dimanche 26 février 2012

La fille attaquée par des rats


Cette fille de dos attaquée par les rats (sans vraiment s'en trouver incommodée) pourrait bien être la copine du mec avec une épée plantée dans le ventre

Putains de moustiques !

dimanche 12 février 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 4 - L'hérétique - Jean-Charles Kraehn - 1989



Jamais trois sans quatre ! Le "Cycle de l'Imposteur", composé des trois premiers tomes des Aigles Décapitées, fait place au "Cylcle de l'Hérétique" (tomes 4 et 5). Contrairement aux albums précédents, Jean-Charles Kraehn est à l'origine à la fois des dessins et du scénario dans "L'hérétique".


"... dans ton canap' on est bien"


Où est-ce qu'on en était ? 


Deux ans après le retour vainqueur d'Hughes et Sigwald aux commandes du château de Crozenc, la paix est revenue et la vie a repris son cours. Pourtant, le jeune seigneur est en lutte constante avec sa conscience : il sait que la place qu'il occupe n'est pas légitimement la sienne, et que Dieu lui réserve sans doute quelques embûches en contrepartie. Soucieux de racheter son âme avant que les ennuis n'arrivent, Hughes s'habille en mendigot entreprend un pèlerinage à pied au Mont Saint-Michel. Il y entraîne un Sigwald quelque peu réticent ; après des jours de marche et de prière, les deux aventuriers décident de rentrer par des moyens plus confortables. Parce que bon, c'est bien beau d'éprouver les mêmes déboires que Jésus, mais faut pas abuser quand même !

Il leur faut partir en bateau du Mont Saint-Michel jusqu'à Saint-Malo-de-l'Isle, où ils trouveront à la banque la somme mise de côté pour le retour en terre poitevine. Pendant le voyage, une tempête éclate et le bateau coule en pleine nuit. Hughes, Sigwald et Albizzi, un marchand juif avec qui ils sont sympathisé, s'échouent sur des récifs et sont bien obligés d'y rester jusqu'à marée basse. Le lendemain matin, alors qu'ils se croient sauvés, les trois rescapés se font capturer par une bande de petits naufrageurs déguenillés. Ces gosses obéissent aveuglément au très douteux frère Goliard et à Nolwenn, sa jeune "favorite".    

Un album riche en références historiques 


Plus encore que les précédentes, la BD de Kraehn nous amène au coeur de l'Histoire de France. Albizzi, nouveau personnage central, nous permet de prendre conscience de l'antisémitisme de rigueur dans le pays au XIII° siècle, qu'on a à peine tendance à ne pas évoquer lorsqu'on étudie cette période à l'école. En effet, le marchand juif sauve la mise d'Hughes et Sigwald, prisonniers du frère Goliard, parce qu'il représente l'espoir pour le prêtre hérétique d'obtenir une importante rançon auprès du puissant armateur Hélie de Boisboissel.

Photo Scenario.com

L'intrigue des Aigles Décapitées se construit sur un contexte historique très précis, qu'il faut absolument connaître et comprendre pour mesurer la teneur des événements : la ligue hanséatique, le gouvernement de la Bretagne, les hérésies et les croisades de pastoureaux... A défaut d'être évident, tout est très bien expliqué. Mais des recherches en parallèle peuvent tout de même s'avérer éclairantes. La série se destine de plus en plus destiné à un public adulte, non pas pour la hardiesse des scènes représentées qui reste finalement dans le correct, mais pour ses références pointues. Par ailleurs, Jean-Charles Kraehn a eu le bon sens de consacrer la dernière page de son album à un petit lexique des richesses linguistiques qu'on pouvait entendre à Saint-Malo au Moyen-Age.

Conflits d'intérêts et femmes fatales 

On avait déjà pu le constater dans les autres volumes, les ambitions personnelles des personnages se heurtent et se font ici barrage, plus que jamais. Goliard l'hérétique terré dans le sable domine et utilise une bande de gosses pour rassembler un magot nécessaire à sa fuite. Sa maîtresse Nolwenn ne supporte pas qu'il la trompe avec Aria, une autre donzelle sourde et muette et souhaite se venger de lui lorsqu'elle prend conscience de ses projets malhonnêtes : c'est pourquoi elle décide de délivrer les trois prisonniers de son mentor. Elle est le symbole de la facilité à passer du statut de chasseur à celui de gibier, et inversement. Elle, l'objet, la fille manipulée, se sert de la blessure de Sigwald, pour à son tour devenir détentrice d'un pouvoir. C'est sans scrupules qu'elle use du chantage pour faire avancer Hughes dans les marais, et pour le traîner jusqu'à l'autel : "si tu ne m'obéis pas, si tu ne m'épouses pas, ton ami meurt". Il faut dire que Nolwenn est une fille de caractère, tout comme la blonde Alix qui trotte toujours dans la tête d'Hughes. L'une est riche et blonde, l'autre est pauvre et brune, et ces contrastes primaires sont aussi nets que les deux filles sont intérieurement assez similaires : toutes deux se disent "dures à cuire", mais manifestent une fragilité désarmante face au danger. Devant Hughes, toutes deux refusent de se brader bien qu'elles n'en cachent pas non plus leur envie. Enfin, elles parviennent toujours bon gré mal gré à obtenir ce qu'elles veulent. En conclusion, elles se ressemblent tellement que c'en est un peu dommage : puisqu'on ne voit que deux personnages féminins évoluer en première ligne, pourquoi en faire des clones ?    
 

KRAEHN, Jean-Charles. Les Aigles Décapitées. Tome 4 : "L'hérétique". Glénat. 1989. Coll. "Vécu". 46 p. ISBN 2-7234-1031-5



dimanche 5 février 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 3 : Les Eperons d'or - Patrice Pellerin, Jean-Charles Kraehn - 1988



Revenons à la bande dessinée Les Aigles décapitées et parlons maintenant du troisième tome du cycle de l'imposteur : "Les éperons d'or". Publié en 1988 par le duo Kraehn - Pellerin, cet album vient clore momentanément les mésaventures poitevines d'Hughes et de Sigwald.


"Tu veux ma photo ?"


Où est-ce qu'on en était ? 


Lancé à la poursuite du Bâtard de Cuzion, le ravisseur d'Alix, Hughes court dans la neige comme un dératé. Il n'a pas fallu plus de quelques minutes d'inattention du pseudo-fils de Renaud pour que la jeune fille téméraire soit rattrapée par le pervers auquel elle venait d'échapper. Il parvient à la déloger des griffes du bonhomme lubrique et de ses compagnons tout aussi vicieux mais s'en tire avec une grave blessure due à une flèche reçue dans l'épaule.

Alix retrouve in extremis le convoi en route pour Poitiers et persuade Ravenaud d'amener Hughes à l'abbaye de Fongombault pour qu'il puisse bénéficier des soins des moines. Le blessé ne va pas revenir à la raison avant la fin de l'hiver, et sa convalescence durera jusqu'au mois d'avril 1242.

Ce troisième tome nous offre un autre point de vue : celui d'Hughes. Contrairement aux deux premiers épisodes qui ne présentaient que les indications d'un narrateur extérieur à l'action, les planches sont ici ponctuées par le regard du héros sur les événements. Ses impressions personnelles apparaissent dans différentes vignettes, notamment au début. Encore plus riche que les précédents niveau action, le texte occupe un espace moins important au profit de l'image, pour un ensemble plus aéré.


L'engagement du héros 

Rappelons-nous la dimension historique des Aigles décapitées. En effet, il faut bien noter une que le héros, Hughes, finit par s'engager pour une cause dont il se moque royalement. Alors qu'il était resté en marge des événements, soucieux de ses intérêts personnels, les dernières vignettes le montrent dévoué au roi Louis IX dont il devient le chevalier. Pourtant, peu lui importe que les terres qu'il parcourt soient gouvernées à distance par un roi basé à Paris, ou par Lusignan et le reste de la noblesse locale. Il n'entre jamais réellement dans le débat, et c'est seulement pour venger Saturnin, empoisonné à sa place, pour venger le messager de Blanche de Castille, pour venger la mort de Renaud le seigneur de Crozenc, en gros, pour s'opposer à Enguerran, qu'il choisit de servir le roi. Si on est tenté de retenir la magie du héros "sans-nom" capable d'influencer l'Histoire pour défendre l'âme de ses amis, il faut aussi remarquer que sa conviction personnelle n'a pas fait l'objet d'un questionnement ; un peu comme quand on vote pour quelqu'un dans le seul but d'éloigner un autre de la victoire. Même lorsqu'il arrive au pouvoir à Crozenc, Hughes n'a rien d'un personnage politiquement engagé. Il est simplement le vassal de Saint Louis, il est fidèle à Alphonse de Poitiers... parce que c'est comme ça.



La quête de l'identité

Il faut dire que le jeune Hughes a bien d'autres préoccupations. Il a tardivement appris de la bouche de Sigwald qu'il n'était en rien le fils du seigneur Renaud de Crozenc, et qu'il n'avait aucune raison de revendiquer un quelconque pouvoir. Pire, il s'est rendu compte qu'il avait un outil forgé par Sigwald pour nuire à Enguerran. Tous ses projets s'effondrent, laissant place aux questionnements propres à tous les jeunes de son âge et de sa condition, alors que dans son cas ils n'avaient plus lieu d'être : qui suis-je, d'où est-ce que je viens, où est-ce que je vais, que vais-je faire de ma vie ? Hughes est forcément troublé et perturbé. Après la phase de déni de Sigwald, son père de substitution qui a le mérite de lui avoir fourni un destin clés en main, il ne sait plus quoi faire de sa vie. Lorsque le frère Saturnin lui demande : "Que vas-tu faire maintenant ?" il répond vivement : "Je sais pas ! "

Ce faux statut de noble dont il s'est cru digne pendant des années lui a cependant permis d'acquérir une grande confiance en lui et en ses qualités. C'est bien connu : bon sang de saurait mentir. Même après avoir découvert qu'il n'est "rien", il continue d'utiliser la devise familiale de Renaud de Crozenc pour se donner du courage ; et ça marche. "Les éperons d'or" transmettent plus fortement un message d'importance : la valeur d'un homme siège dans sa cafetière, et pas dans son sang. Lorsque tous accueillent avec joie le "fils de Renaud", dont la bonté est d'avance assurée par son lignage, ils ne savent pas qu'ils s'asservissent à un enfant abandonné aux portes d'une abbaye. Certes bien guidé par Sigwald Tranchecol et ses projets de vengeance, il est surtout arrivé au sommet rêvé par tout "jouvencel" du XIIIe siècle parce qu'il a cru en lui et s'en est donné les moyens.



Frôler la mort et se réveiller


Si Hughes craint tellement le retour de manivelle à la fin du cycle, c'est non-seulement parce qu'il ne se sent pas légitime, parce qu'Alix lui manque, mais aussi sans doute parce qu'il sait que la mort peut frapper rapidement et de bien des manières.

Comme beaucoup d'autres bellâtres du Moyen Age, le blondinet a d'une part goûté de la flèche. Dans l'Assassin Royal, Fitz se voit diminué considérablement par le blessure d'une flèche empoisonnée. Le souvenir très vague que j'ai de la série animée Prince Valliant me permet quand même de dire que le héros se retrouve lui aussi quelques jours dans le gaz à cause d'une mauvaise flèche entre l'épaule et les pectoraux. Tous sont en proie à des délires et à des hallucinations plus ou moins fréquentes pendant ce temps. Leur récurrence semble montrer que l'arc et les flèches ont un rôle bien particulier dans l'univers médiéval tel qu'il nous est présenté en littérature : peut-être celui de l'attaque mesquine, silencieuse et souvent fatale après une longue souffrance, surtout lorsque le projectile est pourvu d'un bout empoisonné. Ici, la flèche est décochée par un insignifiant larbin du bâtard de Cuzion.

D'autre part, il sait qu'il a échappé de peu à la coupe de vin empoisonnée par les soins du borgne Galin. Les attaques des petits bijoux de toxicologie ne sont pas non plus connues pour être des plus honorables, et FitzChevalerie, l'empoisonneur au service du roi, en sait quelque chose. Il sait très bien que son statut de "bâtard semi-noble" l'a directement affecté aux tâches utiles mais ingrates de l'assassin qui ne se tâche jamais les mains.



L'album se termine de manière un peu trop précipitée, même s'il laisse entendre qu'une suite est possible, et même probable. A les abandonner ainsi aux portes du bonheur, on pourrait croire que Kraehn et Pellerin ne sont pas fâchés d'en finir vite avec Hughes et Sigwald ! Les dernières planches, dans lesquelles la petite histoire se mêle très nettement à la grande, auraient presque pu faire l'objet d'un quatrième volet si leur contenu avait été développé. Mais la poursuite de Galin, la rencontre du messager à l'agonie puis de Saint Louis sont finalement expédiées. Lorsqu'on apprend que le quatrième tome des Aigles décapitées est l'oeuvre de Kraehn pour les dessins comme pour les scénario, on comprend mieux : les auteurs avaient sans doute des tas de raisons de terminer l'ouvrage de cette façon-là.

PELLERIN, Patrice ; KRAEHN, Jean-Charles. Les Aigles Décapitées. "Les éperons d'or". Glénat. 1988. Coll. "Vécu". 46 p. ISBN 2-7234-0904


mercredi 1 février 2012

Qu'est-ce qui vous amène ? Janvier 2012


Bilan court mais intense 

Vous avez été bien inventifs en ce début d'année ! Beaucoup de vos recherches sont passées dangereusement près du trou de balle, mais un peu moins que le mois dernier cependant. On ne peut pas ne pas en tenir compte ! 

Les mots-clés passés au crible 

Le coin des mangavores 
faire du vélo manga
Manga exceptionnel
Bonne année manga gay

Lot de consolation n°1 : un vélo électrique pas très sexy

Les sportifs
salvatore sirigu et sa petite amie
qui sont les footboleur gay
yoann gourcuff fiction
les sportif son gay ; oui, TOUS !
lloris gay : ah, je ne suis donc pas la seule à avoir des soupçons !
lit en forme de ballon

Des sportifs gays ? Suffit de demander !

Les musicos ou assimilés 
Flo Rida oreille
chanson paillarde annabelle : ahh y en aurait-il encore que je ne connais pas ? 

Voilà pour l'oreille de Flo Rida...

Cinéma intello (ou pas)
Raiponce sens caché
dans le film louise michel de delepine, pourquoi louise a t elle été en prison : alors alorsYa une technique pas mal pour trouver la réponse : regarder le film dès le début, et ce jusqu'à la fin. T'as pas l'impression qu'à un moment y a un gars qui se fait tuer par un certain jean pierre, et que Louise se révèle être la version travestie de ce fameux Jean Pierre ? Enfin, je te laisse trouver la réponse tout seul.
tony montana incarne quoi dans scarface
scarface restaurant : planquez la porcelaine !
tintin porno
brenton butler mort : non, même s'il est pas passé loin, dans le temps !
lea seydoux porno
les princesses disney porno
melanie de plus belle la vie en porno

Littérature 
Claude Tauzin guéri. Il était malade ?  
l'assassin royal le fou meurt il. Ah ben je vais pas te le dire ! D'ailleurs je n'en sais rien car je n'ai pas fini de lire les aventures de FitzChevalerie.
 
Nos amis les animaux 
un chien policier très talentueux est accusé à tort d'avoir
abris de bus en chien
comme des poissons dans l'eau
les chiens aboient et la caravane les écrase
cloporte géant


Voilà pour le cloporte géant. En plus, il est visiblement gay : je fais d'une pierre deux coups.

Porno, pipes, et réjouissances gays en tous genres

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tous les magazines des  gays. Tous ? Gourmand ! 

Plaisirs champêtres (le début de la saison 7 de l'Amour est dans le pré y est sans doute pour quelque chose).
carte sentier st jacques de compostelle limoux
porno vendange
fermier moche
exemples de lettres envoyées aux agriculteurs l'amour est dans le pré


Les amateurs de Shameless 
coup de boule Shameless : on voit tout de suite ce qui fait la renommée de la série
retour de steve shameless : eeehhh non ! désolée !

Les inclassables et / ou incompréhensibles 
un enfant en train de lire dans la tunis
arc en ciel.bmp
photo du mur asasine.bmp.
portraits robots très drôle
auréole d'ange
doigt d'honneur dessin 
J'aime .. S'abonner à la publication. Il y a 33 minutes via mobile
homme lit moto humour
situation burlesque de licenciement
megalol.tv

La navigation utilitaire
apprendre à mentir
roja pli pour les poux
faire une cloison en angle 70° sur porte


Mécanique 
vol de voiture monde  

Les philosophes 
écouter le mouvement de la vie

A propos du Service Civique
entretien service civique mal passé : bah j'ai pas du te remonter le moral, toi !
oui au service civique : alors, toujours oui ?
service civique dans l'organisme que l'on veut

Observations diverses 

- Suite à l'invitation de Jean-Xavier De l'estrade dans Vivement Dimanche courant janvier, les visites de mon billet sur Un coupable idéal on explosée le temps d'un week end.


- Franchement, pour toutes les recherches "Tintin porno" et autres variantes que j'ai pu compter, je ne sais pas quoi dire. Qu'est-ce que vous êtes venus foutre ici, vous avez déjà tout dans les premiers résultats de Google Images ! A part un glissement de souris, je ne vois pas ce qui vous as incités à venir ici plutôt qu'ailleurs ! 






lundi 30 janvier 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 2 : L'héritier sans nom - Patrice Pellerin, Jean-Charles Kraehn - 1987


Petite sortie à la bibliothèque 


Histoire de garder un bon rythme, je suis allée à la bibliothèque pour relire "L'héritier sans nom", le deuxième tome des Aigles Décapitées de Patrice Pellerin et Jean-Charles Kraehn. "Mais tu l'as déjà chez toi !" me direz-vous. Certes. Mais pas sous la main. Cette visite a eu l'avantage de me permettre d'avoir une vue d'ensemble de la série. J'ai ainsi pu me rendre compte qu'elle se découpe en plusieurs cycles, au rythme des variations de scénaristes et de dessinateurs. Ainsi, "La nuit des jongleurs", "L'héritier sans nom" et "Les éperons d'or" forment à eux seuls le "Cycle de l'imposteur" raconté de bout en bout par l'association de Pellerin et de Kraehn. Mes parents ont sacrément bien joué lorsqu'ils m'ont offert les trois d'un coup ! 

C'était la minute "coupage de gâteau". Parlons un peu de l'histoire. 

Qui connaît une devise plus originale que "Aigles, frappez du bec !" ?
Image prise sur Booknode.com

Maudits jongleurs ! 

On nous avait laissés dans un suspens intense en abandonnant le jeune Hughes au fond du très humide puits des fous avec des rats pour seule compagnie, tandis que son mentor Sigwald Tranchecol fuyait à travers la campagne enneigée. Heureusement, le jeune pseudo-troubadour ne tarde pas à trouver LE souterrain secret qui permet de remonter le puits sans encombre et commence à faire sa vie, même s'il se sent un peu déboussolé sans Tranchecol. Il ne tarde pas à être recherché par les hommes d'Enguerran. Ce dernier est tellement absorbé par la venue de ces drôles de trublions qu'il en oublie les préparatifs de sa fille en partance pour Poitiers. La jeune Alix va servir Jeanne, la femme d'Alphonse, en gage de fidélité au frère du roi. Pendant ce temps, au château de Crozenc, tout le monde (ou presque) se réjouit d'offrir aux corbeaux la dépouille d'un barbu défiguré qui ne peut être que le fameux Sigwald. 

Ce deuxième album lance l'action et ne doit pas se lire autrement que d'une seule traite, à mon sens. Autant il était possible d'avoir envie de décrocher en lisant "la Nuit des jongleurs", son exposition de l'intrigue et de son décor peint sur fond d'Histoire de France, autant "L'héritier sans nom" tient forcément le lecteur en haleine. Sa force réside dans l'expression de trois champs d'action simultanés et assez rapprochés dans l'espace pour qu'ils puissent tous se rencontrer en fin d'album. En effet, pendant que Sigwald part régler son compte au chapelain qui détient le fameux objet manquant dans la bibliothèque de Crozenc, Hughes parcourt à l'aveuglette les petits villages de la Creuse couverte de neige, avant de se diriger vers un possible point de rencontre avec Tranchecol. Sur son chemin, il fait la connaissance d'Alix, esseulée et affaiblie après l'attaque du convoi qui l'emmène à Poitiers. Leur statut de fuyard est leur seul terrain d'entente, mais cela suffit grandement pour faire équipe. 


Pas de chichis entre nous 

Pellerin et Kraehn s'amusent avec les codes de la fin'amor comme des chats avec des souris : ils les torturent, les tournent dans tous les sens, mais de les achèvent pas complètement. On sait très bien que le beau clochard blond et courageux va  forcément, un jour ou l'autre, taper dans l'oeil de la princesse caractérielle qui ne fait pas trop de manières, mais qui aurait bien besoin d'un chevalier pour la défendre, quand même ! Mais l'un et l'autre se vannent avec une certaine dureté avant qu'Hughes prenne son rôle de protecteur au sérieux, et qu'Alix reconnaisse et encourage sa bravoure. Dommage qu'une meute de loups vienne trop vite remettre tout ce beau monde à sa place "traditionnelle", car on s'amusait trop bien à les voir se moquer l'un de l'autre ! 



Le Beau Robert, chanson populaire du XVI°s interprétée par Jacques Douai
Je la connais uniquement parce que je l'ai apprise en cours de musique, au collège.


La place de Sigwald

Lorsque Hughes, seul, envisage la possibilité d'avoir définitivement perdu Sigwald, il se rend compte de la force de son attachement pour l'homme qui l'a élevé. Dans une société où "les liens du sang" sont sans cesse revendiqués et valorisés, l'amour pour celui qui "joue" le père sans l'être semble plus difficile à envisager, avant le constat de la perte et la sensation de manque qui la suit de près. Pour le blondinet convaincu d'être le légitime seigneur de Crozenc né pour venger un géniteur qu'il n'a jamais connu, la conscience du statut paternel de Sigwald se sera faite au bout de plusieurs années. Après quelques larmes versées au fond d'un grenier à foin. Pas avant. 

Profitons-en pour signaler que Les Aigles décapitées n'est pas la seule histoire à mettre en scène ce cas de figure. Dans Le Seigneur des anneaux de Tolkien, Frodon se rend compte de son amour filial pour son vieil oncle Bilbon, seul membre de sa famille à lui avoir réellement accordé quelque importance, lorsque le papy quitte définitivement la Comté. Fitz, le héros bâtard de l'Assassin Royal, est recueilli par Burrich, l'"écuyer" de Chevalerie. Là encore, ce n'est qu'à l'âge adulte, assez avancé pour permettre la nostalgie de l'enfance, que l'empoisonneur des Loinvoyant réalise qu'il a bel et bien été élevé par une sorte de père de substitution dont il a souvent rejeté l'autorité... uniquement parce qu'elle lui paraissait biologiquement illégitime ! 


PELLERIN, Patrice ; KRAEHN, Jean-Charles. Les Aigles Décapitées. "L'héritier sans nom". Glénat. 1987. Coll. "Vécu". 46 p. ISBN 2-7234-0779-9

mardi 24 janvier 2012

Les Aigles Décapitées - Tome 1 : La Nuit des Jongleurs - Patrice Pellerin, Jean-Charles Kraehn - 1986


Savoir prendre du recul ... 

Autant on peut s'éclater à parcourir les domaines inconnus de la bande-dessinée et la fraîcheur des nouvelles oeuvres, autant il est bon de redécouvrir les albums qu'on a déjà lus ! Il y a quelques années, je me suis plongée dans la lecture des trois premiers tomes des Aigles Décapitées (Pellerin / Kraehn). Mes parents m'avaient offert "La nuit des jongleurs", L'héritier sans nom" et "Les éperons d'or" le jour où j'ai eu le BAC : c'était mon cadeau. Le contexte médiéval m'avait bien plu, mais l'abondance du texte et les références historiques nombreuses et précises m'avaient pris la tête. Par conséquent, je n'ai ni investi dans les 20 tomes suivants, ni poursuivi la lecture en bibliothèque, ce qui aurait été largement possible car la renommée de la série n'est plus à faire. Les 23 tomes des Aigles décapitées sont parus entre 1986 et 2011. Ils ont été réédités quatre fois depuis.   


Jamais je la rattraperai, ma blouse ! 


Résumé de "La Nuit des Jongleurs".

Après une relecture moins hâtive et plus avertie _ j'en sais un peu plus sur l'histoire du Moyen-Age qu'après la terminale, et heureusement _ voici ce qu'il en retourne des Aigles Décapitées.

Nous sommes en 1241. Le roi Louis IX a délégué à son frère Alphonse le contrôle du Poitou et de l'Auvergne. Le comte Guy de Lusignan s'y oppose et monte un complot contre Alphonse, à l'aide des hautes figures des alentours, dont Enguerran, le seigneur de Crozenc. Mais les souverains au pouvoir ne sont pas dupes de leur manège et envoient des émissaires dans les forteresses douteuses pour mieux estimer le danger qu'ils représentent. Aussi, lorsqu'il reçoit chez lui le bailli Noyon envoyé à l'improviste par le roi, Enguerran est bien obligé de se montrer extrêmement faux-cul prudent afin de ne pas attirer trop de soupçons.

C'est dans cette ambiance malsaine que Hughes et Sigwald, des ménestrels bien trop habiles aux armes pour n'être que de pauvres artistes itinérants, sont capturés et enfermés dans la forteresse d'Enguerran. Ils sont accusés d'avoir tué un sanglier poursuivi par les hommes d'Enguerran, gâchant ainsi l'excitation de leur partie de chasse. Une fois emprisonnés au château, leur esprit téméraire et leurs curieux projets vont les amener à s'échapper et à semer le trouble dans la maison du seigneur de Crozenc.


Image prise sur Scénario.com


Hughes, jeune blondinet aussi impulsif et téméraire que sa jeunesse peut le lui permettre, est en fait le fils de Renaud, l'ancien seigneur de Crozenc. Vingt ans plus tôt, Enguerran l'a fait assassiner et s'est débarrassé de l'héritier. C'était sans compter le dévouement de Sigwald, dit Tranchecol, le meilleur ami de Renaud, qui a recueilli Hughes pour l'initier aux armes. Ensemble, ils se sont fixé comme objectif de récupérer la place qui revient de droit au jeune homme. Pas la peine d'aller plus avant dans ses tribulations pour savoir qu'il va taper dans l'oeil d'Alix, la fille unique d'Enguerran une damoiselle plus proche des bois, des chevaux et des lévriers que des robes ou de la broderie. Sigwald est en effet un guerrier défraîchi avec de beaux restes. Il est qualifié de "vieux bouc", un surnom le résume bien, et semble encore au goût d'Ermeline, son ancienne maîtresse. Il souffle à son jeune protégé la voix de la sagesse, bien que les trahisons du passé ne semblent pas toujours lui avoir servi de leçon.

Les Aigles Décapitées est incontestablement une BD pour un public adulte, non seulement pour son côté historiquement pointu et ses subtilités pas forcément faciles d'accès, mais aussi parce qu'on y voit quelques filles à poil et pas mal de sang. Et encore, ce premier album n'est pas trop gore par rapport aux deux suivants. Mais bon, que voulez-vous ! Pellerin et Kraehn nous content le Moyen-Age nous dans toute la splendeur de ses forteresses, des ses campagnes retirées et propices à la chasse, de son langage haut en couleurs ("La chaude garce !")... et ils y parviennent très bien. Alors inutile d'y attendre les niaises joyeusetés propres à un conte pour enfants !

Ce premier volume paraît certes très dense en informations et en contenu textuel, malgré un effort visible pour rendre les éléments de l'intrigue compréhensibles ; mais, comme le sous-tend le principe de la série, on ne peut juger de son efficacité que sur la longueur. Petit à petit, vous verrez que tout s'éclaircit, et une seconde lecture finit de lever les dernières zones d'ombre. A suivre, donc, et surtout, ne vous découragez pas !  

PELLERIN, Patrice ; KRAEHN, Jean-Charles. Les Aigles Décapitées. "Tome 1 : La Nuit des Jongleurs". Glénat. Coll. "Vécu". 1986. 48 p. ISBN 2-7234-0610-5





mardi 17 janvier 2012

L'hérésie du mois - J'aime pas Mélanie Laurent


Quel que soit le contexte, elle me paraît insupportable. 

Pourquoi ? Très bonne question ! Je n'ai aucun argument à mettre en avant. Evidemment, je ne peux rien dire de la personne en tant que telle, étant donné que je ne la connais pas. Loin de moi l'idée de nier son succès ou son talent, seulement sa tête m'insupporte, même dans une télé. Inutile de dire ce que je pense de sa voix, y compris lorsqu'elle fait un doublage. Je n'y peux absolument rien, c'est plus fort que moi. Il me semble qu'elle va faire l'apologie de la prostitution dès qu'elle ouvre la bouche, et qu'elle porte la perversion sur son visage.  

Comme on dit, les goûts et les couleurs...

Il n'empêche que j'aimerais bien m'expliquer mon aversion pour cette fille. A vrai dire je suis tellement habituée à ne pas me l'encadrer que jusqu'à maintenant, j'ai évité plus ou moins les films dans lesquels elle joue. Je n'ai pas écouté son album et ne compte pas le faire. A ce propos, je ne pense pas louper grand chose. Seulement, il faudrait que je puisse justifier un minimum ce désamour quand on me demande de m'exprimer à ce propos, avant de me voir accuser de délit de sale gueule... à juste titre !


Nous voici arrivés à l'endroit, où, d'habitude
je colle une photo de la personne dont je parle, mais... bof, pas envie ! 


Par conséquent, j'ai décidé de me taper toute sa filmographie. En tous cas, le maximum que je pourrai trouver en streaming ou en bibliothèque, parce que, faut pas pousser, je ne vais pas payer pour voir sa tronche ! C'est le meilleur moyen de voir s'il y a une évolution possible de mon côté !  

Un pont entre deux rives (1999) 

Hop, une belle affiche très réussie puisqu'on n'y voit ni la tête, ni le nom de Mélanie Laurent

Selon la filmographie d'Allociné que vous aurez pu consulter en suivant le lien indiqué plus haut, Un pont entre deux rives est le premier film dans lequel Mélanie Laurent a joué. Ce long métrage a été co-réalisé par Gérard Depardieu et Frédéric Auburtin en 1999.

L'histoire


Mina, Georges et Tommy forment une petite famille tranquille à Yvetot. Comme Georges est à la recherche d'un emploi de maçon, Mina accepte une place de femme de ménage chez une amie à elle. Tommy, quinze ans, et son père vivent mal cette décision qui démolit le schéma familial traditionnel, encore de rigueur au début des années 60. Ils n'ont pas encore compris son ennui et son besoin de liberté, qu'elle comble en allant au cinéma, en lisant et en écoutant la radio.

Alors qu'elle va voir West Cost Story avec Tommy au cinéma du coin, elle rencontre Matthias, un ingénieur à l'âme d'artiste, venu dans cette contrée pour diriger la construction d'un pont (de Tancarville, vraisemblablement). Le courant passe aussitôt.  Mina se laisser aller à mener une double vie, entraînant son fils malgré elle. Mais, l'euphorie des débuts passée, elle va devoir faire un choix et prendre une grande décision.

"Qu'est-ce que vous faites à Yvetot ?"
"Je vais construire un pont"
"XPDTR MEGALOL !!!!"

Le contexte 

Les références à des films sortis en salle durant l'année 1962 sont nombreuses. Elles ne servent pas qu'à planter le décor. Un pont entre deux rives s'ouvre sur les impressions de Mina et de Tommy juste après la projection de Jules et Jim. Mina rencontre Matthias au cinéma, alors que leur but initial était de venir voir West Side Story. Ces choix ne sont sans doute pas le fruit du hasard. Jules et Jim chamboule les représentations des relations amicales et amoureuses. Catherine, la femme convoitée par les deux amis, guide les hommes plus qu'elle ne se guide elle-même ; elle est pour eux un trésor à la fois fragile et insaisissable, devant lequel ils se sentent impuissants. Pour leur malheur, elle est aussi une fille spontanée et capricieuse qui ne sait pas toujours ce qu'elle veut. A bien y réfléchir, Georges, le maçon bien ancré dans la réalité, se montre aussi délicat dans ses réactions et dans ces décisions que le Jules, le poète plein de douceur : il choisit de libérer sa femme sans vraiment chercher à la retenir de force _ bien que l'idée lui ait effleuré l'esprit. Je n'ai pas encore vu West Side Story, donc je ne peux pas mesurer sa portée symbolique en l'occurrence. Etant donnée que cette comédie musicale est souvent qualifiées de Roméo et Juliette américain, il y aurait sans doute beaucoup à dire à ce propos.


"Non mais laissez moiiiiiiiii manger ma banane !"


Un pont entre deux rives ne me paraît pas raconter l'histoire d'une émancipation de la femme, bien qu'on puisse le croire au premier abord : si Mina s'extrait bel et bien du carcan de la société patriarcale, c'est pour retomber sous la coupole d'un autre, qui ne lui laisse pas beaucoup de libertés dans ses choix même s'il sait mettre les formes dans ses injonctions. Matthias le raffiné est peut-être plus à l'écoute de Mina que Georges avait pu l'être jusqu'alors, mais il est aussi dangereusement persuasif.




En joue ... FEU !


Alors, quid de Mélanie Laurent dans ce film ?
Elle demeure au second plan, puisqu'elle tient le rôle de Lisbeth, une jeune écervelée âgée de quinze ans à la touffe digne d'une poule d'ornement, mode des années soixante oblige ! Elle est la fille de la bourgeoise chez qui Mina fait le ménage. Tommy et elle incarnent les enfants encore en marge des réalités de la vie, bien qu'ils se croient déjà arrivés. Ce sont eux qui forment les "ponts entre deux rives" et apprennent petit à petit à se situer par rapport aux adultes, et par rapport à eux-mêmes. Le garçon sorti précipitamment des jupes de sa mère trouve chez Lisbeth des réponses à ses questions et un écho à ses incertitudes. Lui ne comprend pas que sa mère quitte tout ce qu'elle a déjà pour rejoindre un autre homme sans le moindre sentiment de compassion pour son père, elle rêve de fuguer en Angleterre pour échapper aux contraintes familiales. Ici, Mélanie Laurent joue les dépuceleuses de coincés la clope au bec, et ça lui va très bien !


Allez fais tourner !

Un pont entre deux rives 
1999 - 1h35
Gérard Depardieu, Frédéric Auburtin 
A.M.L.F