dimanche 22 février 2026

[EXPOSITION] American Images - Dana Lixenberg - Maison Européenne de la Photographie (Paris)

Hier je suis allée voir une rétrospective de Dana Lixenberg, une photographe néerlandaise qui vit et travaille aux Etats-Unis depuis plus de 35 ans. Ses oeuvres sont exposées depuis le 11 février et jusqu'au 24 mai 2026 à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. L'ensemble a pour titre American Images et a pour but de présenter la population américaine dans sa diversité (ethnique, sociale...) et parfois dans sa marginalité.

Photo prise sur l'article Wikipedia consacré à la MEP.
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27820077 

Hormis son portrait de Tupac qui me disait vaguement quelque chose, Dana Lixenberg m'était complètement inconnue, de même que la MEP, charmant terrain d'exposition sur trois étages fondu dans le décor du Marais... qui peut très vite se retrouver blindé de monde ! 

L'artiste à l'honneur a officié pour la presse (notamment Vibe et Jane) et a mené parallèlement des projets personnels tout aussi impressionnants si ce n'est plus, dont le colossal Imperial Courts qui constitue la moitié de l'expo. De ce que j'ai compris, elle préfère mettre au service de son art des appareils et des techniques un peu à l'ancienne, plutôt que les technologies numériques ; elle utilise aussi le Polaroïd occasionnellement, mais c'est surtout pour créer un lien de confiance avec les gens qu'elle va ensuite immortaliser dans ses séries. 

La première salle du 2ème étage, marquant le début du parcours à suivre, plongera certains d'entre vous dans la nostalgie : en effet, il regroupe des portraits en couleur de célébrités des années 1990. Vous y reconnaîtrez Jay-Z qui baille dans son lit, Whitney Houston, Leonard Cohen... Tupac aussi, un peu plus loin. 
 

Le sens de l'expo nous éloigne ensuite des unes de magazines et nous amène dans un foyer d'accueil temporaire de personnes sans logement du Kentucky (Jeffersonville, Indiana), puis dans un village d'Alaska où la photographe capte la vie quotidienne de jeunes inupiaq adeptes de virées en quad et en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique (The Last Days Of Shishmaref). Deux séries de clichés que la MEP a eu le bon goût de mettre en avant, car ils risquent (à tort) d'être occultés par le "gros morceau" de l'exposition que représente Imperial courts. 

Coup de coeur

Imperial courts, projet baptisé ainsi en référence au nom du quartier pauvre de Los Angeles ou il va prendre racine, démarre en 1993. Dana Lixenberg est d'abord envoyée sur le lieu pour les besoins d'un magazine, quelques mois après les émeutes qui ont frappé la ville ; or, les contraintes posées par son commanditaire ne lui permettent pas de montrer tout ce qu'elle voudrait. Une fois sa mission remplie, elle parvient à gagner la confiance des habitants du quartier, se met à faire exactement ce qu'elle veut, en l'occurrence tirer leur portrait en noir et blanc, et produire des clichés plus personnels : les moments du quotidiens qui y sont représentés n'ont pas grand chose à voir avec l'idée qu'on se fait d'une cité quadrillée de gangs. Dès lors, Dana Lixenberg retourne régulièrement sur les lieux où elle est maintenant connue et acceptée, notamment en 2008 et en 2013. Ce sera à chaque fois une nouvelle rencontre avec les mêmes enfants grandis, les mêmes parents aux rides plus marquées, ou la découverte de mémoriaux dédiés à ceux morts prématurément... 

                


Si les gens se transforment physiquement sur 15 ou 20 ans, les lieux et les regards n'évoluent pas au même rythme ; on a toute la matière nécessaire pour le constater, en parcourant les photos qui tapissent l'ensemble du 3ème étage de la galerie. D'autant que l'histoire n'est pas terminée. 

Pas la peine de s'y connaître en photo pour être ému par l'effet produit, donc allez-y, même si comme moi l'art en lui-même vous passe au-dessus ! Juste n'y allez pas un samedi après-midi. 

Des extraits de documentaires complètent l'exposition, mais je n'ai rien pu voir ni entendre car, comme précisé ci-dessus, c'était samedi _le premier des vacances scolaires, qui plus est.. il y avait trop de monde et c'était trop difficile d'accéder à la projection (à moins de bousculer comme un sanglier bien sûr).  

Vidéo Kombini

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