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dimanche 26 juin 2011

Poules au petit déjeuner

Cette année encore, j'ai été gâtée pour mon anniversaire! 

1. La tasse ornée de poules d'eau girondines et les assiettes en forme de poule (une rouge et une grise). J'ai choisi la rouge pour la photo pour que les cornflakes ressortent mieux.


2. La bougie poule, même si après ce montage très approximatif on ne voit pas du tout la mèche plantée sur son dos.



3. Une poule - clé USB 

Magique! J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un porte-clés; en voyant la tête se détacher, j'ai eu peur de l'avoir déjà cassé!

 
4. Une jolie poule (de type Sussex blanche herminée) miniature, à peine plus petite que Tubiche! 




vendredi 15 avril 2011

Générations Scarface - Sylvain Bergère, Nicolas Lesoult


Non, on n'en a pas encore fini avec Scarface! Un petit retour sur le fameux documentaire qui m'a donné envie de voir le film de Brian de Palma était inévitable! Diffusé sur France 5 le 3 mars 2011, Générations Scarface nous présente une appropriation du film et de son héros par les habitants des banlieues. 



Presque 30ans après la sortie du film, les artistes urbains ne cessent de faire référence à Tony Montana dans leurs textes de rap, dans les clips musicaux, dans leurs graffiti. Ils sont donc les mieux placés pour nous faire partager leur expérience de ce film, les liens possibles qu'il entretient avec leur jeunesse ou leur vie quotidienne, les codes, les valeurs qu'il véhicule, et par conséquent la force qu'il leur donne. Pour Seth Gueko, Kennedy (rappeurs), Kay One, Léon (artistes graphiques), et bien d'autres, le doute n'est pas permis : Scarface est un film tourné pour eux, un film qui parle à leur coeur.

Plus critiques, Reda Didi, président de Graines de France (une association, je pense, mais ça reste à vérifier), et Fred Musa, animateur sur Skyrock, tentent d'interpréter l'engouement général des habitants des cités pour un petit dealer qui finit criblé de balles. Michel Kokoreff apporte son regard de sociologue au "mythe" de Scarface, tandis que la scénariste Claire Dixsaut se penche sur le contenu textuel du film. Olivier Gachin, journaliste, aborde plus précisément la présence du personnage de Tony Montana dans l'univers musical du rap.

Le monde est à eux?
Leur regard extérieur nous aide à remarquer que ceux qui s'identifient à Tony Montana ont tendance à retenir ce qu'ils veulent du personnage, et du film en général : les débuts du héros, l'ascension, le ballon dirigeable décoré de l'inscription "The World Is Yours" qui passe au-dessus de lui tel un signe du destin, et l'apogée de son pouvoir. Il est vrai que la dernière partie de l'histoire, qui met en scène la chute et la mort du trafiquant haut en couleurs se prêtent beaucoup moins à l'identification. Le "message" de Scarface est finalement digne de réflexion, puisqu'il défend l'idée qu'un fois arrivé en haut de l'échelle, c'est beau bien beau mais qu'est-ce qu'on se fait ch***! Pourtant, le spectateur écarte volontiers la dimension "morale" de l'histoire pour s'intéresser au héros et encourager sa réussite nécessairement poudreuse et sanglante. A plus forte raison s'il n'a pas vu tout le film, mais seulement les scènes-clé, comme c'est apparemment le cas pour une majorité des jeunes qui disent s'en inspirer. On ne voit jamais que ce qu'on a bien envie de voir, et on ne comprend que ce que l'on veut bien comprendre : c'est tellement beau de rêver, surtout quand on sait bien que le monde ne sera jamais à nous! Mais le temps passe et les mentalités changent; si les premières générations de spectateur voyaient dans Scarface le grand défilé de biftons, les plus jeunes retiennent l'ambiance des règlements de compte, des codes de l'honneur, des trahisons. 

Y a pas que Tony Montana dans la vie!
Cela dit, j'ai du mal à croire que le personnage de Tony Montana soit monté en épingle à ce point, et qu'il soit le modèle de tous les jeunes en manque de moyens qui grandissent dans des quartiers favorisés. S'il est possible que le "self-made-man", mis au centre de beaucoup de fictions, soit une source d'inspiration et d'espoir, on peut difficilement approuver l'idée que Tony Montana soit une référence universelle! Peut-on s'imaginer que tous les dealers aient eu la vocation en regardant ce film? Je grossis le trait, mais ce documentaire semble défendre un impact direct de l'immigré cubain sur les adolescents des banlieues. Qu'ils l'aiment et l'adulent comme n'importe quelle autre star est tout à fait compréhensible; qu'ils se reconnaissent dans le parcours du héros, que sa réussite les fasse rêver, est aussi logique; il est même très facile de se laisser prendre au jeu. De là à orienter l'évolution de leur personnalité, et déterminer leurs objectifs dans la vie ou leurs actes futurs, peut-être pas, quand même...Scarface est un mythe, mais ce n'est pas LE seul mythe.

Générations Scarface 
Réalisateur : Sylvain Bergère. Auteur : Nicolas Lesoult
Produit par : BFC, France Télévisions. 
Impossible de trouver la date! ça craint! En tous cas, c'est récent.
Durée : 52 min. 

Un descriptif du documentaire est disponible sur le site de France5, la chaîne qui l'a diffusé. On peut aussi le visionner sur Youtube, en 4 parties.

Un article le l'Express (auteur : Sandra Benedetti) résume tout mieux que moi, et explique bien que parler d'un film peut faciliter le dialogue et permettre aux gens de placer des mots sur leurs ressentis.

samedi 9 avril 2011

Scarface - Brian de Palma (1983)

          
         Le personnage de Tony Montana, incarné par Al Pacino dans le film Scarface (1983), était un peu la mascotte de la classe de BTS de ma copine Mélanie. Prenez un Palmito!!! ou pas. Chaque génération compte son lot de rebelles auxquels il est aisé de s'identifier, et le petit malfaiteur cubain aux dents longues fait partie de la nôtre.



          J'ai donc essayé de le trouver en streaming, afin de ne plus être larguée dans les conversations avec la pote qui y faisait sans cesse allusion. A l'époque, il était disponible sur Dailymotion en plusieurs parties, et je m'étais arrêtée à LA scène de la tronçonneuse, où le héros voit son complice se faire littéralement découper pour 2kg de cocaïne, en me disant : allez c'est bon, ça va saigner de partout pendant 2h30. J'ai cliqué sur la petite croix en haut à droite, et il n'en a plus jamais été question.

           Il y a quelques semaines, afin de tromper mon désœuvrement, j'ai allumé la télé et me suis calée sur une des chaînes qui déculpabilisent dans ces moments-là : France 5. Un documentaire centré sur la perception du film Scarface dans les banlieues, et sur la présence courante de Tony Montana dans le domaine du rap, était à peine commencé : Générations Scarface. Que d'effervescence autour de ce film, presque 30 ans après sa sortie! J'y ai surtout appris que LA scène de la tronçonneuse était l'unique passage vraiment gore, ce qui m'a remotivée pour aller sur site de streaming récemment découvert ;-) et déjà préféré.

Le film
En 1980, la Floride voit débarquer des milliers de Cubains venus tenter leur chance aux Etats-Unis. Si la plupart cherchent à rejoindre des parents ou des amis, certains d'entre eux font partie du voyage parce qu'ils ont été expulsés de Cuba : c'est le cas de Tony Montana. Avec l'aide de son ami Manolo, ils ne travailleront que peu de temps dans un restaurant avant de plonger dans l'univers privilégié du trafic de drogue. Leur première mission est remplie avec succès, et Lopez, le commanditaire, les remarque. Peu à peu, ils arrivent à se faire une place dans le milieu. Pour Tony Montana, c'est le début d'une ascension sociale longtemps attendue, et du train de vie qui va si bien avec; dès lors, son ambition ne connaîtra plus de limites.    


Tony Montana, un spectacle à lui-seul 
Les histoires de léchage et d'échange de poudre blanche, de mecs qui mettent des costards pour se tirer dessus à la mitraillette depuis leur voiture blindée ne peuvent pas passionner tout le monde, surtout si elles durent 2h40. Mais le personnage de Tony Montana donne envie de regarder le film jusqu'au bout, même si ça fait du bruit à force, tous ces gens qui crient parce qu'ils ont un trou dans le ventre ou qui se traitent d'enculés à tour de bras.

Pourtant, le "Balafré" suit docilement le parcours ultra-connu du héros pauvre qui veut s'enrichir, qui y parvient, qui savoure deux minutes avant de mal tourner parce qu'il ne sait plus quoi faire de son fric : on peut penser à Citizen Kane, ou plus récemment à The Social Network. C'est le caractère-même du personnage qui change tout : excité, enragé, affamé ou assoiffé de fric, parfois drôle, souvent sympathique : Tony Montana ne doute de rien. Il adopte un air impertinemment supérieur, là où on attend de lui qu'il s'écrase derrière son statut d'émigré, qu'il n'ait pas d'autre ambition que de bosser dans une arrière cuisine, et qu'il "trempe ses mains dans la merde" jusqu'à la fin de ses jours. C'est parce qu'il est persuadé qu'il a lui aussi le droit de réaliser le rêve américain qu'il est encore aujourd'hui une source d'optimisme et d'inspiration : sans aucun doute, le monde est à lui.

Une bande annonce beaucoup plus stressante que le film, ma foi!

Non, pas lui, l'autre!
Les fans de Tony Montana ne savent pas toujours que le Scarface de 1983 est un remake d'un film du même titre sorti en 1930, lui-même étant tiré d'un livre. S'ils le savent, peut-être s'en foutent-ils éperdument. Si j'avais 16 ans et que j'étais fan, je n'irais pas chercher plus loin que la version de Brian de Palma, parce que j'y aurais trouvé mon compte : nulle part ailleurs il ne peut y avoir de héros plus puissant que celui qui meurt criblé de balles, en insultant ses assassins. (Oui, il meurt à la fin. Désolée...)
Il paraît que Scarface de Howard Hawks est beaucoup plus intéressant au niveau de l'action.

Scarface - Brian de Palma 
1983, USA
Un jeu vidéo inspiré du film est sorti en 2006.