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samedi 17 octobre 2026

[SERIE JEUNESSE] Titeuf - Zep

Titeuf - 10 - Nadia se marie 

Glénat, 2004


Titeuf va réussir à sortir avec Nadia d'ici la fête de l'école, c'est sûr et certain ! Du moins, il l'espère fort, car il a parié sa Playstation avec Hugo qu'il danserait un slow avec elle lors de la boum. Malheureusement, l'affaire est mal engagée : voilà quelques jours que Nadia passe tout son temps avec un charmant garçon que personne ne connaît. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont l'air de bien s'entendre. 

A l'aide de Manu et de Hugo, ses meilleurs copains, Titeuf échafaude un plan pour éliminer son rival : hors de question qu'il renonce au cœur de la belle rousse à la main lourde !   

Sauf erreur de ma part, cet album de Titeuf est le premier à se présenter sous la forme d'une histoire complète, les précédents étant plutôt des suites de gags indépendants les uns des autres.   

Ah, Titeuf ! Presque 30 ans depuis notre première rencontre dans le bac à BD du CDI de mon collège ! Grâce à lui, j'ai découvert qu'il pouvait y avoir des gros mots ou des personnages irrévérencieux dans des livres pour enfants (prêtés par l'école qui plus est !!) et que c'était OK ! C'est marrant de se dire que le choc ressenti à l'époque a encore un impact sur la façon dont j'exerce mon métier aujourd'hui.. Merci à Zep et à la prof doc d'avoir permis cela ! 

Efficace dans le scénario comme dans le dessin, indémodable ! 


vendredi 4 août 2017

Soyons sérieux - Les périodiques du CDI, carte mentale



Voici une (tentative de) carte mentale pour aborder la notion de "périodique" avec les collégiens. C'est un début... 


N'hésitez pas à me signaler toute erreur plus ou moins grossière, si besoin ! Du moment que vous le faites gentiment.... ;) 
 

mercredi 26 juillet 2017

Soyons sérieux : carte mentale des documents qu'on peut trouver au CDI


Lien de partage : https://www.spiderscribe.net/app/?771260d0bc4fadab8d7d73e8c7a71f1e
Petite carte mentale sans prétention et perfectible à souhait !
Comme la précédente, elle a été réalisée avec Spiderscribe.net.


Et bonne soirée ! 

dimanche 23 juillet 2017

Soyons sérieux : E-sidoc, le portail documentaire du CDI


Parce que ça faisait longtemps !



Ce matin, j'ai fait la découverte d'un nouvel outil de "mind mapping" plutôt sympa nommé: Spiderscribe.net ; histoire de le tester, j'ai tenté une présentation du portail documentaire du CDI. La "carte" produite vaut ce qu'elle vaut, elle est sûrement beaucoup trop chargée encore pour des collégiens, mais c'est un début ! A noter que Spiderscribe est très pratique et très intuitif... sauf pour créer ce qu'on pourrait appeler la "bulle-point de départ" _vous voyez de quoi je parle ! et j'avoue que ça m'a laissée perplexe pendant quelques instants. Mais en cliquant un peu partout on finit par y arriver. Ou sinon, ne faites pas comme moi et regardez la démo, tout simplement. 

Pour la suite, rien à dire si ce n'est que c'est bien la première fois que je peux organiser des idées où je veux, comme je veux, insérer des images, des liens hypertexte, exporter et partager. D'habitude, c'est fromage ou dessert avec ces bêtes-là.

A savoir qu'une version payante sans doute encore plus complète existe. Les points faibles rôdent forcément, mais je ne les vois pas encore. Après, chacun ses goûts, hein !  

Concernant la présentation du portail, je prends les commentaires, les signalements de fautes et les critiques (constructives, merci ^^). Le lien vers la carte est disponible sur demande.

mercredi 24 août 2016

Soyons sérieux : Les films interdits du IIIe Reich - Felix Moeller (2013)


Soyons sérieux ! 
Parce que ça faisait longtemps...
Voici une fiche de travail suite au visionnage du documentaire de Felix Moeller : Les films interdits du III° Reich (2013). Une pure paraphrase, n'en attendez rien.



Dans les enfers des Archives du Cinéma allemand, situées près de Berlin, sont conservés les films de propagande nazie sortis sous le IIIe Reich. Trois cent d'entre eux sont actuellement interdits à la diffusion car ils délivrent des messages racistes, antisémites, glorifiant le nazisme, la haine et la guerre. Paradoxalement, il reste facile de les récupérer sur Internet, "en contactant des revendeurs d'extrême droite", nous explique une intervenante, ou en suivant des chaînes Youtube de néo-nazis...

Il faut savoir qu'à l'époque, le cinéma était un instrument de pouvoir à part entière pour Goebbels, ministre de la propagande et parfaitement conscient que le septième art pouvait retourner le cerveau des gens. Au plus fort de la guerre, le peuple allemand était un gros consommateur de films et ne passait pas entre les mailles "l'industrie du divertissement nazi". Absurdes mais divertissants _pour des spectateurs démoralisés, les "films de la nation" faisaient pleinement partie de la stratégie de communication du Reich ; Goebbels n'hésitait pas à commander des films à gros budget et à se montrer généreux envers les stars du moment.. Entre autres, Emil Jannings et Heinrich George. Le premier avait choisi de travailler pour le III° Reich, non par conviction, mais parce qu'il gagnait plus qu'à Hollywood et pouvait choisir ses rôles. Le second est toujours une énigme, puisqu'il s'agit d'un acteur défavorable aux idées du Reich qui a changé de camp. 

Le documentaire Les films interdits du III° Reich interroge la nécessité d'une interdiction ou non de ces oeuvres, de nos jours. Si les difficultés d'accès au nom de la protection de l'enfance sont légitimes, elles posent aussi un problème : elles empêchent les jeunes de connaître une partie de l'Histoire qui a bel et bien existé. Alors, on se demande à présent ce qu'il faut faire de toutes ces bobines : sont-elles encore dangereuses ? comment serait perçue leur remise en circulation ? doit-on les oublier ? Certainement pas.

Bientôt la rentrée = TOUS SUR ARTE ! 


Felix Moeller choisit une poignée de films d'époque pour nous permettre de nous faire une opinion : Heimkehr, Le Juif Süss, Suis-je un assassin ? Pour chaque exemple, il nous montre un extrait de l'oeuvre, puis une scène de projection en public, avant de nous faire partager les réactions des spectateurs à l'issue de cette projection.  

Heimkehr : l'action se déroule en Pologne, ou vie une minorité d'Allemands violemment persécutés et torturés par les Polonais. Le procédé est adroit : en adoptant ce point de vue, les Allemands sont victimisés et l'invasion de la Pologne se justifie au motif de la légitime défense. C'est tout simplement l'inverse de la réalité, mais les spectateurs adultes considèrent qu'une jeune qui n'a aucune culture historique et aucun recul pourrait très bien se laisser prendre au piège.

Le Juif Süss fait partie de la quarantaine de films diffusés sous conditions, c'est à dire qu'ils sont ils sont forcément précédés d'une présentation et suivis d'un débat. Il y est question de Süss, un homme ambitieux, malhonnête et amateur de femmes.

Suis-je un assassin ? suscite aujourd'hui encore des réactions contrastées : s'il s'inscrit officiellement dans la longue liste des films de propagande nazie, et veut justifier une élimination massive des personnes handicapées, il adopte un point de vue bien particulier. Une femme apprend qu'elle est très malade et supplie son mari de la tuer avant qu'elle dépérisse ; celui-ci s'exécute. Aujourd'hui, ce long métrage pourrait être compris comme un film en faveur de l'euthanasie. Le réalisateur (Liebeneiner) avait alors pour mission de susciter le débat dans les chaumières à défaut de pouvoir le faire en public _morale chrétienne oblige.


Les réactions des spectateurs _adultes ou scolaires_ se recoupent : 

- Sans connaissances préalables, ces films présentent toujours un danger, surtout pour des adolescents paumés. Ce n'est pas pour rien qu'il existait des films de propagande spécifiquement conçus pour la jeunesse sous le III° Reich. Ils fonctionnaient d'ailleurs très bien sur certains d'entre eux ; aujourd'hui encore, ils pourraient faire basculer du mauvais côté des enfants sensibles aux idées d'extrême droite. 

- Beaucoup sont convaincus que les mécanismes de propagande pourraient fonctionner sur le grand public.
- Les lycéens s'effraient qu'il soit aussi facile d'entrer dans ces films ; les ficelles de la manipulation sont très efficaces, surtout lorsqu'elles font appel à nos sentiments.
  
- Les stéréotypes existent partout, sous différentes formes, même si les Juifs, les Anglais et les handicapés ne sont plus les principales cibles... Cela ne veut pas dire qu'on est hors d'atteinte.

SECOND DEGRÉ !!! - SECOND DEGRÉ !!! - SECOND DEGRÉ !!!

- Il est important de découvrir ces films, mais de manière encadrée. Selon les lycéens parisiens que l'ont peut voir dans le documentaire, une diffusion télévisée et sans explication préalable du Juif Süss pourrait faire des dégâts ! 



En conclusion, à la question "Que faire de tous ces films cachés qui constituent pourtant un pan de l'Histoire ?" la réponse demeure :"On ne sait pas trop", mais historiens et professionnels du cinéma s'accordent à dire qu'une totale ignorance de leur existence est quasiment aussi dangereuse qu'une diffusion large et incontrôlée. La meilleure alternative reste la diffusion encadrée... et l'éducation. 



FELIX MOELLER - Les films interdits du III° Reich. Allemagne, 2013. 
Documentaire, 52 min. 
Lien Dailymotion
Lien Arte + 7  




samedi 26 septembre 2015

Soyons sérieux : le classement des documents au CDI...

Un petit guide light pour expliquer la CDD et l'organisation du CDI aux 6° ; ça vaut ce que ça vaut, mais dans l'ensemble ils ont compris le principe. Après tout, c'est ce qui compte ! 


Si tu es perdu, suis le toucan !

mercredi 24 décembre 2014

Catalogage -Témoignages de Résistants autour du thème "l'appel du 18 juin 1940". CRDP Créteil / Musée National de la Résistance - 25 novembre 2009


Dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2009-2010, une rencontre avait eu lieu entre les élèves participants et plusieurs grandes figures de Résistants, afin qu'ils échangent autour du thème suivant : l'appel du 18 juin 1940. Organisé par le CRDP de Créteil (qu'on appelle à présent CANOPÉ de Créteil) et par le Musée National de la Résistance, cet événement a été immortalisé grâce à quelques vidéos. 

Vous trouverez ces vidéos ici-même., ainsi qu'un descriptif de la rencontre sans doute plus précis et plus complet que le mien. 



Quatre d'entre elles laissent la parole aux témoins directs de la France occupée puis libérée. Il s'agit des propos tenus par Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Raymon Aubrac, Yves Guéna et Stéphane Hessel. Comme elles présentent à mon avis un contenu historique intéressant pour les élèves de 3° en particulier _et pour les autres de manière générale..., je compte les cataloguer dans BCDI, afin qu'on puisse y accéder via le portail documentaire E-sidoc du collège. 

Voici une proposition d'indexation :  


Témoignage de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Français libre, historien de la France libre
CRDP de Créteil
Sous la direction de Jean-Luc Millet
25 novembre 2009

Résumé
Lors d’une rencontre entre collégiens participant au Concours National de la Résistance, témoins et acteurs de la Résistance autour du thème “L’appel du 18 juin 1940”, l’historien Jean-Louis Brilhac raconte comment il est parvenu à rejoindre l’Angleterre pour répondre à l’appel du Général De Gaulle.  

Descripteurs
RESISTANCE : 1940 - 1945 / GAULLE, CHARLES DE : 1890 - 1970 / GUERRE MONDIALE : 1939 - 1945 /

Témoignage de Raymond Aubrac, résistant de l’intérieur
CRDP de Créteil
Sous la direction de Jean-Luc Millet
25 novembre 2009

Résumé
Arrêté puis libéré avec l’aide de sa femme Lucie, le résistant Raymond Aubrac raconte comment il a rejoint Londres en février 1944.

Descripteurs
RESISTANCE : 1940 - 1945 / GAULLE, CHARLES DE : 1890 - 1970 / GUERRE MONDIALE : 1939 - 1945 /


Témoignage d’Yves Guéna, Français libre
CRDP de Créteil
Sous la direction de Jean-Luc Millet
25 novembre 2009

Résumé
Lorsque Yves Guéna entend l’appel du 18 juin 1940, il est en Bretagne dans sa famille ; il va tout faire pour atteindre à temps le port de Brest et le bateau qui l’emmènera en Angleterre.

Descripteurs
RESISTANCE : 1940 - 1945 / GAULLE, CHARLES DE : 1890 - 1970 / GUERRE MONDIALE : 1939 - 1945 /

Témoignage de Stéphane Hessel, Français libre, déporté
CRDP de Créteil
Sous la direction de Jean-Luc Millet
25 novembre 2009

Résumé
Au lendemain de l’appel du 18 juin 1940, l’officier français Stéphane Hessel est fait prisonnier par l’armée allemande et déporté. C’est dans le camp de Buchenwald qu’il apprend que l’espoir d’une Résistance insufflé par De Gaulle est bel et bien présent.

Descripteurs
RESISTANCE : 1940 - 1945 / GAULLE, CHARLES DE : 1890 - 1970 / GUERRE MONDIALE : 1939 - 1945 /

mardi 28 octobre 2014

Soyons sérieux : "De la surveillance à la veille", Louise Merzeau (2009)


Parce que ma mission dans la vie, c'est aussi d'initier les élèves à la gestion de leur identité numérique, j'ai lu un article de Louise Merzeau, chercheuse en SIC et Maître de Conférence à l'Université Paris Ouest. Nanterre. La Défense. Bon ça y est, c'est fini ? Enfin au moins, comme ça, on sait où c'est. 



Son article intitulé "De la surveillance à la veille", plus tout jeune à présent, puisqu'il date de 2009, aborde la question de l'utilisation des traces conscientes et inconscientes laissées par les internautes, à des fins commerciales, sociales, ou de pure surveillance. Il a été publié dans la revue Cités, et vous pouvez également le trouver sur la banque d'archives ouvertes pluridisciplinaires HAL. 

Voici ce que j'en ai retenu : 
Il est possible que j'ai compris cet article de travers, alors en cas de doute, reportez-vous au texte original, et ne manquez pas de me signaler mes probables bévues en commentaire. Cimer d'avance.  

Allez, soyez sérieux pour une fois, (bordel) !

Aussi prudent soit-on, on laisse obligatoirement des traces sur la Toile, dès qu'on s'y connecte : pages consultées, chemin effectué via les liens hypertexte, identifiants, jeux.. Il suffit de jeter un oeil à l'historique de navigation pour s'en rendre compte. De la même façon qu'on fait la démarche d'effacer un historique qui est crée par défaut, toutes les "empreintes" laissées derrière nous sont automatiquement mémorisées. Si on veut les supprimer, ou du moins les contrôler, il faut agir en fonction. 

Ces traces sont disséminées un peu partout sur Internet. Isolées, elles n'ont pas grande signification. Rassemblées, elles créent ni plus ni moins votre profil : et là, ça devient gênant. Plus vous laissez d'informations sur vous, plus votre profil sera précis, et plus vous courez le risque de devenir une cible commerciale ou une personne observable par les services de renseignements... ou par vos pairs ! Nul besoin d'un énorme robot Big Brother pour cerner ce que vous aimez et vous envoyer les pubs en fonction : c'est nous qui nous donnons à voir ! 


Bon, il faut reconnaître que certains sont des pros quand il s'agit de récolter les "bonnes" informations, celles qui vont les "intéresser" plus que d'autres : j'ai nommé Google, Amazon, et ... votre voisin ! Pour ce-faire, ils utilisent la même méthode qu'un documentaliste qui procède à sa veille documentaire ; c'est à dire qu'à l'aide d'outils paramétrés au préalable (agrégateurs de flux RSS, portails dynamiques, abonnements à des newsletters, utilisation professionnelle d'un réseau social...), il ramasse tous les éléments visibles sur Internet qui composent l'actualité chaude du sujet qui l'intéresse. Les techniques permettant de faire de la veille sont aussi celles qui rendent possibles la surveillance. Elles peuvent être inefficaces comme ravageuses en fonction de la précision de leur paramétrage, et en fonction de ce qu'on leur laisse à se mettre sous la dent. 

Ne rêvons pas. On ne peut pas totalement échapper à ce phénomène qui nous gêne toujours un peu, dans le sens où, de nos jours, la socialisation passe en partie par Internet. Mieux encore, beaucoup laissent volontairement des petites parties de nous pour se faire remarquer des autres ; lorsqu'on gagne à être surveillé, masquer ce qu'on laisse traîner à la vue de tous n'est certainement plus à l'ordre du jour. 

Mais on peut limiter les dégâts en limitant ses traces, en brouillant les pistes avec des avatars, en apprenant à connaître les mécanismes du Web 2.0* pour mieux les apprivoiser. 
       
Depuis 2009, la face du monde virtuel n'a pas énormément changé. Cependant, depuis quelques mois, le droit à l'oubli commence à se faire valoir : il est maintenant possible de demander au moteur de recherche Google, via un formulaire, le retrait des informations personnelles vous concernant.  


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* Le Web2.0 est une évolution du Web vers une réappropriation des contenus par les internautes, qui peuvent plus facilement éditer, créer, supprimer des pages web. 
Exemple : 
- site Internet html = Web 1.0 (géré par un professionnel formé /webmaster / administrateur /)
- blog = Web 2.0 (tout le monde peut créer un ; une interaction est possible via les commenaires )
- Encyclopédie Larousse = Web 1.0 (articles signés par des spécialistes du sujet concerné)
- Wikipédia = Web 2.0 (encyclopédies collaborative ou les articles sont crées, complétés et vérifiés par les internautes) 




MERZEAU, Louise. "De la surveillance à la veille". Cités, 2009, pp.67-80

dimanche 14 septembre 2014

Plaquette de présentation du CDI pour les 6°


   Document de présentation du CDI à destination des 6°, remis à l'issue de la visite du CDI. 



N'hésitez pas à laisser vos remarques en commentaire, je prends tout !  

Principale source d'inspiration : le guide usager de la Bibliothèque François Villon (Paris).   


samedi 21 juin 2014

L'hérésie du mois : fuck le CDDP des Hauts de Seine.


JE SAIS, ce n'est ni intelligent, ni très convenable _ ni très audacieux. 

Mais ça fait beaucoup de bien après toutes les fois où j'ai du y rentrer à 6 ou 7h du matin avec ma pauvre convoc pleine de fautes d'orthographe, pour en ressortir vidée (mais pleine...) avec des dizaines de feuilles de brouillon roses ou vertes.    




mercredi 26 février 2014

Un dimanche de craquage livresque à Bordeaux - 2- Adieu la chair - Julia Kino (2007)



Quand j'ai repéré le roman Adieu la chair dans la fameuse bouquinerie dont je vous parlais l'autre jour, au rayon littérature pour ados, j'ai aussitôt pensé au petit trio flippant qui sévit dans mon collège.

Imaginez deux filles et un mec, élèves dans la même classe 4°, inséparables, respectivement 1m50 / 1m30 / 1m20 à tout casser, l'air sombre, du genre "calmes mais prêts à exploser" : en somme, trois infaillibles vecteurs de stress pour ma pomme au quotidien.

Imaginez les deux filles, une rousse et une brune corbeau, assises face à face à la table la plus proche de votre banque de prêt (de votre bureau, quoi, mais une fois n'est pas coutume, soyons professionnels). Le mec, debout à côté d'elles, la capuche de son sweat remontée à tel point qu'elle lui bouffe la moitié du visage et vous évoque aussitôt le Nom de la rose... 


"_ E**, la capuche, s'il te plaît !
_ ... 
Pour toute réponse, un bruit de capuche PARTICULIÈREMENT stressant. 
_ Meeeerci E** !"
(Vous voyez, j'ose même pas mettre les prénoms)


... le mec, donc, vous dévisage de ses yeux de fouine en chasse dans un demi-sourire, tandis que ses potes font mine de se plonger dans leur ouvrage favori : Se droguer, c'est risqué. Mais si jamais il vous prend l'envie de vous lever de votre chaise et d'aller voir ce qui se passe à l'autre bout du CDI _ce qui, à mon avis, est préférable quand on accueille des élèves_ sachez que vous ne partez pas seul ! Leurs yeux vous suivent. Tous. Jusque dans les recoins les plus sombres. D'ailleurs, si leurs billes avaient une fonction "feux de croisement", ce serait bien pratique. Tels ceux des chouettes, leurs corps ne bougent pas mais leurs cous semblent doués d'une prodigieuse mobilité.




Attention, je ne suis pas en train de me faire des films en m'inspirant simplement et gratuitement de leur tête et de leur attitude : il se trouve qu'ils sont à l'origine de pas mal de conneries plus ou moins malsaines dans l'établissement et que, forcément, il demandent une attention particulière. La réalité du métier fait qu'on s'habitue à rencontrer tous les jours des "situations-type" pour lesquelles on se construit des réactions "toutes faites". Par exemple, vous êtes parfois confrontés aux bourrins qui rentrent par six en gueulant dans la bibliothèque. Vous les faites ressortir et rentrer "mieux que ça". Compter aussi avec ceux qui sont susceptibles de se prendre la tête au sens propre comme au figuré durant l'heure. Vous les renvoyez, vous faites un rapport, vous les collez, vous en profitez pour les fracasser au nom de la sécurité de tous, depuis le temps que vous en rêviez !. Il y a aussi ceux qui essaient de chourer dans les sacs des autres, l'air de rien. Vous rassemblez tout le monde à 2min de la sonnerie, et "tant qu'il manque quelque chose à quelqu'un, personne ne sort !". Dans tous les cas, c'est con mais ça marche.

Puis il y a les situations extra-ordinaires, voire surréalistes. Il faut bien les gérer aussi, même lorsqu'on n'est pas vraiment psychologue dans l'âme. Mais comment ? Comment faire face à l'imprévu ? Vous avez l'impression que si la rousse et la brune se lèvent brusquement au même instant, c'est parce qu'elles projettent de se griffer la gueule ou de se rouler une pelle, selon l'humeur. Quand le gars se baisse, vous ne savez pas s'il va sortir un doudou de son sac ou un poignard de son slip. Ou inversement. Je précise que jusqu'à maintenant, tout cela n'est jamais arrivé _même le doudou, mais ça pourrait, et c'est précisément ça qui est flippant. Encore plus qu'une sortie scolaire !

La brune s'avance tel un oiseau de mauvais augure, me ramenant à ma viscérale peur de ces poupées qui ouvrent de grands yeux bleus quand on les tient à la verticale.

"Madame ? 
_ Oui ? 
_ Je peux utiliser un ordinateur ? 
_ Peut-être. Pourquoi faire ? 
_ Chercher des images de morts. Pour le cours d'arts-plastiques. 
_ Euh... C'est quoi, votre consigne de travail, exactement ? 
_ ... 
Elle garde le silence et me regarde, outrée, comme si je venais d'insulter sa mère.
La rousse intervient, comme pour calmer le jeu. 

_ Non mais c'est pas vraiment ça. En fait, on cherche plutôt des cranes..." 


"Et sinon, le bouquin ?"

Revenons à nos Chamois Niortais et au roman de Julia Kino, Adieu la chair. Il raconte l'histoire d'un groupe de lycéens déjà blasés par la vie et encore bien incapables de donner un sens à leur existence dans un monde qui les oppresse quotidiennement. Se retrouver tous les six pour fumer, boire, s'embrasser pour rire, échanger leurs pensées drôles ou obscure est leur seule joie. Pour ne pas dire le moment qui les rattache à la vie : une situation des plus communes, en somme.

Angie (la narratrice), Ingo, Berdeen, Malt, Bianke et Coeur-Coupant forment une belle brochette de jeunes paumés qui cherchent à tous prix à se distinguer des "pingouins", ces multitudes de gens ordinaires qui les écoeurent. Un soir, le "gang" se retrouve dans un parc histoire d'essuyer leur peine dans l'herbe ; un homme passe. Ingo se lève sans prévenir et lui fracasse sa bouteille sur la nuque. L'homme s'écroule devant six jeunes fascinés par la facilité avec laquelle on peut éteindre une vie. Pour eux, c'est un déclic : eux, les ados insignifiants, ont le pouvoir de décider qui va vivre et qui va mourir, et même mieux, d'utiliser le meurtre comme exutoire à leur douleur lancinante. C'est le début d'une série d'assassinats, d'un carnage qu'ils vont baptiser "carnaval" : jusqu'où iront-ils ?




Attention, spoiler ! 

Si vous comptez lire le livre, je pense qu'il vaut mieux que vous n'alliez pas plus loin ; mais libre à vous de continuer ou pas.



"Et puis d'un coup, j'ai compris. Nous étions semblables à tous les lycéens _ nous venions juste d'avoir une plus mauvaise idée que les autres." 

 L'écriture de Julia Kino est magique ; enfin, disons que j'y suis particulièrement sensible. Adieu la chair tape sur le lecteur et tape juste, à coups de phrases nominales, de traits d'esprit, de références culturelles plus ou moins intello mais toujours à propos, de descriptions de scènes du quotidien qui nous parlent à tous, mais qu'un rien peut rendre complètement surréalistes... Voilà, je pense que d'entrée, on adore son style ou on le déteste. Personnellement, j'ai rarement autant cité de phrases d'un roman sur Babelio !

Si le début de l'histoire et son explosion de jeunes cœurs trop longtemps engourdis m'a bien emballée, la tournure que prennent les événements m'a laissée pleine d'interrogations. Mais c'était peut-être le but. Au bout de quelques temps, le "gang" décide d'arrêter de tuer gratuitement des gens au détour d'une rue, la satisfaction qu'ils y trouvaient étant épuisée. Pourtant, rien ne les empêche de continuer : pas trace d'enquêtes ni de soupçons autour de "leurs" morts dans cette petite ville de "Here" dans laquelle ils se repèrent les yeux fermés. Mais non. L'été venu, ils prennent le train et partent en vacances sans destination précisée, avec dans leurs poches l'argent prélevé sur les dépouilles de leurs victimes _ ne cherchez pas de morale et de justice dans ce livre, vous n'en trouverez pas ! L'un d'eux se fait la malle en chemin, les cinq restants achètent un grand appart à Budapest, et décident d'y rester pour une durée indéterminée. Petit à petit, les jeunes vont réfléchir à leurs meurtres, leurs vies, renaître et se reconstruire dans une ville et une société qu'ils ne connaissent pas et qui ne les connaît pas assez pour les juger...avant de se séparer. Cette seconde partie du roman est plus lente, plus posée, moins énergique, même si elle diffuse une force différente : là encore, on aime ou on n'aime pas.

La première partie de Adieu la chair reste pour moi la plus intéressante, parce qu'elle parle de cette zone trouble où l'on peut passer à l'acte comme ne pas y passer : c'est souvent un détail qui fait la différence, une étincelle qui met le feu aux poudres ou qui se perd dans l'air, au choix. Rien à voir avec les fusillades dans les écoles aux Etats-Unis, qui sont souvent préméditées, calculées... Mais plutôt l'éclair de folie qui amène quelqu'un à pousser son semblable sous un métro, comme ça, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi après coup. Au fond, les exploits sanglants des six personnages de Julia Kino sont tellement... possibles !

La dernière fois que j'ai eu un sentiment comparable, c'était en lisant Un roi sans divertissement de Jean Giono. Ceux qui ont passé un Bac L aux alentours de 2004 comprendront à peu près de quoi je parle. Les autres un peu moins, sans doute.



La scène se déroule au milieu du XIX°siècle, dans un village retiré de la région de Grenoble où l'on s'ennuie ferme mais où il se passe tout de même des choses. Un jour, Frédéric, le propriétaire de la scierie du coin, découvre un cadavre dans le grand hêtre tout proche de son lieu de travail. C'est celui d'une des jeunes filles disparues quelques temps plus tôt ; il donne l'alerte et fait appel à Langlois, une sorte de gendarme qui s'installe dans le village et découvre à quel point c'est mort. Cela dit, il finit par repérer et tuer le coupable, si mes souvenirs sont bons. Sauf qu'à cette occasion il se découvre un goût particulier pour le meurtre et le sang qui va l'effrayer et le bouffer. Il est possible que je vous dise des grosses conneries parce que ma lecture de ce premier volet des "Chroniques" de Giono remonte à dix ans, d'autant plus qu'à l'époque j'avais pas tout capté du premier coup. Mais l'idée générale de l'oeuvre était que les gens qui s'ennuient sont capables de tout pour sortir de l'ordinaire : aller à la messe, chasser et tuer son voisin sont des manières comme d'autres de s'occuper l'esprit et les mains. Je me souviens que ma prof de littérature avait fait plein de rapprochements avec les Pensées de Pascal, c'était super intéressant ! J'espère bien pouvoir m'y replonger un jour.

Le mot de la fin : je ne mets pas Adieu la chair au CDI ; déjà, le roman s'adresse plus à des lycéens, et en plus, je ne voudrais pas que ça donne des idées ! Certains en ont déjà bien assez ! Ah ah !

Références citées ici : 

GIONO, Jean. Un roi sans divertissement. Gallimard. Coll. Folio. éd.2004. 244p. ISBN 2-07-036220-5 
Ouvrage publié en 1948 
Première édition dans la collection Folio : 1972 
Exemplaire utilisé : 2004 

KINO, Julia. Adieu la chair. Sarbacane. Coll. Exprim'. 2007. 186 p. ISBN 2-84865-158  



mardi 4 février 2014

Des miettes au fond de la tasse


Il paraît que ça ne se dit pas, mais le motif de la madeleine de Proust m'a toujours inspiré de gros foutages de gueule. Pas plus tard qu'hier matin, alors que j'étais conviée au même titre que d'autres documentalistes de l'Académie de Créteil à un stage du PAF, j'ai testé ma blague habituelle auprès d'une collègue que je sentais assez réceptive à mes conneries. Pour poser le contexte, je précise que nous venions d'être fort bien accueillies dans un collège du 93, avec force café, gâteaux et madeleines, et que nous en étions au moment précis où tout le monde s'arrache le thermos des mains.


"C'est marrant, quand Proust trempe sa madeleine dans sa tasse de thé, ça lui rappelle des trucs. Moi, quand je tente l'expérience, j'ai même pas le temps de croquer dedans que ça fait déjà de la merde au fond de ma tasse !" 


(C'est pas de moi !) 


Aussi, vous m'excuserez, mais pour faire remonter mes souvenirs, j'évite de jouer avec la bouffe. Le meilleur moyen est encore de prendre sa pelle et d'aller retourner son cerveau tout seul comme un grand.

  

Septembre 2001

Il est LE redoublant de la classe, celui qui nous guide dans le lycée, les premiers jours, et nous aide à ne pas confondre les salles de physique-chimie _situées dans l'"Aile de la Cité" et les salles de SVT _qui sont planquées dans l'"Aile de la Vallée". A l'entrée du couloir, au troisième étage, il nous montre l'énorme photo satellite de la Terre collée au mur. 
"Vous avez qu'à mater le poster ! Quand vous le voyez, ça veut dire que vous êtes du côté bio." 
Estelle est folle de lui, au moins pour les quinze prochains jours. 
"C'est mon voisin ! Au collège, c'est moi qui lui portais ses devoirs quand il était malade !"  
Il est tout blanc, avec des pics au gel sur la tête. Il se fout très ouvertement de la gueule d'Estelle. 





En TP de bio, il est le voisin et Sabrina et tous deux brillent par leur capacité à se moquer des profs à travers des chansons connues. 
"Chouzy, Chouzy !" Font-ils en choeur, au passage du barbu en blouse blanche qui fait semblant de ne rien entendre. 
Et lui d'enchaîner aussitôt : 
"Monsieur, j'ai entendu sur NRJ qu'un gars s'était tellement retenu de pisser que sa vessie avait explosé ! Vous croyez que c'est vrai ? 
_ Oh, non ! Répond "Chouzy", une vessie, ça n'explose pas comme ça !" 



Mai 2002 

Après l'ultime contrôle de physique (ou chimie ?) de l'année, il jette sa copie sur le bureau de Jean François, le prof. JF fronce son unique sourcil et le fusille de ses yeux rapprochés, en vain. Il a déjà passé la porte du labo comme si de rien n'était. S'ensuit un prodigieux pétage de câble de part et d'autre, dont on n'a jamais connu le dénouement.

J'adorais caricaturer ce prof.


Septembre 2002 

Ils parlent tous les deux, un peu à l'écart du groupe, et j'écoute la conversation, l'air de rien. Il me semble qu'il prend souvent un malin plaisir à retourner le couteau dans la plaie de la fille qui est en face de lui. 
"Alors tu n'as pas pu t'inscrire en italien, finalement ? 
_ Non, on ne peut pas débuter en 1ère. Il aurait fallu que j'en fasse depuis l'année dernière. Du coup, je dois prendre Anglais Renforcé et ça me fait chier.  
_ C'est vraiment con. Mon frère était dans le même cas que toi il y a deux ans, et ils ne lui ont posé aucun problème. Il a pu débuter l'italien sans problème en 1° et même faire une option facultative maths. Meuf, t'as pas de chance, toi, en fait ! 
Il rit. Il m'énerve ! 


Quelque part en 2003... 

Il aperçoit la voiture de sa mère, et ne sait s'il doit rire ou s'inquiéter lorsqu'il voit le pare-choc avant défoncé, la plaque d'immatriculation qui pendouille et produit un cliquetis sur le goudron, à chaque tour de roue. Elle ouvre la vitre tandis qu'ils se penche vers elle, appuyé à la portière. 
"Qu'est-ce qui s'est passé ?
_ Un type m'a reculé dedans, apparemment. J'ai rien vu, j'étais au boulot. Il a laissé ses coordonnées. 
_ Espérons qu'elles soient pas bidons !" 



Avril 2003 

On part en Italie pour une semaine avec tous les pèlerins qui ont choisi la fameuse option LV3 italien, par goût ou par stratégie. Au programme, Vicence, Vérone, Padoue, Venise, Ferrare. Tout le monde est là, même ces petits cons de 2nde qui se la pètent avec leurs bandanas rouges dans les cheveux, et leur curieuse passion pour l'équipe de foot de Monaco. Dans le bus, il est à côté de Fabrice, qui s'endort avant-même qu'on ait passé les frontières de la Dordogne. Il est aussi le premier à détecter les ronflements et à suggérer à Benjamin qu'il les immortalise, lui qui possède un portable à fonction dictaphone. Un petit SONY tout bleu avec écran couleur qui fait un peu craquer tout le monde. Benjamin saute sur l'occasion et colle l'appareil près du visage de Fabrice. Il en fait même sa nouvelle sonnerie.

Il me tend le joint qui tourne depuis tout à l'heure. On est toujours en Italie, et la moitié de la classe s'est posée sur la terrasse de notre chambre d'hôtel. A peine douteux !   
"Adeline, tu fumes pas ? 
_ Non, je suis très allergique à la fumée, je peux finir à l'hosto si j'en respire. 
_ Bah ! 
Sabrina intervient. 
_ Moi aussi, je suis asthmatique et je fume quand même ! 
_ Ouais, ça dépend des gens. Mais j'ai pas envie de prendre le risque, là maintenant ! Ca gâcherait le voyage et ça vous attirerait des emmerdes. 
_ Mais sinon, t'aurais fumé ? 
_ Oh ben oui ! 
Il se tourne vers Benjamin, déjà en mode albinos sous l'effet du shit, et lui envoie un grand coup de coude.  
_ Eh, t'as vu Benji ! Elle est à deux doigts de fumer, la petite Adeline !"




Septembre 2003 

On a commencé depuis quinze jours à peine, et je suis déjà persuadée que je capterai jamais rien à la philo. Ni à la méthodo, ni au contenu. Savoir distinguer de ce qui est "certain" de ce qui n'est que "probable" ne me passionne pas des masses. Dans cette histoire, de toute façon, si on n'est pas en mesure de développer à la seconde les définitions et les divers sens possibles de tous les mots qu'on lit, on est sûr de se noyer dans l'abstraction. Même pas la peine de plonger. Bien sûr, ce con de pseudo prof qui nous dispense plus de pauses que de cours a cru bon de m'interroger, et j'ai répondu des trucs au pif, histoire de ne pas laisser entrevoir le vide intersidéral qui sert de champ de bataille à mes deux neurones.

Je me suis défoncée dans l'impro, et de manière tout à fait inattendue, il m'encourage juste après. Lui qui est toujours aussi blafard et qui a l'air presque blond depuis qu'il ne met plus de gel dans ses cheveux.
"Eh, pas mal du tout, ta réponse ! Apparemment c'était pas trop ça, mais à ta place, j'aurais répondu que dalle ! T'as la technique déjà !" 
Il était dit que la seule remarque sympathique que j'obtiendrais jamais de lui serait celle-là !   


Quelque part en 2004

En histoire-géo, il se prend souvent la tête avec M.Rodrigues ; le prof a un fort accent portugais qu'il cultive au quotidien, comme s'il craignait de le perdre. Un jour, répondant à une énième provocation de ce très grand gamin, il se retient de justesse de le traiter de con. 

"Espèce de......" 

Rodrigues plisse les yeux et se contient. La phrase demeurera inachevée. 

"Dommage, j'attendais que ça, qu'il m'insulte ! On aurait pu le faire virer !"


Avril 2004 

Je suis au CDI, avant-dernière "alvéole" de travail _la mienne ; elle donne sur cette sale bétaillère de cantine et sur le parking des profs. En bas, les internes regagnent leur chambre, chaperonnés par un surveillant. Je me fais un arbre généalogique et un tableau de correspondances avec les personnages de Perceval, d'abord parce que sans ça je m'y perdrais, et ensuite parce que ça me passionne. Ironie du sort, j'en suis tout pile au Sénéchal Keu, bien connu pour son côté langue de pute, lorsqu'il passe devant moi, longeant les rayons du CDI.

"Laaapin , kk kk ! Laapin, kk kk !"

Il repasse en sens inverse en me regardant, affichant son plus charmant sourire de faux-cul. 

"Laapin, kk kk ! Laapin, kk kk !" 



Depuis quelques semaines, il me fait des blagues, des allusions que je ne comprends pas vraiment mais dont je devine le sens global. Quand je suis seule, comme là, peu importe ! Grand bien lui fasse de rire à mes dépends s'il le souhaite ! Mais lorsque je parle à une pote et qu'il siffle en passant derrière nous, c'est terriblement rageant et pas dénué de conséquences sur mes relations amicales. A présent, il fait partie de ceux que j'aurai plaisir à ne plus croiser tous les matins, quand nous en aurons fini avec "J. de B". Pff !  


Mai 2004   

"Tu fais quoi, l'année prochaine ? 
_ Je pars six mois au Texas, chez ma tante ! 
_ Sérieux ? 
_ C'est presque calé. Sinon, je ferai une fac d'anglais !"  
Oui, c'est ça. Pars. Loin ! 


Juillet 2004 

J'ouvre Sud Ouest et je vais à la page des résultats du BAC ; hier, la plupart des candidats passaient les oraux de rattrapage. Il est dedans : il l'aura donc eu, au final. J'aurais bien voulu qu'il se plante, ça lui aurait fait les pieds, à ce con. Mais non, faut toujours qu'il s'en tire bien, lui ! 

Quoi qu'il en soit, on ne se verra peut-être plus jamais de notre vie, qui sait ...? 

Le souvenir de ces pensées négatives est tellement précis qu'il vaut bien non pas une madeleine, mais un carton de gâteaux Bijou à lui tout seul. Je doute de m'en débarrasser, désormais.  

En effet, on ne se reverra plus...    


mardi 26 février 2013

France Football n°3457, 10 juillet 2012


Un petit dépouillement de magazine footballistique, parce que ça faisait longtemps !

France Football n°3457 « L'OM fait profil bas».



SOMMAIRE
p. 3


EDITO 
 
« La clé Deschamps ».
Gérard Ejnès
L'arrivée de Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France de football a des airs de nouveaux départs pour les joueurs comme pour l'entraîneur. Si la personnalité du champion du monde 1998 laisse présager un bel état d'esprit, la fin de son parcours avec l'OM ne joue pas en sa faveur.


L'EVENEMENT 
pp. 4 – 9

« OM. Baup a replongé »
Yoann Riou
Photos : Alain Grosclaude

Elie Baup est arrivé aux commandes de l'OM lors du stage estival de l'équipe en Suisse. Les réactions de ses proches, du staff marseillais et des supporters sont globalement positives : le caractère réservé mais déterminé du nouvel entraîneur inspire confiance. La rencontre amicale contre l'équipe de Zurich, qui a lieu dans la foulée, se solde par un match nul 1-1.

« Debris : il s'est régénéré »
Charles Debris, préparateur mental, a suivi le cheminement d'Elie Baup pendant ses trois dernières années sans club. Il estime que son arrivée à l'OM ne peut avoir qu'un impact bénéfique sur l'entraîneur.

« Un titre et quelques échecs »
Hormis à Bordeaux, où il a amené son équipe au titre de champion de France en 1999, la carrière d'entraîneur d'Elie Baup a été chaotique. Ses passages à Saint Etienne, à Toulouse et à Nantes sont révélateurs d'un bilan mitigé.

« Ses chantiers pour l'été »
Elie Baup doit développer quatre aspects importants de l'équipe de l'OM : construire une équipe avec les moyens dont il dispose, mettre le meilleur de la formation à disposition de l'équipe première, trouver un style de jeu et composer avec le directeur sportif José Anigo.


VOYAGE EN BALLON
pp. 10 – 12

Guillaume Chassaing ; Stephane Fattoretto

« Pleine lucarne »
Nasri, Ben Arfa, Menez et M'Vila sont convoqués par la commission de discipline de la FFF le 27 juillet 2012, pour rendre compte des incidents causés par chacun. Davor Suker prend la tête de la fédération croate de football.

« Roussier ne sera pas directeur général. Le Graët a fait marche arrière »
Rachel Pretti

Noël Le Graët a nommé Jean-Michel Roussier à la Direction Générale de la FFF, avant de se rétracter. L'hypothèse d'une influence des cadres de la fédération sur ce changement de décision, sur fond de querelles internes, n'est pas écartée.

« Petit filet »
Le HAC jouera désormais au « Stade Océane ». Tirage au sort de la Coupe de la Ligue. L'Equipe de France U19 s'illustre à l'Euro. L'espace FCL est en contruction (Lorient).

« Pleine lucarne »
Les anciens ballons d'or sont nombreux dans les bureaux du Bayern de Münich. Le dernier en date est Matthias Sammer, récompensé et 1996.
« CAN 2013. La fausse affiche »
Les matches opposant l'équipe du Sénégal à celle de la Côte d'Ivoire ne sont plus vraiment des sommets.

« La FFF opposée au voile ».
Contrairement à la FFF, l'IFAB s'est montré favorable à l'autorisation du port du voile en sélection internationale.

« En hausse – en baisse »
En hausse : Tahiti monte dans le classement de la FIFA. En baisse : l'équipe de France de beach-soccer ne s'est pas qualifiée pour la Coupe du Monde.

« Les Rangers en enfer »
Roberto Notarianni
Endetté, les Glasgow Rangers pourraient descendre en Third Division. La Fédération Ecossaise de Football souhaite limiter la casse en maintenant le club en deuxième division.

« Petit tacle » De Claude Puel à destination de Jean-Michel Aulas

« OM, gare aux moustiques ! »
Les travaux du Stade Vélodrome obligent l'OM à jouer le troisième tour de qualification en Europa Ligue au Stade Parsemain, à Fos-sur-Mer. Seule crainte : les moustiques locaux.


DOSSIER 
 
pp. 14 – 19

« Deschamps, ce n'est pas Blanc »
Patrick Urbini
Didier Deschamps et Laurent Blanc ont un passé commun en équipe de France qui les rapproche ; pourtant, leur vision du métier d'entraîneur diffère sensiblement. Avec le nouveau sélectionneur, il faut s'attendre à voir l'équipe de France miser sur l'efficacité plus que sur le beau jeu.

« Quand ils parlaient l'un de l'autre »
A la veille d'un Bordeaux/Marseille, saison 2009 – 2010, Laurent Blanc et Didier Deschamps se comparaient l'un à l'autre, pour mieux souligner leur entente malgré les différences : l'un prône la réflexion avant l'action et la maîtrise de soi, l'autre aime le contact des joueurs et accorde une grande importance à la qualité du jeu.

« 50% de victoires »
Après ses passages successifs à la tête de l'AS. Monaco, de la Juventus de Turin et de l'OM, le bilan de Didier Deschamps s'approche des 50% de victoires.

« Profession vainqueur »
A Monaco, à Turin ou à Marseille, Didier Deschamps a toujours su faire gagner son équipe, quelle que soit son profil, ses points forts et ses points faibles. Mais l'ancien capitaine des Bleus a besoin d'une certaine liberté de choix : c'est pourquoi il ne s'est éternisé dans aucun des trois clubs. Entraîner la sélection nationale pourrait bien le libérer des contraintes qui lui pesaient.

« Bio express »

« 9 sélectionneurs, 17 phases finales »
Sur les neuf derniers sélectionneurs de l'équipe de France que sont Michel Hidalgo, Henri Michel, Michel Platini, Gérard Houllier, Aimé Jacquet, Roger Lemerre, Jacques Santini, Raymond Domenech, Laurent Blanc, huit ont amené les Bleus en phase finale d'une compétition majeure.

pp. 18 – 19

« Quatre années cruciales »
Deschamps doit préparer l'équipe de France à la Coupe du Monde en 2014 et à l'Euro en 2016 : en plus des résultats sportifs à assurer, c'est toute l'image de la sélection qu'il a intérêt à redorer.

« La France à peine moins stable que l'Allemagne et l'Espagne »
Roberto Notarianni
La valse des entraîneurs n'est pas plus expéditive en France que dans d'autres pays. Sur les quinze dernières années, cinq sélectionneurs se sont succédés en Allemagne, dix en Angleterre, sept en Argentine, sept au Brésil, cinq en Espagne, sept en Italie, sept aux Pays-Bas, contre six en France.


ANALYSE

pp. 20 – 21

« Des stages de toutes les douleurs »
Julien Roux

Chaque été, les équipes de Ligue 1 effectuent un stage de préparation dans des contrées plus ou moins éloignées de leur port d'attache. Ces périodes d'entraînement (au soleil ou ailleurs) permettent un suivi individuel des joueurs, et donnent des informations sur leur potentiel, leur progression physique, leur vitesse de récupération.

« Le témoin. Jean Fernandez. « Ma plus grande hantise, c'est de perdre un joueur »
Julien Roux

Jean Fernandez, entraîneur de Nancy, évoque son choix de Weiskirchen comme lieu de stage estival, la répartition des séances physiques, la crainte de voir un joueur se blesser pendant cette période.


DÉBAT

pp. 22 – 25
Stéphane Fattoretto. Patrick Urbini. Vincent Villa.

« Les spécialistes. « Il faut s'inspirer des valeurs collectives de l'Espagne » »

Rudi Garcia, Gérard Houllier et Philippe Montanier s'expriment sur l'équipe d'Espagne, championne du Monde et championne d'Europe. Ils en retiennent les qualités techniques et collectives, qu'ils voudraient retrouver dans les centres de formation français. Les trois entraîneurs – ou ancien entraîneurs – pensent qu'il est nécessaire de s'inspirer de ce modèle espagnol qui a encore de beaux jours devant lui.


ENQUÊTE

pp. 26 – 29
Arnaud Tulipier

« Martel. Requiem en sol mineur »

Avec le départ de Gervais Martel, président du RC Lens depuis 24 ans, c'est toute une page de l'histoire du club qui se tourne. S'il n'a pas su gérer au mieux les caisses de l'équipe nordiste, il n'exclut pas la possibilité d'un retour sur le devant de la scène.

« Racontez-nous Gervais »
Entraîneur, ami, joueur, collaborateur, chacun y va de son anecdote avec Gervais Martel.
« 24 ans de hauts et de bas »
Le classement du RC Lens sous la présidence de Gervais Martel, au cours des 24 dernières années.

« La vie sans lui »

Où va le RC Lens, si son président mythique n'est plus là pour le guider ? Les objectifs que Luc Dayan fixe au club visent plus la survie que la remontée vers les premières places.


DÉCRYPTAGE

pp. 30 – 31

« L'arbitrage vidéo a gagné une bataille »
Dominique Courdier. Stéphane Fattoretto.

L'arbitrage vidéo a toujours fait débat dans le monde du football ; c'est pourquoi la technologie n'est actuellement pas utilisée lors des matches. Pourtant, depuis le 5 juillet 2012, le président de la FIFA Joseph Blatter a donné le feu vert à la technologie sur la ligne de but (TLC). A l'aide de ballons équipés de capteurs ou de caméras très performantes situées dans les cages, les arbitres pourront déterminer si oui ou non, ils peuvent valider le but.

« L'International Board, qu'est-ce que c'est ? »

L'International Football Association Board est une institution qui compte des représentants de la FIFA et des différents pays du Royaume Uni.

« Lannoy. Avis favorable »

Stéphane Lannoy s'est toujours opposé à l'arbitrage vidéo, sauf sur un point : savoir si la balle a franchi ou non la ligne de but.


ANALYSE

p. 32

« Lannoy, le temps des leçons »
Laurent Wetzel

Après avoir arbitré le match Allemagne – Italie en demi-finale de l'Euro 2012, Stéphane Lannoy compte bien officier lors du Mondial en 2014. Il a mis fin à une longue période d'absence de l'arbitrage français sur le devant de la scène internationale.


INSOLITE

p. 33

« L'incroyable épopée centrafricaine »
Frank Simon

L'équipe de Centrafrique, s'est qualifiée pour la CAN 2013 en battant les Pharaons égyptiens. Inconnu de tous, ce groupe est guidé par des motivations affectives plus que par l'appât du gain.


REPORTAGE

pp. 34 – 37

« Corinthians. Les dessous de la reconquête »
Arnaud Courtadon

Le 4 juillet 2012, le Sport Club Corinthians Paulista remporte la Copa Libertadores pour la première fois de son histoire. Cette victoire sonne comme une consécration après des années noires, une descente en deuxième division, et une remontée difficile. Pour en arriver là, les Corinthians ont pu compter sur des joueurs de caractère (Emerson), sur des stars locales (Ronaldo, Roberto Carlos) et sur tout un peuple de supporters.

« Si fiers d'être Corintianos. Portrait de six inconditionnels du Corinthians.
Bertrand Blaise
Photos : Ludovic Carême

Roberto Rivellino, ancien Corinthians, a passé 13 ans au club ; il est à présent à la tête d'une école de foot. Sylvia Kubala joue avec son personnage de mamie supportrice au langage verdoyant. Pour Andreia Keiko, supportice ultra, le mari passe après le foot. Julio César joue actuellement au club et apprécie la ferveur du public. Walter Casagrande, ancien joueur, évoque la « democratia corintiana ». Pour Luiz Sanchez, supporter, les Corinthians est clairement le club de ceux qui travaillent dur.


TRANSFERTS

pp. 38 – 40

« Montpellier. Un Argentin remplace Giroud. Herrera, un tank dans l'Hérault. »
Olivier Bossard

Après un début de carrière chaotique, Emmanuel Herrera a su prendre confiance, s'illustrer en Copa Libertadores avec le Club Union Espanola, pour enfin intéresser une équipe de Ligue 1 : Montpellier.

« Lille. L'attaquant débarque après six ans à Chelsea. Kalou recrue en Nord »
Philippe Auclair

Salomon Kalou n'est ni en fin de carrière, ni en disgrâce, et pourtant il a choisi de quitter Chelsea pour signer au LOSC.

« Chine. Un double champion d'Europe à Dalian Aerbin. Keita : une nouvelle aventure »
Vincent Villa

Seydou Keita ne s'en cache pas : le salaire promis a quelque peu encouragé le footballeur de trente-trois ans à partir à la découverte de la Chine et du Dalian Aerbin.

« C'est fait »

Raspentino signe à l'OM, Dalmat vient à Nîmes. Van Gaal entraînera désormais les Pays-Bas. Ghilas se pose à Reims. Alessandro Nesta va jouer au Montréal Impact. Romain Danzé reste à Rennes. Diego Forlan part à l'International Porto Alegre au Brésil. Le gardien Alexis Thébaux est brestois.

« Chiffres »

Le transfert de Vertonghen de l'Ajax à Tottenham s'élève à 12 millions d'euros. Laval touchera 20 % sur la vente du joueur Romain Hamouma.


RESULTATS

p. 41


ANNONCES CLASSÉES

p. 41


HORS JEU

pp. 42 – 43

« Un peu qu'ils jubilent »
Frank Simon

Depuis 1979, le jubilé est une tradition africaine dans le monde du football : il vient couronner la fin d'une carrière bien remplie. Salif Keita a été l'initiateur de l'événement, vite suivi par Saar Boubacar (1986) et ses 80000 specateurs, Roger Milla (1987), Lucas Radebe (2005), Georges Weah (2005), Kanu (2011), Mboma (2012) et les frères Biyik (2012).

« Le témoin. Saar Boubacar »
L'ancien footballeur évoque son jubilé.


INCROYABLE MAIS FOOT !
1/15

p. 44
« Une atteinte aux doigts de l'homme »
Cyril Guinet

En 1986, le gardien Helmut Duckadam permet à l'équipe du Steaua Bucarest de gagner la Coupe d'Europe des Clubs Champions contre le FC Barcelone, à Séville. Mais ses quatre arrêts lors de la séance de tirs au but vont lui coûter quelques mésaventures.


COURRIER

p. 46


TELE

p. 47

« En direct. Cissé m'était conté »
Djibril Cissé tient un « journal de bord » télévisé.

« En lucarne »
BeIn Sport met en place des JT centrés sur le foot espagnol. Le parcours des Bleues aux JO sera diffusé sur France 4. L'équipe féminine de l'OL verra ses prestations retransmises 
sur Eurosport. 


"L'OM fait profil bas". France Football n°3457. 10 juillet 2012. 47p. ISSN 0015-9557