mercredi 23 novembre 2011

Illusion paillardo-musicale


On n'a pas déjà entendu ça quelque part ? 


Les premières notes de Good Feeling, le nouveau tube de Flo Rida, sonne à mes oreilles comme une lointaine imitation du refrain de la chanson paillarde bien connue de tous Ah la salope ! . Je suis sans doute la seule à faire le rapprochement, parce que la ressemblance n'est pas non plus frappante, mais il fallait bien que je vous fasse partager mon délire !   

  • Good Feeling, "de" Flo Rida (si l'on peut dire...).  



(Notes concernées : 0:06 - 0:10 / 0:22 - 0:25 / 1:07 - 1:10 / 1:22 - 1:25 / 2:13 - 2:16 / 2:28 - 2:31 / 3:18 - 3:22 / 3:34 - 3:37)

  • Ah la salope ! , d'un auteur inconnu, sans doute de sexe masculin vu la finesse des paroles. 



(Refrain : 0:22 - 0:25 / 0:48 - 0:49 / 1:12 - 1:15 / 1:35 - 1:38 / 2:00 - 2:03 / 2:24 - 2:27)

Alors, quand est-ce que Flo Rida nous fait une reprise à l'accordéon ? 

jeudi 10 novembre 2011

L'hérésie du mois : aux chiottes le Service Civique !


Après des mois passés sans écrire la moindre hérésie, en voici une bien gratinée sur le Service Civique !


Connaissez-vous le Service Civique ?

Le Service Civique est une initiative de l'Etat visant à promouvoir l'engagement des jeunes au sein d'organismes à but non lucratif. Ils peuvent ainsi se voir confier des missions d'intérêt général dans des domaines divers, tels que l'humanitaire et la solidarité, la culture, les loisirs et le sport, l'éducation, la santé, le développement international... pour une durée allant de 6 à 12 mois. Il faut remplir deux conditions pour effectuer le Service Civique et pour endosser par la même occasion le statut unique de "volontaire"  : être âgé de 16 à 25 ans et être motivé ! Tous les facteurs habituels d'obstacle qu'un jeune peut rencontrer lorsqu'il veut accéder à une formation ou à une fonction (résultats scolaires, incertitude professionnelle, manque d'expérience, erreurs de jeunesse) sont donc gommés, et pour cause : le Service Civique doit apporter autant à l'organisme qu'au volontaire. Ce dernier est d'ailleurs encadré de façon à ce que ses difficultés, ses progrès et son avenir après le Service Civique fassent l'objet d'un suivi précis. Enfin, et ce détail a son importance, le volontaire associatif reçoit une indemnité mensuelle de l'Etat.  

Présenté de cette manière par le site gouvernement et par les associations que j'ai pu rencontrer, cette initiative est fort alléchante pour tout jeune. N'y aurait-il pas anguille sous roche ?  



Ma non-expérience du Service Civique 

Dès que j'ai entendu parler du Service Civil en 2006, devenu par la suite le Service Civique qu'on connaît, je me suis renseignée pour savoir où et comment proposer ma candidature. Cinq ans plus tard, à 25 ans bientôt révolus, le bilan de mes recherches est loin d'être satisfaisant : je n'aurais jamais réussi à être "volontaire" ! Or, de cette non-expérience du Service Civique, malgré un petit paquet de CV, lettres, entretiens et visites d'assos, j'ai quand même tiré quelques conclusions sur les modalités de sélection _ car oui, il y en a ! Au moins, j'aurais appris des choses.


Pour avoir un maximum de chances de taper dans l'oeil d'un organisme recrutant des "volontaires" , mieux vaut :



Etre une grande gueule 


Le king de la route

Au diable les calmes et les nonchalants, on a besoin de vous sentir prêt à mordre ! On veut des têtes brûlées assez idéalistes pour croire qu'on peut sauver le monde avec des dreads et un t-shirt orange. Puisque vous n'êtes triés que sur le volet et de manière officieuse, afin d'écarter tout soupçon de discrimination, votre apparence doit suffire. Il faut jouer le jeu et prendre une allure "enjouée" _c'est le terme qu'un ancien volontaire resté en contact avec son asso avait employé pour me citer un critère de recrutement. Si vous êtes d'un tempérament posé bien qu'efficace et bouillant intérieurement, vous passerez à la trappe... à moins que vous ne soyez le seul candidat. Le cas échéant, on se contentera de votre air maussade avant de penser à vous voir à l'oeuvre : c'est mieux que rien. Mais ce cas de figure appelle un sacré coup de bol.
Si le Service Civique est aussi une occasion en or de "prendre confiance en soi", on se demande pourquoi on ne fixe pas un quotas de gens timides et peu sûrs d'eux. Parce qu'ils ne sont pas "pratiques" à gérer ? Certes ! Dans ce cas, autant revoir à la baisse les ambitions de cette mesure gouvernementale, et assumer ses choix.  



Être riche
"Félindra, tête de tigre !"

Ne nous voilons pas la face, tout le monde ne peut pas se permettre de s'engager. Estimée à 600 euros par mois au début du Service Civil, l'indemnité mensuelle de l'Etat a fondu pour finalement s'approcher de 400 et quelques à présent ; les « et quelques » étant à comprendre comme des "aides en nature" pour reprendre l'expression d'un membre d'asso rencontré l'année dernière, c'est à dire, des tickets restos et ou le remboursement des frais de transport. L'idéal est d'être un peu bourgeois et de vivre chez papa et maman car une indemnité de 400 euros par mois pour 24h par semaine n'incite guère à l'engagement. Après tout, c'est logique : on ne peut pas à la fois prêter main forte aux bénévoles de la banque alimentaire et venir y faire ses courses ! Signalons, pour être totalement de bonne foi, qu'une bourse existe pour les jeunes les plus défavorisés. Or elle s'élève à une centaine d'euros supplémentaires ajoutés à l'indemnité de base ; autant dire qu'elle ne change pas grand chose.



Être pistonné  
Magnifique dessin, allez faire un tour ici 

Eh oui, là aussi il vaut mieux avoir des contacts. Je l'ai compris lors de mon aventure avortée dans une fameuse association aux t-shirts oranges. Hormis l'encouragement écrit sur le dossier de candidature à remplir pour postuler à joindre toutes lettres de recommandations et courriers "intéressants" pour la sélection, c'est une discussion avec une autre aspirante volontaire au matin d'un « entretien de groupe » qui m'a clairement mis la puce à l'oreille. Cela remonte à un an, et je ne pense pas que les choses aient beaucoup changé depuis. 

Elle : « Oh, je suis la parce que j'ai un peu foiré l'entretien individuel » (ce qui est un peu le cas de tous ceux qui sont à l'entretien collectif, même si on vous dit que « non, on veut simplement en savoir un peu plus sur vous ! »

Moi : « Tu étais stressée ? »

Elle : « Oui, c'est très important pour moi alors je me suis un peu mis la pression. « 

Moi, en mode faux-cul « Mais tu vois, ils t'ont rappelée pour l'entretien collectif, donc c'est que tu les intéresses un peu.. »

Elle « Ah mais non, ils ne m'ont pas rappelée. Mais j'ai demandé à une copine, qui connait bien une des salariées de l'asso, de leur parler de moi. Elle a boosté mon dossier, ils m'ont rappelée avant-hier. »

Moi « ... *vas-y laisse tomber* ... "



N'avoir vraiment rien d'autre à faire 


D'un point de vue légal, le volontaire a le droit de faire des études en parallèle de son engagement, ou de cumuler sa mission de Service Civique avec un emploi ou un stage. La question de l'indemnité dérisoire est en quelque sorte détournée par l'argument d'autres possibilités de financement. 
Or, les associations contactées ne tiennent pas le même propos : les fonctions parallèles à la mission son tolérées, puisque permises dans le contrat, mais vivement déconseillées. De toute manière, les 24h hebdomadaires, plus les minutes et heures supplémentaires incontournables pour ceux qui s'engageront dans des organismes où le facteur humain est important, sans compter la manière dont elles sont réparties sur la semaine, limitent quand même l'éventualité d'une "double vie" professionnelle.



Chercher sa voie professionnelle mais pas trop quand même

Le volontaire est encadré par un tuteur dont le rôle est variable en fonction de la structure. Son accompagnement peut prendre la forme d'une précision du parcours professionnel du jeune qui cherche sa voie. Mais il arrive que le rôle de la recru demande des compétences et un savoir faire particuliers qui ne sont pas exigés de lui au départ. Avoir un minimum d'expérience dans le secteur et parfois apprécié par les membres chargés de la sélection, bien que théoriquement elle n'ait pas à entrer en ligne de compte : cela fausse l'intérêt de "découverte", d'"ouverture à de nouveaux horizons", de "connaissance de soi" que revendique plus ou moins explicitement ce Service Civique. 
On se met à la place des organismes centrés sur la santé : on ne s'invente pas psychologue pour enfant, ou éducateur spécialisé. En disant cela je pense à ma visite d'une toute jeune association pour enfants autistes perdue dans le trou du cul d'une commune girondine. Malgré les intentions louables de la structure et des médecins, j'en garde le souvenir d'une ambiance plutôt froide, et une proposition de contrat à 35h au lieu de 24 _ pour une indemnité inchangée, évidemment.


Cette association, poussée sans doute à recourir au service civique par manque de moyens, n'a aucun intérêt   à faire appel à des jeunes qui n'ont vraiment aucune expérience dans le milieu : la qualité du service risquerait d'en prendre un coup. Alors, ils procèdent officieusement à une sélection de fortune, parmi une poignée de candidats, d'autant plus que leurs choix précédents ne se sont pas révélés probants. "Avec toi, qui a 25 ans, m'avait dit l'une des psychologues en entretien, le problème ne devrait pas se poser, mais je te le dis quand même. Cette année, on a eu des pépins avec quelqu'un qui n'était pas assidu, qui ne se sentait pas concerné, qui n'était plus très sûr de vouloir faire partie de l'association après quelques jours. Du coup, ça s'est mal passé. Ce qui veut dire que ça peut mal se passer." La personne était toujours dans l'asso quand je l'ai visitée. 


Etre un cas social une personne atypique 


Comme vous l'aurez compris, tous les jeunes sont des volontaires potentiels, mais certains plus que d'autres.
Les personnes pourvues d'un bagage universitaire, par exemple, se voient coller une image de tristes sires coincés du cul assez posés pour se trouver un boulot sérieux par leurs propres moyens. Quant aux quelques "anciens" du Service Civique que j'ai rencontrés, ils ont tous un vécu atypique : bacheliers en année sabbatique, étudiants déçus de la fac, intrépides revenant d'une année Erasmus... et c'est pour cela qu'ils ont tapé dans l'oeil des assos.


Vouloir développer son sens de l'altruisme pour mieux se comprendre, c'est bien joli, à condition de comprendre qu'on doit s'adapter à une réalité pas toujours idyllique. C'est pourquoi les moyens de promotion du Service Civique peuvent parfois être considérés comme des attrape-nigauds. Sur le site d'une grande association très versée dans le recrutement de jeunes volontaires, les vidéos témoignages de vétérans volontaires sont assez représentatives. Ici, une jeune fille de 19ans bien décidée à nous vendre du rêve hurle dans le micro qui l'interroge. Là, un ado au parcours scolaire chaotique nous explique comment il est rentré dans le droit chemin en s'engageant dans une mission d'intérêt général. 




Fin des illusions 


Qu'il y ait une sélection, un type de personnes et de public visé ne me choque pas, loin de là : c'est cohérent et plus sûr, au vu des associations et des missions proposées. Le problème est que l'on nous affirme le contraire dans les textes officiels : tout le monde a sa chance, sans exception ! A bien y réfléchir, c'est complètement impossible de ne pas faire un tri en posant des critères, ne serait-ce que pour tenir compte des réels besoins des association. Elles proposent généralement un ou deux postes. 


Si je me permets de balancer, c'est parce que, pour des raisons d'âge, je ne pourrai bientôt plus postuler aux missions proposées par le Service Civique ! Ce sera longtemps un regret, car sur le fond, l'idée est intéressante et cela m'aurait réellement plus de m'engager, n'en déplaise aux membres des assos assoiffés de valeurs sûres et de gens souples de la langue, pressés à s'en mettre des poutres dans les yeux. Tant pis pour eux ! Par chance j'ai trouvé mon bonheur ailleurs.

Alors oui, certains y trouvent une réelle occasion d'avancer dans leur vie, de mieux se connaître, de devenir quelqu'un d'autre ; le problème est que l'on ne parle que d'eux. Nécessairement, d'autres se retrouvent aussi "recalés" par ce dispositif encore récent et donc imparfait. N'importe qui peut aisément le comprendre sans rien y trouver à redire : il est donc inutile de jeter des jeunes dans l'abîme en leur faisant des promesses impossibles à tenir.


Pas merci du tout, le Service Civique ! J'aurais encore plein de choses à ajouter à ce sujet, mais ce sera pour une prochaine fois. 

dimanche 30 octobre 2011

Petit craquage du dimanche soir !


Eh ouais, on ne s'improvise pas Catwoman !
Bubulle : pas besoin d'attendre demain !

CE DESSIN NE REPRÉSENTE PERSONNE EN PARTICULIER et certainement pas les gens qui viennent par ici. Il est un peu inspiré de la tête de Caporal S, mais sans plus.    

jeudi 27 octobre 2011

Roux cools - Yvonne Karib, l'épicière de Shameless


        Comment passer à côté d'un univers haut en couleur, quelque peu crado et réaliste à souhait, sans même s'en apercevoir, et ce pendant des années ? C'est la question que je me pose encore, en finissant de regarder la bien courte saison 3 de Shameless. Qualifiée dans la plupart des programmes télé français de "trash", cette série anglaise diffusée pour la première fois en 2004 semble encore mal connue par chez nous. Le peu de célébrité qu'elle récupère actuellement vient de son tout récent remake américain intitulé Shameless. Histoire qu'on s'embrouille un peu plus. Cela dit, maintenant qu'on n'a pas moins de trois guerres des boutons diffusées et rediffusées dans l'hexagone, on n'est plus à ça près ...  

L'histoire


Le générique qui introduit chaque épisode plante déjà très bien le décor, alors je ne sais pas si cela vaut la peine que je revienne sur l'histoire. Pour faire court, disons que la série est centrée sur les aventures des Gallagher, une famille anglaise fauchée parmi tant d'autres. Frank, le père, un alcoolique irresponsable qui dépense les allocations familiales au pub, laisse ses six enfants évoluer comme ils peuvent entre les blocs de la cité de Chatsworth, dans la banlieue de Manchester. Monica, la mère, a abandonné tout ce petit monde un beau matin (de Noël) sans crier gare. Si bien que petits et grands ont compris très tôt que, pour survivre, il ne suffit pas d'être honnête et de travailler dur. Fraude, trafic de viande, vente de films pornos amateurs, vol de voitures : tous les coups sont permis !



Observons l'épicière

L'épicerie est le lieu-clé de la cité de Chatsworth, après le pub, bien entendu. Tout le monde y passe à un moment où à un autre dans le but de piquer des vidéos ou des bouteilles. Mais rares sont ceux qui y parviennent : car la patronne a l'oeil vif et la main leste. C'est elle, Yvonne Karib, qui sera notre rousse cool du jour.

Yvonne est rousse dans les deux premières saisons de Shameless ; dans la troisième, sa crinière de feu laisse place à une couette et à une coloration soigneusement pensées, blonde dessus, brune dessous.
 
        Yvonne n'est officiellement "que" la femme du propriétaire, Kash Karib ; pourtant, c'est bien elle qui chapeaute aussi bien le magasin que la petite famille. En effet, le jeune couple vit avec Umi, la mère de Kash et leur trois enfants dans le respect de la culture pakistanaise et dans la pratique de l'Islam. On remarque dès la première saison une certaine connivence entre Yvonne et sa belle-mère lorsqu'il s'agit de pousser Kash dans ses derniers retranchements. Dans l'épisode 5 de cette saison initiale, justement, elles montrent leur complémentarité dans l'utilisation de la caméra de vidéosurveillance de l'épicerie : Umi scrute les écrans, bien cachée à l'étage, et sonne l'alerte lorsqu'elle repère un voleur à l'étalage.

             Grâce à ce dispositif de vidéosurveillance et à son sens de l'observation, Yvonne va également se rendre compte que Kash la trompe avec Ian Gallagher, leur employé. Bien que sa première réaction laisse craindre le pire ("Nouvelle règle à la maison : on baise jusqu'à ce que je sois enceinte"), l'épicière va vite reprendre son sang froid, jusqu'à accepter à demi-mot de fermer les yeux sur la relation extra-conjugale de son mari. Elle veille également à ne pas impliquer les autres membres de la famille dans l'histoire, et à ne pas compromettre la réputation de Ian. Ce dernier garde d'ailleurs son job : " La mauvaise nouvelle, c'est que tu as mis les mains dans le caleçon de mon mari. Mais ça aurait pu être pire : t'aurais pu les mettre dans la caisse."    

Son impulsivité doublée d'un sens de la justice font d'Yvonne un personnage intéressant à observer ; elle est l'humain tel qu'on l'aime et tel qu'il nous agace. L'humain qui hurle, qui cogne, celui-là même qui rassure et qui sait faire preuve de tact. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle accède au rang de Roux Cool !  

Yvonne tente de comprendre les moeurs de son mari . 
Or, Yvonne n'est-elle pas victime de son humanité bien cachée mais omniprésente dans ses actes ? Le fait est qu'elle a beau s'armer de battes de baseball et pousser de hauts cris, elle demeure coincée dans la catégorie des gens honnêtes qui se font souvent avoir. Debbie vole régulièrement des cassettes vidéos, Ian et Kash ne mettent pas fin à leur relation même après sa découverte. Quant aux clientes dont elle prend parfois la défense par pure solidarité féminine, il faut bien reconnaître qu'elles sont rarement aussi innocente que l'enfant qui vient de naître !

Kash a beau la tromper pile sous son nez, il est le seul à reconnaître sa valeur et semble l'aimer réellement : "Elle n'est peut-être pas parfaite, mais nous non plus", dit-il à Ian dans l'épisode "spécial Noël" qui ouvre la saison 2. Il est aussi le seul à être en mesure de la tempérer lorsqu'elle s'énerve.


Kash Karib
   
Quelques répliques d'Yvonne (et encore, ce n'est que la VF ! )

S1E5, lorsque elle prend des jeunes en flagrant délit de vol de pelles : "Et toi, tronche acnéïque, c'est une pelle sous ta veste, ou t'es juste content de me voir ?"

S1E5 
Kash : "_ Qu'est-ce que tu as dit aux enfants ?
Yvonne _ Un truc du genre : papa est allé en enfer dans un cercueil... papa aime les bites en chaleur... Comme si j'allais en parler aux enfants !"

S2E0 (épisode spécial Noël)

L'accueil qu'elle réserve aux militaires armés chargés de retirer de la vente son stock de viande à cause de l'intoxication alimentaire : " eh, p'tite bite, tu m'impressionnes pas avec ton jouet !"

Lorsque Debbie vient s'acheter des serviettes :
"Debbie, ne t'excuse jamais d'être irritable. Quand tu sentiras la colère grandir en toi, apprends à l'apprivoiser, sinon tu vas devenir dingue ! Eh toi là bas ! Fiche le camp !

"Faites la queue comme tout le monde ou allez vous faire foutre !"

Liliane, un autre personnage secondaire : "_Je ne veux pas de ce paquet, il y en a qui sont cassés !
(Elle broie le paquet contre le comptoir.)
Yvonne : _ Faits maison !"

S3E4 
Yvonne : "_T'es vraiment qu'un pauvre connard !
Kev : _ Ah moi aussi je suis content de te voir, Yvonne.
Yvonne : _ Véronica m'a tout raconté. Je vais te dire, tout ce que tu mérites, c'est qu'on t'arrache les couilles !


S3E5 Sa réaction face à Carl, qui veut apprendre à Chloé comment faire pousser du cannabis : "C'est pas avec ça que tu vas te défoncer !"

S4E2 
Carol : "_ Ma fille a été incarcérée !
Yvonne : _ A mon avis, elle le mérite plus que Nelson Mandela !"





samedi 1 octobre 2011

Le train de la cohérence part toujours à l'heure (2)

      Lorsqu'on prend un train à la tombée de la nuit, la proportion de rencontrer des gens bourrés grimpe inéluctablement. Hier soir, j'ai eu le plaisir de partager le wagon avec une dame prénommée Muriel accompagnée de sa fidèle cannette de bière. Fort sympathique, elle a agrémenté notre voyage de ses chansons entre deux luttes acharnées avec la porte des toilettes. 

Parce que sa voix, sa coiffure et son allure générale n'étaient pas sans m'évoquer Frank Gallagher, le patriarche chevelu de la série anglaise Shameless, je souhaite lui rendre hommage en mettant en ligne le petit enregistrement de sa voix.


Le son est tout pourri, mais si vous tendez l'oreille vous pourrez faire comme si vous y étiez. Donc si tu t'appelles Muriel, que tu as fait les vendanges et que tu allais récupérer tes affaires chez un copain habitant une petite ville proche de Périgueux un vendredi soir du mois de septembre 2011 : ça y est, tu es une star de la toile ! Si je devais finir alcoolique, j'aimerais bien être une alcoolique de ton genre, cool, agréable, polie, et presque pas lourdingue. Je t'admire d'autant plus que ta grande cannette de bière "Amsterdam Maximator Superstrong 11.6%" , que tu as sifflée entièrement entre Bordeaux et Libourne, mais que tu tenais encore fermement en main à la sortie du TER, est comme son nom l'indique, très costaud ! Pour en avoir bu une seule fois dans ma vie, avant un examen oral, je peux certifier qu'elle est bien "superstrong". Je n'avais d'ailleurs pas pu la finir _c'est assez rare pour être souligné_. 


Bref, Madame Muriel, pour toutes ces raisons, spéciale dédicace à vous ! Vous avez gagné mon respect, et une photo de Frank Gallagher! 



C'est tout de même fabuleux ! Quelques heures avant d'aller à la gare, j'étais en train de me demander comment parler correctement du pseudo-héros de ce qui est en train de devenir ma série préférée, et voilà que je me retrouve assise à côté de son équivalent féminin. C'est un signe, et n'essayez même pas de me faire croire que tous les alcooliques se ressemblent. Ceci dit, je me demande toujours comment je vais en parler correctement. 


jeudi 29 septembre 2011

Le Caïd et autres nouvelles - William Faulkner


Le recueil dans le recueil 


Voilà quelques années déjà que Le Caïd et autres nouvelles dépérit sur mon étagère. Il a gardé son aspect neuf, bien que la tranche ait un peu jauni depuis sa sortie de la librairie. Laquelle d'ailleurs ? J'avoue que je ne sais plus. Tout ce dont je me souviens, c'est qu'au moment où je l'ai acheté, j'avais envie de découvrir l'univers de Faulkner parce qu'on m'en avait beaucoup parlé en bien. J'avais opté pour l'entrée en matière rapide : un petit volume de la collection Folio 2€ de Gallimard ; finalement je ne l'ai jamais ouvert, pour des tas de raisons plus ou moins valables, jusqu'à l'autre jour. 

Lorsqu'un ouvrage est aussi bon marché et aussi peu volumineux, cela signifie souvent qu'il y a anguille sous roche ; en l'occurrence, il était aisé de soupçonner un assemblage maladroit de nouvelles prélevées d'un recueil plus conséquent. Ne connaissant pas du tout l'oeuvre de Faulkner, il ne sera pas question ici d'aller au-delà de ces soupçons. Mentionnons simplement que Le Caïd, Neige, Frankie et Johnny, le Prêtre, l'Esprit d'économie et Mr Acarius font toutes partie d'Idylle au désert et autres nouvelles.  


Une succession de portraits 

A travers ces six nouvelles toutes publiées dans le recueil Idylle au désert et autres nouvelles, Faulkner nous présente une palette de personnages uniques en leur genre. Le Caïd retrace l'ascension sociale difficile de Martin, un fils de paysan originaire du Mississippi. Marqué depuis son enfance par l'image du patron de ses parents, symbole de richesse et de réussite, il s'est fixé comme objectif de partager un jour le même mode de vie. Aussi tient-il absolument à ce que sa fille puisse participer au bal des gardes Chikasaw, dont les membres sont soigneusement choisis. Celle-ci reste méfiante, car elle a compris que lorsqu'on n'est pas bien né, on peut au mieux imiter les riches, et au pire se ridiculiser.

Dans Neige, deux soldats américains venus en Suisse assistent à l'enterrement retardé d'un guide professionnel victime d'une chute en haute montagne l'hiver précédent : était-ce vraiment un accident ? Il n'y a qu'aux environs de l'auberge du village que la vérité peut prendre quelques bouffées d'air pur.

Johnny et Frankie sont des amants aussi jeunes que désargentés ; la manière dont ils se rencontrent est l'emblème du possible succès du dragueur lourd. En effet, Johnny le mécano prend le pari devant une poignée de copains, de séduire Frankie, une fille au caractère bien trempé. Son insistance va l'amener à développer des qualités de poète encore inconnues de lui-même. Seul obstacle : la mère de la jeune fille, veuve de boxeur et habituée des trottoirs, qui lui souhaitait de trouver un meilleur parti.

La nouvelle intitulée Le prêtre nous dévoile tout ce qui se passe dans la tête d'un novice qui parcourt Canal Street. Il est à la veille d'être ordonné prêtre, et au fond de lui se bousculent les tentations, les incertitudes, les regrets et les espoirs. Aussi n'a-t-il plus qu'une hâte : arriver au lendemain, pour que Dieu le délivre et fasse de lui un autre homme.    

L'avant dernier décor du recueil est essentiellement militaire. Le sergent écossais MacWyrglinchbeath est mécanicien dans l'armée de l'air ; mais son but dans la vie est de piloter les avions. Non pas parce qu'il est courageux, non pas pour monter en grade, non pas pour la gloire, mais seulement pour économiser de l'argent. Celui qu'on appelle communément "MacBeath", pour se simplifier la vie, tient à jour son livre de comptes. Parce qu'il a "l'esprit d'économie", il n'hésite pas à s'autoriser quelques écarts pour mettre un peu plus de côté.

Mr Acarius a tout pour être heureux ; il ne lui manque plus que "l'expérience de la race humaine". Arrivé à 50 ans après avoir mené une vie irréprochable et finalement couronnée de succès, il se rend compte qu'il n'a pas vraiment vécu. Il s'adresse alors à son ami médecin pour rattraper le temps perdu, en l'espace de quelques jours.

Une peinture nécessaire


Ces quelques nouvelles nous montrent que la réalisation du tableau des personnages peut avoir bien plus d'importance que la narration de l'histoire ; en effet, le caractère des héros détermine tellement le déroulement des événements qu'il est important de les connaître à fond pour comprendre pleinement l'action et la chute de chaque histoire. C'est pourquoi il ne faut pas se laisser déstabiliser par la richesse des descriptions qui a tendance à étouffer la narration.

William Faulkner. Le Caïd et autres nouvelles. Gallimard, Coll. Folio 2€. 2004. 140p. 
Traduction : Didier Coupaye et Michel Gresset
Photo : Gallimard, Folio 2€