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vendredi 17 juillet 2015

Mars Attacks : Attack from space - John Layman ; John Mc Crea (2014)


Après Numéro Quatre et sa suite La revanche de Sept, on reste dans l'univers des extraterrestres à travers la découverte de Mars Attacks : Attack from space, le premier épisode d'un comics à la gloire des petits hommes verts

"Mitraillette à gauche... Mitraillette à droite"

Oui, comme vous pouvez le constater en voyant la tronche du Martien qui crève la couverture "avec son gros crâne", comme disent les jeunes, le titre fait bien référence au film Mars Attacks réalisé par Tim Burton et sorti en 1996. Il s'agit plus exactement de la préquelle* du célèbre long métrage qui vient apporter un élément d'information de taille aux fans, le chaînon manquant qui a pu tourmenter autrefois les spectateurs les plus gentils (ou les plus pragmatiques) : les motifs de l'invasion de la Terre par les Martiens, et les raisons d'un tel acharnement contre les humains !

L'histoire 

A la question "Pourquoi les extraterrestres sont-ils aussi cruels avec l'espèce humaine ?" qu'on se posait (ou pas) en regardant le film, le comics chronologiquement antérieur nous répond ": parce ce que des hommes ont cherché la merde".

Il faut remonter en 1962 et à la première incursion sur Terre de Zar, un soldat martien lambda visiblement dépourvu de pulsions destructrices. En réalité, son atterrissage mouvementé sur la planète bleue résulte d'une collision entre sa soucoupe et la station spatiale de Buck, un astronaute américain. Zar survit à l'accident mais alors qu'il est encore dans les vapes, il est découvert par deux types un peu simplets qui le vendent aussitôt à un cirque pour se faire quelques sous. Son aspect atypique et quelque peu répugnant fait de lui une nouvelle attraction, voire un être que le gérant se donne le droit de maltraiter et d'accuser de meurtre pour couvrir son propre crime. Il n'en faut pas plus à Zar pour se faire sa propre idée de l'humanité même s'il ne pige pas tout à la langue des autochtones. Encore sonné, il parvient à prendre la fuite mais le mal est fait : le désir le vengeance qui vient de naître en lui ne le quittera plus. Il ne tarde pas à demander du renfort.

De leur côté, les hommes affûtent leurs armes car ils sont bien décidés à embrocher le monstre en liberté qui a déjà tué l'un des leurs. Après une rapide tentative de communication à base de coups de fusils et de lance-flammes martiens, la guerre est officiellement déclarée.


Pas de demi-mesure 

A priori, les fans du film devraient apprécier cette BD... qui vient nous rappeler que Tim Burton s'est lui-même inspiré des albums et des cartes à collectionner de Topps (un peu gores, soit dit au passage), et d'autres comics pour bâtir Mars Attacks.



On y retrouve tous les ingrédients d'une recette qui plait à ceux qui aiment l'action, la bouillie de cerveau martien et, par conséquent, le flan en gélatine.

"Baaaaaaahh dégueeuuuuu"


A ce moment de l'histoire, personne ne sait encore qu'il suffit de faire écouter de la musique aux martiens pour leur faire péter un câble ; alors on mitraille joyeusement de part et d'autre.

John Mc Crea se garde bien de faire l'impasse sur les détails lorsqu'il dessine les cadavres et la vivacité des couleurs utilisées renforce le côté "cru" du dessin. En ce sens, on notera que les créateurs de "Attack from space" ont tenu à rester fidèle à l'ambiance colorée du film de Tim Burton (lui-même inspiré de l'univers les comics, comme on l'a dit plus haut), comme si l'Amérique n'était plus qu'un interminable coucher de soleil avant une nuit éternelle. A été conservée également l'atmosphère stressante causée par une invasion qui se prépare, avec force soucoupes dans les cieux, individus non identifiés qui s'incrustent de partout et apparaissent simultanément dans différentes régions du monde. Quant au jeu de la prise de possession des corps humains par les extraterrestres, finalement assez peu utilisée dans la version filmée de l'histoire, elle est ici fréquemment et efficacement mise à profit.

On regrettera par contre que cette BD soit aussi difficile à suivre... car entre les écarts spatio-temporels, les flashbacks et les prolepses, merci pour les zigzags ! Ce sont des procédés littéraires qui créent sans doute des effets fabuleux dans cette intrigue si l'on s'accroche, mais encore faut-il que le lecteur ait le temps de s'accrocher à quelque chose ! Eh, je sais bien que je suis pas une flèche, mais j'ai du retourner en arrière plusieurs fois dans ma lecture pour m'assurer que je n'avais pas loupé un changement d'époque ou de zone du monde ! Du coup, l'histoire semble décousue. Cela dit, je n'avais pas le film Mars Attacks en tête pendant ma lecture, alors peut-être que les connaisseurs ne verront pas vraiment où je veux en venir. Et en matière de comics, je ne connais rien d'autre que "la couverture de Captain America", et encore seulement parce qu'elle figurait au programme de l'épreuve d'Histoire des Arts en 3° cette année.. C'est dire !
 

Oui parce que du coup, je l'ai regardé ! 

Du coup, ça m'a intriguée cette histoire de préquelle et j'ai cherché le film en streaming.  

Je n'en avais plus aucun souvenir depuis la seule et unique fois où il s'est trouvé dans mon champ de vision, en juin 1999. C'était le dernier jour de cours avant les vacances d'été ; les profs avaient regroupé tous les élèves de 5° dans la même salle pour diffuser un film et ainsi faire passer le temps plus vite. Ce film ne m'avait franchement pas marquée car je n'étais pas du tout dans le trip science-fiction à ce moment-là. Tout ce qui m'était resté en mémoire, c'était un vague écœurement devant la substance verte et visqueuse qui éclaboussait la paroi du crâne transparent des Martiens lorsque leur cerveau explosait, un Black déguisé en pharaon et le gros foutage de gueule de mes profs pendant le discours maladroit prononcé par Richie à la toute fin du film.

"On croirait entendre Richard Virenque !" 

Forcément, cette comédie fantastique me parle beaucoup plus aujourd'hui.


Ça parle de quoi, déjà ? 

Après plusieurs démarches de communication prometteuses entre l'ambassadeur des Martiens et le professeur Donald Kessler (Pierce Brosnan), les Etats-Unis se préparent à accueillir en grandes pompes les petits hommes verts. 

Tandis que le Président (Jack Nicholson), sa femme (Glenn Close) et leur fille (Natalie Portman) se battent avec le tapis rouge et l'argenterie pour que tout se passe le mieux possible, Tim Burton nous présente plusieurs familles d'Américains qui suivent les événements devant leur poste de télé tout en continuant à composer avec leur quotidien et son lot d'embûches. Nathalie la journaliste et Donald le scientifique se draguent le temps d'une émission de télé, les Norris vivent leur vie de patriotes arriérés au grand dam de Richie, leur fils cadet un peu mis sur la touche, alors qu'il semble avoir une toute autre mentalité. Byron joue les pharaons dans un casino pour payer une pension alimentaire à sa femme Louise, qui peine à élever leurs deux enfants... Pour eux, autant dire que la visite des voisins n'est pas la première de leurs préoccupations.

Pourtant, lorsque les Martiens atterrissent, et, après avoir envoyé des messages de paix, commencent à cramer tout le monde au lance-flammes, tout le monde commence à se sentir concerné... Pas de doute, l'invasion est imminente, et malgré l'abondance de flingues, tout le monde est bien désarmé face à ces petits êtres qui se glissent partout et qui sont même capables d'adopter une apparence humaine. 

Mars Attacks, c'est le film dans lequel les Américains se font bien niquer, et à plusieurs reprises. Tim Burton se montre particulièrement incisif dans la peinture qu'il dresse des Etats-Unis, à tel point qu'il n'y a plus qu'à en rire. Les Norris (de manière générale) décrochent la palme grâce à leurs armes, leurs drapeaux et leur fierté de voir leur fils aîné un peu abruti rentrer dans l'armée. Juste derrière eux, le chef des armées fort en gueule (pour dire par grand chose d'intelligent) et prompt à exhiber l'arme nucléaire n'est pas en reste. Enfin, le Président en prend pour son grade. Naïf et/ou plein d'espoir jusqu'au bout, il n'aura de cesse de chercher un accord entre les Martiens et les Etats-Unis jusqu'à leur sortir une tirade pleine d'émotion sur la possibilité d'une alliance interplanétaire qui fera chou blanc.

Sans oublier Tom Jones...



 
Parallèlement, les ambassadeurs de Mars sont dotés d'une cruauté dont ne mesure pas la limite et sont les rois de la feinte : si je t'envoie un message pacifique, attends-toi à ce que je te frappe par surprise. Si je t'écoute attentivement et que je verse une larme sur tes belles paroles, c'est pour mieux te tuer dans les secondes qui suivent. Hormis le rire _qui tient d'ailleurs de celui de la hyène, ils n'ont pas l'air de partager beaucoup d'émotions avec les humains. Quoi de plus logique puisqu'ils n'en sont pas ? Ne les a-t-on pas sous-estimés, ou voulu les assimiler à nous ?

Enfin, vous remarquerez que le salut ne vient pas du super-héros mais des insignifiants, des inoffensifs, de ceux qu'on considère d'ordinaire comme "inutiles". Ils trouvent la solution _enfin, il serait plus juste de dire qu'elle leur tombe sur le nez suite concours de circonstances vraiment tiré par les cheveux, là où tous les autres ont échoué.  


Deux remarques... 

...qui m'empêchent de faire un dernier pont entre la BD et le film.


  • Si les événements de "Attack from space" ont lieu avant l'action du film Mars Attacks, on comprend mal pourquoi les scientifiques et politiques se montrent aussi peu méfiants et convaincus du pacifisme des Martiens quelques années plus tard... On est d'accord que dans le comics, des lieux importants sont déjà mis à mal, et des personnalités clairement attaquées.

Ou alors j'ai vraiment rien compris.


  • Là où Tim Burton tourne en dérision ses personnages et la société américaine à travers eux, le comics ne rigole pas avec ça. On est dans de la pure action sans subtilité. Exit l'humour noir et le rire à gorge déployée. Ok, on se distingue du cas de figure où les gentils Américains défoncent les méchants Russes, car le lecteur est libre de prendre parti pour qui il veut, et le héros extra-terrestre est même plutôt bien défendu par le motif clair qui l'anime. Du coup, l'enchaînement est difficile avec une telle différence de ton... 


Merci à Babelio et aux éditions French Eyes pour l'envoi de cette BD !



BD :

LAYMAN, John. McCREA John. Mars Attacks : Attack from space. French Eyes, 2014. 120p. ISBN 978-2365480314

Film : 
Mars Attacks - Tim Burton (1996) 
Warner Bros / Tim Burton Productions 
106 min
En streaming ici.

* Une préquelle met en scène des événements dont l'action précède l'oeuvre principale à laquelle elle fait référence, bien qu'elle ait été inventée après. Ici, la BD est une préquelle parce qu'elle raconte ce qui s'est passé durant les années précédent le début du film Mars Attacks. Par ailleurs, je trouve que ce mot est trop mignon.







 

  

dimanche 27 avril 2014

L'hérésie du mois : j'ai kiffé Bordeaux III, ses buissons, sa fagne, ses tags et ses fissures !


Alors que je revenais de mon passage à la tonte annuel au salon de coiffure de Saige, où j'ai pu constater que ma coiffeuse n'était plus vraiment rousse mais qu'en revanche elle était toujours aussi bo SYMPA, j'ai assisté à un sushicide.  

Quelle misère ! Un sushicide à Saige (c'est dur à dire).

Pour nous en remettre, nous nous sommes autorisés _Monikon et moi, un pélerinage de quelques heures sur le campus de Bordeaux III, l'université de lettres, langues, arts, histoire, géo et autres sciences humaines. 

Rebaptisée Université Bordeaux Montaigne depuis peu, elle est surtout connue sous le nom de "fac des glandeurs", des "rouges", des "hippies", de "ceux qui savent pas quoi faire de leur vie", et on la caractérise par son aspect vieillot pour ne pas dire pourri ou insalubre.  

Je suis passée par la porte dérobée, comme d'habitude : l'arrière du bâtiment du DEFLE. Vous noterez l'ambiance forestière des lieux, qui explique en grande partie la couche de boue dans les couloirs par temps de pluie.     


Si vous allez sur le site internet de la fac, vous verrez des étudiants souriants prenant des bains de soleil dans l'herbe, ou débarquant du tram d'un air décidé comme s'ils arrivaient en Terre Promise. C'était le cas il y a deux ou trois ans, du moins. Je viens d'y faire un tour et il semblerait qu'on ait mis un terme à l'imposture. Tant mieux. Car la réalité, c'est ça :


Bon, je suis mauvaise langue : j'y suis allée un jour de pluie, pendant les vacances. Rien n'est plus laid qu'une école déserte, aussi neuve soit-elle. 


Et pourtant, aucune fac ne me paraît plus belle que celle-là, aussi pourrie soit-elle. Cet endroit où tout est permis, asymétrique, incohérent, où un bâtiment se rénove alors que la BU située juste à côté vient d'être condamnée pour risque d'éboulement... Cet endroit a été le premier à incarner l'idée de liberté dans ma tête, idée tellement abstraite jusque-là. Investis jusqu'au bord de chaque marche d'escalier par des jeunes plus atypiques les uns que les autres, ces lieux nous ont acceptés tels que nous étions, sans que nous ayons besoin de changer quoi que ce soit à notre manière d'être. Il y a huit - dix ans de cela, vous pouviez vous permettre de traverser la grande place photographiée ce-dessus en pyjama et monté sur des échasses : soyez certains que personne ne se retournait sur votre passage. J'exagère à peine. A l'exception de la zone des Lettres Classiques, que vous appreniez bien vite à éviter, de toute façon. 

Depuis, je doute que les choses aient beaucoup changé.    
  
Ah, Bordeaux III.... 
  

Sa grande allée glauque qui vous amenait au magasin de photocopies, reliures et autres impressions, fermée depuis, et c'est tant mieux car le mec qui la gérait était un gros fdp avait son petit caractère....


...Ses débats dans les toilettes... 


Ses longs couloirs boisés (j'en ai choisi un pas trop pourri).... 


... Ses tags qui vous font bien rigoler et qui vous rappellent que tout n'est pas perdu..


... Ses vérités qui font mal... 
"Nous allons tous mourir, et nos pauvres études n'y pourront rien." 


... Ses Basques... 
... Son odieux Bâtiment des Arts tout vert...

... Son lot d'incohérences (WTF la table de pique-nique au milieu du parking ???)

... 
Le "point de rencontre" sur le parking aussi (et à côté de la table de pique-nique !) WTF ????  



... WTF ???? .... 

... Sa végétation envahissante qui la perdra, un jour...

... Ses lieux d'expression, ou ses zones de spam... Tout dépend de quel bord vous êtes... 


....Ses travaux, qui ne se terminent jamais...
... Son bâtiment d'accueil où tu mets les pieds deux fois dans ta vie : quand tu viens payer ton inscription et quand tu viens chercher ton diplôme. Le reste du temps, j'imagine que ça doit glander sur Facebook, là dedans, vu qu'en 2007, les secrétaires se faisaient des pures parties de Dame de Pique en réseau...

... Son fameux numéro 439 qu'on attend toujours depuis au moins 2004 au guichet 4... 


... Ses étudiants malicieux qui te montrent comment on te nique une belle signalétique en trente secondes...  Bon courage à toi, lycéen parti à la recherche de ta salle de cours !



Ses amphis tout sombres... Ici, l'amphi dit "amphi Salomon" pour la moitié des inscrits, même si les 50% restants préfèrent l'appeler "Amphi n°3". Fort pratique quand tu ne connais pas bien ta fac...

... Sa cafétéria le Sirtaki, et ses tables extérieures où te te chopes soit un rhume, soit les déchets alimentaires des autres, soit les deux, tellement le vent s'engouffre facilement là-dessous...



... Là, le but du jeu, c'est de trouver la tirette dans ce fatras ! 
Ah, pardon : le "distributeur de billets" !

... Si toi aussi t'as réussi à faire plein de blagues grâce à l'Amphi Papy... 



... Allez, c'est pas si moche en fait ! 



 Putain ! c'est vrai que j'ai bien choisi mon jour pour vendre mon ancienne fac, sérieux !









Contrairement aux apparences, je ne suis pas du tout nostalgique des études _au contraire, mais je suis bien contente d'avoir passé quelques années dans ces ruines suintantes d'humidité ! 
    

vendredi 14 février 2014

Suicide collectif de biscuits Fingers, ...


... jeudi, de bon matin, tout près du Carrefour City du Vieux Pays. Paix à leur âme !  


jeudi 26 décembre 2013

Les blaireaux à l'assaut du pâté en croûte...



... Ou comment perdre 20 ans d'âge mental en 30 secondes ! 

Ayant reçu en cadeau de Noël le grandiose Calendrier de l'Avent Playmobil, je n'ai pas pu m'empêcher de me faire des films d'aventures entre les figurines et la bouffe.


dimanche 30 juin 2013

Cenon, le soir venu ...



A Cenon, une association propose un accompagnement à la scolarité pour les enfants scolarisés dans la commune. Ils sont répartis sur différents "sites", en fonction de leur situation géographique, dans des locaux mis à disposition par la municipalité _ si j'ai bien compris. Il faut compter une trentaine de gosses par site, les cohortes étant elles-même divisées en deux groupes de 15 environ. Vous suivez ? Chaque groupe se rend à "l'aide aux devoirs" deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, ou le mardi et le vendredi, entre 17h30 et 19h.

Au passage, prenons en considération un paramètre important pour la réalisation des missions éducatives confiées aux salariés et aux bénévoles ! Etant donné que la structure* ne manque pas trop de sous, les intervenants et animateurs peuvent travailler dans de bonnes conditions : 4 ou 5 adultes pour 15 élèves, carte blanche pour des sorties au ciné, au musée... 

Qu'on soit bien d'accord : les petits, qui ont entre 6 et 12 ans, ne font pas "que" leurs devoirs pendant une heure et demie ! Tout monde est bien conscient qu'ils ont déjà une journée d'école dans les jambes, avec son lot de contraintes et d'efforts : se concentrer de nouveau pour lire, écrire et apprendre ses tables de multiplications alors qu'on a dit au revoir à ses potes et qu'on a bouffé un goûter massif, c'est vraiment pas simple ! Alors les séances s'organisent en trois temps, adaptés au mieux au rythme de l'enfant :

Le goûter : 10 - 15 minutes 

On ne saute pas le goûter ! C'est un moment épique où les monstres arrivent en meute et passent la porte en chantant Gangnam Style, suivis des mamans qui se trimbalent les vivres et les cartables de la sortie de l'école au local. Notons cependant que la majorité des enfants viennent seuls ; quant aux pères, à une ou deux exceptions près, leur visite est occasionnelle... Généralement, on profite de l'installation des gosses et de la grande exhibition de bouffe qui s'ensuit pour confisquer les ballons ou les toupies, sources intarissables de disputes. Au fil des soirées, d'autres interdits se sont dressés pour éviter les psychodrames : par conséquent, aucun échange partiel ou total de goûter n'est autorisé ; aucune pitié pour les sucettes qui collent aux cahiers, et surtout tolérance zéro pour CES MERDOUILLES DE PIPAS, car même le plus soigneux ne peut s'empêcher de FOUTRE DES COQUILLES PARTOUT. Bien évidemment, l'heureux propriétaire de la POCHE DE DEUX KILOS refuse catégoriquement de nettoyer ses déchets puisque "c'est pas lui, il en a pas mangé, il en a juste donné à TOUT LE MONDE !" L'enquête est d'autant plus difficile à mener que pendant le temps du goûter, les intervenants et les bénévoles sont trop occupés à se dire BONJOUR !!!!** et à se raconter leur journée pour avoir l'oeil sur le trafic de Monster Munch de la table du fond. Oui oui, beaucoup font quatre heures avec des biscuits apéro... Petite pensée émue pour Houari, qui à cause de notre inattention s'est fait racketter tous les soirs d'octobre à juin par sa tyrannique et vorace grande soeur Kenza.

L'horreur en pochette...

Les devoirs : 45 - 60 minutes 

Hormis l'impératif de faire grignoter les enfants avant de les faire bosser, nos coordinatrices nous ont plus ou moins aimablement donné quelques consignes de travail nécessaires au bon déroulement des séances. Tout d'abord, on doit constituer les groupes de façon à ce que les gosses ne fassent pas toujours leurs devoirs avec le même intervenant : les affinités _ou l'absence d'affinités_ ne se commande pas, et il n'est pas conseillé de les cultiver parce qu'on risque de perdre la notion d'équité en route. A l'issue du goûter, les intervenants constituent les groupes ; en effet, nous avons pris le parti de "faire bouger" les associations d'enfants pour mieux gérer les désaccords ou trop grandes complicités qui pourraient mettre en péril l'ambiance studieuse. A nous de séparer les fratries, les meilleurs potes et les harpies en herbe, malgré les supplications. C'est parti pour 45 minutes minimum ! Pour ceux qui auraient fini avant, les chanceux, une malle de cahiers d'exercices et de jeux éducatifs est à la disposition des intervenants.

Chaque intervenant a donc pour mission de gérer un confortable effectif de 3 ou 4 élèves, dans l'idéal de niveaux différents afin de réduire leurs possibilités de se copier dessus. Malgré notre attachement à repérer les tensions et les copinages avant de former les groupes, des échanges houleux ont souvent lieu d'un bout à l'autre de la table, accompagnés de coups de pieds, de mots doux et de boulettes de papier poétiques... Entre Riyad et Nadia, par exemple, l'aide aux devoirs fut le théâtre d'un amour vache immodéré digne de la première scène de Beaucoup de bruit pour rien (Shakespeare)...


"BEATRICE : _Je m'étonne que vous jasiez toujours, signor Benedict : personne ne vous écoute"***

"BENEDICT : _Eh quoi ! chère madame Dédain ! vous êtes encore vivante ?"

"BEATRICE : _Est-il possible que Dédain meure, ayant pour se nourrir un aliment aussi inépuisable que le signor Benedict ?"

"BENEDICT : _En vérité, vous feriez un perroquet modèle."

Hormis les grandes conspiratrices de CM2 qui effacent très discrètement des lignes entières de leurs agendas au blanco, ou qui rayent un exercice de maths sur deux en nous assurant que "la maîtresse s'est trompée", les enfants se débarrassent de leur corvée sans trop souffrir, visiblement.

Au bout d'une heure, tout le monde s'arrête même si les devoirs ne sont pas terminés. Il arrive que certains _ comme Houari par exemple _ soient obligé de déborder sur le temps imparti pour terminer la lecture, vu qu'ils ont oublié leur cahier à l'école et qu'il ont du attendre que Halima veuille bien leur prêter le sien !

Le temps ludique : 30 - 45 minutes


Autre consigne donnée aux équipes d'encadrement : le temps ludique est nécessaire à l'épanouissement de l'enfant. Chacun peut emprunter un jeu de société dans la malle prévue à cet effet, faire des dessins ou rejoindre une activité proposée par les intervenants. Une de mes coéquipières (ça sonne un peu pas un trop MacDo, comme terme ?) avait proposé d'initier les plus motivés au hip-hop en vue d'un spectacle en fin d'année : ce fut un grand succès, bien qu'une poignée de danseurs aient quitté le navire pour aller jouer à la boxe thaï dans un coin ou chourer les billets du Monopoly. ?!? On n'aura d'ailleurs jamais démasqué notre collectionneur de petits chevaux qui, l'un après l'autre, les a kidnappés dans leur étui... Quand on voulait avoir la paix, on leur branchait le poste sur Skyrock ou Blackbox et ALLEZ HOP CHAISES MUSICALES !!!! Les jeux les plus simples sont parfois les plus efficaces... A part quelques gamelles spectaculaires et une vitre cassée (toujours pas réparée à ce jour, pourtant on aurait pu colmater l'ouverture après toutes les lattes qu'on s'est pris dans la gueule par l'asso à l'occasion), on n'aura pas eu trop de sueurs froides.

En bonus, voici la playlist du temps ludique ; elle sera complétée quand les souvenirs voudront bien rentrer à la maison.

Cinq minutes avant la fin, les enfants rangent les jeux, sous l'oeil attentif d'un "responsable de la malle" nommé chaque semaine dans le groupe. Ce moment de la séance concorde souvent avec celui où Houari, tout content, annonce qu'il se ferait bien un jeu de l'oie avec Halima, maintenant qu'il a plié ses affaires de classe... Sauf qu'il est trop tard !

"Ah bon, tant pis !"

Houari n'est pas contrariant. Il est possible que je vous parle plus longtemps de l'énergumène dans les prochains jours.

Cenon by night

La porte du local s'ouvre sur l'obscurité. Les enfants qui sont autorisés à rentrer seuls, c'est à dire presque tous, vident les lieux et regagnent leurs immeubles respectifs. Si eux n'ont pas du tout peur, voir partir des gosses de six ans dans la rue m'effraie toujours : c'est sûrement mon côté vieux jeu, tout le monde en a un ! Bientôt, quand les derniers seront partis, ce sera à nous de regagner la station de tram et sa Ligne A remplie de fous furieux ! Pour ceux qui préfèrent le bus, la Corol 32 vous accueille les bras ouverts !

Dans la série : "on habite la même ville, mais on va pas au même collège "
"Oh tu sais que j't'apprécie, toi ?"
Jules B. petit Cenonnais scolarisé dans le privé...
Copines collègues, si vous avez des anecdotes, des impressions à ajouter, des remarques à faire, surtout n'hésitez pas !

* Je ne dis pas le nom de cette association car certains de mes propos peuvent contenir des inexactitudes.
** Spéciale dédicace à Monique ! Deux qui la tiennent trois qui la .... Ahhh noonnn baahhh
***Beaucoup de bruit pour rien, Acte I, Scène 1. William Shakespeare 

mardi 6 septembre 2011

Roux cools, petite parenthèse surimiesque !

Il y a quelques mois, je vous ai vanté les vertus de ce roux cool qu'est le surimi. Parmi les formats connus, il a été question des médaillons, des bâtonnets et des râclures   du râpé. Or j'ai omis la plus ingénieuse de ses présentations, à savoir le surimi intra-maki ! 

Non seulement c'est plutôt émouvant visuellement, voire joli, mais en plus de cela, l'insertion de morceaux de surimi dans les maki promet de fabuleuses parties de Docteur Maboul dès lors qu'on dispose d'au moins 6 pièces et des baguettes appropriées !

Le but est de retirer le morceau de surimi sans trop défoncer le maki.

Pour ceux qui ne sauraient plus ce qu'est le jeu "Docteur Maboul"..






vendredi 11 février 2011

Roux Cools - le surimi

          Le surimi n'est pas une personne, mais il est roux, cela ne fait aucun doute! Il est par ailleurs extrêmement cool, pour celui qui aime en manger. Aliment protéiforme et souple d'utilisation, il devient tout à fait légitimement notre Roux Cool du moment!

Ce bâtonnet de surimi pense qu'il est blond vénitien.

Métamorphoses 

             Selon l'encyclopédie Larousse, on appelle "surimi" la "pâte constituée de chair de poisson arômatisée au crabe", généralement vendue sous forme de bâtonnets." Le poisson dont la chair est roulée en bûchettes caoutchouteuses pour notre plus grand bonheur est officiellement du colin d'Alaska, officieusement autre chose; l'important, c'est qu'au bout du compte on ait l'impression d'avoir mangé du crabe.

Bien qu'on l'associe à sa forme de bâton susceptible d'être trempé dans toutes sortes de sauces, on apprécie également le surimi en débris râpés qui viennent délicatement se fondre dans les sandwichs et les salades, ou encore on s'empresse de le découper en dés... Pourtant, ce n'est que lorsqu'il est présenté en tranches ou en médaillons qu'il devient esthétiquement émouvant :

Grandiose! On dirait le cartilage de la tête d'un poisson de la période jurassique!

Polémique
          Afin de réaliser une synthèse des représentations récentes du surimi dans le monde francophone, j'ai fait une veille informationnelle sur la question du surimi en général, puis sur sa composition et sa fabrication. Alerti, mon nouvel ami, beaucoup plus sympa que Google Alertes, a donc fouiné pour moi dans toutes les sources possibles, des vieux sites web jamais mis à jour depuis 1997 jusqu'aux profils Facebook, Twitter (non bloqués, sans doute, enfin il faut l'espérer!), blogs et autres sites dynamiques.
         Résultats de l'opération

  • Il apparaît que beacoup de gens ont vécu une expérience personnelle avec le surimi sous toutes ses formes. Ils préfèrent généralement les partager sur Twitter :

                    M. "mange un surimi pour couper la faim et puis va se coucher"
                    S. "aujoud'hui, j'ai mangé 10 bâtons de surimi :$" 

  •  Facebook sert plutôt à annoncer des menus où les bâtonnets roux interviennent, ainsi que les recettes, sans doute parce qu'il n'y a pas de limitation de caractères et que c'est un réseau qui permet un partage simple et intuitif des photos. Mais contre toutes attentes, la dimension affective est beaucoup moins présente. Le surimi, un goût qui dérange? En tous cas, on n'en parle pas ouvertement sur les murs. Une blague sur le surimi a aussi été répertoriée sur un profil Facebook, mais j'avoue que je ne l'ai pas comprise.
  • Quand le surimi est apprécié, il peut également devenir un surnom; à l'approche de la Saint Valentin, on n'est pas à l'abri de rencontrer dans un coin de la toile des "Sushi&Surimi 4ever" qui ne s'inventent pas!

           Malgré une notoriété incontestable, le surimi a évidemment sa part d'ombre. Toujours sur Twitter, en réponse à son très spontané "j'adore manger des bâtonnets de surimi avec de la mayonnaise quand j'ai un ptit creux :-p", S. s'est vue répondre un cassant et mystérieux "si tu avais vu le reportage d'envoyé spécial sur le surimi, plus jamais tu en mangerais!!!" Tiens donc ...   

Serait-il question de la composition de la pâte à surimi? de ses modes de fabrication? de son apport nutritionnel? de ce avec quoi on a l'habitude de le consommer? Bien que le guide de l'alimentation pour tous réalisé par l'INPES dans le cadre du Programme National Nutrition Santé, intitulé "La Santé vient en mangeant" (2009), suggère essentiellement l'intégration du surimi aux salades, dans la réalité des faits, on constate qu'il figure surtout parmi les recettes à base de pâtes, sur les sites et blogs de cuisine. Il est particulièrement apprécié dans ces occasions.

Le problème du surimi est qu'il est apparemment aussi sucré qu'un Nutella à la crêpe, à la différence qu'on ne s'en rend pas compte. Cependant cette information date de 2004; on comptait alors l'équivalent de 6 morceaux de sucre dans un sachet de surimis : le produit d'aujourd'hui a peut-être évolué...
De là à tomber dans une propagande anti-surimi digne de celles que ce site tente de développer, il n'y a qu'un pas! Or, elle sera à coup sûr contrebalancée par LoveSurimi et sa valorisation des rouleaux vermillons comme remède à tous les maux du monde! A vous de faire la part des choses! Après mûre réflexion, je me suis dit qu'il serait de bon ton d'aller proposer un article sur cette petite limace orange à ventre blanc qu'est le surimi à la Désencyclopédie, mais trop tard, il y en a déjà un!  

Surimi, le grand jeu
Un peu de légèreté, que diable!
Vous savez tous que chaque bâton de surimi est équipé de rayures verticales antidérapantes en surface, qui lui servent à éviter les désagréments de l'aquaplanning sur mayonnaise.
Sachant que les rayures du surimi sont également espacées de 0.5mm, et que la longueur d'un côté du parallélipipède rectangle surimi (Odyssée standard) déroulé est de 6cm, combien y a-t-il de rayures à la surface du surimi?

Allez allez, tous à vos calculatrices, PGCD power!!!!
Le premier qui trouve la réponse me la dira à l'oreille, d'abord, parce que ça m'évitera de chercher, et puis il gagnera une boîte familiale de surimi (rechargeable, car en plastique!)