevée? C'en est fini pour toi. Personne ne peut décider de ce que sera sa vie." Elle leva vers lui un regard qui le transperça. "Sois un homme. Tâche de découvrir où tu te trouves maintenant et repars de là, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Accepte et tu pourras survivre. Si tu restes en arrière, en répétant que ce n'est pas ta vie, que tu n'es pas fait pour ça, tu passeras à côté. Il se peut que tu n'en meures pas, mais autant être mort, pour ce que ça te rapportera, à toi et aux autres."
Hiémain était abasourdi. Aussi dures qu'elles soient, ces paroles étaient remplies de sagesse."
(p. 226 - 227) 

Tout n'est pas bon à prendre dans la tirade d'Etta. Mais certains éléments intéresseront sans doute le lecteur qui cherche en vain un sens à sa vie ; il est dommage que Hiémain se réapproprie aussitôt les préceptes d'Etta pour les lier à ses apprentissages religieux : Sa aurait-il donc parlé à travers la bouche de la prostituée?
Cela nous importe peu, à vrai dire. J'aimerais bien revenir, plutôt, sur l'attachement qu'a Robin Hobb a décrire le cheminement mental du personnage tentant de communiquer avec la bombe à retardement qui tricote en face de lui. On a l'impression qu'une grande partie de Mikado se joue entre le prêtre, ses propres ressentis, et son interlocutrice : cerner l'Autre, quel chantier, surtout s'il est d'humeur changeante ! Hiémain, craintif, entre dans la cabine de Kennit, certain de se faire jeter par la harpie du malade. Surprise : ladite harpie lui tricote un pantalon et lui fait même grâce d'un vague sourire. Le coeur réchauffé, il se dit que c'est peut-être l'occasion de se frayer un chemin jusqu'au coeur de la femme pirate, histoire de voir ce qu'elle a dans le ventre. Mais la dame n'est pas en mal d'ami, elle : qu'il aille chialer sa mère ailleurs. La douche froide l'empêche de s'enflammer, or il veut encore y croire et saisit une parole de la prostituée comme un barreau d'échelle pour revenir à l'attaque. Ah, décidément, on a beau dire : Hiémain est un warrior à sa manière. Qui ne se découragerait pas au premier camouflet d'une fille qui ne tolère pas votre présence et vous le fait comprendre ? Qui n'aurait pas le réflexe d'éviter celui ou celle qui vous a octroyé un sourire hier, et vous envoie un pain dans la gueule aujourd'hui ? Oui, Hiémain est un type persévérant et pas dénué de courage. Ou alors, il est maso. A sa place, j'aurais pris le large.

Jeu de mots, ah ah.


Oh mon Dieu !

Rien à voir ou presque _ puisque la chanson Les Mandarines aborde à mon avis le sujet de la prostitution _  mais je voulais vous faire part de mon étonnement en réalisant à l'instant qu'Ulrika Von Glott et Marianne James étaient en fait une seule et même personne ! Bien qu'à présent cela me semble évident, je n'avais jamais fait le rapprochement.


"Les mandarines", chanson des années 30 reprise par Ulrika Von Glott. 
Chanson découverte grâce à mon premier radio réveil, qui ne captait que Radio Liberté Ribérac. 


J'en profite pour signaler que Marianne - Ulrika n'apparaît pas dans l'article Wikipedia consacré au Kadox, un jeu télévisé diffusé sur France 3 à la fin des années 1990, alors qu'elle y a bel et bien participé. Je m'en vais de ce pas apporter ma contribution, et vous laisse en compagnie d'Amanda Lear, pour patienter.



   

Voilà ! C'est fait !

Hobb, Robin. Les aventuriers de la mer. "Brumes et tempêtes". Paris. France Loisirs. Coll. "Piment". 1999. 389 p. ISBN 2-7441-7725-3 

dimanche 15 juillet 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 8 - La marque de Nolwenn - Jean-Charles Kraehn ; Michel Pierret. 1994


Où est-ce qu'on en était ?   

Très exactement là où le tome 7 des Aigles Décapitées s'était arrêté. Eh oui.



Sigwald n'est pas encore enseveli que déjà, les affaires de la cour reprennent à Crozenc. Hughes entretient une rancoeur envers sa pseudo-femme Nolwenn, qu'il juge en partie responsable de la mort de son père spirituel. Il se décide à la répudier, l'accusant de s'être aventurée aux frontières de l'adultère, et la fait enfermer dans la Tour Grosse en attendant que le Seigneur Alphonse de Poitiers la condamne officiellement. Il n'envisage pas une seule seconde que la petite bretonne puisse être enceinte de lui... ce qui est bel et bien le cas, cependant.    


Il faut dire que le crime avorté de la jeune femme au fort caractère fait les affaires du Seigneur de Crozenc : enfermée dans la Grande Tour en attendant la condamnation officielle d'Alphonse de Poitiers, elle ne risque pas d'entraver ses amours avec Alix ! Les amoureux rattrapent de belle manière leurs longs mois d'éloignement et le "temps perdu" est une raison toute trouvée pour s'adonner à de longues parties de jambes en l'air.  

Alix se laisse attendrir, Nolwenn explose de rage.  

En amante comblée (et rassasiée ? ), Alix rend les armes devant celle qui était pour elle une rivale, un obstacle à son amour. Non seulement, elle ne perçoit plus Nolwenn comme une femelle potentiellement menaçante pour son couple, mais en plus, elle la prend en pitié, craignant que la condamnation soit disproportionnée. Aussi, une nuit, alors que personne ne lui a rien demandé et qu'elle n'a aucune raison personnelle d'agir ainsi, Alix monte à la Tour Grosse et libère la prisonnière pleine des oeuvres de son mari, à la surprise de tous, y compris du lecteur.

Alix, ou comment se créer des problèmes quand on n'en a pas !

Pensant à son enfant, Nolwenn ravale la fierté qui la poussait à refuser l'aide de sa rivale victorieuse et prend effectivement la fuite sans ôter la malédiction dont elle a affublé Hughes et Alix le jour de son jugement. Dès lors, elle n'aura de cesse de faire de son ventre une priorité, non pas par instinct maternel mais parce qu'il est de fait l'héritier de Crozenc, et qu'il peut donc la maintenir à une distance raisonnable du pouvoir.

Ravenaud redevient l'ennemi numéro 1  

Un peu comme dans les premiers volumes de la série, Ravenaud, le maître du château de Cuzion, occupe une place de triste sire bien décidé à voler la vedette à Hughes de Crozenc. Il n'est plus nécessaire de rappeler qu'entre eux, le torchon brûle. Le chevalier brun et un poil butor, toujours amoureux de Nolwenn, sait très bien que son suzerain est affaibli par la mort de Sigwald, ce sage conseiller qui pouvait renifler une trahison à des lieues à la ronde ! L'arrivée à Cuzion de celui qu'il appelle toujours le Bâtard n'est pas une surprise pour lui : il sait très bien que le blondinet veut récupérer ses terres ; aussi ne se gêne-t-il pas pour lui tendre une embuscade dans laquelle l'autre tombe aussitôt. Par miracle, Hughes échappe à la mort et se replie, seul, piteux, sans monture, dans la forêt. Pas de bol ! Il tombe sur Nolwenn, qui l'assomme et, d'abord tentée de le tuer, se ravise et dessine sur son visage une entaille sanglante : dorénavant, grâce à sa "marque", il ne pourra plus oublier sa première femme ! D'où le titre de ce huitième tome.

Montrez ce que vous avez dans le ventre ! 


Nolwenn est une fois de plus le personnage haut en couleur qui fait la force de l'album et la consistance ce l'histoire.  En bonne Agrippine médiévale, elle fait le voeu de détruire tout ce qui pourra faire obstacle à son accès au trône : du coup, le moindre de ses actes devient stratégique. Elle épargne Hughes car elle sait qu'il ne pourra reconnaître son enfant que s'il est vivant, mais regrette aussitôt sa clémence lorsqu'elle apprend qu'il n'est pas vraiment de sang noble. Celle qui se disait fidèle et réellement éprise de son mari, n'hésite par à s'offrir à un Ravenaud à moitié bourré : peut-être lui sera-t-il utile de lui faire croire que l'enfant qu'elle porte dans son ventre est le sien ? Les Aigles Décapitées est décidément une série où la ruse féminine se déploie sous toutes ses formes et finira sans doute par l'emporter, à l'instar d'Alix à poil sur Hughes qui n'en revient toujours pas... 



KRAEHN, Jean-Charles ; PIERRET, Michel. Les Aigles Décapitées. Tome 8 : "La marque de Nolwenn". Glénat. 1994. Coll. "Vécu". 48 p.  
     





jeudi 19 avril 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 5 - Saint-Malo de l'Isle - Jean-Charles Kraehn, Michel Pierret. 1991


        Je continue ma lecture de la série Les Aigles Décapitées en abordant déjà le tome 5 ! L'album "Saint-Malo de l'Isle" constitue le second volet du Cycle breton des Aigles Décapitées, également appelé "Cycle de l'Hérétique".


Où est-ce qu'on en était ? 
      
       Hughes et Nolwenn ont enfin atteint Saint-Malo de l'Isle, où ils doivent remettre au puissant Hélie de Boisboissel la lettre de rançon du marchand Albizzi. Bien des ennuis les y attendent : coursés par des chiens dressés pour attaquer quiconque s'approche de la ville à la nuit tombée, c'est en tant que prisonniers qu'ils découvrent les lieux.

       Ils ne savent pas encore que les notables de Saint-Malo ne voient pas tous d'un bon oeil le retour d'Albizzi, connu pour être un rival de taille. Aussi, lorsque Eudeuline de Lieusel, l'ambitieuse femme d'un marchand faible et vieillissant, intercepte l'urgente missive du naufragé, elle la fait disparaître et s'arrange pour que Nolwenn et Hughes restent en prison le plus longtemps possible. C'est sans compter la ruse et la persévérance des jeunes mariés : il n'est pas question de laisser le brave Sigwald dépérir et se noyer dans l'infection de ses blessures.


Tome 4 et Tome 5 : même combat 
 
       Je ne vous en dirai pas plus, car l'action est tellement fournie, rapide et les chemins des personnages tellement imbriqués les uns dans les autres, que cela devient très difficile à raconter. Autant les lire vous-même, d'autant plus que l'esprit de la BD reste le même que le tome précédent : des femmes fortes et limite castratrices tirent les ficelles de leurs maris, des hommes faibles guidés par leur bite envie d'entretenir leur petit pécule exécutent les voeux de leurs dames. Au milieu de tout ce remue-ménage d'étoffes et de pièces d'or, Hughes, le seigneur en haillons, ne pense qu'à sauver son vieil ami. Une fois de plus, il se retrouve sans rien comprendre manipulé comme un jouet par des hommes qu'il ne connaît pas, dans une situation qu'il ne maîtrise pas, renvoyé d'un piège à l'autre tel une boule de billard sur le tapis vert. Il roule, et il roule... Voilà qui donne à réfléchir ; même le héros le plus puissant ne peut rien contre ceux pour qui il n'est rien d'autre qu'un pion.  


Un record de coups bas 

       Nous n'avions pas eu besoin d'attendre "Saint-Malo de l'Isle" pour comprendre qu'en cas de situations extrêmes, tous les coups sont permis aussi bien pour Hughes, que pour son entourage et surtout ses ennemis. Hormis Sigwald, estropié, et Maître Albizzi, faisant figure d'otage du vicieux Frère Golidard, il ne reste plus un seul personnage demeuré blanc comme neige. Nolwenn est guidée dans tous ses actes par l'espoir de se taper Hughes _et elle y parvient grâce à son succès qui inspire de la reconnaissance au jeune noble, et parvient à les libérer de leur prison en allumant le gardien. Son mari de fortune va commettre l'impair de livrer la lettre de rançon d'Albizzi à Maltravers, le petit naufrageur qui les a suivis à la trace, pour le plus grand bonheur de... plusieurs personnes ! L'heureux récepteur de la lettre va s'empresser de l'utiliser dans son propre intérêt, rendant involontairement service au héros, tandis qu'Eudeuline de Lieusel se réjouit qu'il ne reste aucune preuve du retour d'Albizzi dans les parages. Même Aria, la jeune fille sourde et muette censée représenter l'innocence-même, que Goliard se tape en dépit de l'amour de Nolwenn, nous réserve une belle surprise.    

       Cette suite de coups bas et de concours de circonstances amèneront une fin heureuse pour certains et une vie abrégée pour bien d'autres. Hughes, sa nouvelle femme Nolwenn et ses amis n'auront pas volé leur retour (ou leur entrée) dans une vie tranquille des nobliaux, et ce pour un certain temps. En effet, le cycle suivant nous amènera dans une autre région de la France du XIII° siècle, à quelques années de là. A suivre.     

A propos de Jean-Charles Kraehn 

C'est sans aucune difficulté ni aucun mérite que j'ai trouvé une interview de Jean-Charles Kraehn, que je nomme souvent sans jamais présenter. 

Parties 1 et 2 
  

KRAEHN, Jean-Charles ; PIERRET, Michel. Les Aigles Décapitées. Tome 5 : "Saint-Malo de l'Isle". Glénat. 1991. Coll. "Vécu". 48 p. 




vendredi 2 mars 2012

Qu'est-ce qui vous amène ? Février 2012


Vous avez bien navigué en ce mois de février 2012 ! Bravo !

Parmi les blagues que je ne connaissais pas, j'ai relevé :

 
blague de la vieille qui encule une poule

blague sur les roux sur les voitures

l'histoire de la poule et du grain de blé



Bande de geeks ! J'ai presque eu peur !! 



fond d'écran porno pour ma soeur : la bonne excuse !

vieille caméra usb fil jaune : non, ça me dit rien. Elle était où, la dernière fois que tu l'as vue ? 

moteur de recherche photo porno

fond d'écran frank gallagher


Voilà qui devrait faire l'affaire ! (Photo The Britisk Comedy Guide)


Les personnalités vous passionnent toujours


carole bouquet avant

montre de Flo Rida

deborah lamure. Je ne sais pas de qui il s'agit !

j'aime pas mélanie laurent : COPAIN !!!

cul mélanie laurent dikkenek. Relevé le soir de la diffusion du film Dikkenek sur TMC


En guise de consolation, voici sa poitrine

mini stars novembre 1983 porte bonheurs

patrick galen gay : ah c'est l'autre nom du fameux Patrick Dempsey ? 




Les animaux sont nos amis, de l'oubliez pas ! 



nounours féminin

zèbre avec un joint

mon chat vomit de la bille depuis deux jours que faire ? 

aigles frappez





Les transports qui vous intéressent 


thello train cabine 1 lit   

camion frigo porte viande  





Valérie Damidot sors de ce corps !

 
murs argile chocolat

fixer un rideau de placard 

papier peints porno (ça va être beau chez toi)

image chambre bordel (chambre de bordel ou chambre bordélique ? c'est la question !)

chiottes gay

mur zébré 



Yvonne (Karib ou pas) fan club  


yvone et son petit ami : parlons-nous de la même ?

les crados yvonne 
 

Attention, c'est bientôt carnaval ! 

 
arlequin dans tous ses états



Le coin des obsédés
 
 
j'ai envie de sucer une bite : ne serais-tu point en cloque ?

une femme en train de sucer le zizie de son marie : la sexualité expliquée aux enfants avec des fautes d'orthographe

porno amour : c'est possible ?

ballon d'or porno

comment dresser son homme comme un chien

magie en train de sucer la bite à bart 

il pourrait être mon papy porn : oui mais faut pas y penser sinon on bloque..

faire l'amour sur le lit rigolo drôle    

vente de cassettes en 3 d avec prix de neufs porno (ça sent l'embrouille !)

italie bleu porno 

lycie porno a la ferme des pres

les ados et les magazines porno : tout un programme !   

stars en train de sucer au lit

j'aime susser le penis de mon mari

rouquine cochonne bien baisé


Avis de recherche  


garçon boutonneux, roux, bouclé, laid : pourquoi pas simplement taper "thon" ?

enfant roux moche  

bg roux : impossible !

tête de sardine (poisson) : merci de préciser

jumeaux géant nains 

gay viril : oxymore ? 

Quelques romantiques sont passés par là, les pauvres !

 
je veux croire en nous raiponce manga


Du grand écran à la "petite lucarne", comme dirait François Pignon 


chanson d'ouverture l'amour est dans le pré saison 6

voir scarface en plusieurs parties : dailymotion mon pote !


shameless UK Karen : bande de petits cochons !

gakuen heaven les jumeaux : oui parlons-en de ces deux-là




Pédagogie power 


fiche pédagogique une poule sur un mur 

Questions existentielles


qu'est-ce que la pornographie ?

comment rendre son homme fou au lit


Expressions à la con 


au lit comme les poules

Les artistes


planche de bd mont saint michel

Les mangavores


manga prof de svt

gardien de foot aux cheveux longs mangas 

manga chaud


Shopping

 
tshirt dikkenek : j'en cherche un aussi


Allez voir le blog de critique ciné Fausses Valeurs, sur lequel j'ai pris la photo


Un peu de psychologie


effet des chansons paillardes


Vous avez toujours l'esprit sportif !


la une de l'équipe à la veille de la finale de rugby 2011 

Il reste toujours des requêtes inclassables



dessin doigt d'honneur (nombre incalculable d'occurrences ! Merci Mélanie Laurent)

auréole d'ange faite maison


Bilan :

  • Comme vous avez pu le remarquer, le coin des obsédés est toujours aussi bien rempli !
  • J'ai volontairement fait l'impasse sur certaines requêtes vraiment dégueulasses, mais comme je n'ai pas envie d'attirer sur mon blog la vermine, je ne les reproduirai pas ici.  
  • On n'est que le 2 du mois, mais j'ai déjà matière à dire que mars va être très productif, de votre côté ! A moi de suivre votre rythme !  






mardi 24 janvier 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 1 : La Nuit des Jongleurs - Patrice Pellerin, Jean-Charles Kraehn - 1986


Savoir prendre du recul ... 

Autant on peut s'éclater à parcourir les domaines inconnus de la bande-dessinée et la fraîcheur des nouvelles oeuvres, autant il est bon de redécouvrir les albums qu'on a déjà lus ! Il y a quelques années, je me suis plongée dans la lecture des trois premiers tomes des Aigles Décapitées (Pellerin / Kraehn). Mes parents m'avaient offert "La nuit des jongleurs", L'héritier sans nom" et "Les éperons d'or" le jour où j'ai eu le BAC : c'était mon cadeau. Le contexte médiéval m'avait bien plu, mais l'abondance du texte et les références historiques nombreuses et précises m'avaient pris la tête. Par conséquent, je n'ai ni investi dans les 20 tomes suivants, ni poursuivi la lecture en bibliothèque, ce qui aurait été largement possible car la renommée de la série n'est plus à faire. Les 23 tomes des Aigles décapitées sont parus entre 1986 et 2011. Ils ont été réédités quatre fois depuis.   


Jamais je la rattraperai, ma blouse ! 


Résumé de "La Nuit des Jongleurs".

Après une relecture moins hâtive et plus avertie _ j'en sais un peu plus sur l'histoire du Moyen-Age qu'après la terminale, et heureusement _ voici ce qu'il en retourne des Aigles Décapitées.

Nous sommes en 1241. Le roi Louis IX a délégué à son frère Alphonse le contrôle du Poitou et de l'Auvergne. Le comte Guy de Lusignan s'y oppose et monte un complot contre Alphonse, à l'aide des hautes figures des alentours, dont Enguerran, le seigneur de Crozenc. Mais les souverains au pouvoir ne sont pas dupes de leur manège et envoient des émissaires dans les forteresses douteuses pour mieux estimer le danger qu'ils représentent. Aussi, lorsqu'il reçoit chez lui le bailli Noyon envoyé à l'improviste par le roi, Enguerran est bien obligé de se montrer extrêmement faux-cul prudent afin de ne pas attirer trop de soupçons.

C'est dans cette ambiance malsaine que Hughes et Sigwald, des ménestrels bien trop habiles aux armes pour n'être que de pauvres artistes itinérants, sont capturés et enfermés dans la forteresse d'Enguerran. Ils sont accusés d'avoir tué un sanglier poursuivi par les hommes d'Enguerran, gâchant ainsi l'excitation de leur partie de chasse. Une fois emprisonnés au château, leur esprit téméraire et leurs curieux projets vont les amener à s'échapper et à semer le trouble dans la maison du seigneur de Crozenc.


Image prise sur Scénario.com


Hughes, jeune blondinet aussi impulsif et téméraire que sa jeunesse peut le lui permettre, est en fait le fils de Renaud, l'ancien seigneur de Crozenc. Vingt ans plus tôt, Enguerran l'a fait assassiner et s'est débarrassé de l'héritier. C'était sans compter le dévouement de Sigwald, dit Tranchecol, le meilleur ami de Renaud, qui a recueilli Hughes pour l'initier aux armes. Ensemble, ils se sont fixé comme objectif de récupérer la place qui revient de droit au jeune homme. Pas la peine d'aller plus avant dans ses tribulations pour savoir qu'il va taper dans l'oeil d'Alix, la fille unique d'Enguerran une damoiselle plus proche des bois, des chevaux et des lévriers que des robes ou de la broderie. Sigwald est en effet un guerrier défraîchi avec de beaux restes. Il est qualifié de "vieux bouc", un surnom le résume bien, et semble encore au goût d'Ermeline, son ancienne maîtresse. Il souffle à son jeune protégé la voix de la sagesse, bien que les trahisons du passé ne semblent pas toujours lui avoir servi de leçon.

Les Aigles Décapitées est incontestablement une BD pour un public adulte, non seulement pour son côté historiquement pointu et ses subtilités pas forcément faciles d'accès, mais aussi parce qu'on y voit quelques filles à poil et pas mal de sang. Et encore, ce premier album n'est pas trop gore par rapport aux deux suivants. Mais bon, que voulez-vous ! Pellerin et Kraehn nous content le Moyen-Age nous dans toute la splendeur de ses forteresses, des ses campagnes retirées et propices à la chasse, de son langage haut en couleurs ("La chaude garce !")... et ils y parviennent très bien. Alors inutile d'y attendre les niaises joyeusetés propres à un conte pour enfants !

Ce premier volume paraît certes très dense en informations et en contenu textuel, malgré un effort visible pour rendre les éléments de l'intrigue compréhensibles ; mais, comme le sous-tend le principe de la série, on ne peut juger de son efficacité que sur la longueur. Petit à petit, vous verrez que tout s'éclaircit, et une seconde lecture finit de lever les dernières zones d'ombre. A suivre, donc, et surtout, ne vous découragez pas !  

PELLERIN, Patrice ; KRAEHN, Jean-Charles. Les Aigles Décapitées. "Tome 1 : La Nuit des Jongleurs". Glénat. Coll. "Vécu". 1986. 48 p. ISBN 2-7234-0610-5